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Département de la Haute-Garonne en 1939-1945


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Departement-de-la-Haute-Garonne-en-1939-1945
Cour d'honneur de la Préfecture de la Haute-Garonne à Toulouse
source photo : Jean-Marc Chauvel
crédit photo : D.R.
Departement-de-la-Haute-Garonne-en-1939-1945
Entrée de la préfecture
source photo : Haute-Garonne
crédit photo : D.R.
Departement-de-la-Haute-Garonne-en-1939-1945
La sous-préfecture de Saint-Gaudens
source photo : www.fdpi.eu
crédit photo : Le07moijytiens
Histoire

La drôle de guerre et l'occupation

Après l'invasion de la Pologne par l'Allemagne, le 1er septembre 1939, la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l'Allemagne le 3 septembre 1939.
520 000 français sont évacués des zones frontalières comprises entre la ligne Maginot et l’Allemagne.
L'Allemagne nazie envahit la France, la Belgique, le Luxembourg, pourtant neutre, et les Pays-Bas le 10 mai 1940.

Le gouvernement désemparé se replie de Paris à Bordeaux dès le 11 juin.
La France est envahie. C’est l’exode vers le sud.
Le président du Conseil, Paul Reynaud, est contraint de démissionner. Le maréchal Pétain forme alors un nouveau gouvernement et obtiendra les pleins pouvoirs le 10 juillet 1940. La République est abolie.

Le 14 juin 1940, les troupes allemandes défilent à Paris, sur les Champs-Élysées.
Le 20 ils sont à Brest, le 22 à La Rochelle, à Lyon...
Le 22 juin 1940, la France écrasée signe l'Armistice.

Les Allemands mettent en place toute une série de mesures pour limiter sur le territoire la circulation des personnes et des marchandises et le trafic postal entre deux grandes zones délimitées par la ligne de démarcation qui sépare la zone libre où s’exerce l’autorité du gouvernement de Vichy, de la zone occupée par les Allemands. La ligne de démarcation traverse treize départements sur 1 200 km : Ain, Allier, Charente, Cher, Dordogne, Gironde, Indre-et-Loire, Jura, Landes, Loir-et-Cher, Pyrénées-Atlantiques, Saône-et-Loire, Vienne.
La Demarkationsline disparaîtra le 11 novembre 1942, après l’occupation totale de la France.

24/04/2011

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Les proscrits du régime

Des hommes, des femmes, des enfants, des familles, français ou étrangers, sont pourchassés et persécutés parce que Juifs. Ils seront massivement déportés vers l'Est et exterminés. Très peu survivront. Les Tsiganes sont internés dans les camps français. Les Francs-maçons et les Communistes, considérés comme "indésirables" sont démis de leurs fonctions au sein de l'administration, pourchassés, arrêtés et internés.
A partir de 1943, les réfractaires du STO entrent dans la clandestinité. Certains rejoignent les résistants également pourchassés.

Près de 76 000 Juifs dont plus de 11 000 enfants seront arrêtés et déportés de France, dont 38 000 à Paris.

24/04/2011

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La résistance

En Haute-Garonne la Résistance se développe avec difficulté.
L’opinion publique est anti-allemande, mais maréchaliste puis attentiste et méfiante envers la résistance locale.
A partir de novembre 1942, l’occupant allemand accentue les opérations d’exclusion et de répression.

Les groupes de résistants naissent d'initiatives minoritaires, individuelles ou collectives en 1940-1941.
Le recrutement touche des hommes comme des femmes de tout âge, des haut-garonnais comme des réfugiés ; les étrangers y jouent un rôle important et des jeunes d’une vingtaine d’années occupent des postes de responsabilités. Aux
organisations classiques (réseaux,
mouvements et partis clandestins)
viennent s’ajouter des organismes
plus spécifiques (mouvement Libérer
et Fédérer, corps-franc Pommiès, guérilleros espagnols, 35e brigade MOI
Marcel Langer, réseau Morhange…).

Les passages vers l’Espagne se multiplient et des actions de sabotage sont le fait de groupes bien organisés.

Longtemps divisée, la Résistance se rassemble en 1943-1944.
Des groupements paramilitaires intensifient les actions, créant un climat d’insécurité pour l’occupant et les collaborateurs.

