Serge Klarsfeld, 8 ans, est réfugié à Nice avec ses parents et sa sœur Georgette.
Son père, un homme d'affaires juif roumain, combattant valeureux de la bataille de la Somme en 1940, devenu résistant, avait eu l'idée de fabriquer une cachette dans la penderie, derrière une cloison de contreplaqué.
Le jour où la Gestapo est arrivée, il a rangé sa famille derrière la cloison et est allé ouvrir la porte. Serge ne prenait pas ça "trop au tragique", comme il dit. Son père leur avait dit : "C'est vous qui devez être protégés. Moi, si on m'arrête, je survivrai parce que je suis fort."
De derrière la cloison de contreplaqué, on entendait tout, raconte Serge Klarsfeld. On a entendu un Allemand demander en français :
- "Où sont votre femme et vos enfants ?"
- "Il y a eu une désinfection, répond Arno, ils sont partis à la campagne."
L'Allemand a fouillé l'appartement, s'est approché de la penderie, a rabattu les vêtements sur la tringle. N'a rien vu. Il a demandé à Arno de le suivre, mais celui-ci a eu un dernier scrupule : les clés. Il n'avait pas les clés de l'appartement. Ça pouvait paraître louche. Alors, profitant de ce que le groupe de gestapistes s'affairait chez les voisins, il est revenu à la cachette, a juste dit à sa femme Raissa : "Les clés." "Il a embrassé la main de ma mère, raconte Serge. Et il est parti."
Auschwitz. Puis les mines de Fürstengrübbe pour avoir assommé un kapo. Les mines étaient faites pour y survivre quelques semaines, lui a tenu six mois. Mort à l'infirmerie ou sélectionné pour la chambre à gaz. "Il aurait pu survivre s'il avait courbé la tête", dit très calmement Serge Klarsfeld.1
Serge Klarsfeld est le président de l'association " Les Fils et Filles des Déportés Juifs de France - FFDJF ".Il a joué un rôle considérable dans la recherche historique, en particulier en ce qui concerne le sort des Juifs de France de 1940 à 1944. Avec son épouse Beate, il a traqué des criminels contre l'humanité, notamment Klaus Barbie, Kurt Lischka, Herbert Hagen, Aldis Brunner et leurs complices français, René Bousquet, Jean Leguay et Maurice Papon.
Dans le domaine de la Shoah, j'ai toujours considéré comme les plus importants, les témoignages recueillis pendant que leurs auteurs vivaient l'expérience dont ils rendaient compte, alors qu'ils ne pouvaient échapper à la situation existentielle dans laquelle ils étaient plongés. Les textes prioritaires sont certainement ceux où le témoin pouvait s'exprimer librement, comme dans les lettres sorties clandestinement ; dans les autres, l'obstacle de la censure obligeait le témoin à se concentrer sur les sentiments familiaux et, malgré la volonté de rassurer, l'angoisse s'exprime confusément. Tenant compte de ces critères et de la masse documentaire rassemblée par mes soins au cours des dix années de publication du Mémorial des Enfants Juifs Déportés de France (aux éditions Fayard), j'ai choisi une cinquantaine de textes qui expriment la tragédie des enfants juifs déportés de France. Peut-on pénétrer plus profondément dans cette tragédie qu'en lisant les textes écrits par les mères, les pères et surtout les enfants victimes de ces arrestations, de ces internements et de ces déportations "vers une destination inconnue" ? il s'agit de la page la plus douloureuse des persécutions subies par les Juifs de France. " S. K.
Nice, Caserne Auvare : Les transferts de Juifs de la région préfectorale de Nice... et de la principauté de Monaco vers le camp de Drancy en vue de leur déportation, août-septembre 1942
Édition
FFDJF
Année
2003
Genre
histoire
Description
Nice, Caserne Auvare : Les transferts de Juifs de la région préfectorale de Nice... et de la principauté de Monaco vers le camp de Drancy en vue de leur déportation, août-septembre 1942 (Nice.)
Titre
En souvenir de Georgy - Lettres de la maison d'Izieu, 1935-1944
Édition
Aperture
Année
2002
Genre
histoire
Description
Parmi les milliers (11 000) d'enfants Juifs déportés de France et assassinés par les Nazis, Georgy Halpern (1935-1944) fut arraché à ses parents en 1943 et passa la dernière année de sa vie dans la maison des enfants d'Izieu.
