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Hélène Wenig



 
Paris 75003 - Paris
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Hélène-Wenig
Jacques, Zysman Wenig, Khayè et Roger, en 1946
source photo : Coll. Wenig
crédit photo : D.R.
Hélène-Wenig
Photos de Zysman Wenig et Khayè
source photo : Coll. Wenig
crédit photo : D.R.
Hélène-Wenig
Photos de Zysman Wenig et Khayè
source photo : Coll. Wenig
crédit photo : D.R.

Histoire

Le couple Marie* et Charles Monnier*, sans enfants, résidait à Beauchamps (Somme). Charles Monnier* était garde-champêtre. 

En 1938, Marie Monnier* avait pris en nourrice Jacques Wenig, petit parisien de 2 ans et de santé fragile. 

Zysman Wenig est né le 15 janvier 1913 à Kònskie (un petit village à 20 Kms de Lodz) de Israël Isaac Wenig et Esther Rivka Erenstein. Il est le dernier d'une fratrie de 7 enfants dont 3 mourront en bas âge. Il vit à Konskie jusqu'à 4 ans, au moment du décès de sa mère puis à Przed Bòrz jusqu'à 8 ans. 
Son père se remarie en 1923 et la famille déménage à Lodz en laissant Zysman et Perla (sa soeur aînée) au village pour liquider les affaires. Il commence à travailler avec son père à l'âge de 8 ans dans la cordonnerie. A dix ans, il va une ou deux années à l'école de Lodz, en demi-journées. Son père quitte sa femme et comme il n'a plus de maison, il met son fils (il a alors 13 ans) à la rue et le place dans une usine où il reste la nuit comme gardien. Il travaille l'après-midi comme apprenti chez un tailleur. Le tailleur décède et Zysman part travailler chez un ouvrier qualifié. 
La saison pour l'activité de tailleur pour dame étant très courte, il est obligé de multiplier les petits boulots en morte saison: il est tour à tour boulanger (ça ne dure pas longtemps car il s'endort la nuit!), distributeur de prospectus pour une cartomancienne qui l'emploie aussi comme "bonne à tout faire" en échange de nourriture, rabatteur pour un magasin de tissus... Le peu qu'il gagne est économisé pour pouvoir émigrer en France et ce avant 18 ans afin d'échapper au service militaire.
Zysman Wenig émigre en 1931 et arrive à Paris au mois de juillet au moment de l'Exposition Coloniale. Il a obtenu en Pologne une carte de séjour de 1 an renouvelable.
Il arrive chez sa soeur (émigrée en 1920 via l'Allemagne) au 90 rue du Temple dans le Marais alors surnommé le "Pletzel". Il y reste une année puis trouve une petite chambre au 71 rue du Temple (devenu le Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme). Il y restera jusqu'à son mariage, en 1935, avec Hélène affectueusement nommée "Khayè" qui travaille avec lui comme finisseuse et avec qui il déménagera au 100 rue du Temple.

Son oncle, Bernard Erenstein (le frère de sa mère), qui l'emploie officieusement comme tailleur, demande une carte de travail pour lui qu'on lui refuse à cause de l'assassinat de Paul Doumer. Il risque l'expulsion. Il se dit alors qu'il pourrait s'engager dans l'armée. On n'en veut pas dans l'armée car il est juif polonais. Il essaye alors la Légion Etrangère d'où il est également débouté : Il est trop "gringalet".

L'oncle lui donne alors du travail qu'il exécute dans sa chambre avec une machine à coudre qu'on lui a prêté. Hélène travaille avec lui. Elle tombe enceinte. Ils se marient fin juillet 1936. Voyage de noces de 3 semaines à la frontière belge. Jacques leur premier fils naît le 22 novembre 1936. Grâce à sa naissance, Zysman obtient une carte de travail de 10 ans. Une première demande de naturalisation est refusée car Hélène a dû avorter juste après la naissance de Jacques et est fichée par la police. Il sera finalement naturalisé en 1955. (Décret du 16/12/1955). Leur deuxième fils, Roger, naît le 9 avril 1940.

