En Isère, département refuge, l'aide aux personnes pourchassées fut particulièrement importante, en raison du vaste territoire qui permettait des milliers de voies de fuite, d'une présence forte de la Résistance et à de nombreux fonctionnaires, à l'instar du préfet, Raoul Didkowski d'août 1940 à la date de sa révocation par Vichy en août 1943, suivie de son arrestation par les autorités allemandes et de sa déportation en Allemagne en 1944.
La rafle du 26 août 1942 Une circulaire émanant du Secrétariat général à la police prévient les préfets de zone libre que les Juifs étrangers entrés en France après 1936 "seront transportés en zone occupée avant le 15 septembre". Le 26 août 1942, en Isère comme ailleurs en zone libre, toutes les forces de police et de gendarmerie sont mobilisées afin de procéder aux arrestations. Au matin, des dizaines de Juifs sont arrêtés à Grenoble, à Pont-en-Royans, Valbonnais, Voiron ou encore Pont-de-Chéruy, Décines et Vienne. 595 Juifs arrêtés dans la région, dont 98 arrêtés en Isère, sont envoyés à Drancy avant d'être déportés à Auschwitz. Seules 6 rentreront de déportation.
Les rafles et les arrestations de septembre et octobre 1942 Durant les mois de septembre et d'octobre 1942 les opérations visant à arrêter les Juifs se poursuivent : le 7 octobre, trois personnes vivant à Grenoble sont arrêtées et transférées au camp de Rivesaltes. En novembre, plusieurs autres personnes sont internées aux camps de Gurs et de Rivesaltes. 10 Juifs domiciliés dans le département sont arrêtés, ou refoulés par les autorités suisses, alors qu'ils tentaient de passer la frontière.
L'occupation de la zone libre en novembre 1942 L'Isère se trouve occupé dans sa plus grande partie par les troupes italiennes, l'armée allemande s'établit quant à elle au nord de Vienne.
La rafle de février 1943 Vichy demande au préfet de l'Isère un contingent de 25 Juifs en février 1943. L'état-major italien, qui n'applique pas les directives antisémites, contraint les autorités à libérer les personnes arrêtées à Grenoble. La rafle de février 1943 sera la dernière orchestrée par le gouvernement de Vichy en Isère.
L'arrivée en septembre 1943 des Allemands va ouvrir une autre période de persécutions, d'autant que pour sa part l’administration française continuera à appliquer la législation antisémite jusqu’à la Libération.
La mort récente de Maurice Papon, fonctionnaire zélé à Bordeaux, qui pendant la guerre de 1940 a envoyé des centaines de Juifs, dont des enfants, en déportation dans les camps nazis allemands, a rappelé cette période noire de notre histoire... Le jeudi 18 janvier, le Président de la République, avait évoqué, lui, l’action des Justes, hommes et femmes qui n’ont pas hésité, à la même époque, à prendre des risques pour sauver ces Français marqués de l’étoile jaune, signe d’infamie qui les a conduits dans le meilleur des cas à l’exil, le plus souvent à la mort. Les Roybonnais que j’ai interrogés en 2004, au moment de la célébration de la libération de notre région, se souviennent que des Juifs ont été accueillis à Roybon pendant la guerre. On ne peut sans doute pas mettre sur le même plan notre village et le Chambon-sur-Lignon où sous l’égide du pasteur des centaines d’enfants ont été cachés. Ni même, plus proche de nous, mais moins connu, la commune du Gua dans la vallée de la Gresse, où à Prélenfrey ; la famille Guidi a hébergé, avec la complicité de tous, des enfants juifs de Grenoble. Un livre de David Klugman en raconte l’histoire.
Pour situer l’époque, voici ce que j’ai trouvé dans les registres de la commune. Le 26/1/1942, M. le maire fait connaître au conseil que M. Maurice Etienne Chaumont “ de nationalité française, ni juif, ni de religion juive “ demande à acquérir une parcelle de terrain. Quand on était Juif on ne pouvait donc pas acheter de terrain...
