Robert Zarb* est né à Port Saïd le 10 février 1921, d'un père maltais, citoyen britannique, et d'une mère française. Il fait ses études secondaires à Bordeaux, puis sa première année de médecine à Montpellier.
A la déclaration de la guerre, en septembre 1939, il est assigné à Résidence à Grenoble, en tant que sujet britannique, où il poursuit ses études de médecine.
En 1942, avec son ami Étienne Sprunck, il intègre le mouvement Combat.
Il s'est lié d'amitié avec Jean Feigelson, un autre étudiant en médecine, juif russe, réfugié en France.
Le 25 août 1942, Robert Zarb* et Jean Feigelson apprennent que la police s'apprête à arrêter les Juifs étrangers. Robert Zarb* réussit à alerter les parents de Jean et cache celui-ci et son frère Simon chez lui.
Cette même nuit, la police venue arrêter les Feigelson ne trouva personne.
En décembre 1942, Jean Feigelson est arrêté, suspecté d'activités illégales.
Après trois semaines de détention préventive, il est condamné à 8 jours de prison et remis en liberté immédiatement.http://www.ajpn.org/tousdepartements.html
Robert Zarb* l'attend à sa sortie du Tribunal et l'emmène immédiatement dans une cachette, de peur que son ami soit remis aux Allemands.
Quelques jours plus tard, Jean Feigelson muni d'une fausse carte d'identité quitte la ville et ralliera le maquis.
En février 1943, alors qu'il est en 4e année de médecine, Robert Zarb* décide de rejoindre Paris, car les citoyens britanniques de zone libre tombent sous le coup d'un internement administratif.
En possession de faux papiers au nom de "Robert Béringer", né à Casablanca, il passe la ligne de démarcation à Bléré, près de Tours. Ses cartes d'alimentation portant le cachet de Grenoble et son jeune âge suffisent à la Gestapo pour l'arrêter.
Emmené à Tours, il est interrogé et torturé, au bout d'une semaine, il est conduit à Compiègne puis déporté au camp de Mauthausen en avril 1943.
Au moment de son arrestation, il parlait quatre langues. Arrivé à Mauthausen, il apprit très vite l’Allemand et toutes les langues slaves.
A la fin du mois de mai, il fait parti du kommando chargé de creuser un tunnel entre l'Autriche et la Yougoslavie, à Loibl-Pass. Le travail est particulièrement pénible car il s'agit de déblayer la galerie et de l’étayer. En juillet, il est de retour à Mauthausen.
Les SS, ont décidé de constituer un laboratoire de recherches pour déterminer la quantité de vitamines A et B, contenue dans le sang des déportés.
Avec d'autres spécialistes, pharmaciens, chimistes, médecins ou étudiants en médecine, Robert Zarb, qui avait appris l'allemand, est désigné pour ce nouveau kommando.
A l'été 1944, les SS arrêtent les expériences du laboratoire et il est affecté à l'infirmerie du camp. C’est là qu’il sauve Jean Grey de la mort en rayant « en douce » le matricule 60023 sur la liste des malades à exécuter.
Jean Grey, résistant, déporté à Mathausen témoigne : "Il était un personnage grand, costaud, polyglotte, médecin même les SS le respectaient. A Mauthausen, il volait de la soupe et des médicaments aux SS pour me soigner. Il m’avait sauvé quatorze fois la vie à l’infirmerie de Mauthausen en rayant en douce mon matricule 60023 sur la liste des malades à exécuter".
En avril 1945, à la libération du camp, il sert d'interprète auprès des troupes américaines.
Il part en Égypte où il écrit son journal de déportation.
Dans son journal de déportation, il témoigne de sa vie au camp :
"Nous marchons, il ne faut pas flâner, sinon un coup de crosse vous rappelle à l’ordre et un kapo vient compléter la chose.
Nous arrivons enfin sur les chantiers, appel encore une fois, et au travail : pelles, pioches, brouettes à charrier, wagonnets à remplir de sable et à pousser, lourds panneaux à transporter, camions à décharger, sacs de 50 kg à charger, gros blocs de pierre à soulever, troncs d’arbres à enlever.
Nous sommes à bout, et il faut continuer. Vous êtes en train de travailler de votre mieux, passe un SS, vlan ! il vous tapera dessus sans la moindre raison, un kapo en fera autant, et faut tout encaisser sans rien dire, se révolter serait signer son arrêt de mort et nous tenons à vivre.
J’ai ressenti nettement que je devenais une bête, un animal et que je n’étais pas le seul. C’est terrible de vivre avec cette perpétuelle sensation de peur et de crainte qui s’est emparée de vous, et contre laquelle on ne peut presque rien…Un de nos camarades est devenu fou. C’est alors qu’il faut serrer les dents, et s’accrocher, et prier, prier…".
Il était infirmier au Revier (l'hôpital) :
"Le Revier comprend l'ensemble des blocks, que nous avions aperçus en bas à droite lors de notre arrivée. C'est un autre camp, entouré d'une double ceinture de barbelés. Des miradors le dominent. Chque fois que nous entrons au Revier ou en sortons, nous devons nous présenter au poste de garde, nous mettre au garde à vous après s'être découvert, et demander au SS la permission d'entrer ou de sortir...
