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Paris

Région :
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Département :
Paris

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(19/08/1942 - 19/08/1944) Préfet de la Seine. Arrêté et révoqué par la Résistance le 19 août 1944 (1896-1945)
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(1944 - 1946) Préfet de la Seine (1892-1971)
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Juste parmi les Nations

Émile Planckaert


Père Planckaert
Dossier Yad Vashem : 733
Remise de la médaille de Juste : 16/04/1972
Sauvetage : Paris 75000 - Paris
Profession: Prêtre de la Compagnie de Jésus, aumônier militaire
Qualité: Jésuite
Religion : Catholique
Nom de naissance: Émile-Joseph-Marie Planquart
Date de naissance: 23/01/1906 (Roubaix)
Date de décès: 23/01/2006
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emile-Planckaert
Le Père Planckaert en 2004
source photo : Arch. fam.
crédit photo : D.R.
emile-Planckaert
Émile Planckaert plante un arbre à Yad Vashem en 1973
source photo : YV - FMS
crédit photo : D.R.
Notice

La famille Planckaert qui vit à Roubaix vient s'installer à Saint-Ouen-sur-Seine en 1913.
Ils ont deux enfants, Émile Joseph Marie Planckaert*, né le 23 janvier 1906 à Roubaix et Maurice qui deviendra architecte.

A la déclaration de la guerre, la famille se trouve à Roubaix et y restera toute la durée de la guerre.
Le père d'Émile sera tué dans les tranchées de Champagne, en 1915.

Au mois de janvier 1918, Mme Planckaert revient à Saint-Ouen-sur-Seine avec ses enfants. Le temps de remettre la maison en état, Émile* est hébergé chez un de ses oncles place Clichy, juste à côté du collège jésuite de la rue de Madrid. Il y sera élève de 1918 à 1924.

En 1924, il entre dans la Compagnie de Jésus à Beaumont-sur-Oise (Val-d'Oise) et y prononce ses voeux en 1926.

Mobilisé le 2 septembre 1939, il est envoyé devant la ligne Maginot. Après l'armistice, il est démobilisé à Paris et envoyé aux Otages (rue Haxo à Paris).
Au mois de juin 1940, Paris est occupé et les prêtres se replient sur les Vosges, près de Nancy. Ils sont fait prisonniers par les Allemands qui venaient de franchir la ligne Maginot et arrêtaient tous les hommes. Les douze mille prisonniers sont envoyé à Baccarat, "dans une pauvre caserne, aussi serrés que dans un wagon de métro à six heures du soir".
Émile* se souvient : "Un beau jour les allemands ont mis les prêtres à part, nous avons été tout un groupe déporté dans le Stalag 3B après Berlin".

Libéré, le 8 février 1941, il est rapatrié à Lyon puis renvoyé comme prêtre aux Otages (rue Haxo à Paris).

A partir de 1942, le religieux se consacre aux malheureux emprisonnés dans la capitale pour leur opposition au régime. Il leur rend visite et leur apporte un peu de réconfort spirituel et va dire la messe toutes les semaines à la caserne des Tourelles transformée en dépôt pour des gens arrêtés par la Préfecture de Police.
Après la rafle du Vel d'Hiv, il proteste sur les conditions d'enfermement des centaines de Juifs, dont le seul crime était d'être juifs, à la caserne des Tourelles qui avait été transformée en prison.
Le père Émile est profondément choqué par les conditions déplorables dans lesquelles vivent les prisonniers et ne ménage pas ses efforts pour convaincre ses supérieurs de faire quelque chose pour eux.

Il va alors protester auprès des allemands : "J'ai protesté mais devant moi ils ont fait motus et bouche cousue. Quelques jours plus tard, tout le bureau a été emmené en déportation..."

Il demande l'autorisation à la Préfecture de Police de rendre visite aux Juifs également. Devant son insistance, les autorités de la prison finirent par céder. En revanche, il ne sera pas autorisé à aller à Drancy.

Et puis "sans le savoir, je vais entrer dans des affaires de la résistance : il y avait une très bonne chrétienne à la Mairie qui, résistante, faisait partie d'une organisation clandestine. Elle était chargée des cartes d'alimentation et elle fournissait des cartes de ravitaillement à tous ceux qui voulaient échapper au service du travail en Allemagne ; il y en eut plus de trois cent. Elle leur demandait une seule chose : au moment de la libération, rendez-vous au métro Gambetta. Elle m'a dit alors que pas un n'a manqué… Évidemment j'étais au courant de tout cela".

