La drôle de guerre
Vence, bourgade de cinq mille habitants au début de la guerre, disposait d'une capacité d'accueil importante.
La commune n'est pas bombardé par l’aviation transalpine et la vie y est paisible.
Le commandant du XVe Corps d’armée est inqtallé à Vence jusqu'en juillet 1940.
Vence sera une des villes de l'arrière-pays niçois où les autorités de Vichy, puis les Italiens assignèrent les Juifs à résidence, alors que le recensement des Juifs de la commune en juillet 1941 indiquait très peu de Juifs présents.
L'occupation italienne
A partir de novembre 1942, la zone dite libre est occupée par les Allemands, et une partie de cette zone est sous occupation italienne : les Alpes-Maritimes, le Var, les Hautes et Basses-Alpes, l'Isère, la Drôme, la Savoie et la Haute-Savoie.
Le 11 novembre 1942, les unités de la IVe armée italienne occupent les Alpes-Maritimes et des troupes passèrent par Vence.
L'occupation allemande
A compter du 8 septembre 1943, les Alpes-Maritimes sont sous occupation allemande et les persécutions s'intensifient à l'égard des Juifs. Les troupes du 60e Panzer Grenadier occupent les hôtels de la ville dès septembre 1943 et s'installent au Nouvel Hôtel et à l’Hôtel Régina, exigeant des locaux et de la main d’œuvre.
Les troupes de la 60e Panzer Grenadier occupèrent les hôtels de septembre 1943 à octobre 1943.
Une garnison de la 148e division de réserve s’installa ensuite au Nouvel Hôtel et à l’Hôtel Régina, réquisitionnant des locaux et de la main d’œuvre.
En avril 1944, les troupes allemandes se regroupent et demandent l'évacuation des écoles avant le 15 mai.
A partir du 21 août 1944, la 148e division passe à Vence, en direction de la vallée du Var, et réquisitionnent les bicyclettes sur leur passage.1
Les dernières troupes quittèrent la commune le 27 en début d’après-midi,
Les Juifs
Le recensement de juillet 1941 indique la présence de très peu de juifs dans la commune.
La rafle des Juifs étrangers en août 1942
La première rafle des juifs étrangers opérée par les autorités de Vichy a lieu les 26 et 27 août 1942 en zone libre.
21 Juifs étrangers sont arrêtés à Vence. Ils sont internés à la caserne Auvare, avant d'être envoyés à Drancy le 31 août puis déportés vers Auschwitz.
Assignations à résidence
87 juifs étrangers en situation irrégulière sont assignés à résidence par les autorités italiennes en mars 1943. Ils devaient se présenter deux fois par jour au peloton de carabiniers chargés de les surveiller, ne pouvaient quitter la
commune, recevoir ou expédier directement du courrier, écouter la radio, travailler...
Les rafles entre septembre 1943 et juillet 1944
Entre septembre 1943 et juillet 1944, la Gestapo et la Feldgendarmerie raflent 24 Juifs français et étrangers réfugiés à Vence, notamment à l’Institut Montaigne et à La maison blanche repliée au Moulinet : Claude et René Birkel, Albert Cohen, Hughes Dreyfus-Rose, Eugène Glickberg, Henri Hirtz, Oizer Kirschbaum, Jachekiel Koerner, Robert Lévy, Hans Odenheimer, Moïse Petilon, Nadine Pollak, Léon et Sara Pressburger, Désirée, Isidore, Saul et Augustine Rajcyn, Charlotte, Franz et Vera Schreiber, Léon Stern, Guti et Moritz Sternheim.
Ils ont tous été déportés sans retour à Auschwitz.
Les résistants
En novembre 1943, les Allemands arrêtent 12 personnes suspectées d’appartenir à la Résistance dont l’opticien Octave Grandperret et le boulanger Guillaume Stuerga, membres du mouvement Combat (ils seront abattus à Nice le 26 décembre en représailles de l’attentat ayant coûté la vie au secrétaire fédéral du PPF).
