4 Familles réfugiées à Peyrins[Compléter]
14/01/1944 / 26/08/1944 Famille Dennery - Jacqueline est cachée au Château de Salmard, tandis que ses parents sont cachés à Bourg-de-Péage. (Témoignage de Jacqueline Behr)
Famille Mortier - Les Mortier, réfugiés à Romans, placent leurs enfants, Janine et Jacky, au Château de Salmard pour plus de sécurité.
29/12/1941 / ??/05/1945 Famille Nias - La famille Nias, à Peyrins (Drôme)
Mes tantes Julie NIAS (1890-1977) et Lydie NIAS (1891-1966), israélites de nationalité belge, réfugiées en France dès le début de la guerre 40-45, ont été hébergées successivement à Domme (Dordogne) et à Bourg-de-Péage (Drôme) (voir ces localités) avant d’être accueillies par Monsieur et Madame TOUSSAINT et leur fils Michel, au château Condillac à Peyrins (Drôme). Elles y ont séjourné du 29 décembre 1941 jusqu’à la fin mai 1945.
La correspondance qu’elles adressaient à leur famille montre qu’elles étaient informées du renforcement des mesures prises à l’encontre des juifs au cours de l’été 1942, et qu’elles ont craint d’en être victimes. Grâce à la vigilance de leurs hôtes et probablement aussi grâce à l’attitude des autorités locales, elles n’ont cependant pas été directement menacées.
Le 22 septembre 1942, Julie écrit à sa sœur Claire (1893-1951) qui résidait au Congo belge (voir témoignage de Robert De Bauw) : Actuellement les difficultés sont bien accrues, comme vous le pensez ? On se déplace de plus en plus difficilement, surtout en ce moment. Vu nos soucis actuels nous ne quittons guère la propriété ces derniers jours. Heureusement nos hôtes sont très gentils et dévoués.
Le 21 septembre 1942 elle écrit à son frère Paul (1889-1964) qui était resté en Belgique : Vers la mi-septembre, la maladie de notre ami Guinal nous a fait passer par de terribles inquiétudes. Pendant 8 jours, nous n’avons pas quitté la propriété et pas la localité pendant 5 semaines. Et ces périodes d’anxiété ne sont pas encore passées, car il y a encore des hauts et des bas.
L’allusion à l’ami Guinal demande explication : il s’agit d’un langage codé dont usait la famille Nias pour désigner tout ce qui est juif ou israélite. La maladie désigne certainement les mesures qui s’abattaient sur les juifs depuis le mois de juin. On en trouve confirmation dans d’autres lettres de Julie.
En 2000, j’ai fait visite au fils de M. et Mme Toussaint, qui avait bien connu mes tantes et je lui ai apporté un témoignage de la vive reconnaissance de ma famille pour la sécurité que ses parents et lui leur avait garantie.
M. Michel Toussaint m’a raconté qu’un policier (ou un membre de la milice ?) s’était un jour présenté pour enquêter sur les personnes hébergées au château. Sa mère le renvoya avec quelques bonnes paroles sur le sort malheureux de ces réfugiées belges qui ne faisaient de mal à personne. Et elles ne furent pas inquiétées. Or il est quasi certain que Julie et Lydie étaient enregistrées comme « juives » à la Commune de Peyrins, comme elles l’avaient été à Bourg-de-Péage (Drôme) (voir cette localité). Les archives de la commune n’étant pas accessible, je n’ai malheureusement pas pu les consulter.
Autre preuve de l’attention de la famille Toussaint pour ses hôtes juifs. Un jour de l’été 1944, alors que des combats opposaient les troupes allemandes et des maquisards dans le Vercors, Mme Toussaint enjoint à son fils de se cacher au fond du jardin avec les demoiselles Nias et une famille juive parisienne de 5 personnes qui était également hébergée à Condillac. Ils restèrent quatre heures tapis dans un ruisseau, observant les soldats allemands qui s’approchaient de la maison … pour s’en écarter ensuite, sans incident.