Lors d'une de ses visites aux Tourelles, le père Émile* rencontra Odette Daltroff qui fut envoyé peu après au camp de Drancy où se trouvait déjà sa mère.
Odette Daltroff écrira un témoignage au printemps 1943 qu'elle remettra à Serge Klarsfeld en 1977. Elle venait d’accueillir à Drancy des enfants de quinze mois à treize ans venus des camps du Loiret dont les parents avaient été déportés quelques semaines plus tôt. Ils seront tous envoyés dans les chambres à gaz de Birkenau. Elle conclut ainsi son témoignage : "Au moment du départ, je ne puis oublier la voix de ce petit garçon de quatre ans qui répétait sans arrêt sur le même ton, avec une voie grave, une voix de basse incroyable dans ce petit corps : Maman, je vais avoir peur, Maman, je vais avoir peur."

Avec l'aide de M. Baticle, le fiancé d'Odette, les deux femmes sont remises en liberté.
De retour à Paris, elles apprennent que les Allemands les recherchent.
Odette fait alors appel au père Planckaert* qui non seulement leur fournit des faux papiers mais encore les fit admettre au couvent des sœurs de Saint-Régis.
Mme Daltroff y restera jusqu'à la fin de la guerre.
Odette, trop jeune et trop visible parmi ces religieuses pour la plupart âgées dut trouver une autre solution.
Emile Planckaert* lui vint en aide. Il lui trouva d'autres cachettes et lui fournissant des cartes d'alimentation pour tenir bon jusqu'à la Libération.

Emile Planckaert* fournit des faux papiers à bon nombre de Juifs.
Chaque dimanche, il s'élevait vigoureusement en chaire contre les persécutions faites aux Juifs.

En 1943, le père Émile Planckaert* joignit ses efforts à ceux du père Théomir Devaux* de l'ordre de Notre-Dame-de-Sion et contribua à sauver un grand nombre d'enfants juifs dont les parents avaient été arrêtés en les plaçant dans des familles chrétiennes prêtes à les accueillir et à les cacher.

A propos de "son arbre" planté à Jérusalem, le père Planckaert* répondait : "Je n'ai pas eu l'initiative d'aller planter mon arbre à Jérusalem. Ce sont ceux que j'ai connus pendant la guerre qui ont insisté. Leur témoignage a été enregistré par un notaire pour transmettre à Yad Vaskem à Jérusalem. Alors ici on m'a remis la plaque des justes qui ont sauvé des juifs… J'ai été à Jérusalem ; il y a eu d'abord une cérémonie au mémorial où on ranime la flamme du souvenir et puis ensuite j'ai planté mon arbre. Mon arbre a grandi, je suis retourné six fois à Jérusalem. Il a maintenant 9 mètres de haut. Il y a eu aussi le Père Braun*, le Père Fleury* de Poitiers et le Père Révol* qui ont planté leur arbre… On trouve facilement mon arbre, car il est juste à côté du monument des six blocs de granit qui rappellent les 6 millions de juifs qui ont péri dans les camps de concentration..."

Lien vers le Comité français pour Yad Vashem



Réseau de sauvetage
Théomir Devaux (Père Théomir Devaux)
 
Familles hébergées, cachées, aidées ou sauvées par Émile Planckaert
Madame Daltroff
Odette Daltroff Baticle

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Etoile jaune: le silence du consistoire centrale , Mémoire ou thèse 7 pages, réalisation 2013
Auteur : Thierry Noël-Guitelman - terminal
Lorsque la 8e ordonnance allemande du 29 mai 1942 instaure l'étoile jaune en zone occupée, on peut s'attendre à la réaction du consistoire central. Cette étape ignoble de la répression antisémite succédait aux statuts des juifs d'octobre 1940 et juin 1941, aux recensements, aux rafles, aux décisions allemandes d'élimination des juifs de la vie économique, et au premier convoi de déportés pour Auschwitz du 27 mars 1942, le consistoire centrale ne protesta pas.