Quelques informations montrent que Roybon a été fidèle à sa tradition d’accueil.
Au Plan Michat, chez Rolande Manin, épouse Martin il n’y avait pas que les réfractaires au STO qui étaient accueillis : Rolande : “Nous avions un couple d’Italiens qui habitaient la maison Pécheur, en dessus de chez nous, ... et puis un Juif, le docteur Grinfedear de Marcilloles, ... qui a fait de la résistance avec un officier “ et qui a d’ailleurs eu à soigner des maquisards blessés.“ C‘était la même chose à la Verne chez Louis et Albert Davion dont la vieille maison, abandonnée aujourd’hui, aurait beaucoup à nous conter ! Louis :“Toutes les maisons en avaient (des STO), ou des Italiens ou des Juifs. Les Italiens ils étaient pourchassés. C’étaient des antifascistes. En 1943, c’était la famille juive, les Zelokovik : Armand, Henry... y venaient, y repartaient, ils avaient la maison...“ Albert :“Il y avait aussi Monsieur Rose, c’était un musicien, il jouait du violon...“ Louis : “ Il prenait des gants pour aller lier les gerbes, parce que ça lui abîmait les mains. Monsieur Rose, - Rosenberg ? - venait d’Antibes, et était hébergé à la Guille chez Albert Simien. Il me donnait, faute de piano, des cours de solfège“. L’hôpital, avec le docteur René Marion, n’était pas en reste, son épouse se souvient. Danièle : "Et nous, on avait à St Siméon un docteur Lévy qui était un Juif, qui avait quitté Paris parce que c’était dramatique pour eux, et qui travaillait à St Siméon.... Il avait sa tante à l’hôpital qu’on avait camouflée...“ Monique : “Parce qu'elle était juive...“ Danièle : “Elle était comme malade, on l’a gardée 4, 5 mois...“ Monique : “Alors qu’elle n’était pas malade du tout...“ Danièle : “Oh ben non! c’était pour la sortir.“ Odile Pain, épouse Vincendon, connaissait bien monsieur Surdon qui était maire de Roybon pendant la guerre. Odile : “Ah oui. Le Père Surdon était très ami avec M. et Mme Calais. Le Père Calais, qui était cordonnier, à qui il manquait une jambe. Et il venait souvent chez les Calais, et je sais que, après la guerre bien sûr, il leur a dit qu’il avait caché des Juifs. Et on pouvait pas douter d’sa parole, non.“
Dès la déclaration de guerre, des ressortissants étrangers, Allemands, Autrichiens, Hollandais ... des Juifs et d’autres qui avaient fui le régime hitlérien, ont été internés au camp de Chambaran. Ils étaient autour de deux cents gardés par l’armée française. Au moment de la capitulation, le commandant du camp les aurait conduits en camions vers le Sud et libérés, pensant à juste titre que, s’ils tombaient aux mains des Allemands, ils seraient exécutés. Que sont-ils devenus et qui était ce militaire ?
Il y a donc bien eu des Justes à Roybon. Comme des milliers d’autres en France, ils ont gardé le silence après la guerre. Ils avaient fait ce qu’ils devaient et ne s’en sont pas vanté. En Israël ou ailleurs, un vieil homme ou une vieille femme se souviennent peut être d’un coin charmant dont leur a parlé un ancêtre. Mais comment s’appelait donc ce village?
Familles réfugiées à Roybon[Compléter]
Article non renseigné. Si vous avez connaissance de personnes hébergées, sauvées ou cachées dans la commune, cliquez ci-dessus sur “Compléter” et ajoutez leur nom, prénom, leur date de naissance, les circonstances du sauvetage, si possible. Familles arrêtées (Roybon)[Compléter]
Article non renseigné. Si vous avez connaissance de personnes arrêtées ou exécutées dans la commune, cliquez ci-dessus sur “Compléter” et ajoutez leur nom, prénom, les circonstances de l'arrestation et la date de l'arrestation, si possible.
