La préfecture de police, Paris
source photo : Paris
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Annonce du gouvernement français à propos de la législation antisémite. Paris, France, 10 décembre 1941.
source photo : United States Holocaust Memorial Museum
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Après l'invasion de la Pologne par l'Allemagne, le 1er septembre 1939, la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l'Allemagne le 3 septembre 1939. 520 000 français sont évacués des zones frontalières comprises entre la ligne Maginot et l’Allemagne. L'Allemagne nazie envahit la France, la Belgique, le Luxembourg, pourtant neutre, et les Pays-Bas le 10 mai 1940.
Le gouvernement désemparé se replie de Paris à Bordeaux dès le 11 juin. La France est envahie. C’est l’exode vers le sud. Le président du Conseil, Paul Reynaud, est contraint de démissionner. Le maréchal Pétain forme alors un nouveau gouvernement et obtiendra les pleins pouvoirs le 10 juillet 1940. La République est abolie.
Le 14 juin 1940, les troupes allemandes défilent à Paris, sur les Champs-Élysées. Le 20 ils sont à Brest, le 22 à La Rochelle, à Lyon... Le 22 juin 1940, la France écrasée signe l'Armistice.
Les Allemands mettent en place toute une série de mesures pour limiter sur le territoire la circulation des personnes et des marchandises et le trafic postal entre deux grandes zones délimitées par la ligne de démarcation qui sépare la zone libre où s’exerce l’autorité du gouvernement de Vichy, de la zone occupée par les Allemands. La ligne de démarcation traverse treize départements sur 1 200 km : Ain, Allier, Charente, Cher, Dordogne, Gironde, Indre-et-Loire, Jura, Landes, Loir-et-Cher, Pyrénées-Atlantiques, Saône-et-Loire, Vienne. La Demarkationsline disparaîtra le 11 novembre 1942, après l’occupation totale de la France.
Les proscrits du régime Des hommes, des femmes, des enfants, des familles, français ou étrangers, sont pourchassés et persécutés parce que Juifs. Ils seront massivement déportés vers l'Est et exterminés. Très peu survivront. Les Tsiganes sont internés dans les camps français. Les Francs-maçons et les Communistes, considérés comme "indésirables" sont démis de leurs fonctions au sein de l'administration, pourchassés, arrêtés et internés. A partir de 1943, les réfractaires du STO entrent dans la clandestinité. Certains rejoignent les résistants également pourchassés.
Près de 76 000 Juifs dont plus de 11 000 enfants seront arrêtés et déportés de France, dont 38 000 à Paris.
8 Familles hébergées, cachées ou sauvées de Paris[Compléter]
Paris (USHMM)
09/1940 - 04/1941 Famille Bikales -
Norbert, né le 07/01/1929 à Berlin (Allemagne)
1942 Famille Kirchheimer -
Gunther Kirchheimer né le 03/06/1932 à Berwangen (Allemagne). 04/1943 - 1944 Famille Leibovici -
Joseph, son épouse Gola et leur fille Claire sont protégés par Vincent* et Ursule Dallian*. 04/1943 - 1944 Famille Pizon -
Les 4 garçons Pizon âgés de 8 à 17 ans sont protégés par Vincent* et Ursule Dallian*. Leurs parents arrêtés en septembre 1942 seront déportés sans retour. 16/07/1942 - 08/1944 Famille Rycine -
M. et Mme Rycine et leurs enfants Pierrette (8 ans en 1942) et Claude (5 ans en 1942), ont été protégés par Jean* et Colette Besset* du 16 juillet 1942 jusqu'à la libération de Paris en août 1944.
