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Paris

Région :
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Département :
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Institution religieuse

Congrégation des Soeurs de Notre-Dame de Sion Paris
durant la Seconde Guerre mondiale (WWII)

61 bis rue Notre-Dame des Champs - Paris
Texte pour ecartement lateralCommune : 75000 Paris
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Direction : Soeur Francia (Gabrielle de Linarès)*
Personnel : Mère Gonzalès - Soeur Martha Soeur Chaline - Marcelle Deschamps
Histoire

Le sauvetage des juifs à Paris 1940-1944

Fondée en France au XIXe par des juifs convertis, la congrégation féminine de Notre-Dame de Sion avait pour vocation majeure, outre l’aide aux plus déshérités des juifs, leur conversion, unanimement désirée dans le monde catholique d’alors. À partir de 1925, sous l’impulsion d’un nouveau supérieur général, le père Théomir Devaux*, la maison-mère de Paris, au 68 de la rue Notre-Dame des Champs, devient un centre de réflexion, d’information et de communication : elle édite une revue, La Question d’Israël, qui est publiée jusqu’en 1939.
En 1937, la Congrégation a intégré une branche nouvelle : des religieuses vouées spécialement à l’aide et l’apostolat auprès des juifs. Exerçant un métier, habillées en civil à l’extérieur du couvent, elles ont donc une plus grande liberté d’action que les autres religieuses (On les appelle les "demoiselles").
Elles se réunissent au Centre du Marais (rue Sainte-Croix de la Bretonnerie), créé par Notre-Dame de Sion en 1938 pour les enfants du quartier.
À partir des grandes rafles de juillet 1942 commence une période de "fervente activité pour soustraire enfants et familles à la déportation et à la mort" 1 La maison de Paris, après la confiscation de sa bibliothèque par les Allemands quelques jours après le début de l’Occupation, devient un point de refuge et de passage pour des enfants juifs menacés par les nazis. Une organisation, donc, qui n’a pas été créée ad hoc pour le sauvetage, mais dont quelques membres ont oeuvré collectivement et clandestinement pour aider les juifs persécutés.

L’énergique implication des religieuses
Le pensionnat de la Congrégation des Soeurs de Notre-Dame de Sion situé au 61 bis rue Notre-Dame des Champs, est dirigé par mère Francia*, religieuse énergique d’origine aristocratique. Elle fait appel à plusieurs reprises à sa famille pour cacher des enfants. Elle peut également compter sur un médecin qui lui procure des taxis et lui fournit des certificats de complaisance nécessaires à l’envoi en lieu sûr, "pour raisons de santé", des enfants cachés. Elle a évoqué aussi à plusieurs reprises l’aide reçue de la police : un de ces fonctionnaires au moins lui a fourni des cartes d’identité ou des passeports en blanc. Il lui restait à les remplir et à faire apprendre aux enfants leurs nouveaux noms.
Jeune fille de quinze ans en 1940, Catherine Lang à laquelle mère Francia* a permis de franchir la ligne de démarcation en lui fournissant des papiers, se souvient de l’aide apportée par un policier : "En juin 1944, alors qu’elle était à Notre-Dame de Sion, la directrice, Mère Francia*, avait reçu la visite d’un commissaire de police du quartier. Il venait chercher les enfants cachés, ce qu’il savait sans doute par une dénonciation. Mère Francia* a affirmé avec force que ce n’était pas vrai, qu’il n’y avait là que les élèves du collège. La discussion aurait été âpre et longue. Au bout de deux heures, elle a demandé à cet homme combien de temps il aurait donné pour faire partir les enfants s’il y en avait eu. C’était presque un aveu. Il a répondu « 48 heures », et il est parti. Dans l’heure qui a suivi, les quatre ou cinq petites filles juives ont été emmenées, dispersées dans des familles".2 Qu’elle soit responsable du pensionnat facilite les choses. Ce genre d’action se mène en équipe. "Cinq ou six personnes m’aidaient beaucoup", se souvient-elle.3 Elle insiste cependant sur la prudence nécessaire vis-à-vis des autres, dont certaines pouvaient être parfaitement inconscientes du danger. Elle compte parmi ses soutiens mère Apollonie, la sous-maîtresse des novices, qui lui fait confiance en acceptant de ne pas tout savoir. Très précieuse est également l’aide de quatre jeunes soeurs. Soeurs Martha et Charline assurent le service de la loge, poste stratégique. Soeur Marie-Labre, qui s’occupe des Petites Marthes, une section d’enseignement ménager, est parfois requise quand il faut loger quelqu’un. Et soeur Marie-Nazaire, responsable du réfectoire des enfants, assure le couvert des "invités".


