En 1939, Pauline* et Émile Marquillie* habitaient à Lomme, près de Lille, avec leur petit garçon de 10 ans. Émile*, qui avait été blessé lors de la Grande Guerre, était employé des chemins de fer.
Lorsque les Allemands occupèrent le nord de la France, il décida de se battre pour libérer sa patrie et rallia la Résistance.
Il recevait et transmettait des informations de Londres et cachait sous son toit des fugitifs, parfois juifs.
Il avait pris contact avec Gabrielle Lavoine, une assistante sociale qui était la déléguée à Lomme du syndicat des employés des chemins de fer, pour lui offrir son aide. En effet, la jeune femme, résistante elle aussi, avait besoin de cachettes pour des résistants et des déserteurs recherchés par les autorités.
En automne 1942, Mme Grosskopf, juive allemande, demanda à l'assistante sociale de l'aider à trouver asile pour elle-même et ses trois enfants, qui avaient réussi par miracle à échapper à la grande rafle des Juifs de Lille le 11 septembre 1942. M. Grosskopf s'était enfui dans le sud de la France où il comptait trouver un refuge pour sa famille. Gabrielle Lavoine l'envoya chez Pauline* et Émile Marquillie* qui acceptèrent sans hésiter de les héberger.
Les Grosskopf vécurent environ une année chez eux, sans que jamais Émile* leur demande quoi que ce soit.
Vers le milieu 1943, M. Grosskopf réussit à faire passer toute sa famille en Suisse.
Pauline* et Émile Marquillie* hébergèrent d'autres Juifs qui leur avait été envoyés par Gabrielle Lavoine et notamment M. et Mme Sherman et les deux neveux de cette dernière, André Epstein et Simon Rosenpick, dont les parents avaient été arrêtés et déportés.
Ils arrivèrent chez Pauline* et Émile Marquillie* en juillet 1943. Le petit Simon Rosenpick avait alors 8 ans. Toute sa famille ayant péri en déportation, il se retrouva seul à la Libération. Pauline Marquillie*, devenue veuve, l'adopta et l'éleva comme son propre fils, Pierre, qui avait le même âge.
Pauline* et Émile Marquillie* sauvèrent aussi la famille du tailleur Rochman, qui avait fui Paris au cours de l'été 1942 pour se réfugier à Lille. Au début de l'année 1943, Émile Marquillie* vint lui porter un complet à raccommoder. Il trouva le tailleur et sa famille dans une mansarde sous les toits. Le couple et leurs trois enfants vivaient dans le dénuement le plus complet. Grâce à ses contacts dans la police, Émile Marquillie* leur procura immédiatement des cartes d'alimentation.
Lorsque Pauline Marquillie*, devenue veuve, se rendit à Jérusalem à l'invitation de Yad Vashem pour planter un arbre, ce fut au tour du vieux tailleur établi en Israël avec sa famille, de lui offrir l'hospitalité.
When the war began, Pauline* and Emile Marquillie* and their ten-year-old son were living in Lomme, near Lille. Emile Marquillie*, who fought and was wounded in the World War I, worked for the French railroad. In 1940, when the Germans occupied the northern zone, Marquillie joined the underground to liberate his homeland. In this capacity, he forwarded information from London and hid fugitives in his home. Some of these were Jews. Emile Marquillie* made contact with Gabrielle Lavoine, a social worker for the Lomme local of the railroad workers’ union in Lille, and offered his assistance. She herself was a member of the Resistance and needed to find hiding places for deserters and underground members wanted by the authorities. In the autumn of 1942, Mme Grosskopf, a German Jewish woman, asked Gabrielle Lavoine to arrange shelter for her and her three children. The Grosskopfs had miraculously escaped the roundup of September 11, 1942 that emptied Lille of its Jews. M. Grosskopf had fled south, hoping to find shleter for his family there. Gabrielle Lavoine referred Mme Grosskopf and her three children to Pauline* and Emile Marquillie*, who sheltered Mme Grosskopf and her children without asking any questions for about a year, meeting all their needs and never demanding payment. In mid-1943, M. Grosskopf successfully smuggled his entire family across the border to Switzerland. Pauline* and Emile Marquillie* sheltered other Jews, also sent by Gabrielle Lavoine, including M. and Mme Sherman and her two nephews, André Epstein and Simon Rosenpik, whose parents had been arrested and deported. They came to the Marquillies’ home in July 1943. Simon Rosenpik was eight years old at the time. His entire family perished in the camps, and he was left alone after the liberation. Pauline Marquillie, who was now a widow, adopted him and raised him with her own son, Pierre, who was the same age. Pauline* and Emile Marquillie* also assisted the Rochman family, who, in the summer of 1942, fled from Paris to Lille. In early 1943, Emile brought a suit to be mended to Ruchman, a tailor. He found him and his family in a tiny room in the attic. The couple and their three children were entirely indigent. Thanks to his contacts with the police, M. Marquillie immediately obtained ration cards for them. When Pauline Marquillie* came to Jerusalem to plant a tree at the inviation of Yad Vashem, the old tailor, who had settled in Israel with his family, had the opportunity of extending hospitality to her.
On September 7, 1971, Yad Vashem recognized Pauline* and Emile Marquillie* as Righteous Among the Nations.
Chronologie[Ajouter]
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Témoignages, mémoires, thèses, recherches, exposés et travaux scolaires [Ajouter le votre]
Histoire des Communautés Juives du Nord et de Picardie , Mémoire ou thèse148 pages,
réalisation 2009 Auteurs :
Frédéric Viey, Franck d'Almeyda
Cette Histoire des Juifs du Nord et de Picardie relate le quotidien des Juifs dans le Nord de la France à partir du Moyen-Âge jusqu'à nos jours. Durant la Seconde Guerre Mondiale, les Communautés Juives de ces régions ont payé un lourd tribu en perte humaine : la déportation et l'exécution après être passé par le Camp des Malines. Aujourd'hui dans toutes les Communautés un monument rappelle les sacrifices faits par le Peuple Juifs.
Après la Seconde Guerre Mondiale, la population juive de France est exsangue. Les survivants vont essayer de faire revivre leur patrimoine religieux et culturel.
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