Toulouse est le théâtre d'une guérilla urbaine à la fin de 1943 et
au début de 1944, mais c’est surtout là où les maquis sont les plus actifs que la résistance s’intensifie
après le 6 juin 1944, au prix d'une répression vichyste et allemande impitoyable (otages, civils arrêtés, internements, déportations, exécutions et massacres comme à Buzet, Castelmaurou ou Marsoulas).

24/04/2011

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La Libération

Les Allemands quittent la Haute-Garonne, mais leur retraite est entravée par des accrochages ou des combats avec les FFI (comme à Muret).

Le régime de Vichy s’effondre et la Résistance va prendre le pouvoir.

Un ordre républicain est rétabli, les libertés restaurées, des réformes progressistes et novatrices adoptées.

24/04/2011

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Les Justes

Les Justes sont pour la plupart des gens simples, des paysans, des religieux, des gens de bonne volonté qui justifient leurs actes courageux comme une simple réaction face à l’injustice.
Une mention spéciale doit être accordée à la Haute-Loire, aux monts du Vivarais et à la vallée du Lignon, c’est là dans ce pays rude qu’ont été caché entre 3.000 et 5.000 juifs. Les communautés protestantes de cette région sous l’impulsion et la direction du charismatique pasteur André Trocmé* ont sauvé de nombreux juifs. Pour cela, en 1988, Le Chambon-sur-Lignon et les communes avoisinantes ont été distingués comme Juste parmi les Nations.
Seul un autre village aux Pays Bas a été distingué ainsi.

Suite aux déportations massives des israélites pendant l’été 1942, le mécontentement des catholiques grandit. Et pour la première fois des évêques (Mgr Théas* à Montauban et le cardinal Gerlier à Lyon) s’opposent ouvertement au régime. Mais c’est la prise de position de Mgr Jules Géraud Saliège*, archevêque de Toulouse, natif de Crouzit-Haut sur la commune de Mauriac, et ancien élève du petit séminaire de Pleaux (Cantal) qui est déterminante.
Dans sa lettre pastorale du 23 août 1942, qu’il fait lire dans toutes les églises de son diocèse, il proteste contre les mesures antisémites du Gouvernement de Vichy et de sa police. En voici un extrait : "... Dans notre diocèse, des scènes d’épouvante ont eu lieu dans les camps de Noé et de Récébédou. Les Juifs sont des hommes, les Juives sont des femmes. Les étrangers sont des hommes, les étrangères sont des femmes. Tout n’est pas permis contre eux, contre ces hommes, contre ces femmes, contre ces pères et mères de famille. Ils sont nos frères comme tant d’autres. Un chrétien ne peut l’oublier..."
Par son action et son appel au devoir de résistance, il a inspiré et guidé de nombreuses personnes. Il sera fait, pour cela, Compagnon de la Libération en août 1945 et Juste parmi les Nations en 1969.

24/04/2011
Lien : Frédéric Maynier

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Toutes les communes de la Haute-Garonne

Les camps et les lieux d'internement de la Haute-Garonne

18e-19e-134e-135e CTE - 652e GTE de Mauzac 31410 Mauzac
29e CTE - 402e GTE de la caserne Pelet 31000 Toulouse
502e GTE 31660 Bessières
503e GTE 31490 Léguevin
507e GTE 31170 Tournefeuille
509e GTE 31450 Fourquevaux
511e GTE 31620 Cépet
512e GTE 31570 Bourg-Saint-Bernard
513e GTE 31600 Muret
560e GTE 31570 Tarabel
60e CTE - 562e GTE de la Poudrerie 31000 Toulouse
652e GTE 31410 Mauzac
Asile protestant 64300 Orthez
Camp Maury 31410 Mauzac
Caserne Caffarelli 31000 Toulouse
Centre d'accueil du sauvetage de l’Enfance 64430 Aldudes
Hippodrome de Toulouse 31000 Toulouse
Institution Saint-Jacques 64000 Pau
Le Paraclet 64170 Serres-Sainte-Marie
Les Oiseaux 64110 Gelos
Orphelinat de Jatxou 64480 Jatxou
Préventorium d'Arbonne 64210 Arbonne
Sœurs de Saint-Vincent de Paul 64000 Pau