En 1940, Marie* et Charles Monnier*, partis sur la route de l’exode, avaient renvoyé Jacques chez ses parents qui venaient juste d’avoir un second fils, Roger

Le 14 mai 1941, Zysman Wenig, juif étranger, est arrêté lors de la rafle dite du billet vert. Interné au Camp de Pithiviers, il écrit presque chaque jour de longues lettres à Hélène, sa femme, sa « chère âme lumineuse ». Inlassablement, il transmet à son épouse sa formidable envie de vivre, son courage et sa détermination à l'idée de la revoir.
Le couple échange essentiellement en yidiche, leur langue maternelle. La censure du camp, qui ne maîtrisait pas cette langue vernaculaire de la communauté juive ashkénaze, interdit aux internés de l'utiliser. Mais les messages parviennent tant bien que mal à passer, souvent à l'aide d'intervenants extérieurs (employés civils, ouvriers, personnels de la Croix-Rouge, etc.) acceptant de prendre des risques par humanisme… ou appât du gain.
Au lendemain du départ forcé de son mari, Hélène n'hésite pas à parcourir en tandem les 90 kilomètres la séparant de Pithiviers. Elle vient lui apporter de la nourriture, se mêlant aux familles qui s'agglutinent contre l'enceinte du camp pour se faire entendre du père ou du fils interné. Chacun lance, par-dessus les barbelés, du pain, de la viande, des œufs… Une pagaille d'ailleurs décrite dans la lettre du lundi 4 mai 1942 de Zysman. Reste leur amour plus fort que les barbelés... 
Déporté à Auschwitz le 25 juin 1942 par le convoi n° 4, Zysman travaillera comme menuisier, coiffeur et autre et survivra en partie grâce au fait qu'il parle à la fois yiddish, allemand, polonais et français. Il finit par retrouver ses proches en 1945. 

Restée seule avec ses deux garçons, Hélène Wenig s’adressa à nouveau à Marie* et Charles Monnier*, rentrés chez eux. Le couple accepta de garder les deux enfants malgré la présence d’une garnison allemande dans le village et le fait qu’une partie de leur maison avait été réquisitionnée pour loger des soldats. 
Le couple vivait très modestement mais Charles Monnier* réussissait toujours à obtenir de la farine, du sucre et du beurre pour nourrir «ses piots». Les garçons étaient présentés comme leurs petits-enfants alors que tous les habitants du village savaient pertinemment qu’ils n’avaient pas de descendants. Cette population fut solidaire. 

Fin décembre 1942, Jacques partit rejoindre sa mère qui avait trouvé un travail de cuisinière à Compiègne. Il fut placé dans une autre famille nourricière à Royallieu tandis que Roger resta chez Marie* et Charles Monnier* jusqu’à la Libération. 

Les Wenig furent réunis après le retour des camps du père mais malheureusement son grand amour Hélène de 9 ans son aînée atteinte de la maladie de Parkinson choisit de se suicider en 1949 pour ne pas imposer sa maladie. 
Marie* et Charles Monnier* continuèrent à être les « grands-parents » des garçons ainsi que des enfants de Zysman Wenig remarié avec Sara Lerman après le décès de Hélène

Les Wenig ont rendu hommage à la bravoure et à la générosité de leurs sauveurs en apposant une plaque commémorative sur leur tombe en 1997.  

Le 9 août 2004, l'institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Marie* et Charles Monnier* le titre de Juste parmi les Nations.

26/10/2018

asso 10898

 


Titre

Lettres à Khayè : Correspondance clandestine d'un amour en temps de guerre

Lettres à Khayè : Correspondance clandestine d'un amour en temps de guerre

ACHETER EN LIGNE

Auteurs   Zysman Wenig -Hélène Wenig  
Édition   Calmann-Lévy  
Année   2017  
Genre   témoignage  
Description   Depuis qu’il a été interné au camp de Pithiviers, en mai 1941, Zysman écrit presque tous les jours à Khayè, sa femme. Quelques lettres rédigées en français mais censurées, et puis les autres, celles écrites en yidiche, leur langue maternelle, et passées sous le manteau, au nez et à la barbe des autorités concentrationnaires.
Ces lignes serrées clament son amour absolu pour Khayè, sa « chère âme lumineuse », mais racontent aussi l’intimité, les peurs, la révolte et l’âpre quotidien... Zysman, maintenu dans l’ignorance de son sort prochain, ne se berce pas d’illusions et pressent à de nombreuses reprises toute l’horreur et l’ampleur du projet d’extermination nazi. Pourtant, inlassablement, il tente de transmettre à son épouse sa formidable envie de vivre, sa force et sa détermination.
Débordante de vie et d’amour, cette correspondance inédite dessine le portrait d’un couple malmené par l’histoire et la folie des hommes pour, finalement, nous donner une magnifique leçon d’espoir et de courage.
« Ne regarde plus fixement la porte…
un certain jour où tu ne t’y attendras pas,
je rentrerai à la maison.
»
 

