En mai 1940, le consul français de Livourne conseilla au Père Général et aux moines français de Farneta de rentrer en France. L'imminence de l'entrée en guerre de l'Italie faisait craindre que les frontières vers la France, qui leur avaient été interdites avant la guerre, ne soient prochainement fermées. Dans le contexte de la débâcle, le Révérend Père général Dom Ferdinand Vidal, et ceux qui l'accompagnaient purent s'installer provisoirement à Orgeoise, dans le faubourg de Voiron (Isère), où demeuraient des frères convers chargés de la fabrication de la liqueur. Après avoir tenté en vain d'atteindre le gouvernement français replié à Bordeaux pour en obtenir la permission de rentrer à la Grande-Chartreuse, Dom Vidal envoie des religieux pour réoccuper la Grande-Chartreuse, avant que les Allemands, qui étaient déjà à Voreppe, n'y arrivent. Les premiers Pères se présentent le 29 mai. Passant outre l'opposition du préfet de l'Isère, Perrier, le maire de Saint-Pierre-de-Chartreuse, M. Villars, réquisitionna le monastère « pour y abriter des réfugiés ». Le 9 juin, Georges Mandel, ministre de l'intérieur, régularise la situation de fait. Le 10 juin l'Italie entre en guerre. Le 21 juin 1940, lendemain de l'annonce de l'armistice, trois Pères reprirent officiellement possession des bâtiments. Les orientations du nouveau gouvernement, incontestablement favorable à l'Eglise et aux congrégations, créait une situation favorable. La nomination par Pétain d'un nouveau préfet de l'Isère, Raoul Didkowski, facilita la réintégration. Une loi du gouvernement de Vichy le 21 février 1941 accorda aux Chartreux une reconnaissance légale en France. Durant ces années difficiles, la communauté ouvrit ses portes aux juifs et aux personnes pourchassées1. Il en alla de même au cours de la période de l'épuration qui suivit la guerre, au profit d'anciens collaborateurs et de miliciens.2
Une convention du 11 mars 1941 entre la Grande Chartreuse et l'administration des Beaux-Arts permit la restauration rapide des bâtiments3. La communauté continue toutefois jusqu'à ce jour à louer les bâtiments à l'État français, moyennant un loyer modique et la charge de l’entretien courant. À partir de 1947, la Grande Chartreuse recommença à abriter régulièrement le chapitre général tous les deux ans.
Familles hébergées, cachées ou sauvées à La Grande Chartreuse[Compléter]
Article non renseigné. Si vous avez connaissance de personnes hébergées, sauvées ou cachées dans la commune, cliquez ci-dessus sur “Compléter” et ajoutez leur nom, prénom, leur date de naissance, les circonstances du sauvetage, si possible. Familles arrêtées (La Grande Chartreuse)[Compléter]
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Liens externes
[Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet] 1 Les réfugiés espagnols dans le département de l’Isère 1936-1939 (Mémoire de Master 1 « Sciences humaines et sociales »
Année universitaire 2007-2008
Mention : Histoire - Histoire de l’art Spécialité : Relations et échanges culturels internationaux
sous la direction de Mme Marie-Anne MATARD-BONUCCI )
2 Blog sur quelques Justes et sur le livre (Blog hébergé par la Tribune de Genève sur quelques justes honorés par Yad Vashem sur l'intervention du délégué pour la Suisse et la région frontalière Ain et Haute-Savoie, Herbert Herz, ainsi que sur divers événements organisés autour de la parution du livre "Mon combat dans la Résistance FTP-MOI" ) 3 Le site du poète Pierre Emmanuel (Le site officiel du poète Pierre Emmanuel. Vous y trouverez aussi des pages sur sa vie et son action à Dieulefit durant la guerre, à Beauvallon, puis à la Roseraie. ) 4 Guy Sanglerat, ancien membre du Coq Enchaîné (Le Coq Enchaîné était un réseau de résistance de la région qui pendant l'occupation allemande rassemblait des syndicalistes, des socialistes et des radicaux de la mouvance d’Édouard Herriot. Membre du réseau, Guy Sanglerat publie ses souvenirs.. )
5 Le Coq enchaîné (Le Coq enchaîné : un journal clandestin sous l'occupation allemande. Le premier numéro fait son apparition en mars 1942. Les membres du Coq Enchaîné mèneront aussi des actions de résistance. Il a compté jusqu'à 400 membres. Le réseau sera décimé en 1943. Guy Sanglerat raconte ... )
6 Les archives du conseil général de Savoie (La liste des 168 "travailleurs israëlites" en partance de Ruffieux, établie le 24 Août 1942. )
Chronologie[Ajouter]
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Notes
- 1 - Limor Yagil, Chrétiens et Juifs sous Vichy, 1940-1944, sauvetage et désobéissance civile, Paris, Cerf, 2005, p. 204, n. 1 « La Grande Chartreuse, en plus du camouflage d'armes, ouvrit ses portes aux juifs et à différentes personnes pourchassées » [de l'un et l'autre camp].