Paris 75005 Famille Assouline -
Albert Assouline aurait été abrité par la Mosquée sous l’Occupation. Il en témoigne en 1983. 1942 - 1945 Famille Halali -
Le chanteur Simon Halali, né le 30 juillet 1920 à Annaba en Algérie, arrivé en France depuis 1937, fut sauvé par le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Si Kaddour Benghabrit, serait parvenu à dissimuler ses origines juives en lui fournissant une fausse attestation de musulman et en gravant le nom de son défunt père sur une tombe anonyme du cimetière musulman à Bobigny (Seine-Saint-Denis). Kaddour Benghabrit aurait également engagé "Salim" Halali au café maure de la mosquée où il se produisit en compagnie de grands artistes tels Ali Sriti et Ibrahim Salah. Paris 75019 (Témoignage H. Kaminsky)
16/07/1942 Famille Kaminsky -
Sacha, son épouse Rachel et leur fille Hélène, née à Paris le 01/07/1939, sont juifs et habitait 19, rue Vincent dans le 19e arrondissement de Paris. Le 16 juillet 1942, ils reçoivent la visite d'un policier mandaté pour emmener sa femme Rachel et la petite Hélène. Sacha, aveugle, n'est pas sur la liste, mais supplie le policier de l'emmener. Ce dernier leur donne une heure pour se préparer... La famille trouve alors refuge à l'étage du dessus, chez leurs voisins, M. et Mme Maillard. Mme Maillard propose alors aux Kaminsky de cacher Hélène dans sa famille à
168 Familles arrêtées dans le département [Compléter]
1944Famille Adler - Georges Adler, 54 ans, né le 07/04/1890 à Paris, son épouse Blanche, 48 ans, née Cahn le 15/05/1896 à Vitry-le-François, et leur fils Robert, 21 ans, né le 9 mai 1922 à Paris, habitaient à Paris. Arrêtés parce que Juifs, ils sont déportés sans retour de Drancy à Auschwitz par le convoi n° 70 du 27/03/1944.(convoi no 70 )
1943Famille Allatini - Éric, né le 01/06/1886 à Salonique (Grèce) et son épouse Elina (Hélène), née le 08/12/1887, sont arrêtés parce que juifs et déportés sans retour de Drancy à Auscwhitz par le convoi n° 63 du 17 décembre 1943 qui transporte 850 personnes, dont 101 enfants.(convoi no 63 )
05/11/1942Famille Arama - Joseph, né en 1871 à Salonique (Grèce), sont épouse Fortunée née Behar à Salonique en juillet 1882, et de leur fille Lisa, née le 24/01/1912 à Salonique, habitaient Paris. Arrêtés parce que juifs, Joseph, 71 ans, Fortunée, 60 ans, et Lisa, 30 ans, sont internés à Drancy et déportés sans retour le 09/11/1942 à Auschwitz par le convoi n° 44 qui transporte 1 000 personnes, dont 163 enfants.(convoi no 44 )
12/12/1941Famille Blum - René, né à Paris le 13/03/1878, chorégraphe, frère cadet de Léon Blum, est arrêté à son domicile le 12/12/1941, en même temps qu’un millier de notables et d’intellectuels juifs1. Le 13 décembre 1941, il est envoyé au camp de Royallieu-Compiègne puis il est interné au camp de Pithiviers. Après Drancy et Compiègne, il se retrouve en septembre 1942 à Pithiviers, parmi les vingt-trois personnalités que le préfet du Loiret, de sa propre initiative, transfère discrètement à Beaune-la-Rolande pour les soustraire à la déportation. Mais le stratagème échoue, et le petit groupe est envoyé à Drancy. René, 64 ans, est déporté sans retour le 23 septembre 1942 de Drancy à Auschwitz par le convoi n° 36. Le départ de ce convoi est signalé, le 23 septembre, par un télex rédigé par le SS Heinrichsohn et signé par son supérieur, Röthke. Ce télex informe ses destinataires, Eichmann et le commandant d'Auschwitz, que le même jour, à 8h.55,le transport 901/31 a quitté la gare du Bourget/Drancy, emportant 1006 Juifs dont 213 enfants vers Auschwitz; que le chef de transport est le feldvebel Ullmeyer. Le télex signale également que le frère de l'ancien Président du conseil, René Blum fait partie du convoi.2(convoi no 36 )