Liens externes [Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet]
1 Notre Dame de Sion : les Justes (La première religieuse de Sion à recevoir ce titre en 1989 est Denise Paulin-Aguadich (Soeur Joséphine), qui, à l’époque de la guerre, était Ancelle. Depuis, six autres sœurs de la congrégation, ainsi qu’un religieux de Notre-Dame de Sion ont reçu la même marque de reconnaissance à titre posthume. Ils ont agi à Grenoble, Paris, Anvers, Rome. L’action de ces religieuses et religieux qui ont sauvé des Juifs pendant la deuxième guerre mondiale mérite de ne pas être oubliée. Et il y en a d’autres, qui, même s’ils n’ont pas (encore ?) reçu de reconnaissance officielle, ont œuvré dans le même sens, chacun à leur place. )
2 L'histoire des Van Cleef et Arpels (Blog de Jean-Jacques Richard, très documenté. )
3 Résistance à la Mosquée de Paris : histoire ou fiction ? de Michel Renard (Le film Les hommes libres d'Ismël Ferroukhi (septembre 2011) est sympathique mais entretient des rapports assez lointains avec la vérité historique. Il est exact que le chanteur Selim (Simon) Halali fut sauvé par la délivrance de papiers attestant faussement de sa musulmanité. D'autres juifs furent probablement protégés par des membres de la Mosquée dans des conditions identiques.
Mais prétendre que la Mosquée de Paris a abrité et, plus encore, organisé un réseau de résistance pour sauver des juifs, ne repose sur aucun témoignage recueilli ni sur aucune archive réelle. Cela relève de l'imaginaire. )
4 La Mosquée de Paris a-t-elle sauvé des juifs entre 1940 et 1944 ? une enquête généreuse mais sans résultat de Michel Renard (Le journaliste au Figaro littéraire, Mohammed Aïssaoui, né en 1947, vient de publier un livre intitulé L’Étoile jaune et le Croissant (Gallimard, septembre 2012). Son point de départ est un étonnement : pourquoi parmi les 23 000 «justes parmi les nations» gravés sur le mémorial Yad Vashem, à Jérusalem, ne figure-t-il aucun nom arabe ou musulman ?
Il mène une enquête, cherche des témoins ou des descendants de témoins, évoque la figure de Si Kaddour Ben Ghabrit, directeur de l’Institut musulman de la Mosquée de Paris de 1926 à 1954, fait allusion à d’autres personnages qu’il a rencontrés, et plaide pour une reconnaissance mémorielle d’actes de solidarité, de sauvetage, de juifs par des musulmans durant cette période. Et pour leur reconnaissance et inscription sur le mémorial de Yad Vashem.
Cet ouvrage est fréquemment mentionné par voie de presse, avec force sympathie. Mais… rares sont les critiques, positives ou négatives, réellement argumentées. On a le sentiment que ce livre est légitime, généreux, qu’il "tombe" bien en cette période.
C'est ce que le sociologue américain Merton avait repéré dans les phénomènes d'identification et de projection même si le rapport à la réalité est totalement extérieur. Aujourd'hui, l'Arabe musulman, sauveteur de juifs, devient un type idéal auxquels de nombreux musumans ont envie de croire. La réalité n'est pas celle-ci, mais peu importe ! On reproduit la quatrième de couverture du livre (qu'on n'a pas lu), on ose quelques citations d’extraits… Mais personne ne se hasarde à une évaluation de la validité historique de sa teneur. )
5 Paroles et Mémoires des quartiers populaires. (Jacob Szmulewicz et son ami Étienne Raczymow ont répondu à des interviews pour la réalisation du film "Les garçons Ramponeau" de Patrice Spadoni, ou ils racontent leur vie et en particulier leurs actions en tant que résistants. On peut le retrouver sur le site Paroles et Mémoires des quartiers populaires. http://www.paroles-et-memoires.org/jan08/memoires.htm. (Auteur : Sylvia, Source : Canal Marches) )
6 Les grands entretiens : Simon Liwerant (Témoignage de Simon Liwerant est né en 1928. Son père Aron Liwerant, ouvrier maroquinier né à Varsovie, et sa mère Sara née Redler, seront arrêtés et déportés sans retour. )



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