Pendant son séjour à Izieu, Georgy écrivit régulièrement des lettres à ses parents et leur envoya des dessins, décrivant sa vie à la maison des enfants, ses rêves et ses peines. Aujourd'hui, cette remarquable collection permanente exposée à l'Imperial War Museum à Londres témoigne du courage et de l'espoir de ce jeune garçon qui vécut l'un des épisodes les plus sombres de l'histoire de l'Humanité. Les espoirs de Georgy de voir sa famille et lui réunis à nouveau s'évanouirent lorsqu'il fut assassiné à l'âge de huit ans dans les chambres à gaz d'Auschwitz.
En association avec la Fondation Beate Klarsfeld, Aperture est fière de présenter les documents qui retracent la vie trop brève de Georgy Halpern grâce à cette inoubliable collection de lettres, de dessins et de photographies de famille évoquant l'innocence et la tragédie de toutes les victimes de guerre et de persécution.
Avocat, écrivain et l'un des plus importants historiens s'étant penché sur le sort des Juifs en France pendant la seconde guerre mondiale, Serge Klarsfeld mène une lutte acharnée pour la poursuite en justice des dirigeants nazis.
Né à Bucarest en 1935, Serge Klarsfeld, tout comme Georgy, avait huit ans lorsque les hommes de la Gestapo firent irruption chez lui. Serge, sa mère et sa sœur parvinrent à leur échapper en se cachant dans un placard, mais son père fut arrêté et déporté à Auschwitz où il fut assassiné.
Titre
L'étoile des Juifs
Édition
L'Archipel
Année
2002
Genre
histoire
Description
" Il est interdit aux Juifs, dès l'âge de six ans révolus, de paraître en public sans porter l'étoile juive. (...) Elle devra être portée bien visiblement sur le côté gauche de la poitrine, solidement cousue sur le vêtement. " Avec cette ordonnance en date du 29 mai 1942, la " Solution finale " est en vue. Les autorités allemandes, qui travaillent à la mise au point de ce texte depuis septembre 1941, ont dû ménager la susceptibilité de Vichy, prétexter la multiplication des " attentats juifs " et miser sur une application rapide, sans recours excessif à la propagande : le marquage des Juifs doit passer pour chose naturelle. Mais, dès le mois de juin, les premiers signes d'un tournant de l'opinion publique se manifestent à Paris. L'étoile jaune n'attendra pas la fin du conflit pour provoquer malaise et indignation. Serge Klarsfeld a déterré les dossiers secrets des Renseignements généraux, les procès-verbaux de la police française, et présente les témoignages de solidarité de ces Français que les Allemands appelaient ironiquement les " amis des Juifs ", et qui surent exprimer leur hostilité à cette mesure, au péril de leur liberté. Une chronique de l'inimaginable que complètent des photographies et des documents inédits, pour commémorer, avec le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), le soixantième anniversaire de " l'étoile jaune ".
Titre
La Shoah en France
Édition
Fayard
Année
2001
Genre
histoire
Description
Volume 1, Vichy-Auschwitz : la "solution finale" de la question juive en France Publié pour la première fois en 1983, Vichy-Auschwitz a modifié profondément la mémoire du sort des Juifs de France sous Vichy. A l'aide de documents pour la plupart inédits, alors enfouis dans des archives publiques, Serge Klarsfeld a fait entrer dans la conscience et dans la mémoire collectives deux vérités jusque-là inexprimées et qu'il résume dans l'ultime paragraphe de son ouvrage : " Les Juifs de France garderont toujours en mémoire que, si le régime de Vichy a abouti à une faillite morale et s'est déshonoré en contribuant efficacement à la perte d'un quart de la population juive de ce pays, les trois quarts doivent essentiellement leur survie à la sympathie sincère de l'ensemble des Français, ainsi qu'à leur solidarité agissante à partir du moment où ils comprirent que les familles juives tombées entre les mains des Allemands étaient vouées à la mort.
Tome 2 et 3, Le calendrier de la persécution des Juifs de France Le Calendrier de la persécution des Juifs de France est un irremplaçable instrument de mémoire et aussi d'histoire. Il établit avec une extrême précision la chronologie des événements qui ont marqué pendant quatre ans le sort des Juifs de France. Il présente tous les documents qui, à Berlin, à Paris ou à Vichy, ont décidé du destin des Juifs à l'échelle nationale ainsi que ceux qui, dans chaque région et chaque département, ont organisé la chasse aux familles juives. Chacun de ces textes a joué son rôle dans la " solution finale " de la question juive en France, qu'il ait été rédigé par Eichmann, par un diplomate ou un officier allemand, par un dirigeant des SS en France ou par un membre du service des affaires juives de la Gestapo, par un haut fonctionnaire de la police nationale à Vichy, par la police municipale à Paris, par un commissaire d'une ville de province ou par un préfet, un sous-préfet ou un membre de l'administration préfectorale, un capitaine de gendarmerie ou un simple gendarme. En contrepoint, Serge Klarsfeld donne également la parole aux Juifs persécutés et à tous ceux qui se sont interposés pour les défendre - ecclésiastiques, laïques et citoyens exemplaires - ainsi qu'aux autorités militaires italiennes, protectrices des Juifs contre la volonté de Mussolini dans leur zone d'occupation en France. Grâce à ses index - alphabétique, thématique, géographique -, ce calendrier est également un atlas de la condition Juive en France et un indispensable outil de travail pour tous les chercheurs régionaux et locaux.