Les lieux de sauvetage de la Haute-Garonne

Abbaye de Sainte-Marie-du-Désert 31530 Bellegarde-Sainte-Marie
AFDU 31000 Toulouse
Armée Juive 31000 Toulouse
Armée secrète 31000 Toulouse
Camp volant de Revel 31250 Revel
Centre médico-social de Toulouse 31000 Toulouse
Château de Seyre 31560 Seyre
Couvent de Marie-Réparatrice 31000 Toulouse
Couvent Notre-Dame-de-la-Compassion 31000 Toulouse
École Saint-Pierre 31340 Villemur-sur-Tarn
Institution Sainte-Marie-de-Nevers 31000 Toulouse
Maison des Pupilles de la Nation 31160 Aspet
Noviciat des Jésuites 31000 Toulouse
Organisation Juive de Combat 31000 Toulouse
Paroisse Saint-Exupère 31000 Toulouse
Paroisse Saint-Michel 31000 Toulouse
Réseau Westerweel 31000 Toulouse

Les 76 Justes parmi les Nations de la Haute-Garonne

Élie Armengaud  (Toulouse) Maria Féraud  (Palaminy) Honorine Pagnon Abribat  (Toulouse) (Lagardelle-sur-Lèze)
Auguste Arribat  (Villemur-sur-Tarn) Marcelle Fraysse  (Villemur-sur-Tarn) Jeanne Pariset  (Toulouse)
Jeannette Augendre  (Montréjeau) Anne Frechengues  (Bordes-de-Rivière) Jean Philippe  (Toulouse) (Beaumont-de-Lomagne)
Marien Augendre  (Montréjeau) Émile Frechengues  (Bordes-de-Rivière) Madame Ramel  (Lodes)
Andrée Baccalerie  (Toulouse) Gilberte Frechengues  (Bordes-de-Rivière) Louis  Ramel  (Lodes)
Raymond Baccalerie   (Toulouse) Marcelle  Frechengues  (Toulouse) Noémie Ramondou  (Villematier)
Maria Baccalerie  (Toulouse) Alfred  Fréchengues  (Toulouse) Alice Resch  (Toulouse) (Gurs)
Pierre Bockel  (Lyon) (Toulouse) André Fréchengues  (Bordes-de-Rivière) Jeanne  Rey  (Lieoux)
Jean-Bernard Bonnet  (Cintegabelle) Georges  Guichard  (Barbazan) (Lodes) Mathieu  Rey  (Lieoux)
Marie Bonnet  (Cintegabelle) Marie  Guichard  (Barbazan) (Lodes) Victoria  Rey  (Lieoux)
Pierre Boué  (Bruguières) Helga Holbeck  (Toulouse) (Gurs) Germaine Ribière  (Lyon) (Toulouse) (Les Billanges)
May Magdeleine-Louise Charretier  (Toulouse) (Paris) (Marseille) Catherine Laborderie  (Bruguières) Maurice  Roulleau   (Nailloux)
Louis de Courrèges d'Ustou  (Toulouse) Jeanne Marceillac  (Toulouse) Yvette Roulleau   (Nailloux)
René de Naurois  (Toulouse) Jean-François  Marty  (Toulouse) Denise Roy  (Montréjeau)
Johnaan  de Stegge  (Toulouse) Marie-Louise Massoc  (Estadens) Pierre Roy  (Montréjeau)
Jean Desplan  (Melles) Roger Massoc  (Estadens) Jules Saliège  (Toulouse)
Marie Desplan  (Melles) Françoise Mazas  (Toulouse) Alice Schneider  (Toulouse)
Juliette Doumeng  (Toulouse) Jacques Mazas  (Toulouse) Marie Sentenac Diu  (Miremont) (Toulouse)
Maurice Dubois  (Toulouse) Raymond Mazas  (Toulouse) Charles Suran  (Boulogne-sur-Gesse)
Andréa Dufor   (Montréjeau) Adrien Montet  (Villematier) Louise Thèbes  (Capdenac) (Toulouse)
Jean-Bertrand Dufor  (Montréjeau) Louisa Montet  (Villematier) Pierre Thomas  (Toulouse)
Marina  Fallou  (Toulouse) Jean Olivier  (Saint-Julia-de-Gras-Capou) André  Thouroude  (Toulouse)
Jean Fenayrol  (Toulouse) Clémence-Berthe Ordy  (Gouzens) Henriette  Vaur   (Cadours)
Marie Fenayrol  (Toulouse) Jean-Marie Ordy  (Gouzens) Raymond Viadieu  (Toulouse)
Marie Fenayrol  (Toulouse) Bertand Pagnon  (Toulouse) (Lagardelle-sur-Lèze)
Gabriel Féraud  (Palaminy) Marie Pagnon  (Toulouse) (Lagardelle-sur-Lèze)