- 2 - En 1970, Dom Poisson écrivait au président Pompidou pour lui demander la grâce de Paul Touvier. En 1972, sous le priorat du Révérend Père Dom André Poisson et avec son appui, la Grande Chartreuse a engagé un familier (laïc travaillant dans et pour le monastère) du nom de Paul Berthet, nom d'emprunt de Paul Touvier. En 1989, Dom Poisson intervient en faveur de Touvier, récemment arrêté(cf. Maité Pinero, "L'Église et son passé", L'humanité du 10 janvier 1992). La publicité donnée à cet épisode a suscité des explications publiques du P. Général dans la presse (Documentation catholique, 10 juin 1989), mais il refusa de témoigner devant la commission historique mandatée par le cardinal Decourtray sous la direction de René Raimond pour faire la lumière sur les complicités ecclésiastiques dont Touvier avait bénéficier pour échapper à la justice humaine (cf. Paul Touvier et l'Eglise, 1992). En fait, la Grande-Chartreuse avait participé à un important réseau de solidarité auquel furent mêlés plusieurs monastères français de tendance conservatrice. Il ne faut pas oublier pour autant que, dans le même contexte, d'autres prieurs chartreux ont hébergé des communistes militants (mais non criminels), sans partager pour autant leurs convictions; voir ici l'article sur la chartreuse de La Valsainte.
- 3 - Sur cette question du retour, voir, parmi une abondante littérature, Michèle Cointet, L'Église sous Vichy, 1940-1945, Perrin, 1998,p. 65-71
Jean Surchamp
(06/06/1939 - 08/08/1940) Préfet de l'Isère
Raoul Didkowski
(08/08/1940 - 05/08/1943) Secrétaire général : Marcel Delpeyrou
Directeur de cabinet : Louis Amade
Alexandre Angeli
(1940 - 1944) Alexandre Benoît Joseph Angeli, Préfet régional de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire) (1893-1962)
Paul Balley
(05/08/1943 - 06/11/1943)
Louis Jacques-Henry
(06/11/1943 - 24/01/1944)
Roger Homo
(24/01/1944 - 23/06/1944) Préfet de l'Isère
Édouard Bonnefoy (24/01/1944 - 05/1944) Préfet régional de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire). Résistant, il sera dénoncé par la Milice, arrêté par la Gestapo et déporté à Neuengamme (1899-1945).
André Boutemy
(1944 - 1944) Préfet régional de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire) (1905-1959)
Philippe Frantz
(23/06/1944 - 01/08/1944) Préfet de l’Isère, favorable aux idées nationale-socialistes, il est abattu par la Résistance le 1er août 1944 (1911-1944)
Albert Reynier
(22/08/1944 - 02/02/1949) Préfet de l'Isère
Yves Farge
(1944 - 1945) Commissaire régional de la République de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire) (1899-1953)
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