Profession: Enseignante Religion : Protestante Nom de naissance: Aubanel Nom d'épouse: Gagnier Date de naissance: 20/01/1913 (Sauve (Gard))
Date de décès: 01/09/1988
Pierre Gagnier* naît le 22 décembre 1909 à Crozon, dans le Finistère de Paul Victor Gagnier et de Hélène Marie Couchard tous deux originaires de Charente.
Après un parcours scolaire de bon élève, il obtient son baccalauréat au lycée d’Angers où avait déménagé sa famille. C’est au lycée Lakanal à Sceaux (92), en classes préparatoires littéraires qu’il rencontre le scoutisme d’où tant d’amitiés naîtront et dureront jusqu’à la fin de sa vie. L’idée et l’envie de devenir Pasteur commencent à faire leur chemin. Après un an à la Sorbonne et un an en Allemagne il décroche une licence d’Allemand. Ses études de théologie se déroulent à Paris entre 1931 et 1934 après son service militaire.
Pour son premier ministère il est nommé à Barre-des-Cévennes en Lozère où il rencontre Hélène Aubanel* qu’il épouse en 1937 ; quatre fils naîtront de leur union.
La guerre l’oblige à partir. Il fait la “drôle de guerre” en Alsace où il est interprète puisque, au cours de son service militaire, il a obtenu le diplôme d’interprète militaire. Prisonnier en Westphalie, il ne reste pas inactif. Il organise des "causeries sur les livres de la Bible" et participe dans le camp à des activités sportives et culturelles. Une petite communauté de protestants se crée dans le camp où de solides amitiés se nouent.
Il est libéré durant l’été 1941 et, de retour en France, il est nommé Pasteur de l'Église Réformée à Nice. Il y reste jusqu’en 1953. Pendant les années d’occupation, cet homme de courage, en accord avec ses convictions et le soutien sans faille de son épouse, n’hésite pas à cacher des juifs dans le presbytère et dans le temple. Le presbytère devient une annexe de faux papiers. Pierre Gagnier* est lui-même très actif dans la confection de cartes d'identité, de cartes d'alimentations, de lieux de "cache", dans la fourniture de vivres, d'argent et de complicité d'évasion.
Il rencontre Moussa Abadi, qu'il appelle "Maurice". Plusieurs enfants du Réseau Marcel seront cachés grâce aux familles sollicitées par le Pasteur Gagnier*. Il accueille de jeunes israélites dans l’équipe des routiers (scouts). Sa connaissance de la langue allemande lui permet d’aller à la Gestapo, où il rencontre le sinistre Brunner, pour obtenir des renseignements lorsqu'un des leurs est arrêté. Il ne craint pas de se rendre à la kommandantur pour dire son indignation alors que des résistants avaient été pendus aux réverbères de l’avenue de la Victoire. Il n’a pas peur de demander à un employé des questions juives, venu l’interroger sur les faux certificats de baptême qu’il délivrait, s’il n’avait pas honte du métier qu’il exerçait. Cette attitude lui crée des inimitiés à l'intérieur du Conseil Presbytéral, dont un membre influant l'accusait de "prendre parti contre le gouvernement".
Les années qui suivent la guerre sont plus calmes mais n’en sont pas moins actives au sein de la paroisse de Passy à Paris entre 1953 et 1967. Il est Vice-président du Conseil National de l’Église Réformée de France de 1959 à 1962. En 1967, il est nommé au Le Chambon-sur-Lignon où il devient directeur du Collège Cévenol International jusqu’en 1970. Ceux qui l’ont connu au Collège ont été profondément marqué par sa pédagogie si ouverte au dialogue et à la prise de conscience responsable. Hélène Gagnier* à également marqué les élèves par sa présence, que ce soit en épouse impliquée, en directrice de Milflor ou en professeur. Pierre Gagnier* participe à de nombreux synodes et conférences internationales. Des responsabilités lui sont confiées, notamment la présidence de la commission de la Catéchèse de l’Église Réformée de France qu’il occupe pendant plusieurs années.
Profondément dévoué à sa vocation de Pasteur, son engagement dans l’Église, dont il refuse la sclérose, se veut en accord avec son temps. L’œcuménisme, en particulier est l’un de ses sujets de préoccupation. Ces années de ministère sont l’occasion de nouer des amitiés très profondes. Dans le livre Cinquante ans de rencontres laissé à ses onze petits enfants, il prend le contre-pied de Sartre : "non l’enfer ce n’est pas les autres", ce qui fait "l’intérêt d’une existence ce sont les êtres qu’elle a rencontrés.".