Le 17 juillet 1944, une vagu d'arrestations des Allemands mène à l’arrestation de 181 Vençois, dont le docteur Benoist.
120 furent relâchés le 21 juillet, les autres seront conduits en Allemagne pour le STO ou dans des
camps de concentration. Plusieurs d'entre eux ne reviendront pas : Plusieurs n’en revinrent pas : Claude et René Birkel, Albert Caillarec, André Carpentier, Alexandre Maiffret, Roger Mure, Henri Pascal et Edmond Pesquet.
Les réfractaires au STO
Le 16 février 1943 Vichy instaure le STO. 25 vençois sont ainsi envoyés au service du travail obligatoire en Allemagne.
Pierre Blanc, Roger Mure et Adolphe Turco ne reviendront pas d'Allemagne. Les deux premiers sont morts de maladie, le dernier a trouvé la mort lors d'un bombardement.
Louis Bergese, Michel Cerruti, Marcel Chiaramella, Marius Degioanni et Jean-Baptiste Turco, quant à eux refusèrent de retourner en Allemagne après la première permission.
Un Comité de libération est désigné avec le docteur Marcel Benoît comme président : Pierre Pujol, Louis Giuge, Émile Mathieu, Maurice Boisgontier, Marc Guérin, Louis Vernet, Joseph Cavatore pour le FN, Marie Bolleri pour les Femmes de France, Philippe Ghetti pour les FUJP, Pierre Alberato pour les FTP, Jean Laurenti pour la CGPT et l’abbé Bayet pour les MUR.
Il sera officiellement confirmé par le comité départemental de libération le 5 septembre 1944.
Le 1er décembre 1944, le préfet Escande remet en fonction le conseil municipal de 1939 complété avec Pierre Alberato, l’abbé Bayet,
Marcel Belle, le docteur Benoist président, Maurice Boisgontier, Marie Bolleri, Joseph Cavatore, Robert Demichelis, Laurent Faloppa, Philippe Gaetti, Philippe Ghetti, Marc Guérin, Louis Giuge, Alex Lautier, Jean Laurenti, André Mars, Emile Mathieu, Pierre Pujol, Joseph Turco, Louis
Vernet.
Les élections municipales eurent lieu les 29 avril et 13 mai 1945.
Émile Hugues, né en 1901, notaire, fut élu maire de la commune.
Joseph Ricord
(1926-08/02/1941)
Henri Einesy
(15/02/1941-1944) Chef d’escadron d’artillerie, nommé par arrêté préfectoral du 8 février 1941.
Adjoints : Joseph Roubaud, Roger Fouledeau et Félix Salomon
Marcel Benoît
(1944-1945)
Émile Hugues*
(1945-1959) Adjoints : Louis Vernet, Pierre Parchois, Jean Lambert et Robert Demichelis
8 Familles réfugiées à Vence[Compléter] Famille Adamel - Marek Famille Levai - Martha Famille Reichenberg - Hélène Famille Reichl - Arthur et Isabelle Famille Reisz - Gertrude Famille Sachs - Céline et Judith Famille Steinmetz - Hélène Famille Waldman - Alice 2 Familles arrêtées (Vence)[Compléter]
1944Famille Birkel - Claude, Charles, Gratien, né le 11 janvier 1926 aux Pavillons-sous-Bois (Seine) et René sont arrêtés à Vence. Déportés sans retour, Claude décédé le 5 avril 1945 à Berga (Allemagne).
03/1940Famille Laurenti - Jean Laurenti, militant communiste, animateur du PCF et de l’Union paysanne, est arrêté en mars 1940 et interné au camp de Chibron.
