L'orphelinat accueillait environ 45 pensionnaires avant la Seconde Guerre mondiale, mais Auguste* et Marie Jeager*, respectivement âgés de 70 et 55 ans, décidèrent en 1939 de réduire leurs activités et envoyèrent les enfants se mettre à l'abri.
En novembre 1942, une jeune femme demande au couple de garder, pour quelques jours, un petit garçon d’environ 8 ans. Elle revient avec d’autres enfants qu’elle reprend au bout de quelques jours. En fait, il s’agit d’enfants juifs qu’elle attend à la sortie de leur école lorsqu’elle est informée que les parents sont arrêtés et les amène à l’orphelinat pour quelques jours, le temps de leur faire établir des faux papiers et de leur trouver un refuge. Cette femme – qui ne révéla jamais son nom – sera arrêtée par la suite et probablement déportée.
Marie Jeager* prend soin des enfants et leur confectionnait souvent des vêtements. Son fils, André, issu d'un premier mariage, a pu procurer à certains enfants des cartes d’identité. En outre, par son poste au ministère de l’Agriculture, il réussit à obtenir de "vraies fausses cartes d’alimentation" pour les nourrir en complément de la nourriture rapportée de Touraine par sa femme, Hélène.
Entre novembre 1942 et juin 1945, Auguste* et Marie Jeager* accueillirent ainsi une quarantaine de petits juifs (d’après le Pasteur Vergara*). A la libération, une quinzaine d’enfants se trouvaient encore à l'abri des murs de l'orphelinat.
Depuis cette époque si sombre, un fils d’André et d'Hélène Jaeger, José-Marie, a réussi à retrouver l’un des enfants accueilli par sa famille. Il s’agit de Robert Franck. Celui-ci se rappelle s’être rendu dans l’orphelinat et y être resté une quinzaine de jours. Il a appris par la suite que c’était par l’intermédiaire de l’"Entraide temporaire", une organisation clandestine qui sauvera environ 500 enfants Juifs.
Il est le seul survivant de sa famille. Il a lancé un avis de rechercher pour tenter de retrouver la trace d’autres enfants ayant séjourné à l’orphelinat. Sans succès jusqu’à présent.
1. Chambres particulières – 2. Grand dortoir – 3. Chambre des Époux Jaeger – 4. Salle d'études – 5. Petit salon. En sous-sol : 6. Réfectoire – 7. Escalier sous marquise (masquée par les arbres) – 8. Cuisine – 9. Salle de bains. 10. Hangar (avec escalier donnant accès à la salle d'études) – 11. Petit dortoir – 12. Entrée principale par perron sous auvent – 13. Petit bureau – 14. Cour bitumée avec portique d'agrès – 15. Jardin – 16. Emplacement de l'escalier de l'entrée par le Passage Dumas. A. Fenêtres de la chambre et du petit dortoir – B. Mur supprimé ultérieurement pour la construction du Passage Dumas – C. Emplacement du mur dans lequel a été aménagé la porte d'entrée donnant sur le passage Dumas (À noter que le double portail de l'entrée principale donnant directement sur la rue Alexandre Dumas avait été condamné).
Renseignements annexes concernant l'arrière du bâtiment : 1. Au dernier étage, séparées de celles du devant par un couloir central, se trouvaient quatre autres chambres et, à la droite un emplacement qui servait de grenier. 2. Le grand dortoir était éclairé à l'arrière par quatre vasistas en verre cathédrale faisant face aux fenêtres du devant. 3. Le mur de la chambre des époux Jaeger jouxtant le grand dortoir comportait une petite fenêtre carrée permettant la surveillance des pensionnaires. 4. Dans cette salle d'études, désaffectée en 1940, Monsieur Auguste Jaeger avait entreposé des meubles démontés, notamment des armoires à glace, provenant de son atelier d'ébéniste du faubourg Saint-Antoine, repris par son fils René. 7.8.9. Séparées par un couloir central : a/ face à la cuisine une porte donnant accès à la petite cour arrière et, sur la gauche : le garde-manger; b/ face à la salle de bains : le local de la chaudière, inutilisée depuis environ octobre 1941, suite à son éclatement. 12 et 13 : Dans le sous-sol se trouvait un cellier. En face de ce cellier séparée par la cage d'escalier : la cave à charbon.
Notes : a/ La cage d'escalier (65 marches au total) était située à droite du bâtiment, derrière l'entrée principale, le petit bureau, le petit dortoir et les chambres du haut. Des fenêtres en parallélogramme faites de verre cathédrale armé donnaient sur le passage Dumas. Entre le sous-sol et le premier étage, sur la droite, au-dessus de la cave à charbon avait été aménagée une petite pièce qualifiée de "fruitier". b/ Les lavabos et les WC se trouvaient sur le palier en face du petit dortoir. La cour 14 et le jardin 15 étaient séparés par une haie de troènes. Le jardin comportait deux massifs de fleurs en ovale, bordés d'iris, Entre 1940 et 1945, on y a cultivé des légumes et, principalement, des pommes de terre.
Non visible sur la photo : à l'avant de la cour, jouxtant le mur de la maison de fonction du Pasteur de la Paroisse de Bon-Secours (dénommé "Presbytère), se trouvait un potager, tandis que le jardin donnait, par une large allée, accès au portail principal condamné.
Cette photo semble avoir été prise depuis l'étage du "Presbytère", vraisemblablement au début des années 1930.
Familles hébergées, cachées ou sauvées à l' Orphelinat Bon Secours[Compléter]
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