Pierre Péteul*, en religion, Père Marie-Benoît*, réside à Rome, lorsque la guerre éclate.
Mobilisé en 1939, il se retrouve à Marseille en 1940, alors que l’Italie se prépare à entrer dans le conflit.
Il se trouvait au couvent des capucins, au 51 de rue Croix de Régnier, lorsque le gouvernement de Vichy publia le Statut des Juifs.
Le père Benoît* connaissait bien la communauté juive. Étudiant à Rome, il obtint le prix du meilleur étudiant en hébreu et en judaïsme.
« Les Chrétiens, dit-il, se sentent les fils spirituels du grand patriarche Abraham... ce qui suffirait à exclure tout antisémitisme, mouvement auquel nous, Chrétiens, ne pouvons avoir aucune part ».
Il va rapidement secourir les innombrables réfugiés juifs qui convergent vers le sud de la France, des aviateurs anglo-américains, des Français et des alliés poursuivis par la Gestapo.
Il transforme le couvent en un centre d'aide pour des centaines de réfugiés juifs et anti-nazis et fabrique de fausses cartes d'identité et de faux sauf-conduits, afin de permettre d'acheminer les réfugiés vers l'Espagne ou la Suisse avec l'aide de résistants français et de l'UGIF (Union générale des israélites de France).
Mais lorsque Marseille et le Sud de la France est occupé par les Allemands, les espoirs d'une évasion en Espagne ou en Suisse s'évanouirent et il devint rapidement l'objet de la surveillance de la Gestapo. Il n'y avait plus d'autre alternative que l'Italie et les régions encore occupées par les Italiens.
À Nice, le père Marie-Benoît* réussit à gagner la sympathie et l'assistance de fonctionnaires italiens, et avec leur aide et des fonds émanant des institutions juives, il parvint à faire passer des milliers de Juifs en zone d'occupation italienne.
Le père Benoît* se met en contact avec Angelo Donati, Juif, directeur de la "Banque de Crédit" italo-française. Angelo Donati présenta au père Benoît* un projet pour faire passer par bateaux entre 30 et 50.000 juifs de France de la côte italienne vers l'Afrique du Nord.
Il tente d'obtenir une audience du pape Pie XII afin de faire pression sur Mussolini, d'obtenir des nouvelles des quelque 50.000 Juifs français déportés en Allemagne, d'obtenir un traitement plus humain des Juifs internés dans les camps de concentration français, de faciliter le rapatriement des Juifs de nationalité espagnole et de soutenir le projet de transfert en Italie puis en Afrique du nord, des Juifs réfugiés dans les régions françaises occupées par l'Italie. .
Il obtint, grâce à son Supérieur Général, d’être présent à une audience de Pie XII le 16 juillet 1943 et est présenté au pape.
En mission dans le nord de l'Italie, pour trouver des points de passage vers la Suisse, il se retrouva dans un bar à Milan avec son assistant, Schwamm, afin de rencontrer une personne susceptible de les aider. Mais c'est un guet-apens organisé par la police fasciste. Schwamm se fait arrêter, non sans avoir pu avertir discrètement le père, qui parvient à s'enfuir et à retourner à Rome. Dénoncé à nouveau, plusieurs fois, et recherché activement par la Gestapo, le père dut finalement se cacher hors de son couvent.
Mais le 8 septembre 1943, les italiens signent l'armistice et la chute de Mussolini bloque l'ensemble du projet de la Delasem, l'évacuation des Juifs vers l'Afrique du Nord.
Pour éviter la déportation, Settimio Sorani ainsi que d'autres dirigeants de la Délégation furent contraints de se cacher. La responsabilité de toute l'organisation fut confiée au père Benoît*. Depuis le couvent des capucins, via Sicilia n. 159, à Rome, le père Benoît* renvoyait les réfugiés dans les cachettes disséminées à travers la ville.
Le père Marie-Benoît se rend alors chez le chef de la Gestapo qui promet de ne pas intervenir, à condition que les Juifs aient quitté Rome dans les meilleurs délais.
Par une pure supercherie - la substitution des papiers d'identité - le capucin fit croire que tous étaient partis, alors qu'ils attendaient la libération dans la ville même, sous de nouvelles identités.