1942Famille Cisinski - Mayer Mendel est né à Kaluzyn (Pologne) le 27 juillet 1887. Il est le fils de Maie née Sosnowska et de Mayer Chil Cisinski. Son épouse Tauba née à Kaluzyn (Pologne) le 21 août 1881, est la fille de Henia-Laya née Goldenzveig et d'Abraham Kapuza. Mayer, tailleur, et Tauba habitaient à Paris avec leurs enfants. Mayer, 55 ans, et Tauba, 61 ans, sont arrêtés à Paris parce que Juifs et seront déportés sans retour le 21 septembre 1942 par le convoi n° 35 de Pithiviers à Auschwitz qui transporte 1 000 personnes dont 169 enfants.(convoi no 35 )
7/04/1942 -François Molet, fusillé le 7 avril 1942 au Mont Valérien ( les Nazis) né le 14 mars 1905 à Beaurevoir aisneMont-Valérien France 14/06/1940 -La Wehrmacht fait son entrée dans Paris. 10/1940 -Le recensement effectué par les services de la préfecture de Police de la Seine (réparti aujourd'hui entre Paris, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne), dénombre 149 734 hommes, femmes et enfants juifs, dont 64 070 Juifs de nationalité étrangère. 19/10/1940 -Le Préfet de Police ordonne d’apposer la mention "juif" à l’encre rouge sur les cartes d’identité des Juifs résidant en zone occupée. 14/05/1941 -Première grande rafle de Juifs à Paris: 3 710 personnes sont envoyées dans les camps du Loiret, à Pithiviers et à Beaune-la-Rolande. 20/08/1941 -Ouverture du camp de Drancy en région parisienne 29/11/1941 -Loi française instituant l’Union Générale des Israélites de France (UGIF). Elle regroupe obligatoirement toutes les associations culturelles et cultuelles. 12/12/1941 -Rafle dite des notables à Paris, 700 Juifs sont arrêtés. 29/05/1942 -Ordonnance allemande instituant le port de l’étoile jaune aux Juifs de plus de 6 ans, en zone occupée. 16/07/1942 -16 et 17 juillet 1942, la rafle du Vel’ d’Hiv’ à Paris et dans son agglomération, le "Jeudi noir" comme l’appelle les Juifs, l’opération "Vent printanier" selon le code allemand, visant les familles juives étrangères. 13.000 arrestations dont 4 000 enfants. 17/08/1942 -997 juifs, en majorité d’origine polonaise, sont déportés de Paris au camp d’extermination d’Auschwitz pour y être gazés. 21 enfants de moins de quatre ans figurent parmi les déportés. 20/08/1942 -Du 20 au 25 août, arrestations massives de Juifs étrangers à Paris. 4 232 hommes sont internés à Drancy par la police française, à la demande des Allemands. 14/07/1943 -Bombardements aériens alliés sur la Région Parisienne.
Témoignages, mémoires, thèses, recherches, exposés et travaux scolaires [Ajouter le votre]
Etoile jaune: le silence du consistoire centrale , Mémoire ou thèse7 pages,
réalisation 2013 Auteur :
Thierry Noël-Guitelman
- terminal
Lorsque la 8e ordonnance allemande du 29 mai 1942 instaure l'étoile jaune en zone occupée, on peut s'attendre à la réaction du consistoire central. Cette étape ignoble de la répression antisémite succédait aux statuts des juifs d'octobre 1940 et juin 1941, aux recensements, aux rafles, aux décisions allemandes d'élimination des juifs de la vie économique, et au premier convoi de déportés pour Auschwitz du 27 mars 1942, le consistoire centrale ne protesta pas.
Liens externes
[Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet] 1 Enfants juifs déportés de France (Brochure éditée par les Fils et filles de déportés juifs de France et la Mairie de Paris en mars 2007.
