En 1926, après quatre années passées en Palestine, Shmuel et Noami Smrodyni, jeune couple juif polonais, émigrent en France. Shmuel trouve du travail comme ébéniste dans une fabrique de meuble et le couple s'installe à Montreuil-sous-Bois.
Leur fille Judith naît à Paris en 1927 et sera naturalisée française en 1928.
En 1935, Shmuel et Noami Smrodyni décident de partir en Palestine. Charles naît à Tel Aviv en 1936, mais l'insécurité du pays et surtout la santé de Shmuel les amènent à revenir en France et en 1937, Shmuel et Noami Smrodyni s'établissent avec leurs deux enfants au Kremlin-Bicêtre.
En septembre 1939, lorsque la guerre éclate, Judith à dix ans et Charles deux. Paris est occupé.
En avril 1941, Shmuel est convoqué à la gendarmerie du Kremlin-Bicêtre.
Il décide immédiatement quitter Paris pour la zone libre et trouve un emploi à Pau où sa famille le rejoint.
Quelques mois plus tard, la zone libre est envahie et l'étau se resserre sur les juifs.
Les Smrodyni décident alors de partir dans un coin plus sûr et trouvent refuge dans le petit village de Francescas à 30 km au sud d'Agen.
Ils y restent jusqu'en avril 1943, date à laquelle un gendarme les prévient d'un risque de dénonciation. Shmuel et Noami Smrodyni et leurs deux enfants quittent alors le Lot-et-Garonne et arrivent dans l'Isère, à Saint-Romans. Shmuel trouve un petit logement et un emploi de menuisier chez M. Brunet.
Par sécurité, Judith, seule française de la famille, est confiée à Joséphine Boucher* qui la protégera jusqu'à la fin de la guerre.1. La vie commence à s'organiser quand un jour de septembre 1943, M. Roux, maire de Saint-Romans, conseille à la famille de quitter le village pour la montagne, car miliciens et collaborateurs sont en effervescence dans le village. Shmuel, Noami Smrodyni et le petit Charles trouvent un nouveau refuge, dans une ferme isolée au lieu-dit les Nouviaux chez Catterina* et Marius Ageron*. Catterina* et Marius Ageron* qui avaient quitté Saint-Marcellin pour se mettre à l'abri des événements, accueillent spontanément la famille Smrodyni à qui ils cèdent la chambre de leur fille Estelle et les cachent dans le grenier lorsqu'ils ont de la visite. Shmuel, Noami Smrodyni et le petit Charles resteront presque un an chez les Ageron, aidant aux travaux de la ferme et aux travaux ménagers.
En juin 1944, les Allemands arrivent sur le plateau du Vercors. Ils visitent avec acharnement et de manière systématique les fermes à la recherche des résistants et n'hésitent pas à incendier les fermes et à tuer les occupants suspecter d'appartenir à la Résistance. Une nouvelle fois Shmuel Smrodyni cherche un refuge, plus sûr. Il entre en contact avec la famille Idelon* dont la ferme est située en contre-bas du village de Presles au lieu-dit les Arnauds. Marie-Louise* et Auguste Idelon* ont trois enfants, Auguste (27 ans) Renée (23 ans est mariée) et Georges (21 ans). Les parents exploitent la ferme tandis que les fils fabriquent du charbon de bois.
C'est Auguste* et Georges qui conduisent Shmuel Smrodyni dans une baraque particulièrement isolée dans la montagne non loin des fours à charbon et qui sert de remise à outils. Spontanément Marie-Louise* et Auguste Idelon* et leurs fils offrent ce refuge sécurisant à la famille Smrodyni et pour renforcer leur sécurité déplacent les fours afin d'éviter tout passage. Charles se souvient d'une petite cabane en bois très rudimentaire, au plancher bancal, sans électricité, et sans eau.
La famille est ravitaillée régulièrement par les Idelon* et par Judith qui monte des provisions données par Joséphine Boucher*.
Mais le 27 juillet 1944, sur dénonciation, les Allemands envahissent la ferme des Idelon. Ils blessent grièvement le jeune Auguste, qui décèdera le lendemain de ses blessures, et arrêtent Georges. Georges ne parlera pas et réussira à s'échapper pour rejoindre son groupe de maquisards.