02/11/1940 -Le gouvernement de Vichy révoque 3 préfets et les places en disponibilités. M. Jouany, préfet d'Ille-et-Vilaine, M. Moulin, préfet d'Eure-et-Loir, et M. Morel, préfet dans les Hautes Alpes. 03/03/1941 -Visite du préfet des Alpes-Maritimes à Vence.2 25/04/1942 -Visite du préfet des Alpes-Maritimes à Vence.3 26/08/1942 -Rafle des Juifs étrangers par la police de Vichy dans les Alpes-Maritimes, les Basses-Alpes (54 personnes) et la principauté de Monaco. 08/09/1943 -Rafle des Juifs par la Gestapo dans les Alpes-Maritimes. 09/09/1943 -Occupation allemande des Alpes-Maritimes. 15/08/1944 -Débarquement franco-américain en Provence (opération Dragoon). 08/05/1945 -Les Allemands capitulent à Berlin.
Témoignages, mémoires, thèses, recherches, exposés et travaux scolaires [Ajouter le votre]
1 Vence sur
Wikipedia 2 Les enfants et amis Abadi (Voir le site Les enfants et amis Abadi, remarquable ! Odette Rosenstock et Moussa Abadi avec le concours de Monseigneur Paul Rémond, Archevêque-Évêque de Nice, ont créé le réseau Marcel pour lutter contre le nazisme et les lois antijuives de Vichy. Ils ont caché et sauvé, dans le diocèse de Nice, 527 enfants juifs de 1942 à 1944. « Les Enfants et Amis Abadi » est une association loi 1901 créée le 4 mai 2000 par Jeannette Wolgust. Elle a pour but de réunir les amis et les enfants cachés par Odette et Moussa Abadi, afin de préserver et perpétuer leur mémoire, et plus généralement de préserver et perpétuer la mémoire de la Shoah. )
3 Association pour la Mémoire des Enfants Juifs Déportés des Alpes Maritimes (l’AMEJDAM a été créée, à l’initiative de fils et filles de déportés, d’enfants cachés et d’anciens élèves des écoles de Nice et des Alpes-Maritimes, afin de pérenniser la mémoire des enfants juifs scolarisés dans ces établissements, arrêtés et exterminés en déportation, durant la Seconde Guerre mondiale. )
4 Guide des Archives départementales des Alpes maritimes (Guide des sources d'histoire de la Seconde Guerre mondiale conservées aux Archives départementales des Alpes maritimes )
5 La répression de la Résistance dans les Alpes-Maritimes (La répression de la Résistance par Vichy et par les occupants dans les Alpes-Maritimes. Dossier édité par le Musée de la Résistance azuréenne dans la perspective du Concours de la Résistance et de la Déportation. Il fournit un aperçu régional et des documents originaux, ainsi que des exemples de lieux de mémoire. )
Notes
- 1 - ADAM 169 W 13, rapport journalier du commissaire de police de Vence pour le 22 août
- 2 - A.D. Alpes-Maritimes 0616W 0105.
- 3 - A.D. Alpes-Maritimes 0616W 0105.
Marcel Ribière
(1940 - 1943) Marcel Julien Henri Ribière, Préfet de la région de Marseille (Alpes-Maritimes, Basses-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence), Bouches-du-Rhône, Corse, Gard, Hautes-Alpes, Var et le Vaucluse) (1892-1986)
Jean Chaigneau
*
(23/07/1943 - Mai 1944) Marie Joseph Jean Chaigneau, Préfet de la région de Marseille (Alpes-Maritimes, Basses-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence), Bouches-du-Rhône, Corse, Gard, Hautes-Alpes, Var et le Vaucluse). Arrêté en mai 1944 par les Allemands, il est déporté au camp d'Eisenberg
Jean Moyon
(08/1944 - 09/1944) Préfet des Alpes-Maritimes
Raymond Aubrac
(1944 - 1945) Raymond Aubrac, de son vrai nom Raymond Samuel, Commissaire de la République de la région de Marseille (Alpes-Maritimes, Basses-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence), Bouches-du-Rhône, Corse, Gard, Hautes-Alpes, Var et le Vaucluse) (1914)
Paul Haag
(1945 - 1946) Paul Maurice Louis Haag, Commissaire de la République de la région de Marseille (Alpes-Maritimes, Basses-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence), Bouches-du-Rhône, Corse, Gard, Hautes-Alpes, Var et le Vaucluse) (1891-1976)
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