25 Familles hébergées, cachées ou sauvées de la Haute-Garonne[Compléter]

Aspet
Famille Dorgelès - Roland Dorgelès, journaliste et écrivain français. Membre de l'Académie Goncourt de 1929 à 1973, a séjourné à Aspet. Réfugié à Cassis en 1940, puis, à partir de novembre 1942, dans le Comminges, à Montsaunès, qui servira de cadre à son roman Carte d'identité publié en 1945, il participe à la Résistance.


Famille Dufy - Raoul Dufy, né le 3 juin 1877 au Havre et mort le 23 mars 1953 à Forcalquier, peintre, dessinateur, graveur, illustrateur de livres, créateur de tissus, céramiste, créateur de tapisseries et de mobilier, décorateur d'intérieur, décorateur d'espaces publics et décorateur de théâtre français, est réfugié à Aspet.
07/1942 - 12/1942 Famille Silberberg - Léon, né à Anvers (Belgique), et Esther, née le 26 juin 1930 à Anvers (Belgique). Caujac (Source familiale)
Famille Berenbaum - Abraham, Esther et leurs deux enfants Maurice et Sophie ont été cachés dans le village chez monsieur et madame Jeanblanc qui ont été honorés du titre de "Gardiens de la vie" par l'Association française pour l'hommage aux Justes parmi les nations. Cazères
05/1940 Famille Weiser - Sophie et son mari arrivent de Liège (Belgique) et se réfugient à Cazères en mai 1940. Grenade
1940 Famille Ferstenfeld - Maurice, son épouse Annette et leurs enfants, Yvonne et Renée et la grand-mère, Oma, sont assignés à résidence à Grenade. Aidées par Jean-Geraud Saliège*, Yvonne et Renée seront cachées dans un couvent. Miremont
Famille Laska - Marie-Claude, médecin du travail à Toulouse, juive, munie de faux papiers, est hébergée chez Marinette Diu*.
1942 - 1944 Famille Liberman - Élise Liberman et ses deux enfants Edmond et Jacques, juifs, sont cachés à Miremont chez les parents de Marinette Diu*, P. et Mme Sentenac. Munis de faux papiers au nom de Lemoine, ils y resteront pendant 3 ans. Les enfants fréquentent l'école de M. Magné. Pechbonnieu
JJ/MM/1942 - JJ/MM/1945 Famille Bielouzof (?) - Janine La première fois que je l’ai vue , j’ai été surprise par le fait que son visage soit aussi sérieux : en effet je ne l’ai jamais vue rire et rarement sourire . Malgré mon jeune âge et le mutisme de Maman j’ai compris qu’elle se « cachait » . Elle donnait la main à un monsieur qui m’a paru extrêmement vieux , son père , et était accompagnée par une cousine à elle , énergique et déterminée qui les avait pris en charge . Maman a dit : » Tu vas t’appeler Janine et tu seras ma fille aînée . Quant au monsieur , je vais voir ce que je peux faire , mais il ne faut pas qu’ils restent ensemble . » Elle est allée tout de suite à la poste (contiguë à notre maison ) J’ai su plus tard : à Saint-Loup Cammas ( village situé à quelques kilomètres de Pechbonnieu) il y avait un clinique d’aliénés mentaux dirigée par le Docteur Parant ; Maman l’a appelé au téléphone sans vraiment le connaître : »Docteur accepteriez-vous immédiatement un malade ? - Son nom , son âge , sa malad
Famille Malraux Clara et Florence - " ... une trentaine [de gosses] est déjà casée. J'en ai déposé un à Pechbonnieu. Pech-Bonnieu, avec la maîtresse-femme qu'était madame Robène, se montrait un relais sûr.Plus tard, Jean et Edgar [Morin] y trouvèrent abri." "Dominatrice, comme le peuple juif selon de Gaulle,Madame Robène jouait là-bas les bonnes hôtesses : dans sa ferme, trouvaient pêle-mêle refuge des enfants juifs, des réfractaires, des réfugiés, des résistants, petit monde qu'elle menait à la baguette, mais qui chez elle vivait dans une relative sécurité, tout le temps qu'il s'y tenait tranquille - ce qui ne fut le cas ni d'Edgar, ni de Jean qui continuèrent leur travail.
Famille Morin Edgar - "Je vivais avec lui, et deux autres Allemands communistes, chez un ménage ouvrier, à Pechbonnieu, dans la banlieue de Toulouse. Ces heimatloss venaient s'ajouter aux cinq ou six enfants des époux Robène...." Revel
