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39/45 en France (WWII)
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Région :
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Préfets :
Fernand Carles
(1936 - 1944) Préfet régional
Henry Darrouy
(1941 - 1944) Préfet délégué
Jean Michel Adrien Cabouat
(1944 - 1944) Commissaire régional de la République
Roger Édouard Verlomme
(1944 - 1944) Commissaire régional de la République
Francis Louis Closon
(1944 - 1948) Commissaire régional de la République
Roger Verlomme
(1944 - 1946) Préfet
Marcel Lanquetin
(1946 - 1955) Préfet
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09/07/2009
La drôle de guerre et l'occupation
26/02/2010
La rafle du 11 septembre 1942
Le 11 septembre 1942 était la veille du nouvel an juif, jour de fête et de réunion de familles.
Le commissaire de police fut prévenu dès la veille, le 10 septembre, par les Allemands qui le sollicitèrent pour mettre « à la disposition de M. le Commandant de la Feldgendarmerie de la Ortskommandantur 914, 5 gradés et 100 gardiens de la paix ».
Des fuites auraient donc pu se produire, de la part de policiers qui auraient pu prévenir des cheminots.
En effet, dès le matin du 11 septembre, en gare, des syndicalistes et/ou des résistants se mobilisèrent pour procéder au sauvetage des juifs. Certains étaient au courant1. D’autre part, quelques familles furent averties d’un danger imminent, ce qui permit, par exemple, à Léo Leser de placer des enfants au patronage du Buisson, à Marcq-en-Barœul, près de Lille, juste avant la rafle2.
Mobilisés dès 4 heures, les gardiens de la paix procédèrent à la surveillance des demeures juives, très tôt, ce que confirment les témoignages que j’ai pu recueillir précédemment.
La police française n’opéra pas les arrestations mais elle agit sur ordre de « l’autorité allemande ». Ce fut la « Feldgendarmerie allemande qui a procédé dans le courant de ce jour à l’arrestation d’un certain nombre de personnes de race juive ». Autrement dit, la police française aida la Feldgendarmerie allemande en surveillant les domiciles des juifs afin qu’aucun ne puisse échapper et afin que la rafle soit une réussite complète. Finalement, si quelques juifs purent se soustraire à la rafle, ce n’est guère grâce à l’aide de la police française mais plutôt grâce à l’action des cheminots sur le quai de la déportation. En ce jour du 11 septembre 1942, la police française a bien collaboré avec l’occupant nazi dans sa sinistre besogne de déportation des juifs voués à l’extermination. Certes, les policiers ignoraient la destination finale des personnes arrêtées et, certes, quelques-uns d’entre eux ont pu être à l’origine de fuites qui informèrent les cheminots, mais les autorités de la police française acceptèrent de se mettre à la disposition des Allemands pour rafler les juifs. Ce rapport montre la collaboration de la police française dans la déportation des juifs, même si, comme le souligne le commissaire central : « Les opérations en question [ont] été effectuées uniquement par la Feldgendarmerie … ».
Il faut aussi mettre en évidence le double jeu du préfet qui accepte les exigences de l’occupant, mais dont la femme, Mme Carles, d’origine juive couvrit les actes de soutien aux juifs.
En outre, le déploiement des forces est impressionnant. Pour arrêter environ 500 personnes, 100 gardiens de la paix et 5 gradés furent mobilisés, soit un policier français pour 5 juifs ! La présence de ces policiers français explique la discordance entre les témoignages quant aux acteurs de la rafle. Les uns évoquent la présence de la police française, les autres n’ont remarqué que les Allemands.
Les déportés et leur sort
Le commissaire de police ne put avoir connaissance du « nombre de personnes arrêtées » aussi se contenta-t-il d’évoquer un très vague : « certain nombre de personnes de race juive ». Seuls un vieillard invalide et une infirme furent exclus de la rafle. Leur mauvais état de santé pouvait laisser croire qu’ils auraient été inutiles pour un travail forcé à l’Est. Ce qui pouvait, éventuellement, endormir la méfiance des personnes arrêtées. Pourtant des enfants, incapables de travailler, étaient bien destinés à la déportation.
Le commissaire de police paraît peu au fait du sort réservé aux raflés. Il écrit au conditionnel : « elles auraient ensuite été dirigées vers la gare St Sauveur pour être embarquées dans un train », sans qu’il puisse, également, préciser la destination du train. La police française, auxiliaire des nazis, semble donc ignorer le but des arrestations et le sort réservé aux raflés.