30/11/1940 -En Isère, 30 militants communistes sont arrêtés et internés au Fort Barraux. 25/08/1942 -Rafle des Juifs étrangers effectuée par la police et la gendarmerie française dans la nuit du 25 au 26 août. 26/08/1942 -Rafle de Juifs étrangers en Isère. Toutes les forces de police et de gendarmerie sont mobilisées. Au matin, des dizaines de Juifs sont arrêtés à Grenoble, à Pont-en-Royans, Valbonnais, Voiron ou encore Pont-de-Chéruy, Décines et Vienne. Après “criblage”, plus d’une centaine d’entre eux est envoyée à la caserne de Vénissieux, où sont regroupés les Juifs de la région. Ceux-ci sont ensuite envoyés à Drancy. Le 2 septembre 1942, la quasi-totalité de ces personnes part à destination d’Auschwitz. Seules 6 rentreront de déportation. 11/11/1942 -Les Allemands et les Italiens se partagent la zone dite "libre". 12/11/1942 -Arrivée des premiers détachements italiens à Grenoble et des Allemands dans le nord du département. 04/03/1943 -Le général italien De Castiglioni, commandant en chef des troupes d'occupation italiennes s'oppose à la déportation de Juifs par le préfet de l'Isère. 09/09/1943 -Début de l'occupation allemande dans l'Isère. 01/1944 -Janvier-mars 1944 : Section anti-juive de la police allemande dans l'Isère. 23/04/1944 -Du 23 au 25 avril, la Milice attaque les positions de la résistance française dans le Vercors. 21/07/1944 -Du 21 au 23 juillet, les Allemands prennent d'assaut le maquis du Vercors.
Témoignages, mémoires, thèses, recherches, exposés et travaux scolaires [Ajouter le votre]
1 Roybon sur
Wikipedia 2 Les réfugiés espagnols dans le département de l’Isère 1936-1939 (Mémoire de Master 1 « Sciences humaines et sociales »
Année universitaire 2007-2008
Mention : Histoire - Histoire de l’art Spécialité : Relations et échanges culturels internationaux
sous la direction de Mme Marie-Anne MATARD-BONUCCI )
3 Blog sur quelques Justes et sur le livre (Blog hébergé par la Tribune de Genève sur quelques justes honorés par Yad Vashem sur l'intervention du délégué pour la Suisse et la région frontalière Ain et Haute-Savoie, Herbert Herz, ainsi que sur divers événements organisés autour de la parution du livre "Mon combat dans la Résistance FTP-MOI" ) 4 Le site du poète Pierre Emmanuel (Le site officiel du poète Pierre Emmanuel. Vous y trouverez aussi des pages sur sa vie et son action à Dieulefit durant la guerre, à Beauvallon, puis à la Roseraie. ) 5 Guy Sanglerat, ancien membre du Coq Enchaîné (Le Coq Enchaîné était un réseau de résistance de la région qui pendant l'occupation allemande rassemblait des syndicalistes, des socialistes et des radicaux de la mouvance d’Édouard Herriot. Membre du réseau, Guy Sanglerat publie ses souvenirs.. )
6 Le Coq enchaîné (Le Coq enchaîné : un journal clandestin sous l'occupation allemande. Le premier numéro fait son apparition en mars 1942. Les membres du Coq Enchaîné mèneront aussi des actions de résistance. Il a compté jusqu'à 400 membres. Le réseau sera décimé en 1943. Guy Sanglerat raconte ... )
7 Les archives du conseil général de Savoie (La liste des 168 "travailleurs israëlites" en partance de Ruffieux, établie le 24 Août 1942. )
Bonjour, je recherche des informations sur l'histoire du groupe de résistants auquel appartenait Jacques Aaronson. Je suis le neveu de Micheline Meyer son épouse arrêtée à Grenoble et déportée fin 1943.
Laurent M.