Préface de Serge Klarsfeld : En France, en 1940, il y avait environ 70 000 Juifs de moins de 18 ans. Sur ce nombre, 11 400 ont été arrêtés - la plupart par la police de Vichy -, déportés à Auschwitz et assassinés, à l'exception d'environ 200 d'entre eux; presque tous des adolescents. Parmi les
communautés juives importantes en Europe, celle de France a connu le pourcentage le plus important d'enfants
sauvés : 84 %, c'est exceptionnel. On le doit essentiellement à la sympathie agissante de la population non juive qui a soutenu les efforts des familles et des organisations juives qui essayaient de sauver les enfants en priorité. Laïcs et religieux ont su tendre la main à la fois par compassion et pour que la France ne perde pas son âme. )
2 Juifs en psychiatrie sous l'Occupation. L'hospitalisation des Juifs en psychiatrie sous Vichy dans le département de la Seine (Par une recherche approfondie des archives hospitalières et départementales de la Seine, l'auteur opère une approche critique des dossiers concernant des personnes de confession juive internées à titre médical, parfois simplement préventif dans le contexte des risques et des suspicions propres à cette période. La pénurie alimentaire est confirmée, influant nettement sur la morbidité. Ce premier travail sera complété par un examen aussi exhaustif que possible des documents conservés pour amener une conclusion. ) 3 Héros de Goussainville - ROMANET André (Héros de Goussainville - Page ROMANET André ) 4 Notre Dame de Sion : les Justes (La première religieuse de Sion à recevoir ce titre en 1989 est Denise Paulin-Aguadich (Soeur Joséphine), qui, à l’époque de la guerre, était Ancelle. Depuis, six autres sœurs de la congrégation, ainsi qu’un religieux de Notre-Dame de Sion ont reçu la même marque de reconnaissance à titre posthume. Ils ont agi à Grenoble, Paris, Anvers, Rome. L’action de ces religieuses et religieux qui ont sauvé des Juifs pendant la deuxième guerre mondiale mérite de ne pas être oubliée. Et il y en a d’autres, qui, même s’ils n’ont pas (encore ?) reçu de reconnaissance officielle, ont œuvré dans le même sens, chacun à leur place. )
5 L'histoire des Van Cleef et Arpels (Blog de Jean-Jacques Richard, très documenté. )
6 Résistance à la Mosquée de Paris : histoire ou fiction ? de Michel Renard (Le film Les hommes libres d'Ismël Ferroukhi (septembre 2011) est sympathique mais entretient des rapports assez lointains avec la vérité historique. Il est exact que le chanteur Selim (Simon) Halali fut sauvé par la délivrance de papiers attestant faussement de sa musulmanité. D'autres juifs furent probablement protégés par des membres de la Mosquée dans des conditions identiques. Mais prétendre que la Mosquée de Paris a abrité et, plus encore, organisé un réseau de résistance pour sauver des juifs, ne repose sur aucun témoignage recueilli ni sur aucune archive réelle. Cela relève de l'imaginaire. )
7 La Mosquée de Paris a-t-elle sauvé des juifs entre 1940 et 1944 ? une enquête généreuse mais sans résultat de Michel Renard (Le journaliste au Figaro littéraire, Mohammed Aïssaoui, né en 1947, vient de publier un livre intitulé L’Étoile jaune et le Croissant (Gallimard, septembre 2012). Son point de départ est un étonnement : pourquoi parmi les 23 000 «justes parmi les nations» gravés sur le mémorial Yad Vashem, à Jérusalem, ne figure-t-il aucun nom arabe ou musulman ? Il mène une enquête, cherche des témoins ou des descendants de témoins, évoque la figure de Si Kaddour Ben Ghabrit, directeur de l’Institut musulman de la Mosquée de Paris de 1926 à 1954, fait allusion à d’autres personnages qu’il a rencontrés, et plaide pour une reconnaissance mémorielle d’actes de solidarité, de sauvetage, de juifs par des musulmans durant cette période. Et pour leur reconnaissance et inscription sur le mémorial de Yad Vashem. Cet ouvrage est fréquemment mentionné par voie de presse, avec force sympathie. Mais… rares sont les critiques, positives ou négatives, réellement argumentées. On a le sentiment que ce livre est légitime, généreux, qu’il "tombe" bien en cette période. C'est ce que le sociologue américain Merton avait repéré dans les phénomènes d'identification et de projection même si le rapport à la réalité est totalement extérieur. Aujourd'hui, l'Arabe musulman, sauveteur de juifs, devient un type idéal auxquels de nombreux musumans ont envie de croire. La réalité n'est pas celle-ci, mais peu importe ! On reproduit la quatrième de couverture du livre (qu'on n'a pas lu), on ose quelques citations d’extraits… Mais personne ne se hasarde à une évaluation de la validité historique de sa teneur. )
Notes
- 1 - Otto von Stülpnagel fait arrêter chez eux 743 notabes français de confession israélite – industriels, banquiers, écrivains, hommes de loi, hommes de sciences, anciens combattants – à titre de représailles pour des attentats commis par des militants communistes contre des militaires allemands.
- 2 - "Granville sous l'occupation – Convoi n° 36 en date du 23 septembre 1942".
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