Les kommandos habituels passaient facilement. Mais les prisonniers non habituels se rendant au Revier, étaient fouillés et souvent battus. Quand vous étiez accompagné, il fallait ajouter : "se présente avec 4, ou tant de prisonniers", ne pas dire hommes, vous receviez une gifle. Il y avait une différence, nous n'étions plus des hommes, mais des détenus.
Le Revier, c'est l'hôpital, grand nom cachant une plus grande misère : le Revier, c'est la mort lente : les malades couchent à deux ou à trois par lit, ils y coucherons plus tard à bien plus.
Le Revier c'est la portion réduite, les malades ne travaillant pas, la ration est moindre.
Le Revier, c'est la saleté, la puanteur...
J'en arrive aux piqûres de benzine, c'est la triste vérité, comme tout ce qui suivra et tout ce qui a été dit. Et que personne ne vienne me dire que j'ai exagéré.
Le matin, les rideaux noirs de la salle de pansement sont baissés, la charrette du crématoire servant au transport des morts, attend devant la porte. A l'intérieur, deux SS. Le malade appelé par le secrétaire général du Revier. Il arrive complétement nu. Dans la salle on le fait allonger sur la table d'opérations, on l'attache, et 20 cc de benzine lui sont injectées dans le coeur ; et on passe au suivant. C'est ainsi que, jusqu'en décembre 1943, les SS se sont débarrassés des tuberculeux, syphilitiques, typhiques... de l'hôpital."
Il revient à Grenoble pour terminer ses études de médecine.
Robert Zarb* y décède en février 2003, laissant le souvenir d’un médecin affable, disponible et toujours soucieux des autres.
Chronologie[Ajouter]
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Liens externes
[Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet] 1 Les réfugiés espagnols dans le département de l’Isère 1936-1939 (Mémoire de Master 1 « Sciences humaines et sociales »
Année universitaire 2007-2008
Mention : Histoire - Histoire de l’art Spécialité : Relations et échanges culturels internationaux
sous la direction de Mme Marie-Anne MATARD-BONUCCI )
2 Blog sur quelques Justes et sur le livre (Blog hébergé par la Tribune de Genève sur quelques justes honorés par Yad Vashem sur l'intervention du délégué pour la Suisse et la région frontalière Ain et Haute-Savoie, Herbert Herz, ainsi que sur divers événements organisés autour de la parution du livre "Mon combat dans la Résistance FTP-MOI" ) 3 Le site du poète Pierre Emmanuel (Le site officiel du poète Pierre Emmanuel. Vous y trouverez aussi des pages sur sa vie et son action à Dieulefit durant la guerre, à Beauvallon, puis à la Roseraie. ) 4 Guy Sanglerat, ancien membre du Coq Enchaîné (Le Coq Enchaîné était un réseau de résistance de la région qui pendant l'occupation allemande rassemblait des syndicalistes, des socialistes et des radicaux de la mouvance d’Édouard Herriot. Membre du réseau, Guy Sanglerat publie ses souvenirs.. )
5 Le Coq enchaîné (Le Coq enchaîné : un journal clandestin sous l'occupation allemande. Le premier numéro fait son apparition en mars 1942. Les membres du Coq Enchaîné mèneront aussi des actions de résistance. Il a compté jusqu'à 400 membres. Le réseau sera décimé en 1943. Guy Sanglerat raconte ... )
6 Les archives du conseil général de Savoie (La liste des 168 "travailleurs israëlites" en partance de Ruffieux, établie le 24 Août 1942. ) 7 Exposition "L'enfant cachée" (Exposition pédagogique pour accompagner la lecture de l'album L'enfant cachée (Le Lombard, 2012) et découvrir l'Histoire. 2012)
Jean Surchamp
(06/06/1939 - 08/08/1940) Préfet de l'Isère
Raoul Didkowski
(08/08/1940 - 05/08/1943) Secrétaire général : Marcel Delpeyrou
Directeur de cabinet : Louis Amade
Alexandre Angeli
(1940 - 1944) Alexandre Benoît Joseph Angeli, Préfet régional de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire) (1893-1962)
Paul Balley
(05/08/1943 - 06/11/1943)
Louis Jacques-Henry
(06/11/1943 - 24/01/1944)
Roger Homo
(24/01/1944 - 23/06/1944) Préfet de l'Isère
Édouard Bonnefoy (24/01/1944 - 05/1944) Préfet régional de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire). Résistant, il sera dénoncé par la Milice, arrêté par la Gestapo et déporté à Neuengamme (1899-1945).
André Boutemy
(1944 - 1944) Préfet régional de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire) (1905-1959)
Philippe Frantz
(23/06/1944 - 01/08/1944) Préfet de l’Isère, favorable aux idées nationale-socialistes, il est abattu par la Résistance le 1er août 1944 (1911-1944)
Albert Reynier
(22/08/1944 - 02/02/1949) Préfet de l'Isère
Yves Farge
(1944 - 1945) Commissaire régional de la République de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire) (1899-1953)
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