Robert De Bauw
12/04/2012
(archives familiales)
29/12/1941 / 05/1945 Famille Nias - Julie Nias (1890-1977) et sa soeur Lydie (1891-1966), juives de nationalité belge, réfugiées en France dès le début de la guerre 40-45, ont été hébergées successivement à Domme (Dordogne) et à Bourg-de-Péage (Drôme) avant d’être accueillies par Monsieur et Madame Toussaint et leur fils Michel, au château Condillac à Peyrins (Drôme). Elles y ont séjourné du 29 décembre 1941 jusqu’à la fin mai 1945.
La correspondance qu’elles adressaient à leur famille montre qu’elles étaient informées du renforcement des mesures prises à l’encontre des juifs au cours de l’été 1942, et qu’elles ont craint d’en être victimes. Grâce à la vigilance de leurs hôtes et probablement aussi grâce à l’attitude des autorités locales, elles n’ont cependant pas été directement menacées.
Le 22 septembre 1942, Julie écrit à sa sœur Claire (1893-1951) qui résidait au Congo belge : "Actuellement les difficultés sont bien accrues, comme vous le pensez ? On se déplace de plus en plus difficilement, surtout en ce moment. Vu nos soucis actuels nous ne quittons guère la propriété ces derniers jours. Heureusement nos hôtes sont très gentils et dévoués."
Le 21 septembre 1942 elle écrit à son frère Paul (1889-1964) qui était resté en Belgique : "Vers la mi-septembre, la maladie de notre ami Guinal nous a fait passer par de terribles inquiétudes. Pendant 8 jours, nous n’avons pas quitté la propriété et pas la localité pendant 5 semaines. Et ces périodes d’anxiété ne sont pas encore passées, car il y a encore des hauts et des bas."
L’allusion à l’ami Guinal demande explication : il s’agit d’un langage codé dont usait la famille Nias pour désigner tout ce qui est juif ou israélite. La maladie désigne certainement les mesures qui s’abattaient sur les juifs depuis le mois de juin. On en trouve confirmation dans d’autres lettres de Julie.1 (Robert De Bauw 12/04/2012)
Familles arrêtées (Peyrins)[Compléter]
Article non renseigné. Si vous avez connaissance de personnes arrêtées ou exécutées dans la commune, cliquez ci-dessus sur “Compléter” et ajoutez leur nom, prénom, les circonstances de l'arrestation et la date de l'arrestation, si possible.
25/06/1940 -Par la signature de l'Armistice, la Drôme est contrôlée par l'Italie. 25/08/1942 -Rafle des Juifs étrangers effectuée par la police et la gendarmerie française dans la nuit du 25 au 26 août. 26/08/1942 -Mesures de regroupement des israélites étrangers dans le département de la Drôme. 11/11/1942 -Les Allemands et les Italiens se partagent la zone dite "libre". 21/07/1944 -Du 21 au 23 juillet, les Allemands prennent d'assaut le maquis du Vercors. 120 FFI et 72 civils seront tués, hommes, femmes et enfants par les parachutistes de la "Kampfgeschwader 200" de la Wehrmacht et Sipo/SD de Lyon. 01/09/1944 -La Drôme est libérée le 1er septembre 1944.
Témoignages, mémoires, thèses, recherches, exposés et travaux scolaires [Ajouter le votre]
1 Peyrins sur
Wikipedia 2 Blog sur quelques Justes et sur le livre (Blog hébergé par la Tribune de Genève sur quelques justes honorés par Yad Vashem sur l'intervention du délégué pour la Suisse et la région frontalière Ain et Haute-Savoie, Herbert Herz, ainsi que sur divers événements organisés autour de la parution du livre "Mon combat dans la Résistance FTP-MOI" ) 3 Dieulefit et l'homme le confirma (Critique de Bruno Frappat, dans La Croix. Aux pires périodes de la seconde guerre mondiale, un millier de réfugiés seront passés par Dieulefit. Anne Vallaeys nous raconte une histoire : celle des habitants qui firent de leur village un havre de paix. Caché, s'y cacher, y être caché. Dans son joli récit, Anne Vallaeys s'y promène en reporter sur les traces d'une saga discrète, héroïque, silencieuse en effet et un peu oubliée : celle des habitants de Dieulefit qui, durant la Seconde Guerre mondiale, firent de leur village un havre de paix, un refuge pour les proscrits, une halte bénéfique au flanc d'une histoire faite de violences et d'exils. )
