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Juste parmi les Nations

Françoise Élisabeth Rudolph


Sœur Françoise Élisabeth
Dossier Yad Vashem : 7856
Remise de la médaille de Juste : 11/01/1998
Sauvetage : Voiron 38500 - Isère
Profession: Sœur de l'institution Sainte-Jeanne-d'Arc à Thizy
Religion : Catholique
Nom de naissance: Rudolph

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Francoise-elisabeth-Rudolph
Françoise Élisabeth Rudolph
source photo : Arch. fam.
crédit photo : D.R.
Notice

Pierrette Marquet*, sœur Perpétue en religion, de la congrégation des Sœurs de Saint-Charles, était la supérieure du couvent Saint-Charles à Chaponost.

En septembre 1942, la veille de la rentrée scolaire, la famille Honigbaum fit appel à elle.
Juifs parisiens, ils avaient réussi à fuir la capitale lors des grandes rafles de juillet 1942 et après une longue errance, étaient arrivés à Lyon. Ils souhaitaient faire admettre leur fille Jacqueline, 7 ans, et leurs deux nièces, Suzanne, 9 ans, et Liliane, 4 ans, à l'internat du couvent.

La mère supérieure accepta. Jacqueline découvrit bientôt que parmi les pensionnaires se trouvaient d'autres fillettes juives.

Les autorités soupçonnaient les religieuses de cacher des réfugiés, aussi l'établissement était-il fréquemment contrôlé.
A chaque fois, sœur Perpétue* envoyait les petites Juives dans une cave où étaient entreposés des sacs de charbon.

Jacqueline supportait mal ce climat d'inquiétude, d'autant que la situation s'aggrava avec l'occupation de la zone sud par les Allemands à la fin de l'année 1942.
En février 1943, les Honigbaum retirèrent les trois fillettes du couvent et partirent à Nice, passé sous le contrôle des Italiens.

Lorsque les Allemands envahirent Nice en septembre 1943, la famille s'enfuit à Nouveau et trouva refuge à Saint-Génis-Laval, près de Lyon. Là, ils se lièrent d'amitié avec la boulangère, Paule Bouchard* et son époux*, et avec le commandant de la gendarmerie locale, M. Gueskin.
Jacqueline allait tous les jours à la boulangerie, et Paule Bouchard* la comblait de gâteau.
Grâce à leurs amis, les fugitifs étaient informés des rafles prévues et se terraient alors dans leur cachette où Paule Bouchard* venait leur apporter de quoi manger.

A la fin de l'année 1943, M. Honigbaum rejoignit le maquis. Sa femme trouva où se cacher à Lyon, après avoir placé Jacqueline et ses deux cousines au couvent Saint-François-de-Sales à Voiron (Isère).
La supérieure, sœur Thérèse Lucie*, confia les trois fillettes à sœur Françoise-Élisabeth*.
Les trois fillettes y furent admirablement traitées et choyées. Jacqueline passait ses week-end chez la patronne d'un café de la ville, Anaïs Bouverot*.

Jacqueline a évoqué ses souvenirs de sœur Françoise-Élisabeth* lors de son décès à 99 ans à Grasse : "En mai 1943, mon père nous avait emmenés à Voiron, dans l'Isère. Là il est entré dans la Résistance juive (UJER), affiliée aux FTP. Après l'été, grâce au cardinal Gerlier* et à la Résistance, mes parents m'ont fait entrer à la Maison des Sœurs Oblates car la situation pour les Juifs était devenu intenable. Sœur Françoise-Élisabeth* était responsable de moi, mais aussi d'une autre petite fille, Fanny Fuchs*, dont j'ignorais qu'elle était juive, elle aussi.
Une jeune fille travaillant aux cuisines nous a dénoncées aux miliciens. Un matin de juin 1944, la Gestapo a fait irruption en réclamant "les enfants juifs". Devant les dénégations des sœurs qui prétendaient n'avoir pas d'enfants juifs cachés, la Gestapo est partie en menaçant et en promettant de revenir le lendemain pour tout fouiller, assurant qu'elle ferait fusiller tout le monde si on trouvait des enfants juifs. Au milieu de la nuit, les sœurs nous ont fait partir. Je suis allée dormir chez Anaïs Bouverot*, qui m'a mise au petit matin dans un camion, aux bons soins de la résistance pour me faire parvenir à Lyon. Là, j'ai pu rejoindre ma mère. C'est grâce à toutes ces bonnes volontés que j'ai pu rester en vie.
"

