Achille Bautes*, pâtissier rue de l'Hôtel de Ville à Agde, marié et père de deux enfants en bas âge, va protéger David et Jacques (Alter) Blum.
M. et Mme Blum arrivent de de Ligurie et s'installent à Bruxelles. C'est là que vont naître David en 1921 et Jacques en 1925.
En mai 1940, avec l'invasion de la Belgique par les Allemands, M. Blum, propriétaire de quatre magasins à Bruxelles, se précipitent vers la gare et monte avec sa famille dans un train vers la France. Ils atteignent le Sud-Ouest de la France. "Mon père était tellement sûr qu'on allait filer une raclée aux Boches qu'il avait loué et meublé un appartement à Bordeaux…" raconte Jacques.
Mais le 25 juin 1940 Pétain révèle l'armistice conclu le 22 avec Hitler. La France sera divisée en deux zones. Monsieur Blum, comprenant que Bordeaux se trouve alors en zone occupée, se rend à la gare et décide d'emmener sa famille à Agde, dans l’Hérault.
Arrivés à Agde, les Blum découvrent que malgré la bienveillance et l'aide de la municipalité, trouver à se loger est un véritable casse-tête.
Un villageois leur conseille d'aller voir Achille Bautes*. En effet, Achille Bautes* leur propose une grande chambre à l'étage. Les Blum y sont un peu serrés, mais ils apprécient le luxe d'un robinet d'eau froide et surtout de pouvoir ainsi éviter le camp de regroupement.
Dès le 3 octobre 1940, les lois antijuives provoquent vers la zone dite "libre" un afflux de Juifs étrangers.
Alors que certains préfets appliquent avec zèle les mesures dictées par Vichy, celui de l'Hérault refuse de se laisser entraîner sur les chemins de l’inhumanité.
Jacques est inscrit au collège d'Agde, tandis que David s'implique totalement dans les activités de la communauté juive. Jean Félix, le maire d'Agde met à la disposition de la communauté juive une maison qui sera dirigée par Frédéric Thau. David se charge des activités intellectuelles et sportives d’une centaine de jeunes de toutes nationalités. Des cours de français sont donnés par Jean Roger, agathois (qui deviendra un héros de la Résistance). Sont également enseignés l’hébreu, l’histoire juive, le théâtre et la photographie avec "Gental", futur photo-reporter de Paris Match. Les jeunes font du sport, écoutent des conférences et étudient mais ils chantent et dansent tous les soirs.
Jean Félix, le maire d'Agde, met également à leur disposition un grand terrain au Grau d’Agde où ils sèment, cultivent et récoltent…
M. Blum, qui a dépensé tout ce qu'il avait emmené pour lui et sa famille, décide, malgré les supplications des siens, de partir à Bruxelles. Ils ne le reverront jamais.
Début 1942, Simon Lévitte, invite David à un congrès clandestin en mai, à Montpellier, qui réunit une trentaine de responsables des différentes organisations de jeunesse sioniste afin de les unir en un seul Mouvement de Jeunesse Sioniste, le MJS. David y rencontre Jacques Weintraub, venu de Nice qui lui suggère début 1943 d'adhérer à l'AJ (Armée Juive).
Mme Blum est arrêtée lors de la grande rafle du 26 août 1942.
Achille Bautes* décide alors de cacher David et Jacques et grâce à la complicité d'un garde mobile hostile à Vichy les envoie à Rodez. Le garde mobile fera 8 jours de prison pour avoir quitté son unité sans permission.
À Rodez les deux frères, ne pouvant dormir à l'hôtel, marchent sur une route et trouve à se loger dans un moulin où ils sont chaleureusement accueillis puis dans une ferme.
David part rejoindre le maquis du Tarn qui deviendra l’Unité Juive du Corps Francs de la Montagne Noire (CFMN), composée de jeunes Juifs dirigés par Raoul Léons qu’il avait connu à Bruxelles.
En juin 1943, David Blum s'installe à Saint-Martin-Vésubie, village sous occupation italienne. Son son jeune frère Jacques le rejoint durant l'été 1943.
Les deux frères se retrouveront au rendez-vous qu'ils s'étaient fixés à Bruxelles après la guerre.
Familles hébergées, cachées, aidées ou sauvées par Achille Bautes Jacques Blum(Frère de David) David Blum(Frère de Jacques)
Chronologie[Ajouter]
Cet article n'est pas encore renseigné par l'AJPN, mais n'hésitez pas à le faire afin de restituer à cette commune sa mémoire de la Seconde Guerre mondiale.