En réalité, quelques personnes arrêtées ont pu être acheminées vers la gare Saint-Sauveur peu éloignée de la gare de Fives où se trouvait le dépôt des machines pour la formation des trains. Mais c’est en la gare de Fives que furent rassemblées toutes les personnes arrêtées et c’est là que le sauvetage de quelques-unes a pu avoir lieu grâce au sang-froid et au courage de cheminots.
Les juifs arrêtés à Lille, ce 11 septembre 1942, ont bien été embarqués dans un train dont la destination était Malines, camp de transit et point de départ des transports de déportation des juifs de Belgique et du Nord/Pas‑de‑Calais vers Auschwitz. Des juifs arrêtés le même jour, à Valenciennes, à Lens, à Douai et dans les environs de ces villes, furent acheminés à Lille et firent partie du même convoi en partance vers Malines. Tous internés dans la caserne Dossin, ces juifs furent rapidement déportés par le convoi X qui partit de Malines le 15 septembre 1942. Ce convoi emmenait 1048 personnes dont 264 enfants, pour moitié arrêtées dans le Nord de la France et en Belgique, il arriva le 17 septembre à Auschwitz. À l’ouverture du camp, 17 personnes de ce convoi avaient survécu.
La phrase la plus cynique se lit en bas du rapport : « Aucun incident n’a été porté à ma connaissance ». Le commissaire de police vient d’effectuer une banale opération qui lui a donné peu de soucis : tout s’est bien passé !
Ou il est mal renseigné ou il ignore, car cela ne l’émeut pas, le désespoir des familles arrêtées, la peur des enfants et l’agitation dans la gare. En effet, des sauvetages avaient entravé la déportation mais les cheminots avaient effectivement agi discrètement et efficacement sans se faire remarquer. Le policier pouvait donc ne pas avoir connaissance, au soir de cette journée, des quelques sauvetages. Ou bien alors, peut-on espérer, s’il ne les ignorait pas, qu’il tentait de les cacher aux services préfectoraux.
22/11/2022
Auteur : Danielle Delmaire
Lien : Mesures contre les juifs prises par l’autorité allemande, Tsafon
Des héros méconnus : les Cheminots de Fives, La rafle du 11 septembre 1942 à Lille-Fives
La rafle débute à I’aube ; les Juifs sont conduits gare de Fives où, sous une chaleur accablante, ils restent debout sur le quai, sans boire ni manger.
« C’est sans compter sur le courage des cheminots (chef de gare, employés des ateliers SNCF, interprètes, qui, au péril de leur vie, organisent le sauvetage de 34 personnes dont de nombreux enfants : ils traversent la rue de Bellevue et entrent dans la gare ; ils repèrent les personnes qui pourraient être sauvées en fonction de leur âge, de leur corpulence. »
Chana Zupnik et sa fille Hélène sont conduites par le cheminot, René Douce* vers un local de service et de dortoir ; ils traversent un dédale de pièces et de couloirs ; René Douce* ouvre une porte : chambre 8 ; déjà 2 personnes y sont cachées ; seule une fenêtre assez haute apporte un peu de lumière ; la chaleur est étouffante et la peur règne, pesante. Après de longues heures, les réfugiés entendent du bruit provenant du couloir : René Douce* et Jean Mabille déplacent des armoires remplies de documents ; ils veulent masquer la porte de la chambre 8 qui sera ainsi sécurisée en attendant la tombée de la nuit…
Les véhicules transportant des familles juives arrivent, les uns après les autres dans le quartier de Fives et entrent dans la gare ; ils s’immobilisent le long des quais ; les policiers allemands et français font descendre femmes et enfants. Un cheminot se présente à Madame Gisza Kurbard. Il lui propose d’emmener sa fille: « Elle est petite, elle pourrait-être mon enfant, je n’éveillerai pas les soupçons des boches… » Il emmène l’enfant dans un café, celui de Marcel Sarazin rue du Grand Balcon : elle y restera cachée en attendant la nuit.
Lorsque Jacques (Oscar), âgé de 10 ans et sa famille arrivent, ils voient les Juifs sur le quai de la gare, le long du bâtiment ; le cheminot Marcel Hoffmann* répond à la demande de Madame Hélène Stulzaft de prendre son plus jeune fils Jean (un an et demi) : avec un collègue, il sort le petit garçon de la gare. Jacques attend sur le quai. « Marcel Hoffmann* m’a confié à un collègue ; avec lui je suis monté sur une passerelle pour piétons qui enjambait les voies ferrées. Vers le bas j’ai aperçu ma mère. Nous sommes sortis et à l’extérieur, un ami de mon père, Rodolphe Klonoski, m’a pris par la main et emmené chez lui. » Pendant ce temps, Marcel Hoffman repasse devant Hélène Stulzaft et la conduit vers un bâtiment, ouvre la porte d’un local, attenant au quai : il la pousse vers l’intérieur et lui montre la fenêtre qui s’ouvre sur la rue ; un jeune homme, Roger Kejnigsman, âgé de seize ans les accompagne. La nuit venue, elle parviendra à se faufiler par cette fenêtre, ainsi que son compagnon de cellule.