1940 - 1945 Famille Soletchnik - Jules et ses parents sont réfugiés à Revel en 1940. Son père, Nicolas, 45 ans, né en février 1899, sera arrêté parce que juif à Toulouse, le 25/07/1944 et déporté sans retour, et sa mère Maria, 44 ans, née Gherchanoc en 1900, décèdera des suites d'une maladie à Revel le 24/11/1944 où elle sera enterrée. Jules sera sauvé. Saint-Julia-de-Gras-Capou
1944 Famille Kamelgarn - Salomon (Shlomo), grossiste en bonneterie, son épouse et leurs trois enfants, Charly, Claire et Rachel, âgés de 10, 9 et 4 ans, sont protégés par Adèle et Jean Olivier*, résistant et maire de la commune. Toulouse (Captives en nos murs)
04/1943 - 09/1943 Famille Blanck - Fanny Blanck, dite Françoise Blanc. Fanny Blanck, alliée à une cousine de Madame Rauch, elle est venue pour quelques jours. Françoise a une trentaine d'années. Son mari s'est battu en Espagne. Il est on ne sait où... dans un camp de concentration, et leur fille unique, Dorothée (Dorète), 8 ans - est réfugiée à Rontignon, aux environs de Pau, chez un pasteur protestant, Jules Jézéquel* dont la propriété est un asile ouvert à bien des malheureux. Après un petit essai satisfaisant, on accède à son désir de la garder jusqu'à la fin de l'été. Sa détresse est navrante et son énergie est farouche. Elle ne croit à rien. Ses idées communistes percent peu à peu.
09/1942 - 09/1942 Famille Irène - Madame Irène... "A peu près à cette époque, une jeune femme juive, que nous appelions Madame Irène, passa quelques jours à Manrèze. Elle ne put résister à cette séquestration... qu'elle reconnaissait pourtant bien douce. De trop sinistres souvenirs hantaient son imagination et... "drame pour drame", elle préférait encore sa liberté, avec les risques de la mort en camp de concentration à cette lente agonie morale en face d'elle-même dans la solitude du cloître. Elle alla donc respirer à l'air libre, et peu de temps avant la Libération nous apprenions qu'elle avait échappé aux rafles si nombreuses dans la région."1.
1944 - 1944 Famille Kikierwich - Charlotte Kikierwich. "Juive polonaise, séparée de sa fille de 17 ans. Pauvre mère éplorée elle aussi, Madame Rauch est son ange gardien elle la soutient, la console... Elle reste plusieurs semaines, confinée dans une chambre et part peu de temps avant la Libération."2.
15/03/1943 - 11/1943 Famille Lesselbaum - Ruth Lesselbaum, dite Renée Lesage. "Madame Roger Lesselbaum, jeune femme de 20 ans, a postulé pour obtenir un abri à Manrèze où elle arrive vers le 15 mars. Elle est Polonaise - ses papiers en font foi - bien que ne vouant aucune sympathie à la Pologne. Ses parents habitaient Cologne et sont actuellement en Tunisie où un de ses frères s'est enrôlé dans l'armée d'Afrique. Ses beaux-parents ont un gros négoce de maroquinerie à Paris et sont réfugiés aux environs de Toulouse, à Coulommiers (sic). Ils comptent y séjourner aussi longtemps que les événements le permettront... La jeune Juive que nous recevons a un genre très différent des autres : cheveux teints, maquillée de la tête au pieds... avec des toilettes ad hoc. Sa tenue, ses gestes sont à l'instar du reste... Par ailleurs elle paraît gentille, conciliante... avec nous, mais hélas, avec Irène qui partage la même chambre, l'accord n'est pas parfait et les disputes commencent. Jusqu'à présent, chacune y mettant du sien, les litiges se terminaient sans br
Famille Liobé - Madame Liobé. "Juive, est accueillie temporairement à Manrèze où elle ne séjourne pas longtemps."3.