Témoignages, mémoires, thèses, recherches, exposés et travaux scolaires [Ajouter le votre]
Pas de travaux actuellement sur ce sujet… Vous pouvez mettre le votre en ligne sur le site ajpn.org.
Liens externes
[Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet] 1 Odyssée de Bruxelles à Saint-Martin-Vésubie (Danielle Baudot Laskine, "David et Jacques Blum. Odyssée de Bruxelles à Saint-Martin-Vésubie" in Los Muestros n° 76 de septembre 2009 et Los Muestros n° 77 de décembre 2009 )
2 Rencontre avec Paul Niedermann (Conférence de Paul Niedermann (1h24) enregistrée en mars 2011 au collège d'Estagel dans les Pyrénées-Orientales. Paul Niedermann retrace son parcours entre 1935 et 1945 de Karlsruhe à la Maison d'Izieu, en détaillant son passage au Camp de Rivesaltes. ) 3 Les maquis en Cévennes (Pour la Mémoire, dans cet historique de la Résistance en Cévennes, il y a la saga d’une bonne partie de la Résistance M.U.R. du Gard, concernant ses maquis de l’Aigoual, mais aussi leur mouvance, de Nîmes, Le Grau du Roi, Sommières et même Ganges, étroitement uni à Lasalle, Saint Hippolyte du Fort et Valleraugue. C’est la mémoire d’une résistance populaire, encadrée par des hommes courageux, volontaires, qui n’étaient pas préparés à ces lourdes responsabilités et qui surent les assumer, avec raison et sans défaillance.
La montée en puissance de cette résistance, surestimée par l’adversaire, lui donna un grand rayonnement dans notre département. C’est aussi, la mémoire d’un pays de montagne moyenne, mais très accidentée, sorte de refuge dans lequel s'’est perpétuée une tradition d’accueil et de liberté. Les Cévennes. )
4 Exposition "L'enfant cachée" (Exposition pédagogique pour accompagner la lecture de l'album L'enfant cachée (Le Lombard, 2012) et découvrir l'Histoire. 2012)
Pierre Monis
(01/07/1937 - 20/07/1940) Préfet de l'Hérault
Paul Brun
(20/07/1940 - 25/08/1940) Préfet de l'Hérault
Pierre Olivier de Sardan
(25/08/1940 - 11/10/1942) Préfet de la région de Montpellier (Aude, Aveyron, Hérault, Lozère et Pyrénées-Orientales) Camille Ernst*, Secrétaire général de la préfecture de l’Hérault (de 09/1940 à 02/1943), Juste parmi les Nations
Jean Bénédetti
(Jan. 1942 - 12/1943) Préfet délégué de l'Hérault, déporté en Allemagne pour avoir soutenu la Résistance
Alfred Hontebeyrie
(11/10/1942 - 16/07/1944) Préfet de l'Hérault et de la région de Montpellier (Aude, Aveyron, Hérault, Lozère et Pyrénées-Orientales) (1895-1969)
Augustin Michel
(17/07/1944 - 22/08/1944) Préfet de l'Hérault
André Weiss
(22/08/1944 - 01/01/1948) Préfet de l'Hérault
Avertissement Les informations affichées sur le site de l'AJPN sont fournies par les personnes qui contribuent à l'enrichissement de notre base de données. Certaines, notamment les témoignages, ne peuvent être vérifiées par l'AJPN et ne peuvent donc pas être considérées d'une fiabilité totale. Nous citons les sources de ces informations chaque fois qu'elles nous sont communiquées. Toutes les demandes de rectification de données erronées sont bienvenues et, dans ce cas, les corrections nécessaires sont appliquées dans les meilleurs délais en citant la source de ces corrections. C'est par cette vigilance des visiteurs de notre site que nous pouvons assurer la qualité des informations conservées dans notre base de données.
Justes parmi les Nations -
Righteous among the Nations
- De Gerechten mank de Völker -
Giusti tra
le nazioni - Drept între
popoare -
Gerechter unter den Völkern - Sprawiedliwy
wsród Narodów Swiata -
Rechtvaardige onder de Volkeren -
Justuloj inter la popoloj - Rättfärdig bland folken - Spravodlivý medzi národmi - Spravedlivý mezi národy
-
Vanhurskaat kansakuntien joukossa - Világ Igaza - Justos entre as nações - Justos entre las Naciones - Justos
entre les Nacions