Deux jours plus tard les Allemands incendient la ferme des Idelon. Les Smrodyni montent alors se cacher dans une grotte plus haut dans la montagne. Judith les a rejoint et ce sont les familles Ageron* et Idelon* qui assurent le ravitaillement de la famille. Un jour d'Août 1944, ils entendent de la musique qui leur parvient de la ferme des Ageron : c'est le signal convenu et tant attendu qui annonce la Libération.
La famille Smrodyni rentre à Paris début 1945. Elle ne perdra jamais le contact avec ses sauveurs.
Familles hébergées, cachées, aidées ou sauvées par Joséphine Boucher Judith Smrodyni(dite Odette)
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Liens externes
[Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet] 1 Les réfugiés espagnols dans le département de l’Isère 1936-1939 (Mémoire de Master 1 « Sciences humaines et sociales »
Année universitaire 2007-2008
Mention : Histoire - Histoire de l’art Spécialité : Relations et échanges culturels internationaux
sous la direction de Mme Marie-Anne MATARD-BONUCCI )
2 Blog sur quelques Justes et sur le livre (Blog hébergé par la Tribune de Genève sur quelques justes honorés par Yad Vashem sur l'intervention du délégué pour la Suisse et la région frontalière Ain et Haute-Savoie, Herbert Herz, ainsi que sur divers événements organisés autour de la parution du livre "Mon combat dans la Résistance FTP-MOI" ) 3 Le site du poète Pierre Emmanuel (Le site officiel du poète Pierre Emmanuel. Vous y trouverez aussi des pages sur sa vie et son action à Dieulefit durant la guerre, à Beauvallon, puis à la Roseraie. ) 4 Guy Sanglerat, ancien membre du Coq Enchaîné (Le Coq Enchaîné était un réseau de résistance de la région qui pendant l'occupation allemande rassemblait des syndicalistes, des socialistes et des radicaux de la mouvance d’Édouard Herriot. Membre du réseau, Guy Sanglerat publie ses souvenirs.. )
5 Le Coq enchaîné (Le Coq enchaîné : un journal clandestin sous l'occupation allemande. Le premier numéro fait son apparition en mars 1942. Les membres du Coq Enchaîné mèneront aussi des actions de résistance. Il a compté jusqu'à 400 membres. Le réseau sera décimé en 1943. Guy Sanglerat raconte ... )
6 Les archives du conseil général de Savoie (La liste des 168 "travailleurs israëlites" en partance de Ruffieux, établie le 24 Août 1942. ) 7 Exposition "L'enfant cachée" (Exposition pédagogique pour accompagner la lecture de l'album L'enfant cachée (Le Lombard, 2012) et découvrir l'Histoire. 2012)
Notes
- 1 - Joséphine Boucher a été honorée du titre de Justes parmi les Nations en 1989
Jean Surchamp
(06/06/1939 - 08/08/1940) Préfet de l'Isère
Raoul Didkowski
(08/08/1940 - 05/08/1943) Secrétaire général : Marcel Delpeyrou
Directeur de cabinet : Louis Amade
Alexandre Angeli
(1940 - 1944) Alexandre Benoît Joseph Angeli, Préfet régional de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire) (1893-1962)
Paul Balley
(05/08/1943 - 06/11/1943)
Louis Jacques-Henry
(06/11/1943 - 24/01/1944)
Roger Homo
(24/01/1944 - 23/06/1944) Préfet de l'Isère
Édouard Bonnefoy (24/01/1944 - 05/1944) Préfet régional de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire). Résistant, il sera dénoncé par la Milice, arrêté par la Gestapo et déporté à Neuengamme (1899-1945).
André Boutemy
(1944 - 1944) Préfet régional de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire) (1905-1959)
Philippe Frantz
(23/06/1944 - 01/08/1944) Préfet de l’Isère, favorable aux idées nationale-socialistes, il est abattu par la Résistance le 1er août 1944 (1911-1944)
Albert Reynier
(22/08/1944 - 02/02/1949) Préfet de l'Isère
Yves Farge
(1944 - 1945) Commissaire régional de la République de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire) (1899-1953)
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