Le 4 juin 1944 Rome était libérée. Quand les alliés sont entrés dans Rome et que la foule juive s'est trouvée ainsi, devant la synagogue, on ne réussissait plus à retrouver la clé. Alors au milieu de la foule est apparu le père Marie-Benoît* dit "Benedetto", qui révéla où se trouvait la clé.
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Liens externes
[Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet] 1 Débarquement en Provence et Libération du midi de la France (Le débarquement en Provence et la libération des villes de Toulon, Saint-Tropez, Aix en Provence et Marseille en août 1944. Film composé d'images : du débarquement anglo-américain et français en Provence les 14 et 15 août 1944… )
2 Les enfants et amis Abadi (Voir le site Les enfants et amis Abadi, remarquable ! Odette Rosenstock et Moussa Abadi avec le concours de Monseigneur Paul Rémond, Archevêque-Évêque de Nice, ont créé le réseau Marcel pour lutter contre le nazisme et les lois antijuives de Vichy. Ils ont caché et sauvé, dans le diocèse de Nice, 527 enfants juifs de 1942 à 1944. « Les Enfants et Amis Abadi » est une association loi 1901 créée le 4 mai 2000 par Jeannette Wolgust. Elle a pour but de réunir les amis et les enfants cachés par Odette et Moussa Abadi, afin de préserver et perpétuer leur mémoire, et plus généralement de préserver et perpétuer la mémoire de la Shoah. )
3 Artistes et intellectuels réfugiés dans la région marseillaise en 1940-1942 (Robert Mencherini. « Artistes et intellectuels réfugiés dans la région marseillaise en 1940-1942 : un jeu
d’ombres entre survie et engagement ». [actes du colloque] Déplacements, dérangements,
bouleversement : Artistes et intellectuels déplacés en zone sud (1940-1944), Bibliothèque de l'Alcazar,
Marseille, 3-4 juin 2005 organisé par l'Université de Provence, l'Université de Sheffield, la bibliothèque de
l'Alcazar (Marseille). Textes réunis par Pascal Mercier et Claude Pérez. )
4 Exposition "L'enfant cachée" (Exposition pédagogique pour accompagner la lecture de l'album L'enfant cachée (Le Lombard, 2012) et découvrir l'Histoire. 2012)
Marcel Ribière
(1940 - 1943) Marcel Julien Henri Ribière, Préfet de la région de Marseille (Alpes-Maritimes, Basses-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence), Bouches-du-Rhône, Corse, Gard, Hautes-Alpes, Var et le Vaucluse) (1892-1986)
Max Bonafous
(1941 - 1942) Préfet des Bouches-du-Rhône (1900-1975)
Adelin Rivalland
(1942 - 1943) Adelin Pascal Jean Joseph Rivalland (1893-1965)
Antoine Lemoine
(1943 - 1944) Antoine Jean Marcel Lemoine, Préfet des Bouches-du-Rhône
Jacques Bussière
(1944 - 1944) Jacques Félix Bussière, Préfet des Bouches-du-Rhône. Arrêté, interné au camp de Compiègne puis déporté en Allemagne, il mourra en déportation (1895-1945)
Émile Malican
(1944 - 1944) Émile Gabriel Louis Marie Malican, Préfet des Bouches-du-Rhône
Jean Chaigneau
*
(Mai 1943 - Mai 1944) Marie Joseph Jean Chaigneau, Préfet de la région de Marseille (Alpes-Maritimes, Basses-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence), Bouches-du-Rhône, Corse, Gard, Hautes-Alpes, Var et le Vaucluse). Arrêté en mai 1944 par les Allemands, il est déporté au camp d'Eisenberg
Raymond Aubrac
(1944 - 1945) Raymond Aubrac, de son vrai nom Raymond Samuel, Commissaire de la République de la région de Marseille (Alpes-Maritimes, Basses-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence), Bouches-du-Rhône, Corse, Gard, Hautes-Alpes, Var et le Vaucluse) (1914)
Paul Haag
(1945 - 1946) Paul Maurice Louis Haag, Commissaire de la République de la région de Marseille (Alpes-Maritimes, Basses-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence), Bouches-du-Rhône, Corse, Gard, Hautes-Alpes, Var et le Vaucluse) (1891-1976)
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