François* et Thérèse Lamotte* ont une cinquantaine d'années. Ils ont adopté trois filles : Lucie* (Halloie), qui avait alors vingt-six ans, Alice* (Terrier), vingt-quatre ans, et Maria* (Zielona), dix-neuf ans. La famille n’est pas très riche. Thérèse* reste au foyer pour s'occuper de sa famille et de son vieux père, qui habite chez eux. François* tient un emploi de manœuvre à la mairie; les trois filles travaillent en usine.
Guy Treister est né en 1933 à Croix, non loin de Lille (Nord), où ses parents, des juifs polonais, s'étaient établis dans les années vingt. Anna Treister, sa mère de Guy est employée par la directrice de l'école maternelle publique comme aide-ménagère.
Lorsque la guerre éclata, Julien Treister, son père de Guy, s'engage dans la Légion étrangère après avoir appris l'assassinat de son père resté à Vienne (Autriche) et qui sera déporté. Anna, sa femme, se retrouva seule enceinte, avec Guy et son frère Richard, né en 1937. Anna met au monde Josette en janvier 1940.
Le 26 mai 1940, les Allemands bombardent Lille et ses environs. La maison des Treister est touchée et les deux garçons blessés : le bras gauche de Guy dut être amputé.
Le 11 septembre 1942, veille de Roch Hachana, des gendarmes se présentent au domicile des Treister, dont le nom figure sur la liste des juifs étrangers à rafler. Ils ne trouvent personne. Anna prévenue par la directrice de l'école où travaille Anna, et avec l'aide de voisins et de personnes qu'elle connait, pour la plupart étaient membres de la paroisse protestante, cherche des cachettes pour toute sa famille. En attendant, Germaine Vanhove, une collègue, les héberge chez elle.
Anna trouve refuge chez Jean* et Marguerite Crombez* à Inchy-en-Cambraisis et reçoit une fausse-vraie carte d'identité d'un résistant du nom de Ducrocq, habitant la commune.
Grâce au pasteur Nick*et à son fils, Pierre-Elie Nick*, Guy Treister, 9 ans, est placé dans à Cateau-Cambrésis, situé à 80 km de Lille, dans une famille protestante, les Lamotte*. Il y restera d'octobre 1942 à avril 1943 sous le nom d'emprunt de sa mère, "Guy Ducrocq".
Richard, 5 ans, après 3 mois passé chez les Lamotte*, est placé chez Robert* et Mireille Dumoulin*, des protestants qui habitent à Lille. Il y restera de l'automne 1942 à l'été 1943.
Anna Treister n’a pas les moyens de payer les Lamotte* pour l'entretien du petit Guy, mais la famille ne lui demande jamais rien. Du fait de son handicap, l'enfant à pourtant besoin d'être aidé pour les activités les plus simples. Il fréquente l'école du quartier et la troupe locale de scouts.
Les Lamotte, qui l'ont accueilli de grand cœur, disent aux voisins que c'est le cousin de l'une de leurs filles adoptives. Ces dernières font de leur mieux pour lui faciliter l'existence pendant les dix-huit mois qu'il va passer au Cateau-Cambrésis, d'octobre 1942 à avril 1943. Elles l'aident à se laver et à s'habiller et elles l’emmènent au cinéma et en promenade.
Le samedi, Guy va parfois voir sa mère, Anna, qui se cache dans le village voisin d'Inchy. Le dimanche, "Guy Ducorcq" assiste même à l'office protestant avec la famille Lamotte*.
Anna trouvera ensuite d'autres caches pour ses fils, plus proche de chez les Aymard*.
Quelques mois avant la Libération, Julien Treister est libéré de son camp de prisonniers et rentre à Lille. Victor* et Marie Aymard* accueillent Julien Treister et Anna chez eux et les hébergeront jusqu'à la Libération.
Familles hébergées, cachées, aidées ou sauvées par Mireille Dumoulin Richard Treister
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Témoignages, mémoires, thèses, recherches, exposés et travaux scolaires [Ajouter le votre]
Histoire des Communautés Juives du Nord et de Picardie , Mémoire ou thèse148 pages,
réalisation 2009 Auteurs :
Frédéric Viey, Franck d'Almeyda
Cette Histoire des Juifs du Nord et de Picardie relate le quotidien des Juifs dans le Nord de la France à partir du Moyen-Âge jusqu'à nos jours. Durant la Seconde Guerre Mondiale, les Communautés Juives de ces régions ont payé un lourd tribu en perte humaine : la déportation et l'exécution après être passé par le Camp des Malines. Aujourd'hui dans toutes les Communautés un monument rappelle les sacrifices faits par le Peuple Juifs.
Après la Seconde Guerre Mondiale, la population juive de France est exsangue. Les survivants vont essayer de faire revivre leur patrimoine religieux et culturel.
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