La participation à l’action du père Théomir Devaux*
Sauvetages et placements nécessitent une série d’opérations que les soeurs se partagent.
Ainsi soeur Agnese* s’occupe de recevoir les familles et de leur rendre visite, après quoi sa consoeur se charge de la suite, du moins jusqu’à l’été 1943.
À l’automne 1943, les religieuses italiennes doivent se cacher à Issy-les-Moulineaux dans la maison des soeurs âgées et malades. Soeur Joséphine prend alors le relais, jusqu’à la Libération. Elle prend la direction du centre. En relation constante avec le père Théomir Devaux*, elle passe tous les jours chez les pères pour prendre des papiers et des adresses ; elle va chercher les enfants des familles menacées.
En novembre 1943, elle organise l’accompagnement dans la Sarthe de 42 enfants
du quartier de la Chapelle. Mathilde E. témoigne ainsi : "Un soir, en 1943, une religieuse de Notre-Dame de Sion s’est présentée comme assistante sociale. Elle est venue deux fois, en civil. Je suis allée la voir à Notre-Dame de Lorette (Notre-Dame de Sion), elle était en bonne soeur. Ça m’a fait quelque chose, mais j’ai continué à lui faire confiance. Quand elle a appris qu’il y allait avoir un ramassage de juifs, elle est venue, maison par maison, pour ramasser des enfants".4
Pour ce qui est de l’action propre à la Congrégation des Soeurs de Notre-Dame de Sion au 61 bis rue Notre-Dame des Champs, mère Francia* avance le chiffre de cinquante personnes sauvées, et peut-être plus. Ce sont des fillettes intégrées aux élèves du pensionnat, jusqu’à une trentaine en même temps. Des enfants sont parfois hébergés provisoirement à Sion en attendant un refuge plus sûr, ainsi que des familles. L’évaluation de l’action menée par son équipe est difficile car elle a agi en collaboration constante avec le père Théomir Devaux*.

On connaît de façon plus précise l’importance des actions de sauvetages organisés à partir du 68 rue Notre-Dame des Champs. Le père Devaux* a en effet tenu, de mars 1943 à 1945, une liste des enfants placés (nom, âge et lieu de placement), liste qu’il cachait sous les marches de l’autel de sa chapelle.
Le Bulletin des enfants cachés a publié une liste de près de quatre cent quatre noms.5
La Médaille des Justes, qui a été décernée à titre posthume au père Théomir Devaux* à Paris, le 6 août 1996, témoigne de son action. Mère Francia de Linares*, elle, a été reconnue comme Juste parmi les nations en 2007. La recherche conduite par Madeleine Comte sur Notre-Dame de Sion montre que les religieuses n'ont pas cherché à convertir au catholicisme les enfants juifs quelles ont sauvés.6

23/01/2019
Auteur : Camille Ménager

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Familles hébergées, cachées ou sauvées à la Congrégation des Soeurs de Notre-Dame de Sion Paris [Compléter]
Article non renseigné. Si vous avez connaissance de personnes hébergées, sauvées ou cachées dans la commune, cliquez ci-dessus sur “Compléter” et ajoutez leur nom, prénom, leur date de naissance, les circonstances du sauvetage, si possible.


Familles arrêtées (Congrégation des Soeurs de Notre-Dame de Sion Paris) [Compléter]
Article non renseigné. Si vous avez connaissance de personnes arrêtées ou exécutées dans la commune, cliquez ci-dessus sur “Compléter” et ajoutez leur nom, prénom, les circonstances de l'arrestation et la date de l'arrestation, si possible.