4 Le site du poète Pierre Emmanuel (Le site officiel du poète Pierre Emmanuel. Vous y trouverez aussi des pages sur sa vie et son action à Dieulefit durant la guerre, à Beauvallon, puis à la Roseraie. ) 5 Guy Sanglerat, ancien membre du Coq Enchaîné (Le Coq Enchaîné était un réseau de résistance de la région qui pendant l'occupation allemande rassemblait des syndicalistes, des socialistes et des radicaux de la mouvance d’Édouard Herriot. Membre du réseau, Guy Sanglerat publie ses souvenirs.. )
6 Le Coq enchaîné (Le Coq enchaîné : un journal clandestin sous l'occupation allemande. Le premier numéro fait son apparition en mars 1942. Les membres du Coq Enchaîné mèneront aussi des actions de résistance. Il a compté jusqu'à 400 membres. Le réseau sera décimé en 1943. Guy Sanglerat raconte ... )
7 Les archives du conseil général de Savoie (La liste des 168 "travailleurs israëlites" en partance de Ruffieux, établie le 24 Août 1942. )
Notes
- 1 - En 2000, Robert De Bauw fait visite au fils de M. et Mme Toussaint, qui avait bien connu ses tantes et il a apporté un témoignage de la vive reconnaissance de sa famille pour la sécurité que ses parents et lui leur avait garantie.
M. Michel Toussaint lui a raconté qu’un policier (ou un membre de la milice ?) s’était un jour présenté pour enquêter sur les personnes hébergées au château. Sa mère le renvoya avec quelques bonnes paroles sur le sort malheureux de ces réfugiées belges qui ne faisaient de mal à personne. Et elles ne furent pas inquiétées. Or il est quasi certain que Julie et Lydie étaient enregistrées comme "juives" à la Commune de Peyrins, comme elles l’avaient été à Bourg-de-Péage (Drôme). Les archives de la commune n’étant pas accessible, Robert De Bauw n’a malheureusement pas pu les consulter.
Autre preuve de l’attention de la famille Toussaint pour ses hôtes juifs. Un jour de l’été 1944, alors que des combats opposaient les troupes allemandes et des maquisards dans le Vercors, Mme Toussaint enjoint à son fils de se cacher au fond du jardin avec les demoiselles Nias et une famille juive parisienne de 5 personnes qui était également hébergée à Condillac. Ils restèrent quatre heures tapis dans un ruisseau, observant les soldats allemands qui s’approchaient de la maison … pour s’en écarter ensuite, sans incident.
Alexandre Angeli
(1940 - 1944) Alexandre Benoît Joseph Angeli, Préfet régional de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire) (1893-1962)
Édouard Bonnefoy (24/01/1944 - 05/1944) Préfet régional de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire). Résistant, il sera dénoncé par la Milice, arrêté par la Gestapo et déporté à Neuengamme (1899-1945).
André Boutemy
(1944 - 1944) Préfet régional de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire) (1905-1959)
Yves Farge
(1944 - 1945) Commissaire régional de la République de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire) (1899-1953)
Avertissement Les informations affichées sur le site de l'AJPN sont fournies par les personnes qui contribuent à l'enrichissement de notre base de données. Certaines, notamment les témoignages, ne peuvent être vérifiées par l'AJPN et ne peuvent donc pas être considérées d'une fiabilité totale. Nous citons les sources de ces informations chaque fois qu'elles nous sont communiquées. Toutes les demandes de rectification de données erronées sont bienvenues et, dans ce cas, les corrections nécessaires sont appliquées dans les meilleurs délais en citant la source de ces corrections. C'est par cette vigilance des visiteurs de notre site que nous pouvons assurer la qualité des informations conservées dans notre base de données.
Justes parmi les Nations -
Righteous among the Nations
- De Gerechten mank de Völker -
Giusti tra
le nazioni - Drept între
popoare -
Gerechter unter den Völkern - Sprawiedliwy
wsród Narodów Swiata -
Rechtvaardige onder de Volkeren -
Justuloj inter la popoloj - Rättfärdig bland folken - Spravodlivý medzi národmi - Spravedlivý mezi národy
-
Vanhurskaat kansakuntien joukossa - Világ Igaza - Justos entre as nações - Justos entre las Naciones - Justos
entre les Nacions