[répondre]
*** Recherche de personnes déportées
Je recherche des personnes déportées ayant connu mon grand-père Albert Luyat pendant ses actes de résistances ou pendant sa déportation au camp de Buchenwald
[répondre]
mon grand père,Benjamin CHATELIER, se trouvait à buchenwald à la même période que le votre. D'après mes recherches, mon grand père serait parti
en colonne de la mort le 10 avril. Le convoi portait le n° G, en direction du
camp de Flossenürg où il serait arrivé le 12 avril. Ensuite ce convoi a été divisé en trois colonnes ( A? B et C ). Les rescapés ont été récupérés par les alliés le 23 avril.
Etaient-t' ils ensemble? comment sont'ils morts, et où ?
Je n' ai pas réussi encore à trouver des listes exhaustives des morts durant ce voyage. Par suite je continue mes recherches en essayant par le biai des archives nazies ouvertes au grand public.
Salutations[répondre]
Merci infiniment pour votre réponse.
Je vous envoie mon adresse email
marion;luyat@gmail.com[répondre]
Bonjour, votre grand-père Albert Luyat faisait partie du convoi référencé I252 sur le site www.bddm.org parti de Toulouse. Mon grand-père Jean Kervévan en faisait partie mais il est décédé en 1962. La plupart (mais pas tous) venaient du camp d'internement de St Sulpice la pointe dans le Tarn M Gaston Viens maire honoraire d'Orly en faisait aussi partie, il avait dans les 18-19ans vous pouvez essayer de le contacter. Il y aussi Léon Zyguel rescapé. Si votre grand-père était au camp de St Sulpice peut être que M Viens en a un souvenir. A votre disposition Anne Marie [répondre]
*** RECHERCHE INFO SUR PIERRE DEBRU
Bonjour,
J'ai découvert à la lecture du livre <> que mon grand-père faisait partie de l'Armée secrète d'Allevard.
Je suis donc à la recherche de tout document sur Pierre Debru, pharmacien de son état à Allevard durant cette période.
Il était souvent sollicité pour trouver notamment des cachettes à ceux qui montaient dans le maquis pour éviter le STO. En ce sens il faisait regulierement des navettes vers Sillan, Izeaux, vers aussi la Scierie Millat.
Espérant que cette annonce m'apporte plus d'informations. Je remercie par avance tout ceux qui pourront contribuer à ma recherche.
Laurent
[répondre]
Bonjour,
Avez-vous effectué des démarches auprès du Musée de la Résistance et de la Déportation de Grenoble qui pourrait au minimum vous indiquer les organismes auxquels vous pouvez vous adresser si eux-mêmes ne peuvent vous fournir les informations que vous recherchez ?
Idem à propos des archives départementales de l'Isère.
Bonne recherche.
Cordialement,
Jean Surchamp
(06/06/1939 - 08/08/1940) Préfet de l'Isère
Raoul Didkowski
(08/08/1940 - 05/08/1943) Secrétaire général : Marcel Delpeyrou
Directeur de cabinet : Louis Amade
Alexandre Angeli
(1940 - 1944) Alexandre Benoît Joseph Angeli, Préfet régional de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire) (1893-1962)
Paul Balley
(05/08/1943 - 06/11/1943)
Louis Jacques-Henry
(06/11/1943 - 24/01/1944)
Roger Homo
(24/01/1944 - 23/06/1944) Préfet de l'Isère
Édouard Bonnefoy (24/01/1944 - 05/1944) Préfet régional de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire). Résistant, il sera dénoncé par la Milice, arrêté par la Gestapo et déporté à Neuengamme (1899-1945).
André Boutemy
(1944 - 1944) Préfet régional de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire) (1905-1959)
Philippe Frantz
(23/06/1944 - 01/08/1944) Préfet de l’Isère, favorable aux idées nationale-socialistes, il est abattu par la Résistance le 1er août 1944 (1911-1944)
Albert Reynier
(22/08/1944 - 02/02/1949) Préfet de l'Isère
Yves Farge
(1944 - 1945) Commissaire régional de la République de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire) (1899-1953)
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