Liens externes [Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet]
1 Juifs en psychiatrie sous l'Occupation. L'hospitalisation des Juifs en psychiatrie sous Vichy dans le département de la Seine (Par une recherche approfondie des archives hospitalières et départementales de la Seine, l'auteur opère une approche critique des dossiers concernant des personnes de confession juive internées à titre médical, parfois simplement préventif dans le contexte des risques et des suspicions propres à cette période. La pénurie alimentaire est confirmée, influant nettement sur la morbidité. Ce premier travail sera complété par un examen aussi exhaustif que possible des documents conservés pour amener une conclusion. )
2 Héros de Goussainville - ROMANET André (Héros de Goussainville - Page ROMANET André )
3 Notre Dame de Sion : les Justes (La première religieuse de Sion à recevoir ce titre en 1989 est Denise Paulin-Aguadich (Soeur Joséphine), qui, à l’époque de la guerre, était Ancelle. Depuis, six autres sœurs de la congrégation, ainsi qu’un religieux de Notre-Dame de Sion ont reçu la même marque de reconnaissance à titre posthume. Ils ont agi à Grenoble, Paris, Anvers, Rome. L’action de ces religieuses et religieux qui ont sauvé des Juifs pendant la deuxième guerre mondiale mérite de ne pas être oubliée. Et il y en a d’autres, qui, même s’ils n’ont pas (encore ?) reçu de reconnaissance officielle, ont œuvré dans le même sens, chacun à leur place. )
4 L'histoire des Van Cleef et Arpels (Blog de Jean-Jacques Richard, très documenté. )
5 Résistance à la Mosquée de Paris : histoire ou fiction ? de Michel Renard (Le film Les hommes libres d'Ismël Ferroukhi (septembre 2011) est sympathique mais entretient des rapports assez lointains avec la vérité historique. Il est exact que le chanteur Selim (Simon) Halali fut sauvé par la délivrance de papiers attestant faussement de sa musulmanité. D'autres juifs furent probablement protégés par des membres de la Mosquée dans des conditions identiques.
Mais prétendre que la Mosquée de Paris a abrité et, plus encore, organisé un réseau de résistance pour sauver des juifs, ne repose sur aucun témoignage recueilli ni sur aucune archive réelle. Cela relève de l'imaginaire. )
6 La Mosquée de Paris a-t-elle sauvé des juifs entre 1940 et 1944 ? une enquête généreuse mais sans résultat de Michel Renard (Le journaliste au Figaro littéraire, Mohammed Aïssaoui, né en 1947, vient de publier un livre intitulé L’Étoile jaune et le Croissant (Gallimard, septembre 2012). Son point de départ est un étonnement : pourquoi parmi les 23 000 «justes parmi les nations» gravés sur le mémorial Yad Vashem, à Jérusalem, ne figure-t-il aucun nom arabe ou musulman ?
Il mène une enquête, cherche des témoins ou des descendants de témoins, évoque la figure de Si Kaddour Ben Ghabrit, directeur de l’Institut musulman de la Mosquée de Paris de 1926 à 1954, fait allusion à d’autres personnages qu’il a rencontrés, et plaide pour une reconnaissance mémorielle d’actes de solidarité, de sauvetage, de juifs par des musulmans durant cette période. Et pour leur reconnaissance et inscription sur le mémorial de Yad Vashem.
Cet ouvrage est fréquemment mentionné par voie de presse, avec force sympathie. Mais… rares sont les critiques, positives ou négatives, réellement argumentées. On a le sentiment que ce livre est légitime, généreux, qu’il "tombe" bien en cette période.
C'est ce que le sociologue américain Merton avait repéré dans les phénomènes d'identification et de projection même si le rapport à la réalité est totalement extérieur. Aujourd'hui, l'Arabe musulman, sauveteur de juifs, devient un type idéal auxquels de nombreux musumans ont envie de croire. La réalité n'est pas celle-ci, mais peu importe ! On reproduit la quatrième de couverture du livre (qu'on n'a pas lu), on ose quelques citations d’extraits… Mais personne ne se hasarde à une évaluation de la validité historique de sa teneur. )
7 Paroles et Mémoires des quartiers populaires. (Jacob Szmulewicz et son ami Étienne Raczymow ont répondu à des interviews pour la réalisation du film "Les garçons Ramponeau" de Patrice Spadoni, ou ils racontent leur vie et en particulier leurs actions en tant que résistants. On peut le retrouver sur le site Paroles et Mémoires des quartiers populaires. http://www.paroles-et-memoires.org/jan08/memoires.htm. (Auteur : Sylvia, Source : Canal Marches) )
8 Les grands entretiens : Simon Liwerant (Témoignage de Simon Liwerant est né en 1928. Son père Aron Liwerant, ouvrier maroquinier né à Varsovie, et sa mère Sara née Redler, seront arrêtés et déportés sans retour. )

Chronologie [Ajouter]
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Etoile jaune: le silence du consistoire centrale , Mémoire ou thèse 7 pages, réalisation 2013
Auteur : Thierry Noël-Guitelman - terminal
Lorsque la 8e ordonnance allemande du 29 mai 1942 instaure l'étoile jaune en zone occupée, on peut s'attendre à la réaction du consistoire central. Cette étape ignoble de la répression antisémite succédait aux statuts des juifs d'octobre 1940 et juin 1941, aux recensements, aux rafles, aux décisions allemandes d'élimination des juifs de la vie économique, et au premier convoi de déportés pour Auschwitz du 27 mars 1942, le consistoire centrale ne protesta pas.

Notes

- 1 - Madeleine COMTE, Sauvetages et baptêmes. Les religieuses de Notre-Dame de Sion face à la persécution des Juifs en France, 1940-1944, préface d’Etienne Fouilloux, Paris, L’Harmattan, 2001, p. 79.
- 2 - Témoignage de Catherine Lang, non daté (a priori dans les années 1990). Source : CDJC, CMLXXV(15)-9.
- 3 - Témoignage de Mère Francia*, non daté, cité par Madeleine COMTE, op. cit., p. 71.
- 4 - Témoignage de Mathilde E., non daté, cité par Madeleine COMTE, op. cit., p. 80.
- 5 - Bulletin des enfants cachés (1940-1944), n° 12 (septembre 1995), p. 9, et n° 13 (décembre 1995), p. 10, cité par Madeleine COMTE, op. cit., p. 8.
- 6 - Madeleine Comte, op. cit.

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