Sur le quai, les personnes attendent toujours sous un soleil de plomb ; les cheminots continuent à s’activer pour tenter de sauver autant de personnes que possible ; Jean Mabille, chef de gare, voit Augustin Handtschoewerker, interprète, évacuer quatre enfants et les conduire chez Marcel Sarazin, rue de I’Est, où ils seront à l’abri.
Henri Adamski vit à Marcq-en-Baroeul avec sa femme et ses deux enfants. Mme Deschryver, dont le mari est cheminot, est employée chez les Adamski où elle s’occupe des enfants et fait le ménage . Le 11 septembre 1942, la famille est arrêtée à l’aube par les polices françaises et allemandes ; un camion les emporte jusqu’à la gare de Fives : « Il y avait beaucoup de monde et les toilettes débordaient jusque sur les voies ferrées ; la chaleur était insupportable. » Mme Deschryver est arrivée à la gare avec le vélo de son fils ; sur le cadre, elle a placé Fella et l’a conduite jusqu’à un local, où l’enfant est prise en charge par des cheminots : « Des hommes m’ont cachée derrière un meuble dans une pièce très sombre, après m’ avoir changé mes vêtements très sales : Madame Deschryver ayant apporté à cet effet le tablier de son fils. La nuit venue, on m’a emmenée chez les Deschryver, où je suis restée jusqu’à ce que mon père vienne me chercher ; il avait également pu récupérer, Eric ( 4 ans). Mon petit frère qui avait été passé par-dessus le mur des urinoirs de la gare ; d’autres personnes l’avaient saisi de l’autre côté de la rue. Des hommes m’ont cachée sous un meuble dans une pièce ; la nuit venue on m’a emmenée ».
Maurice Blank (huit ans) arrive à ta gare de Fives, au milieu de la journée, avec sa mère, Mme Blank, sa soeur, Rosa (onze ans) et son frère, Samuel (dix-huit mois). Une sorte de bâtiment sert de hangar à marchandises. Une grille en ferme l’accès. Devant ce bâtiment : un quai. Il fait très chaud : le seul point d’eau existant ne fonctionne pas et il n’y a pas de sanitaire. Dans l’après-midi, un train composé de wagons à marchandises se range le long du quai : « Des cheminots viennent discrètement dans le but de nous faire évader ». A la faveur de la nuit les cheminots s’approchent de la gare de Fives pour évacuer les prisonniers cachés dans les locaux. René Douce* et Louis Saint-Maxent se rendent au café de Marcel Sarazin et lui empruntent une échelle ; l’un des hommes grimpe et ouvre la fenêtre qui se trouve au-dessus de la guérite où règne le gardien du passage à niveau 144, Paul Blanquart ; celui-ci aide ses collègues. Un à un, adultes et enfants sortent du bâtiment. Retour chez Marcel Sarazin ; les cheminots dispersent leurs protégés chez des personnes de confiance.
Naissance du comité de secours
La journée du 11 septembre se passe, très pénible : les enfants et adultes sauvés par les Cheminots restent silencieux, immobiles ; dans les locaux de la gare ou dans le café de Marcel Sarazin, ils attendent I’ arrivée de la nuit. Leurs sauveurs se préoccupent de leur trouver des abris sûrs, chez des particuliers généreux, acceptant les risques et les peines encourues, s’ils sont découverts ; d’autres trouvent un refuge dans des établissements dirigés par des religieux : le Couvent du Bon pasteur ou l'orphelinat Notre-Dame de Loos. Il est même fait appel au tenancier d’une maison close où pendant huit jours les Juifs sont cachés et nourris.
Où trouver suffisamment d’abris ; comment nourrir, habiller, fournir des papiers d’identité aux fugitifs ? Il est fait appel à I’Evêché qui reste peu réactif… L’abbé Robert Stahl* est à la tête d‘une institution d‘accueil pour enfants en détresse, à Marcq-en-Barœul : il répartit les nouveaux venus dans deux autres établissements : à l’orphelinat Notre-Dame de Loos et Saint- Pierre à Bouvines.
