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Dominique Veillon



 
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Titre

Résistance - Histoires de familles, 1940-1945

Résistance - Histoires de familles, 1940-1945

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Auteurs   Dominique Missika -Dominique Veillon  
Édition   Armand Colin  
Année   2009  
Genre   histoire  
Description   La Résistance n'a pas encore livré tous ses secrets : pour la première fois, des familles de résistants, anonymes ou célèbres, ont ouvert leurs archives. Cette plongée dans l'intime montre que les combattants de l'ombre n'ont pas agi seuls. Derrière eux se tiennent des familles entières qui, entre 1940 et 1944, viennent en renfort, les soutiennent, et paient souvent leur soutien de leur vie. Parents, fils et filles, cousins et cousines se dressent contre l'occupant et Vichy. Ils hébergent des aviateurs alliés, mettent sur pied des filières d'évasion, se chargent de missions de renseignements, participent à des opérations de sauvetage, rejoignent les maquis, cachent des enfants juifs ou des réfractaires du STO. Et vous qu'auriez-vous fait ?  

Titre

Jours de guerre. Ma vie sous l'occupation

Jours de guerre. Ma vie sous l'occupation

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Auteurs   Dominique Veillon -Berthe Auroy -Anne-Marie Pathé  
Édition   Edition Bayard  
Année   2008  
Genre   témoignage  
Description   Présenté et annoté par Anne-Marie Pathé et Dominique Veillon, qui ont retenu un peu plus des deux tiers du manuscrit original, ce journal inédit d'une institutrice à la retraite dans le XVIIIe arrondissement parisien fait partie de ces témoignages précieux, indispensables pour compléter les travaux des historiens et aider le lecteur d'aujourd'hui à pénétrer l'univers mental des Français sous l'Occupation. Il se compose jusqu'en novembre 1942 de cahiers remplis le plus souvent mensuellement, et pour la période postérieure d'un manuscrit rédigé en novembre 1944 à partir de bouts de papiers griffonnés sur le moment puis cachés par sécurité.
Le point de vue qu'elle exprime n'est pas celui d'une intellectuelle, mais d'une femme qui revient régulièrement sur les difficultés du quotidien (le froid, la faim), tout simplement parce qu'elles sont au premier plan pour quelqu'un de sa condition, tout en ayant conscience des risques moraux que cette obsession fait courir : "Tout est compliqué, mesquin, sordide" note-t-elle à propos du manque de savon et d'eau chaude. Mais les pénuries la maintiennent en éveil devant le ridicule de la propagande officielle. Elle ironise devant les "fêtes" proposées aux Parisiens : retour des cendres de l'Aiglon ("Moins de cendres et plus de charbon !", revendiquaient alors certains), Saint-Charlemagne, anniversaire de Pétain... Elle se fait l'écho de la floraison de « bobards » qui circulent, pour s'en détacher : après les premiers attentats communistes, les Allemands menaceraient de couper le gaz, l'électricité, empoisonneraient les puits !
Ne laissant apparaître aucun militantisme en politique, elle manifeste cependant des opinions fondées sur un patriotisme sentimental. Elle avoue avoir été émue par le discours de Pétain le 17 juin 1940, mais très vite, c'est à la propagande de la collaboration qu'elle réagit d'abord. Elle la trouve grossière et affirme son dégoût de Radio-Paris et de la presse autorisée, qu'elle lit pour les informations données sur le ravitaillement, et fustige le retour du "traître" Laval au printemps 1942. Elle observe le silence des voyageurs du métro, attroupés devant une affiche antisémite - silence évidemment désapprobateur, juge-t-elle, puisqu'il contraste avec le bagout habituel des "Parigots" avant-guerre. Il est vrai qu'elle montre une grande sensibilité à l'égard du sort des Juifs, la célibataire qu'elle est ayant comme seconde famille les Isserlis, des juifs russes naturalisés. Leur fille Tamara est arrêtée pour port de ruban tricolore sous son étoile jaune et déportée ; c'est à la Libération qu'ils apprendront sa mort à Auschwitz.
La Résistance est un monde souterrain, étranger pour elle, dont elle ne comprend pas vraiment les manifestations collectives. En 1941, elle juge que la campagne des V "fut, je crois, surtout un amusement pour les gosses" et parle, de même, des "petits jeux [...] plutôt enfantins" que la BBC propose pour le 11 mai 1941. En août 1944, elle s'interroge sur les raisons de l'insurrection parisienne alors que les Allemands vont partir, un de ses voisins lui expliquant alors que "le peuple de Paris veut, par son attitude, racheter la défaite de 1940". On aurait tort d'y voir de l'indifférence : elle admire visiblement ceux qu'elle découvre à la Libération engagés dans les FFI ou "l'armée dissidente". Mais son éloge est bien plus éloquent lorsqu'elle parle de la façon dont son ami le musicien Maurice Maréchal ("un grand patriote") a hébergé certains de ses jeunes élèves requis par le STO. Son univers mental la porte avant tout vers l'entraide individuelle et la compassion envers toutes les victimes de ces années sombres, les "déportés" du STO, ses voisins victimes des bombardements alliés qu'elle décrit longuement, les déportés concentrationnaires dont elle découvre le sort à leur retour et par ses voisins et amis qui ont eu un des leurs arrêtés.
Au total, voici une facette de plus au kaléidoscope des perceptions de Paris sous l'occupation que de nombreux écrits intimes déjà publiés donnent envie de constituer : ceux, entre autres, de l'adolescente Micheline Bood, du policier Georges Ballyot, de l'intellectuel polonais Andrzej Bobkowski, du coiffeur juif roumain Albert Grunberg.
Bruno Leroux

Biographie de l'auteur
Berthe Auroy (1880-1968), institutrice, enseigna jusqu'en 1939. Elle a publié des ouvrages pour enfants avant et après la guerre. Anne-Marie Pathé est responsable des archives à l'Institut d'histoire du temps présent (IHTP, CNRS). Dominique Veillon est directrice de recherches au CNRS.
 

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