Dénonciation
Le 22 mai 1942, le préfet de l'Indre reçoit une lettre de dénonciation, confidentielle et personnelle" : Monsieur le Préfet,
J'ai l'honneur de porter à votre connaissance, à toutes fins utiles, les renseignements suivants :
"Au château d'Anjouin habite un monsieur STENDECKER qui se fait passer comme homme de lettres sous le pseudonyme de Pierre Caïn.
Habite chez lui : une véritable tribu juive.
Il y règne une grande activité - envoi de télégrammes excessivement fréquents avec emploi de prénoms féminins.
Il y aurait, paraît-il, un poste émetteur.
Je vous serais reconnaissant de bien vouloir me faire connaître les résultats de votre enquête.
Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l'expression de mes sentiments déférents et dévoués.1
Une enquête est ouverte
Le commissaire principal des renseignements généraux répond au Préfet le 18 août 1942 : J'ai l'honneur de vous faire connaître que M. THOMASSET, Inspecteur de Police de mon Commissariat chargé de l'enquête, m'a fourni le rapport suivant :
"M. STENDECKER, Léon, dit Pierre Caïn, est né le 7 septembre 1895 à Paris (16°). Il est célibataire.
L'intéressé était avant-guerre directeur littéraire des Éditions "Le Sagitaire" à Paris. Il a démissionné de ses fonctions au moment de l'exode de juillet 1940. M. STENDECKER était de plus critique littéraire, depuis 15 ans, à la Revue de France, dirigée par M. Prévost et autres.
Il a publié, entre autres ouvrages, sous son pseudonyme de Pierre Caïn, des critiques sur M. Proust et André Gide.
C'est un écrivain, qui passe le plus clair de ses journées dans son cabinet de travail. STENDECKER a, en effet, la jambe gauche dans le plâtre depuis plus d'un an. Il sort très peu. Le seul voyage qu'il a effectué cette année se situe en mai-juin, pour aller voir son père à Marseille.
Il fait actuellement les démarches nécessaires pour rejoindre sa famille en Amérique. STENDECKER est arrivé à Anjouin en février 1939 comme locataire du château. Son propriétaire actuel est M. BRY, bijoutier à Aubigny-sur-Nère (Cher).
Ce bâtiment qui se trouvait à cette époque dans un état de vétusté très particulier a été remis complètement à neuf par son locataire.
Il est fort bien considéré, soit de la part de la Légion locale, soit des autorités municipales.
Résident actuellement au château :
- son père STENDECKER Adolphe, né le 1-3-1866 à Francfort, qui depuis les événements actuels réside sur la Côte d'Azur, mais vient passer les étés auprès de son fils ;
- A..., Savely, né le 20-3-1918 à Zinowiev (Russie) ;
- G..., Constantin, Claude, né le 22-5-1919 à Constantinople.
Sauf A..., tous sont Français comme les STENDEDCKER ou naturalisés Français comme G.... Tous sont bien entendu israélites.
A... qui était employé avant juin 1940 dans une usine de textile-bonneterie à Saint-Denis (Seine) travaille depuis son arrivée en avril 1941 dans une ferme de la région. Il couche au château.
En ce qui concerne G..., arrivé à la même époque qu'A... au château, celui-ci était reporter-photographe avant les hostilités à Match. Il ne fait rien, passant son temps à courir les jupons.
Il n'y a aucune femme au château.
En ce qui concerne les télégrammes adressés par STENDECKER, celui-ci qui, effectivement, est resté en rapport avec de nombreuses personnes du monde littéraire, continue dans cette branche à s'occuper de ses affaires.
Les originaux en question sont, soit à la poste rurale d'Anjouin, soit à la poste de Valençay. Ils n'ont jamais attiré l'attention de qui que ce soit, aussi bien de la part de l'Administration des P.T.T. que des services de Police.
Quant au poste émetteur, en supposant qu'il existe, il est bien difficile d'arriver à prouver sa matérialisation. Les dits appareils ayant, en général, la forme d'une valise, ont toutes facilités pour profiter du moindre espace possible.
La perquisition peut être faite, mais l'on peut penser à l'avance qu'elle n'aboutira à rien de concret.