Lien vers le Comité français pour Yad Vashem


Histoire

Rescue story

Pierrette Marquet, whose name under religious orders was Sister Perpétue, was the Mother Superior of the convent of Saint Charles de Lyon in Chaponost (Rhône). In September 1942, just before the beginning of the school year, the Honigbaum family asked her for help. They were Parisian Jews who had managed to flee the capital during the mass arrests of July. After long wanderings, they had arrived in Lyons. They hoped to have their seven-year-old daughter Jacqueline and their two nieces, Suzanne (nine) and Liliane (four) admitted in the convent’s boarding school. The Mother Superior accepted them. Soon Jacqueline discovered that there were other Jewish girls there. The authorities suspected that the nuns were hiding refugees and frequently searched the establishment. Every time this happened, Sister Perpétue hid the little Jewish girls in a cellar among the sacks of coal. Jacqueline found it difficult to bear the uncertainty, especially after the situation worsened when the Germans occupied the Southern Zone. The Honigbaums then decided to leave for Nice, which was then under Italian control. So, in February 1943 they withdrew the three girls from the convent. When the Germans invaded Nice in September of that year, the family fled again, taking refuge in Saint-Genis-Laval, near Lyons. They made friends with the baker, Paule Bouchard and her husband, and with the commander of the local gendarmes, M. Gueskin. Thanks to these friends, the fugitives were warned before roundups, so they could remain in hiding. The baker brought them food. In normal times Jacqueline went to the bakery every day, and Paule Bouchard showered her with goodies. The tie between the two lasted long after the war. At the end of 1943, M. Honigbaum joined an underground unit, and his wife found a place to hide in Lyons. She placed Jacqueline and her two cousins in the convent of Saint François of Sales in Voiron (Isère). The Mother Superior, Sister Thérèse Lucie, entrusted the girls to Sister Françoise Elisabeth. They were treated well, even pampered. Jacqueline spent the weekends with the owner of a café in town, Anaïs Bouverot, a friend of her parents. In the spring of 1944, the underground fighters, who were numerous in the Voiron region, fought pitched battles against the German soldiers and the French militia. The convent, close to the combat zones, was searched more than once. Sister Thérèse Lucie did her best to protect the children, but Jacqueline, in a panic once again, hid with Anaïs Bouverot, who returned her to her mother, safe and sound, in June 1944.
On January 1, 1998, Yad Vashem recognized Sister Perpétue, (Pierrette Marquet) Paule Bouchard and her husband Mr. Bouchard, Sister Françoise Elisabeth, Sister Thérèse Lucie, and Anaïs Bouverot as Righteous Among the Nations.

27/02/2012
Lien : Yad Vashem

[Compléter l'article]
Réseau de sauvetage
Monsieur Bouchard

Paule Bouchard
Anaïs Bouverot
Louis Gueusquin
Pierrette Marquet (Soeur Perpétue)
Lucie Thérèse (Sœur Thérèse Lucie)
 
Familles hébergées, cachées, aidées ou sauvées par Françoise Élisabeth Rudolph
Fanny Fuchs
Jacqueline Honigbaum Habib

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1 Les réfugiés espagnols dans le département de l’Isère 1936-1939 (Mémoire de Master 1 « Sciences humaines et sociales » Année universitaire 2007-2008 Mention : Histoire - Histoire de l’art Spécialité : Relations et échanges culturels internationaux sous la direction de Mme Marie-Anne MATARD-BONUCCI )
2 Blog sur quelques Justes et sur le livre (Blog hébergé par la Tribune de Genève sur quelques justes honorés par Yad Vashem sur l'intervention du délégué pour la Suisse et la région frontalière Ain et Haute-Savoie, Herbert Herz, ainsi que sur divers événements organisés autour de la parution du livre "Mon combat dans la Résistance FTP-MOI" )
3 Le site du poète Pierre Emmanuel (Le site officiel du poète Pierre Emmanuel. Vous y trouverez aussi des pages sur sa vie et son action à Dieulefit durant la guerre, à Beauvallon, puis à la Roseraie. )
4 Guy Sanglerat, ancien membre du Coq Enchaîné (Le Coq Enchaîné était un réseau de résistance de la région qui pendant l'occupation allemande rassemblait des syndicalistes, des socialistes et des radicaux de la mouvance d’Édouard Herriot. Membre du réseau, Guy Sanglerat publie ses souvenirs.. )
5 Le Coq enchaîné (Le Coq enchaîné : un journal clandestin sous l'occupation allemande. Le premier numéro fait son apparition en mars 1942. Les membres du Coq Enchaîné mèneront aussi des actions de résistance. Il a compté jusqu'à 400 membres. Le réseau sera décimé en 1943. Guy Sanglerat raconte ... )
6 Les archives du conseil général de Savoie (La liste des 168 "travailleurs israëlites" en partance de Ruffieux, établie le 24 Août 1942. )
7 Exposition "L'enfant cachée" (Exposition pédagogique pour accompagner la lecture de l'album L'enfant cachée (Le Lombard, 2012) et découvrir l'Histoire. 2012)

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Isère

Région :
Rhône-Alpes
Département :
Isère

Préfets :
Jean Surchamp
(06/06/1939 - 08/08/1940) Préfet de l'Isère
Raoul Didkowski
(08/08/1940 - 05/08/1943) Secrétaire général : Marcel Delpeyrou
Directeur de cabinet : Louis Amade
Alexandre Angeli
(1940 - 1944) Alexandre Benoît Joseph Angeli, Préfet régional de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire) (1893-1962)
Paul Balley
(05/08/1943 - 06/11/1943)
Louis Jacques-Henry
(06/11/1943 - 24/01/1944)
Roger Homo
(24/01/1944 - 23/06/1944) Préfet de l'Isère
Édouard Bonnefoy
(24/01/1944 - 05/1944) Préfet régional de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire). Résistant, il sera dénoncé par la Milice, arrêté par la Gestapo et déporté à Neuengamme (1899-1945).
André Boutemy
(1944 - 1944) Préfet régional de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire) (1905-1959)
Philippe Frantz
(23/06/1944 - 01/08/1944) Préfet de l’Isère, favorable aux idées nationale-socialistes, il est abattu par la Résistance le 1er août 1944 (1911-1944)
Albert Reynier
(22/08/1944 - 02/02/1949) Préfet de l'Isère
Yves Farge
(1944 - 1945) Commissaire régional de la République de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire) (1899-1953)

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