20/09/1942 - 24/12/1942 Famille Lominska - Irène Lominska, dite Irène Lomin puis Marie-Louise Robert. "Polonaise née à Cracovie, elle arriva le 20 septembre, âgée de 31 ans. Docteur en médecine, remarquablement intelligente et instruite, parlant couramment plusieurs langues, elle joignait aux dons de l'esprit ceux d'une excellente femme d'intérieur. Elle avait eu le courage de rester à Paris non seulement après le départ de son mari, le docteur Lominski, qui s'était enrôlé dans l'armée polonaise et avait trouvé en 1940, un refuge en Angleterre, mais à l'heure la plus tragique où les Juifs fuyaient en masse vers la zone libre... Au commencement de l'été 1942, elle doit à son tour déserter la capitale et rejoint une famille amie réfugiée dans le Gard. Cette halte ne devait être que transitoire. Les Israélites étaient traqués de toutes parts, et Madame Lominska, après des semaines angoissantes, acceptait avec une immense reconnaissance l'abri d'un couvent. Privée des nouvelles de son mari qu'elle ne pourra rassurer que quelques mois plus tard, elle ig
04/09/1942 - 09/04/1945 Famille Rauch - Madame Alma Rauch, née Erb, dite Anna Roche. "Le 4 septembre 1942, Mademoiselle Danty nous présentait Madame Rauch. D'une famille allemande de sept enfants, elle est née en 1901 en Pologne, aux environs de Bromberg où elle a passé son enfance. Après la guerre de 1914-1918, ses parents se fixèrent à Berlin. C'est là que Madame Rauch, alors Alma Erb, fut factrice dans un grand magasin en attendant son mariage avec un juif polonais, Jacob Rauch : union qui ne devait pas être heureuse... Madame Rauch, abandonnée de son mari, a un enfant de 5 ans, Nizan. La dureté des temps obligeait, même là où l'on aurait pu recevoir mère et enfant, à séparer les enfants de leur mère car, en cas de recherches ou de perquisitions par la Gestapo, l'enfant trahit toujours inconsciemment sa mère. Et le pauvre petit garçon est confié à une colonie d'enfants juifs, aux environs de Brive. D'une santé précaire, avec une vue très défectueuse. Madame Rauch n'est qu'une malheureuse maman désemparée ... Par bonheur, la mère économe parle
28/08/1942 - 13/09/1942 Famille S. - Selma S., dite "Solange Simon". "Le 28 août 1942, Miss Rot de Neuville nous conduisait une jeune fille juive que la persécution avait refoulée dans le midi. Autrichienne, sans nouvelles de ses parents restés à Vienne, elle ne possédait que de faibles ressources et, pour sa nature habituée à l'indépendance, la transition fut brusque sur toute la ligne. Cet "oiseau" privé de liberté, ne trouva pas dorés les barreaux de la cage hospitalière. J'ai l'impression d'être enfermée dans un asile d'aliénés", soupire-t-elle. Elle parlait gentiment le français et manifestait le désir de se perfectionner dans notre langue pour utiliser ses loisirs forcés. Chaque jour une mère allait la voir... Une occasion s'offrait pour gagner Lyon... C'était pour elle la porte de la Suisse, donc une planche de salut, et son départ fut décidé pour le 13 septembre. "Elle nous quitta visiblement émue, reconnaissante de l'accueil reçu... A Noël, la Mère supérieure recevait d'elle une carte avec un petit mot de gratitude. Naturellement, e
04/09/1942 - 15/10/1943 Famille Sperzling - Irène Sperzling - dite Irène Sutra. "Le 4 septembre, Madame Balesi nous présentait Irène Sperzling. Irène a 21 ans. Polonaise de Looz, elle préparait à Paris sa licence ès lettres quand, personnellement recherchée par la Gestapo. elle a dû fuir, accompagnée de son fiancé, jeune Roumain de 27 ans, professeur de philosophie. Travestie, elle fuit avec lui dans un fourgon de marchandises vers Lyon. Elle est sans ressources. Son fiancé pourvoit à ses besoins. Mais Irène est une enfant gâtée et irréfléchie. Une semaine après son arrivée, un matin de bonne heure, elle sortit en disant à la porterie, sans plus d'explication, qu'elle partait... Elle reviendra quelques semaines plus tard...
5 novembre : Irène est revenue... Ce n'est plus la jolie jeune fille que nous avions connue il y a deux mois. C'est une convalescente bien affaiblie, se remettant lentement d'une forte jaunisse... La pauvre enfant a des allures de petite vieille ... Elle a subi et subit encore le contrecoup des émotions traversées pendant c