Tome 4, Le mémorial des enfants juifs déportés de France
Titre
La Shoah en France. Volume 2, Le calendrier de la persécution des Juifs de France
Édition
Fayard
Année
2001
Genre
histoire
Description
Le Calendrier de la persécution des Juifs de France est un irremplaçable instrument de mémoire et aussi d'histoire.
Il établit avec une extrême précision la chronologie des événements qui ont marqué pendant quatre ans le sort des Juifs de France. Il présente tous les documents qui, à Berlin, à Paris ou à Vichy, ont décidé du destin des Juifs à l'échelle nationale ainsi que ceux qui, dans chaque région et chaque département, ont organisé la chasse aux familles juives. Chacun de ces textes a joué son rôle dans la " solution finale " de la question juive en France, qu'il ait été rédigé par Eichmann, par un diplomate ou un officier allemand, par un dirigeant des SS en France ou par un membre du service des affaires juives de la Gestapo, par un haut fonctionnaire de la police nationale à Vichy, par la police municipale à Paris, par un commissaire d'une ville de province ou par un préfet, un sous-préfet ou un membre de l'administration préfectorale, un capitaine de gendarmerie ou un simple gendarme. En contrepoint, Serge Klarsfeld donne également la parole aux Juifs persécutés et à tous ceux qui se sont interposés pour les défendre - ecclésiastiques, laïques et citoyens exemplaires - ainsi qu'aux autorités militaires italiennes, protectrices des Juifs contre la volonté de Mussolini dans leur zone d'occupation en France. Grâce à ses index - alphabétique, thématique, géographique -, ce calendrier est également un atlas de la condition Juive en France et un indispensable outil de travail pour tous les chercheurs régionaux et locaux.
Titre
La Shoah en France. Volume 1, Vichy-Auschwitz : la "solution finale" de la question juive en France
Édition
Fayard
Année
2001
Genre
histoire
Description
Publié pour la première fois en 1983, Vichy-Auschwitz a modifié profondément la mémoire du sort des Juifs de France sous Vichy.
A l'aide de documents pour la plupart inédits, alors enfouis dans des archives publiques, Serge Klarsfeld a fait entrer dans la conscience et dans la mémoire collectives deux vérités jusque-là inexprimées et qu'il résume dans l'ultime paragraphe de son ouvrage : "Les Juifs de France garderont toujours en mémoire que, si le régime de Vichy a abouti à une faillite morale et s'est déshonoré en contribuant efficacement à la perte d'un quart de la population juive de ce pays, les trois quarts doivent essentiellement leur survie à la sympathie sincère de l'ensemble des Français, ainsi qu'à leur solidarité agissante à partir du moment où ils comprirent que les familles juives tombées entre les mains des Allemands étaient vouées à la mort."
Titre
La Shoah en France. Volume 3, Le calendrier de la persécution des Juifs de France
Édition
Fayard
Année
2001
Genre
histoire
Description
Le Calendrier de la persécution des Juifs de France est un irremplaçable instrument de mémoire et aussi d'histoire.
Il établit avec une extrême précision la chronologie des événements qui ont marqué pendant quatre ans le sort des Juifs de France. Il présente tous les documents qui, à Berlin, à Paris ou à Vichy, ont décidé du destin des Juifs à l'échelle nationale ainsi que ceux qui, dans chaque région et chaque département, ont organisé la chasse aux familles juives. Chacun de ces textes a joué son rôle dans la " solution finale " de la question juive en France, qu'il ait été rédigé par Eichmann, par un diplomate ou un officier allemand, par un dirigeant des SS en France ou par un membre du service des affaires juives de la Gestapo, par un haut fonctionnaire de la police nationale à Vichy, par la police municipale à Paris, par un commissaire d'une ville de province ou par un préfet, un sous-préfet ou un membre de l'administration préfectorale, un capitaine de gendarmerie ou un simple gendarme. En contrepoint, Serge Klarsfeld donne également la parole aux Juifs persécutés et à tous ceux qui se sont interposés pour les défendre - ecclésiastiques, laïques et citoyens exemplaires - ainsi qu'aux autorités militaires italiennes, protectrices des Juifs contre la volonté de Mussolini dans leur zone d'occupation en France. Grâce à ses index - alphabétique, thématique, géographique -, ce calendrier est également un atlas de la condition juive en France et un indispensable outil de travail pour tous les chercheurs régionaux et locaux.
