Jeanne Barnier*, secrétaire de mairie, jeune employée de 20 ans, confectionne des centaines de fausses cartes, fabrique des tampons officiels. Jusqu’au jour où la gendarmerie se rend compte des supercheries. Le gendarme qui l’interroge lui dit : "Vous mentez très mal". et lui donne des conseils sur la meilleure manière de mentir aux gendarmes.
Il périra, peu avant la Libération, sous les balles allemandes.
Lucienne Samuel est recrutée en août 1942 par Henri Wahl, responsable de la Sixième-EIF. Elle est chargée du transport de matériel clandestin. Jeanne Barnier* lui donne son identité pour pseudonyme et l'aide à établir de faux papiers pour des personnes en danger.
A 20 ans, en juillet 1943, René Jourdan, originaire de Poët-Laval, part aux chantiers de jeunesse en direction de Manosque - le midi - Salon de Provence.
Il en revient avec la "maladie du Renard", divers certificats sont établis par le Dr Jourdan, médecin juif. Une fausse carte d'identité lui sera délivrée par Jeanne Barnier*.1
Une carrière tranquille de fonctionnaire municipal attendait Jeanne Barnier* lorsqu'elle entra, le 1er avril 1939, à la mairie de Dieulefit. Mais dès le début septembre, le maire décida d'accueillir 30 femmes de Républicains espagnols avec leurs enfants : un baptême du feu pour Jeanne Barnier*.
En mai 1940, ce n'étaient plus 30 mais 1200 personnes qu'il fallut accueillir.
Très vite, Dieulefit devint lieu de refuge pour de nombreuses personnes traquées.
Marguerite Soubeyran*, qui avait créé avant guerre avec Catherine Krafft*, l'école de Beauvallon, et qui disposait d'une ferme où elle logeait des fugitifs, vint contacter Jeanne Barnier* et lui demanda de fabriquer de fausses cartes d'identité. Très bouleversée, comme elle le dit elle-même : "on m'avait appris à dire la vérité", elle établit alors la première d'une longue série.
Très artisanales au début, la technique se perfectionna ensuite et, en quatre ans, des centaines de cartes ont été mises en circulation dans de nombreuses régions de France.
Le maire nommé par Vichy, un colonel intègre et très strict, était-il au courant ? En tout cas à Dieulefit personne ne dénonça personne. Les gendarmes apportaient même une aide discrète.
Si, pour reprendre le propos d'Élie Wiesel, "Quiconque sauve une vie sauve l'humanité toute entière", alors Jeanne Barnier* a certainement sauvé l'humanité...
En 1970, la République l'a faite chevalier de la Légion d'honneur et l'État d'Israël l'a élevée au rang des Justes. Une place de Dieulefit porte son nom.
Familles hébergées, cachées, aidées ou sauvées par Jeanne Barnier Lucienne Samuel(dite Jeanne Barnier)
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Liens externes
[Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet] 1 Blog sur quelques Justes et sur le livre (Blog hébergé par la Tribune de Genève sur quelques justes honorés par Yad Vashem sur l'intervention du délégué pour la Suisse et la région frontalière Ain et Haute-Savoie, Herbert Herz, ainsi que sur divers événements organisés autour de la parution du livre "Mon combat dans la Résistance FTP-MOI" ) 2 Dieulefit et l'homme le confirma (Critique de Bruno Frappat, dans La Croix. Aux pires périodes de la seconde guerre mondiale, un millier de réfugiés seront passés par Dieulefit. Anne Vallaeys nous raconte une histoire : celle des habitants qui firent de leur village un havre de paix. Caché, s'y cacher, y être caché. Dans son joli récit, Anne Vallaeys s'y promène en reporter sur les traces d'une saga discrète, héroïque, silencieuse en effet et un peu oubliée : celle des habitants de Dieulefit qui, durant la Seconde Guerre mondiale, firent de leur village un havre de paix, un refuge pour les proscrits, une halte bénéfique au flanc d'une histoire faite de violences et d'exils. )
3 Le site du poète Pierre Emmanuel (Le site officiel du poète Pierre Emmanuel. Vous y trouverez aussi des pages sur sa vie et son action à Dieulefit durant la guerre, à Beauvallon, puis à la Roseraie. ) 4 Guy Sanglerat, ancien membre du Coq Enchaîné (Le Coq Enchaîné était un réseau de résistance de la région qui pendant l'occupation allemande rassemblait des syndicalistes, des socialistes et des radicaux de la mouvance d’Édouard Herriot. Membre du réseau, Guy Sanglerat publie ses souvenirs.. )
5 Le Coq enchaîné (Le Coq enchaîné : un journal clandestin sous l'occupation allemande. Le premier numéro fait son apparition en mars 1942. Les membres du Coq Enchaîné mèneront aussi des actions de résistance. Il a compté jusqu'à 400 membres. Le réseau sera décimé en 1943. Guy Sanglerat raconte ... )
6 Les archives du conseil général de Savoie (La liste des 168 "travailleurs israëlites" en partance de Ruffieux, établie le 24 Août 1942. ) 7 Exposition "L'enfant cachée" (Exposition pédagogique pour accompagner la lecture de l'album L'enfant cachée (Le Lombard, 2012) et découvrir l'Histoire. 2012)
Alexandre Angeli
(1940 - 1944) Alexandre Benoît Joseph Angeli, Préfet régional de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire) (1893-1962)
Édouard Bonnefoy (24/01/1944 - 05/1944) Préfet régional de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire). Résistant, il sera dénoncé par la Milice, arrêté par la Gestapo et déporté à Neuengamme (1899-1945).
André Boutemy
(1944 - 1944) Préfet régional de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire) (1905-1959)
Yves Farge
(1944 - 1945) Commissaire régional de la République de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire) (1899-1953)
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