Doté d’une forte personnalité, forgée au sein de sa famille auprès de son père militaire, il sait faire preuve d’autorité aussi bien dans ses paroisses que dans sa famille. Il impose le respect et le bon sens. Amis et famille n’hésitent pas à prendre conseil. Au cours de son ministère il effectue de nombreux voyages: Algérie, Gabon, Suède, Allemagne, États-Unis, pendant lesquels les rencontres sont une fois encore nombreuses et enrichissantes notamment celles avec le Docteur Schweitzer à Lambaréné au Gabon et avec Alain Bombard.
Obligé de prendre sa retraire prématurément pour des raisons de santé, il se retire au pied des Cévennes à Sauve (Gard), village natal de son épouse Hélène*. Il n’y est pas inactif et en profite pour voyager (Israël, Martinique, Seychelles), recevoir de nombreux amis et bien sûr enfants et petits enfants.
Il décède subitement le 6 juin 1988 et repose au cimetière de Générargues dans le Gard.
La médaille des justes a été décernée en mars 2011 au Pasteur Gagnier et à son épouse Hélène* grâce aux témoignages de Madame Rouire, Monsieur Isserlis, de la famille Dohan et de Monsieur Picard.
Cette médaille non voulue de son vivant par Pierre Gagnier* trouve son explication dans une de ses déclarations à Nice, le 18 mai 1945 :
"Je trouve que nous autres, Chrétiens, ne devons rien raconter de ce que Dieu nous permit de faire pour nos prochains en détresse. C'était une faveur pour nous de pouvoir agir et lutter contre cette force antichrétienne que fut le racisme allemand".
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Liens externes
[Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet] 1 Les enfants et amis Abadi (Voir le site Les enfants et amis Abadi, remarquable ! Odette Rosenstock et Moussa Abadi avec le concours de Monseigneur Paul Rémond, Archevêque-Évêque de Nice, ont créé le réseau Marcel pour lutter contre le nazisme et les lois antijuives de Vichy. Ils ont caché et sauvé, dans le diocèse de Nice, 527 enfants juifs de 1942 à 1944. « Les Enfants et Amis Abadi » est une association loi 1901 créée le 4 mai 2000 par Jeannette Wolgust. Elle a pour but de réunir les amis et les enfants cachés par Odette et Moussa Abadi, afin de préserver et perpétuer leur mémoire, et plus généralement de préserver et perpétuer la mémoire de la Shoah. )
2 Association pour la Mémoire des Enfants Juifs Déportés des Alpes Maritimes (l’AMEJDAM a été créée, à l’initiative de fils et filles de déportés, d’enfants cachés et d’anciens élèves des écoles de Nice et des Alpes-Maritimes, afin de pérenniser la mémoire des enfants juifs scolarisés dans ces établissements, arrêtés et exterminés en déportation, durant la Seconde Guerre mondiale. )
3 Guide des Archives départementales des Alpes maritimes (Guide des sources d'histoire de la Seconde Guerre mondiale conservées aux Archives départementales des Alpes maritimes )
4 La répression de la Résistance dans les Alpes-Maritimes (La répression de la Résistance par Vichy et par les occupants dans les Alpes-Maritimes. Dossier édité par le Musée de la Résistance azuréenne dans la perspective du Concours de la Résistance et de la Déportation. Il fournit un aperçu régional et des documents originaux, ainsi que des exemples de lieux de mémoire. )
5 Exposition "L'enfant cachée" (Exposition pédagogique pour accompagner la lecture de l'album L'enfant cachée (Le Lombard, 2012) et découvrir l'Histoire. 2012)
Marcel Ribière
(1940 - 1943) Marcel Julien Henri Ribière, Préfet de la région de Marseille (Alpes-Maritimes, Basses-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence), Bouches-du-Rhône, Corse, Gard, Hautes-Alpes, Var et le Vaucluse) (1892-1986)
Jean Chaigneau
*
(23/07/1943 - Mai 1944) Marie Joseph Jean Chaigneau, Préfet de la région de Marseille (Alpes-Maritimes, Basses-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence), Bouches-du-Rhône, Corse, Gard, Hautes-Alpes, Var et le Vaucluse). Arrêté en mai 1944 par les Allemands, il est déporté au camp d'Eisenberg
Jean Moyon
(08/1944 - 09/1944) Préfet des Alpes-Maritimes
Raymond Aubrac
(1944 - 1945) Raymond Aubrac, de son vrai nom Raymond Samuel, Commissaire de la République de la région de Marseille (Alpes-Maritimes, Basses-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence), Bouches-du-Rhône, Corse, Gard, Hautes-Alpes, Var et le Vaucluse) (1914)
Paul Haag
(1945 - 1946) Paul Maurice Louis Haag, Commissaire de la République de la région de Marseille (Alpes-Maritimes, Basses-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence), Bouches-du-Rhône, Corse, Gard, Hautes-Alpes, Var et le Vaucluse) (1891-1976)
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