Titre
La Shoah en France. Volume 4, Le mémorial des enfants juifs déportés de France
Édition
Fayard
Année
2001
Genre
histoire
Description
Dans cette somme qu'est La Shoah en France, Le Mémorial des enfants juifs déportés de France présente les victimes les plus innocentes : onze mille enfants.
Pour chacun d'entre eux, Serge Klarsfeld a établi son état civil : nom, prénom, date et lieu de naissance. Les archives auxquelles il est parvenu à avoir accès lui ont donné la possibilité d'indiquer également une donnée capitale pour la mémoire : l'adresse où l'enfant a été arrêté. Aux listes ainsi dressées s'ajoute plus d'un millier de visages de ces enfants. Serge Klarsfeld aurait voulu rassembler les photos de ces onze mille enfants ; il a déjà pu réunir et publier les visages de trois mille d'entre eux à un âge proche de celui qu'ils avaient quand ils ont été déportés. L'historique du sort de ces enfants permet de constater que l'effort de sauvegarde par leurs familles, par des organisations juives et par l'environnement humain de la population française a épargné des milliers de jeunes vies.
De toutes les communautés juives de l'Europe dominée par le Reich, celle de France a connu la proportion la moins forte d'enfants déportés, et ce point doit être souligné. Mais ce mémorial n'est pas celui des enfants cachés et sauvés ; il est celui des enfants perdus qu'il ne faudrait en aucun cas oublier.
Titre
Une tragédie juive à Rosans
Édition
FFDJF
Année
1999
Genre
histoire
Description
Les jeunes Juifs rassemblés au Lastic dans les Hautes-Alpes ont constitué le seul centre de Jeunes Juifs annihilé par la police de Vichy. L'enquête menée sur place par Serge Klarsfeld et par Jean Levy a mis en lumière cette rafle ignorée de tous, qui s'est déroulée en zone libre et qui a eu pour conséquence la déportation de 25 jeunes Juifs, surtout des allemands, dont 22 ont péri.
Liens externes
[Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet] 1 Fils et Filles de Déportés Juifs de France (Travail de mémoire réalisé par l’association FFDJF Fils et Filles de Déportés Juifs de France présidée par Mr Serge Klarsfeld, qui a permis de restituer l’état civil complet d’un certain nombre de ces enfants. )
2 Association pour la Mémoire des Enfants Juifs Déportés des Alpes Maritimes (l’AMEJDAM a été créée, à l’initiative de fils et filles de déportés, d’enfants cachés et d’anciens élèves des écoles de Nice et des Alpes-Maritimes, afin de pérenniser la mémoire des enfants juifs scolarisés dans ces établissements, arrêtés et exterminés en déportation, durant la Seconde Guerre mondiale. )
3 Guide des Archives départementales des Alpes maritimes (Guide des sources d'histoire de la Seconde Guerre mondiale conservées aux Archives départementales des Alpes maritimes )
4 La répression de la Résistance dans les Alpes-Maritimes (La répression de la Résistance par Vichy et par les occupants dans les Alpes-Maritimes. Dossier édité par le Musée de la Résistance azuréenne dans la perspective du Concours de la Résistance et de la Déportation. Il fournit un aperçu régional et des documents originaux, ainsi que des exemples de lieux de mémoire. )
Notes
- 1 - Interview accordé au Monde le 03/10/2005
Avertissement Les informations affichées sur le site de l'AJPN sont fournies par les personnes qui contribuent à l'enrichissement de notre base de données. Certaines, notamment les témoignages, ne peuvent être vérifiées par l'AJPN et ne peuvent donc pas être considérées d'une fiabilité totale. Nous citons les sources de ces informations chaque fois qu'elles nous sont communiquées. Toutes les demandes de rectification de données erronées sont bienvenues et, dans ce cas, les corrections nécessaires sont appliquées dans les meilleurs délais en citant la source de ces corrections. C'est par cette vigilance des visiteurs de notre site que nous pouvons assurer la qualité des informations conservées dans notre base de données.
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- De Gerechten mank de Völker -
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