L'enquête effectuée auprès des différentes autorités locales ne relève à l'encontre des différents personnages habitants le château aucun grief si minime soit-il.
A... et G... sont membres de la Légion Française des Combattants d'Anjouin, tous les deux ont été mobilisés en 39-40."2
Familles réfugiées à Anjouin[Compléter]
Article non renseigné. Si vous avez connaissance de personnes hébergées, sauvées ou cachées dans la commune, cliquez ci-dessus sur “Compléter” et ajoutez leur nom, prénom, leur date de naissance, les circonstances du sauvetage, si possible. Familles arrêtées (Anjouin)[Compléter]
Article non renseigné. Si vous avez connaissance de personnes arrêtées ou exécutées dans la commune, cliquez ci-dessus sur “Compléter” et ajoutez leur nom, prénom, les circonstances de l'arrestation et la date de l'arrestation, si possible.
30/06/1940 -Les troupes allemandes évacuent le département de l'Indre. 02/11/1940 -Le gouvernement de Vichy révoque 3 préfets et les place en disponibilités. M. Jouany, préfet d'Ille-et-Vilaine, M. Moulin, préfet d'Eure-et-Loir, et M. Morel, préfet dans les Hautes-Alpes. 28/05/1942 -Visite du maréchal Pétain dans l'Indre ; il est reçu par la municipalité de Châteauroux et son maire Louis Deschizeaux. 05/1943 -Fin mai 1943 : Constitution du premier maquis (à l'origine des maquis Francs-Tireurs et Partisans dans l'Indre) dans la forêt de Taille de Ruines près de Dun-le-Poëlier.
Témoignages, mémoires, thèses, recherches, exposés et travaux scolaires [Ajouter le votre]
Raoul Grimal
(Mai 1938 - Juin 1940) Préfet de l'Indre
Léon Gonzalve
(06/1940 - 09/1940) Préfet de l'Indre
Jacques Moranne
(25/06/1940 - 1942) Jacques Alexandre Moranne, Préfet régional d’Orléans (Eure-et-Loir, Loiret et Loir-et-Cher et les parties occupées du Cher et de l'Indre) (1901-1982)
René Faugère
(09/1940 - 09/1940) Préfet de l'Indre
Raoul Grimal
(09/1940 - 08/1941) Préfet de l'Indre
André Jacquemart
(08/1941 - 08/1944) Préfet de l'Indre
Pierre Berger
(1941 - 1942) Pierre Jean Berger, Préfet de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne)
Antoine Lemoine
(01/05/1942 - 1943) Antoine Jean Marcel Lemoine, Préfet de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne)
Jacques Bussière
(25/11/1942 - 1944) Jacques Félix Bussière, Préfet régional d’Orléans (Eure-et-Loir, Loiret et Loir-et-Cher et les parties occupées du Cher et de l'Indre). Arrêté, interné au camp de Compiègne puis déporté en Allemagne, il mourra en déportation (1895-1945)
René Rivière
(Jan. 1943 - 1943) René Édouard Rivière, Préfet de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne)
Marc Freund-Valade
(11/09/1943 - 10/05/1944) Marc Paul Freund dit Freund-Valade, Préfet de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne)
Angelo Chiappe
(06/02/1944 - 08/1944) Ange Marie Pascal Eugène Chiappe, Préfet régional d’Orléans (Eure-et-Loir, Loiret et Loir-et-Cher et les parties occupées du Cher et de l'Indre). Arrêté à la Libération, il est fusillé le 23 janvier 1945. (1889-1945)
André Fourcade
(10/05/1944 - 06/1944) André Fourcade dit Vergnaud, Commissaire régional de la République de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne), arrêté par la Gestapo en juin 1944, fusillé à Buzet-sur-le-Tarn le 17 août 1944
Jean-Georges Laporte
(08/1944 - 03/1946) Préfet de l'Indre
Pierre Boursicot
(23/10/1944 - 1946) Commissaire régional de la République de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne)
André Mars
(1944 - 1946) Commissaire régional de la République d’Orléans (Eure-et-Loir, Loiret et Loir-et-Cher et les parties occupées du Cher et de l'Indre) (1896-1957)
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