Un autre prêtre apporte son aide à des Juifs lillois : Raymond Vancourt* est professeur à I’ université catholique. Il accueille chez lui une jeune Juive : Irène Kahn « On m’a fait enlever I’étoile cousue sur mon vêtement , puis on m’a remis de faux papiers ». Irène parle allemand ; l’abbé lui fait traduire un ouvrage de philosophie ; son esprit est ainsi occupé !
Peu après, quatre membres de sa famille la rejoignent ; L’abbé Raymond Vancourt* reçoit aussi des résistants : l’un d’eux, originaire de Normandie, deviendra après la guerre un personnage connu : Jean Lecanuet*. Il sera le maire de Rouen, puis ministre.
Les six membres fondateurs du comité de secours aux Juifs : René Douce*, Léon Leser Simon Prechner, Louis Saint-Maxent M. Smeckens, M. Raby désignent un président : René Douce*, aidé par Simon Prechner.
Objectif : assurer l’hébergement, le ravitaillement des clandestins. Ils sont aidés par plusieurs employés municipaux lillois : responsable du service ravitaillement, Félicien Hautcoeur* établit de fausses cartes d’identité. Gaston Tricoteux et Germaine Denneulin remettent au comité des titres de rationnement et des faux-papiers. Un appui est aussi donné par quelques policiers lillois ; ils fournissent de fausses cartes d’identité pour des résistants recherchés et pour des Juifs ; ils avertissent, dans la mesure du possible, les personnes risquant d’être arrêtées.
D’autres soutiens participent encore au comité ; des femmes se montrent très actives : Madame Legry-Nuez se charge de la trésorerie ; Marie-Anne Brouillard soigne les blessés et, membre de la défense passive, aide les pompiers au cours des bombardements, notamment à Fives ; elle assiste aussi les personnes recherchées par la police et cache chez elle des enfants juifs.
Au lycée Fénelon, une enseignante, Mademoiselle Chéreau, amie du Pasteur Henri Nick* fait entrer et cache une jeune juive tandis que la surveillante-générale, Simone Caudmont* cache dans les dortoirs deux jeunes filles, Renée Strauss et Huguette Winischki, jusqu’à la fin de la guerre.
Arrestation du président du comité
Madame Carles, femme du Préfet, le gardera en sa possession ; le démantèlement, si redouté, du comité, est évité, ainsi que l’arrestation de plusieurs dizaines de personnes. (Madame Carles, née Thérèse Lang est de confession juive). Est-ce pour elle une façon de protéger son mari ? Celui -ci sera accusé à la Libération d’avoir envoyé à la mort des dizaines d’otages ; il sera condamné pour atteinte à la sûreté de I’Etat, en septembre 1944. Mort dans la nuit du 24 au 25 avril 1945, il se serait…suicidé !
La communauté protestante
La communauté de secours s’organise. Henri Nick*, pasteur protestant, fonde un foyer social, au 165 de la rue Pierre Legrand ; il crée aussi deux colonies pour enfants dans le Pas-de-Calais : l’une à Wimereux, l’autre à Sainte-Cécile. Il fait de la prévention contre l’alcoolisme et organise des visites médicales gratuites pour les indigents ; il est aidé pour cela par son fils, médecin et par sa belle-fille.
Le pasteur sympathise avec le prêtre Robert Stahl ; il compte également sur les directrices de la clinique Ambroise Paré, deux infirmières protestantes ; elles reçoivent des Juifs et aussi des aviateurs blessés au cours de combats aériens ; la clinique est une filière d’évasion…Henri Nick* a aussi des contacts avec des maisons d’accueil à Trélon et à Saint-Jans-Cappel qui deviennent des abris pour des enfants juifs. La directrice du préventorium de Saint-Jans-Cappel, où sont traitées les maladies graves comme la tuberculose, héberge ces enfants.
Un pasteur suisse dans le comité
Marcel Pasche*, né en Suisse, s’installe à Lille en 1942 où il devient pasteur. Il fait connaissance d ‘un pasteur allemand, Friedrich Gunther, et d’un officier allemand, Carlo Schmid qui s’ occupe des affaires judiciaires au sein de l’OFK670 ; il est francophile et anti-nazi.