Famille Weil - Madame Weil et sa fille Françoise Weil. "Françoise a 14ans. Juive convertie, elle terminait vers cette époque un séjour aux retraitantes (Manrèze) nécessité pour la poignante situation de sa famille. Son père et ses deux soeurs, Lise et Annette, ont été arrêtés et déportés en camp de concentration. Les jeunes filles en reviendront après avoir gravi un long calvaire. Monsieur Weil ne donna plus de ses nouvelles et le dénouement fatal ne laisse aucun doute à son sujet. La benjamine reste seule à Toulouse avec sa mère qui s'est aussi réfugiée chez nous quelque temps. Madame Weil ensuite nous confie Françoise sans qu'il soit question d'une claustration pour cette enfant qui poursuit ses études. C'est une charmante adolescente très courageuse qui laisse un excellent souvenir... En octobre 1942, il est signalé le passage de quelques juives dont le court séjour ne pouvait se prolonger. Leurs noms même n'ont pu être conservés. En 1943 et en 1944, sans précision : Quelques juives passèrent une, deux ou trois nuits
Villenouvelle (REGISTRE COMMUNE)
17/05/1940 - 03/09/1940 Famille AUSSEMS -
17/05/1940 - 03/09/1940 Famille Van Bouwel - institutrice

28 Familles arrêtées dans le département [Compléter]

Aspet
1943 Famille Hamber - Félicie Hamber, née le 18 novembre 1905, et sa mère Mila, née Kranzler à Tarnow (Pologne) en 1880, vivaient au Luxembourg. Arrêtées à Aspet en 1943 parce que juives, sont déportées vers Auschwitz. Seule Félicie sera survivante en 1945, elle ne retrouvera pas non plus son mari, Walter, dénoncé et arrêté à Grenoble et déporté sans retour.(convoi no 70 )

Auriac-sur-Vendinelle
06/05/1944 Famille Carrance - Ernest, 50 ans, né le 4 décembre 1894 à Bordeaux, son épouse Stéphanie, 39 ans, née Lob le 14 juillet 1905 à Vaucresson, leur fille Jacqueline, 14 ans, née à Vaucresson le 21 juin 1929, Lucie Lob, 72 ans, née Lévy le 13 octobre 1872 à Paris, la mère de Stéphanie, vivaient à Paris. Réfugiés à Nice puis à Pessac, puis à Auriac-sur-Vendinelle où ils sont arrêtés parce que juifs le 6 mai 1944. Madame de Bonnefoy aide les deux fils de Ernest et Stéphanie, Jean-Jacques et Bernard Carrance, a fuir du collège de Revel, grâce à la complicité du principal du collège, avant l'arrivée des camions allemands qui venaient les arrêter. Transférés au camp de Drancy, Jean-Jacques et Bernard Carrance ne reverront jamais leur père, leur mère, leur grand-mère et leur sœur, déportés sans retour vers Auschwitz. Jacqueline décèdera du typhus à Bergen-Belsen.(convoi no 74 )

Bouloc
26/08/1942 Famille Komornik - Hersch (Herman), né avant 1900 à Delatin (Pologne) et Régine, née le 30/07/1896 en Pologne s'installent à Vienne, où naissent leurs enfants, Susi (Sali) le 10/02/1923, puis Max le 13/09/1927. A la fin de l'année 1938, ils décident de fuir et passent clandestinement en Belgique. Ils arrivent à Bouloc au début de l'année 1941. Le 26 août 1942, au petit matin, Hersch, Régine, 46 ans, Susi, 19 ans, et Max, 15 ans, sont arrêtés parce que juifs et emmenés au camp de Noé. Ils seront déportés sans retour de Drancy vers Auschwitz le 04/09/1942 où ils sont exterminés à leur arrivée.(convoi no 28 )

