La veille de Seconde Guerre mondiale, Montpellier abritait trois cent Juifs et Béziers en abritait cent cinquante. La majorité de cette population était des commerçants ou des artisans, à l'exception de quelques notables dont l'ancien maire de Montpellier, Benjamin Milhaud.
Le 12 novembre 1938, le Gouvernement Daladier publie un décret prévoyant la création de centres spéciaux pour l'internement des « étrangers indésirables » tandis que le 21 janvier 1939 ouvre le premier centre de rassemblement des étrangers "indésirables en France" à Rieucros (Mende, Lozère), notamment 450 000 réfugiés républicains espagnols qui arrivent en France après la victoire de Franco, le 26 janvier 1939, lors de la "Retirada" (le statut de réfugiés politiques ne leur sera accordé que le 15 mars 1945).
Après l'invasion de la Pologne par l'Allemagne, le 1er septembre 1939, la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l'Allemagne le 3 septembre 1939. 520 000 français sont évacués des zones frontalières comprises entre la ligne Maginot et l’Allemagne.
Le 18 novembre 1939, un décret-loi prévoit des mesures d'internement à l'encontre des "individus dangereux pour la défense nationale et pour la sécurité publique" sur décision du préfet.
L'Allemagne nazie envahit la France, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas le 10 mai 1940.
Le gouvernement désemparé se replie à Bordeaux dès le 11 juin. La France est envahie. C’est l’exode vers le sud. Le président du Conseil : Paul Reynaud, est contraint de démissionner. Le maréchal Pétain forme alors un nouveau gouvernement et obtiendra les pleins pouvoirs le 10 juillet 1940. La République est abolie.
Le 22 juin 1940, la France écrasée signe l'Armistice. Les Allemands mettent en place toute une série de mesures pour limiter sur le territoire la circulation des personnes et des marchandises et le trafic postal entre deux grandes zones délimitées par la ligne de démarcation qui sépare la zone libre où s’exerce l’autorité du gouvernement de Vichy, de la zone occupée par les Allemands. La ligne de démarcation traverse treize départements sur 1 200 km : Basses-Pyrénées (Pyrénées-Atlantiques), Landes, Gironde, Dordogne, Charente, Vienne, Indre-et-Loire, Loir-et-Cher, Cher, Allier, Saône-et-Loire, Jura, Ain.
Les Juifs de Montpellier, de Béziers et de Sète se mobilisent pour venir en aide l'arrivée massive de leurs corréligionnaires arrivés de France et surtout de l'étranger. Les effectifs de Juifs dans le département représentent alors le triple des effactifs avant-guerre. Les Alsaciens constituent quant à eux une communauté dans la communauté.
Les Français sont touchés par les restrictions amenées par la défaite, les Juifs français sont d'abord touchés par la perte de leur emploi et par les spoliations, tandis que les étrangers "en surnombre dans l'économie nationale" et "de territoires appartenant à l'ennemi" et les Juifs étrangers "indésirables" sont majoritairement internés, raflés et déportés dès l'automne 1940 ou meurent dans les camps français. 40 000 Juifs étrangers sont internés en 1940-1941 dans les camps de la zone sud situés dans le Midi méditerranéen et les Pyrénées. En octobre 1940, la France compte 26 camps en zone occupée et 15 en zone libre.
La Demarkationslinie - la ligne de démarcation - ne disparaîtra que le 1er mars 1943, plusieurs mois après l’occupation totale de la France, le 11 novembre 1942.
4 Familles hébergées, cachées ou sauvées de l'Hérault
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- Lunel -
Famille Aronowicz - Prévoyant leur prochaine arrestation par la police de Vichy, Szyja-Leib et de Mieckla, confient leur fille Nina Aronowicz, née le 28 novembre 1932 à Bruxelles (Belgique) à une famille française non juive, les Régnât, qui recueillent la fillette à Lunel. Plus tard, Nina séjournera à la maison d'enfants juifs de Campestre (Hérault), d'où elle sera transférée, avec 43 autres enfants, à Izieu (Ain). La mère de Nina est déportée le 11 septembre 1942 par le convoi n° 31. Le père de Nina connaîtra le même destin après avoir été déporté le 7 décembre 1943 par le convoi n° 64. Quant à Nina, elle sera déportée par le convoi n° 71 du 13 avril 1944.
- Montpellier -
1942-1944 Famille Seiler - Monsieur Seiler, le père de Nelly et de Mina a été caché à la clinique Parrès de Montpellier de 1942 à la Libération.
Nelly a été hébergée et protégée par René et Madeleine Alram* de 1942 à la Libération.
Mina a été recueillie par Marius et Sylvie Cannac* et leur fille Odette* de 1942 à la Libération.
- Palavas-les-Flots -
Famille Tuschneider Lang - Éva et ses deux sœurs sont sorties du camp de Rivesaltes par l’O.S.E. et emmenées au centre de Palavas-les-Flots.
- Pézenas -
08/1941 Famille Schapira - Berein Schapira, Juif, Allemand, interné à la maison d’arrêt de Montpellier est libéré en août 1941 sur intervention de Camille Ernst*, secrétaire général de la préfecture de l'Hérault, et placé en « résidence obligatoire » à Pézenas, ce qui lui sauva la vie.
2 Familles arrêtées dans le département
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- Béziers - 12/10/1943Famille Weingarten - Paul, originaire d’Autriche, habitant Béziers est arrêté le 12 octobre 1943. Déporté par le convoi n° 66, il sera assassiné à Auschwitz.
04/1944Famille Grundman - Maurice, 19 ans, né le 9 février 1925 à Sotteville-les-Rouen, fils d'Henri et d'Esther, habite Rouen et est mariée avec Jeanne née Barrera. Réfugié à Béziers, il est arrêté parce que Juif par la Gestapo et déporté sans retour vers le camp de Kaunas (Lituanie) ou Reval (Estonie). (Numéro de convoi: 73 )
06/04/1944 - Rafle des enfants d'Izieu. Quarante quatre enfants juifs et leurs sept éducateurs sont arrêtés par les agents de la Gestapo de Lyon, avec à leur tête Klaus Barbie.Seule une éducatrice survivra à la rafle et à la déportation. Lea Feldblum témoignera en 1987 au procès de Barbie à Lyon. Barbie sera condamné pour le crime d’Izieu. 12/07/1944 - Le 12 juillet 1944, au village de l’Espérou, les maquis Armée Secrète d’Ardaillès et de Lasalle fusionnent pour constituer le maquis Aigoual-Cévennes, fort de 400 hommes. Liens externes[Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet]
1 Exil ordinaire (Fiche du camp et base de données des internés transférés à Gurs )
Paul Brun (20/07/1940 - 25/08/1940) Préfet de l'Hérault
Pierre Olivier de Sardan (25/08/1940 - 11/10/1942) Préfet de la région de Montpellier (Aude, Aveyron, Hérault, Lozère et Pyrénées-Orientales) Camille Ernst*, Secrétaire général de la préfecture de l’Hérault (de 09/1940 à 02/1943), Juste parmi les Nations
Jean Bénédetti (Jan. 1942 - 12/1943) Préfet délégué de l'Hérault, déporté en Allemagne pour avoir soutenu la Résistance
Alfred Hontebeyrie (11/10/1942 - 16/07/1944) Préfet de l'Hérault et de la région de Montpellier (Aude, Aveyron, Hérault, Lozère et Pyrénées-Orientales) (1895-1969)
Augustin Michel (17/07/1944 - 22/08/1944) Préfet de l'Hérault
André Weiss (22/08/1944 - 01/01/1948) Préfet de l'Hérault