Marcel Pasche* décide de fonder un secrétariat d ‘aide judiciaire auprès des tribunaux allemands avec un de ses amis, Gustave Leignel. Il estime que les familles des inculpés ont droit à une aide juridique et morale : « Les personnes qui désirent se faire assister d ‘ un avocat peuvent s’adresser à ce secrétariat ; les services sont entièrement gratuits. »
Le 26 août 44, Marcel Pasche* apprend par Carlo Schmid que l’Autorité allemande a décidé d’organiser un dernier convoi pour évacuer les détenus de Loos, politiques ou gênants : date prévue, le 1er septembre : la Gestapo ne souhaite pas laisser de témoins de ses crimes. Marcel Pasche* prévient Fred Huber, consul honoraire de Suisse à Lille. Les deux hommes envisagent de faire libérer un nombre maximum de détenus et si possible de stopper le train avant qu’il ne quitte la France. Pour cela, ils se rendent à la prison de Loos où de nombreux prisonniers de la région Nord-Pas-de-Calais ont été transférés. Ils parviendront à faire libérer tous les détenus condamnés à moins de trois mois de prison, soit plus de quatre-cents, hommes et femmes. Ils seront impuissants, pour la majorité des prisonniers emmenés en camions bâchés à Tourcoing et entassés dans des wagons à bestiaux ; ce convoi appelé depuis « Train de Loos » emporte entre huit-cent soixante-dix et neuf -cents hommes vers les camps de concentration. Deux-cent-quinze survivants seront rapatriés en 1945.
Le bombardement de la gare de Fives
Oscar Stulzaft, sauvé une première fois par les Cheminots de Fives, le 21 septembre 1942, est sauvé une deuxième fois après le bombardement de Fives du 8 novembre 1942. Ce jour-là, plusieurs tonnes de bombes sont larguées par des bombardiers américains ayant mission de détruire la gare de Fives ; les batteries anti-aériennes allemandes, placées sur le terrain de la foire commerciale ouvrent le tir. Le dépôt et la gare de Fives sont touchées ainsi que les habitations.
Oscar est caché chez Monsieur et Madame Devos, rue Chanzy, à Hellemmes ; toute la famille descend à I’abri ; le souffle des explosions ébranle la cave ; Oscar est enseveli sous les décombres (17 bombes sont tombées sur le quartier.) Pompiers, membres de la défense passive, voisins, fouillent les décombres ; la mère d ‘ Oscar, Hélène, qui vit cachée à Tourcoing, est venue se joindre aux recherches. Oscar est dégagé après quatre heures de travail, protégé par des casiers à bouteilles qui lui ont sauvé la vie, Oscar est blessé au visage et surtout aux yeux. Transféré à I’hôpital Saint-Sauveur, il y passe la nuit après avoir été opéré. La mère d’Oscar est inquiète : l’attitude de l’infirmière-chef est suspecte. Hélène appelle Marcel Hoffman qui comprend : « Elle va téléphoner aux boches, il faut filer ! » Caché sous un blouson, chaussé de pantoufles, l’enfant est habillée dans un café. Puis il part avec sa mère chez Madame Berthe à Tourcoing. Les pansements doivent être changés tous les jours ; les religieuses d’un couvent soignent les blessures du petit pendant trois semaines sans poser la moindre question.
« lls avaient toujours dans leurs poches des morceaux de betterave rouge ». A l’approche de gendarmes allemands, désireux de contrôler le préventorium, les enfants mâchonnaient la betterave, toussotaient et crachaient dans leur mouchoir un liquide rouge, du sang présentant ainsi tous les symptômes de la tuberculose … ! Un panneau, écrit en allemand, avertissait les curieux :« Entrée interdite, maladie contagieuse, danger » et les gendarmes quittaient vite les lieux !!
Source : Le sauvetage des enfants juifs par les cheminots du Mont-de-Terre par Thérèse Louage3
21/06/2024
Lien : Des héros méconnus
1944
Dans la nuit du 5 au 6 juin, un convoi de navires alliés s'avance dans la manche.
La nouvelle est donnée par la BBC le 6 juin à 8h30 et confirmée par Radio Paris : le débarquement a eu lieu en Normandie.
Dans le Nord - Pas-de-Calais c'est la joie et le soulagement.
L'annonce du débarquement a provoqué un élan d'enthousiasme et d'action dans les formations de la résistance..
Pour l'ensemble de la région Nord pas de calais, le nombre de sabotages dépasse les 2000 entre le 6 juin et le 1er septembre 1944.
Mais alors que la débâcle allemande devient évidente, alors que les britanniques s'approchent d'Arras, un drame se joue à Lille.
Depuis plusieurs semaines, les allemands regroupent progressivement les détenus-résistants des deux départements nordistes à la prison de Loos, en vue de leur déportation en Allemagne.
Le 1er septembre 1944, alors que Lille sera libérée le lendemain, 1 250 prisonniers (résistants, otages pris dans des rafles, etc.) sont entassés sans le train de Loos. 130 reviendront des camps.
Après de furieux combat entre Allemands en déroute et FFI, la ville est libérée le 3 septembre 1944 par les Britanniques.
20/06/2024
Fred Huber, consul honoraire de Suisse à Lille