Bruguières
30/09/1943 Famille Klajnerman - Nuchem, né le 25 octobre 1906 à Jasien (Pologne), tailleur est réfugié à Bruguières (Haute-Garonne). Il est arrêté par un gendarme français et envoyé au S.T.O. le 30 septembre 1943. Interné au camp de Caroute l'Avéro (Noé), il fut transféré à Drancy le 23 avril 1944, d'où il fut déporté sans retour le 15 mai 1944 dans le convoi n° 73 dirigé d’abord sur Kovno (Kaunas) en Lituanie, où la moitié du convoi resta sur place et fut rapidement anéantie par les S.S. dans la forteresse de la ville, et dans le camp de Pravieniskès. L’autre moitié du convoi fur dirigée sur Reval (Tallinn), en Estonie. Enfermés et condamnés à des travaux extrêmement pénibles, les prisonniers furent presque tous assassinés par les S.S.(convoi no 73 )

Caujac
Famille Berenbaum - Des quatre membres de la famille Berenbaum cachés dans le village chez les Jeanblanc, les deux hommes, le père, Abraham et le fils, Maurice, ont été arrêtés par la Milice, emmenés à Toulouse à son siège, détenus à la caserne Cafarelli puis déportés à Büchenwald d'où ils reviendront. (convoi no 81 )

>> Voir les 28 familles arrêtées dans le département <<

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06/06/1944 - En juin 1944, un réfugié juif a essayé de passer la ligne de démarcation à Chaum où il s'est fait tuer par les gardes frontière. Sa tombe est dans le cimetière de Chaum, il venait, semble-t-il, de Pologne. Son nom peut être retrouvé sur sa tombe. Il aurait été dénoncé. Ce témoignage se base sur le livre D'Emilienne Eychenne et des témoins du village.chaum France

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Notes

- 1 - Source : Captives en nos murs, cahier écrit par soeur Anne de Kermel, concernant l'accueil de Juives au Couvent de Marie-Réparatrice durant la guerre de 1939-1945, in Bulletin de l'Association des archivistes de l’Église de France, n° 62, 2e semestre 2004, p. 31.
- 2 - Source : Captives en nos murs, cahier écrit par sœur Anne de Kermel, concernant l'accueil de Juives au Couvent de Marie-Réparatrice durant la guerre de 1939-1945, in Bulletin de l'Association des archivistes de l’Église de France, n° 62, 2e semestre 2004, p. 34.
- 3 - Source : Captives en nos murs, cahier écrit par sœur Anne de Kermel, concernant l'accueil de Juives au Couvent de Marie-Réparatrice durant la guerre de 1939-1945, in Bulletin de l'Association des archivistes de l’Église de France, n° 62, 2e semestre 2004, p. 34.

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Haute-Garonne

Région :
Midi-Pyrénées
Carte du département

Préfecture :
Toulouse

Préfets :
Maurice Georges Bézagu
(14/11/1941 - 17/11/1944) Préfet délégué de Haute-Garonne (1880-1969)
Pierre Cassagneau
(21/08/1944 - 31/12/1944) Préfet de Haute-Garonne (1887-1963)
Camille Vernet
(29/12/1944 - 04/01/1946) Préfet de Haute-Garonne (1884-1957)
Frédéric Atger
(21/09/1935 - 13/10/1940) Préfet de Haute-Garonne
Léopold Chénaux de Leyritz
(25/06/1940 - 24/01/1944) Léopold Marie Frédéric Chéneaux de Leyritz, Préfet de Haute-Garonne et préfet régional de la région de Toulouse à partir de 1941 (Ariège, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne et les parties non occupées des Basses-Pyrénées, de la Gironde et des Landes (1896-1970)
André Sadon
(24/01/1944 - 06/02/1944) André Paul Sadon, Préfet régional de la région de Toulouse (Ariège, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne et les parties non occupées des Basses-Pyrénées, de la Gironde et des Landes (1891-1965)
Jean Cassou
(1944 - 1944) Commissaire régional de la République de la région de Toulouse (Ariège, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne et les parties non occupées des Basses-Pyrénées, de la Gironde et des Landes (1897-1981)
Pierre Berteaux
(1944 - 1946) Pierre Félix Berteaux, Commissaire régional de la République de la région de Toulouse (Ariège, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne et les parties non occupées des Basses-Pyrénées, de la Gironde et des Landes (1907-1986)

À lire, à voir…

Denis Baud Denis Baud
Alfred Nakache, le nageur d’Auschwitz
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Arlette Lipszyc Arlette Lipszyc
En quête de mon père Jankiel Lipszyc, Skierniewice (1898)-Miremont (1944)
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Monique-Lise Cohen Monique-Lise Cohen
Jean-Louis Dufour
Les Juifs dans la Résistance
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