Liens externes [Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet]
1 Juifs en psychiatrie sous l'Occupation. L'hospitalisation des Juifs en psychiatrie sous Vichy dans le département de la Seine (Par une recherche approfondie des archives hospitalières et départementales de la Seine, l'auteur opère une approche critique des dossiers concernant des personnes de confession juive internées à titre médical, parfois simplement préventif dans le contexte des risques et des suspicions propres à cette période. La pénurie alimentaire est confirmée, influant nettement sur la morbidité. Ce premier travail sera complété par un examen aussi exhaustif que possible des documents conservés pour amener une conclusion. )
2 Héros de Goussainville - ROMANET André (Héros de Goussainville - Page ROMANET André )
3 Notre Dame de Sion : les Justes (La première religieuse de Sion à recevoir ce titre en 1989 est Denise Paulin-Aguadich (Soeur Joséphine), qui, à l’époque de la guerre, était Ancelle. Depuis, six autres sœurs de la congrégation, ainsi qu’un religieux de Notre-Dame de Sion ont reçu la même marque de reconnaissance à titre posthume. Ils ont agi à Grenoble, Paris, Anvers, Rome. L’action de ces religieuses et religieux qui ont sauvé des Juifs pendant la deuxième guerre mondiale mérite de ne pas être oubliée. Et il y en a d’autres, qui, même s’ils n’ont pas (encore ?) reçu de reconnaissance officielle, ont œuvré dans le même sens, chacun à leur place. )
4 L'histoire des Van Cleef et Arpels (Blog de Jean-Jacques Richard, très documenté. )
5 Résistance à la Mosquée de Paris : histoire ou fiction ? de Michel Renard (Le film Les hommes libres d'Ismël Ferroukhi (septembre 2011) est sympathique mais entretient des rapports assez lointains avec la vérité historique. Il est exact que le chanteur Selim (Simon) Halali fut sauvé par la délivrance de papiers attestant faussement de sa musulmanité. D'autres juifs furent probablement protégés par des membres de la Mosquée dans des conditions identiques.
Mais prétendre que la Mosquée de Paris a abrité et, plus encore, organisé un réseau de résistance pour sauver des juifs, ne repose sur aucun témoignage recueilli ni sur aucune archive réelle. Cela relève de l'imaginaire. )
6 La Mosquée de Paris a-t-elle sauvé des juifs entre 1940 et 1944 ? une enquête généreuse mais sans résultat de Michel Renard (Le journaliste au Figaro littéraire, Mohammed Aïssaoui, né en 1947, vient de publier un livre intitulé L’Étoile jaune et le Croissant (Gallimard, septembre 2012). Son point de départ est un étonnement : pourquoi parmi les 23 000 «justes parmi les nations» gravés sur le mémorial Yad Vashem, à Jérusalem, ne figure-t-il aucun nom arabe ou musulman ?
Il mène une enquête, cherche des témoins ou des descendants de témoins, évoque la figure de Si Kaddour Ben Ghabrit, directeur de l’Institut musulman de la Mosquée de Paris de 1926 à 1954, fait allusion à d’autres personnages qu’il a rencontrés, et plaide pour une reconnaissance mémorielle d’actes de solidarité, de sauvetage, de juifs par des musulmans durant cette période. Et pour leur reconnaissance et inscription sur le mémorial de Yad Vashem.
Cet ouvrage est fréquemment mentionné par voie de presse, avec force sympathie. Mais… rares sont les critiques, positives ou négatives, réellement argumentées. On a le sentiment que ce livre est légitime, généreux, qu’il "tombe" bien en cette période.
C'est ce que le sociologue américain Merton avait repéré dans les phénomènes d'identification et de projection même si le rapport à la réalité est totalement extérieur. Aujourd'hui, l'Arabe musulman, sauveteur de juifs, devient un type idéal auxquels de nombreux musumans ont envie de croire. La réalité n'est pas celle-ci, mais peu importe ! On reproduit la quatrième de couverture du livre (qu'on n'a pas lu), on ose quelques citations d’extraits… Mais personne ne se hasarde à une évaluation de la validité historique de sa teneur. )
7 Paroles et Mémoires des quartiers populaires. (Jacob Szmulewicz et son ami Étienne Raczymow ont répondu à des interviews pour la réalisation du film "Les garçons Ramponeau" de Patrice Spadoni, ou ils racontent leur vie et en particulier leurs actions en tant que résistants. On peut le retrouver sur le site Paroles et Mémoires des quartiers populaires. http://www.paroles-et-memoires.org/jan08/memoires.htm. (Auteur : Sylvia, Source : Canal Marches) )
8 Les grands entretiens : Simon Liwerant (Témoignage de Simon Liwerant est né en 1928. Son père Aron Liwerant, ouvrier maroquinier né à Varsovie, et sa mère Sara née Redler, seront arrêtés et déportés sans retour. )

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