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Jacques Cukier



 
Paris 75000 - Paris
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Histoire

L'Eclipse

Un extrait du livre. Visiblement, Émile dérange par son allure de citadin à l’accent « pointu ». Ses origines inconnues interpellent les parents, qui chargent leurs enfants d’assouvir leur curiosité. Les questions fusent : - t’es d’où ? - de Paris. - « Parigot » au long bec ! Y paraît que t’es juif, un « youpin » quoi ? Émile sent la chaleur de la honte mêlée de peur envahir son visage, cette sensation qu’il connaît pour l’avoir ressentie rue d’Enghien, lors de la perquisition opérée par la police. - Je suis pas juif, je suis catholique et je vais au catéchisme ! Anticipe-t-il. - Pourquoi t’es tout rouge ? T’es un « youpin », t’as tué le Christ, t’es un « youde » ! Scande la petite assemblée. Celui qui semble être le meneur de la bande, renchérit : - Y paraît que les juifs ont la bite coupée, montre pour voir ? De plus en plus flamboyant, Émile rétorque qu’il n’a rien à prouver, ni à montrer par conséquent. Un nouvel émoi le saisit et s’empare de tout son corps pris d’un tremblement convulsif ; des gouttelettes acides perlent son front et l’écarlate de son visage vire à la blancheur blafarde de la violence. La colère dépasse sa raison. Sans plus de réflexion, il se rue tête baissée, poings tournoyant et virevoltant dans le vide, sur les gamins qui l’attendent pour le rouer de coups.


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Préface de l'Eclipse ou le roman d'une enfance brisée

Le 15 Juillet 1942, à la nuit tombée, de nombreux parisiens sortaient de la projection du film émouvant de Carlo RIM « Simplet » où l’immense talent de FERNANDEL s’exprimait dans cet hymne à la France rurale, à la défense des valeurs simples, à la victoire de l’homme seul contre la foule hurlante et déchaînée.
Cette belle histoire retraçait devant leurs yeux émerveillés et ravis, le quotidien d’un homme simple, chassé de son propre village, par l’incompréhension de ceux qui considéraient qu’il n’était pas comme eux…
Mal leur en prenait dès lors qu’au fil des jours puis des semaines, ils se ravisaient rapidement en comprenant que par l’exil provoqué du pauvre homme, ils avaient déclenché la malédiction et les feux du ciel.
Ces mêmes parisiens ne pouvaient imaginer que ce scénario allait s’avérer prémonitoire puisqu’aux matins des 16 et 17 juillet 1942, par une pluie battante, la police parisienne allait déployer ses ailes noires sur ce qu’il est convenu d’appeler « La Rafle du Vel d’Hiv » ou ce que j’appellerai plus exactement « la Rafle des Innocents »
Le tristement célèbre directeur de la Police de l’époque, René BOUSQUET, avait en effet accepté dans le plus grand secret, de déployer l’appareil administratif et policier français, pour se ruer sur les modestes appartements des juifs dont le destin avait déjà été scellé pour être parqués tels des bêtes apeurées, au vélodrome d’hiver, puis transférées à DRANCY à BEAUNE LA ROLANDE et enfin à AUSCHWITZ-BIRKENAU.
La police française et les autorités d’occupation avaient estimé devoir procéder à l’arrestation de quelques 25.000 personnes.
Les mâchoires de fer de la bête collaborationniste n’allaient se refermer que sur 13.152 personnes dont 5.000 enfants.
Le vieux maréchal de France, qui délibérément avait décidé de violer les valeurs sacrées de la France des Lumières, allait trouver sa place dans le panthéon de l’horreur, à la droite de tous les tyrans qui avaient ordonné « le massacre des innocents »
Il y avait ainsi bonne part.
Jacques CUKIER, petit enfant tremblant et apeuré, allait vivre dans sa chair l’un des pires épisodes de l’histoire de France.
Cette France dont tous les juifs persécutés avaient rêvé comme étant la terre où l’on pouvait être « heureux comme Dieu en France »
Pourtant Jacques CUKIER prend délibérément le parti, dans un roman vibrant et palpitant, de ne parler de cette époque, qu’en contre point avec une infinie pudeur, la souffrance simplement suggérée et pourtant palpable à chaque ligne.
Vous qui abordez cette histoire, n’y cherchez pas de description atroce ou scabreuse du long martyr des juifs de France emportés dans la tourmente de la Shoah.
N’y cherchez pas les larmes et le sang.
Vous ne trouverez au détour de ces lignes que le récit d’un enfant accueilli dans le sein matriciel d’un village de l’Indre.
Vous n’y trouverez que l’évocation de ces bras qui se tendent, de ces larmes qui coulent contre des poitrines généreuses et compatissantes.
Vous n’y verrez que l’essor d’une adolescence émue et éblouie devant les paysages déroulés de la ruralité, de la lumière, des sentiments simples et de l’affection.
Comme dans un théâtre d’ombres, la guerre y est suggérée, les massacres y sont rappelés comme par le timbre d’un glas funèbre auquel on s’habitue dans une quotidienneté sereine et apaisée.
Si l’on sait qu’au-delà de la colline des exactions terribles sont perpétrées, le jeune héros de ce roman continue de se blottir contre ses camarades, ses amours d’enfance, à l’ombre du clocher rassurant du « village des Justes »
Lorsque vous parviendrez au terme de votre lecture, alors peut être dans le révélateur de vos consciences vous plongerez ces pages pour voir apparaître l’horreur qui n’est ici que suggérée.
Jacques CUKIER a pris courageusement et délibérément le parti de sanctifier la vie au plus profond de la vallée de la mort.
Démarche oh combien courageuse pour ce petit garçon qui a su au cours des années ravaler ses larmes pour glorifier l’attitude des Justes et des compatissants.
Jacques CUKIER aura magnifiquement rappelé que dans le petit village d’Ardentes au Long de l’Indre, il fut accueilli et aimé « d’un amour plus fort que la mort »

Me Maurice HALIMI
Maire adjoint délégué aux Affaires culturelles de la ville de PERPIGNAN

07/06/2010
Auteur : Maurice Halimi

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Titre

L'éclipse

L'éclipse

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Auteur   Jacques Cukier  
Édition   Les Presses Littéraires  
Année   2010  
Genre   roman  
Description   En cette fin de printemps 1942, Émile Rosenberg affiche toute la fraîcheur de ses sept ans et demi. Durant ces années noires d’éclipse totale, sous la botte de l’occupant nazi, il réalise ce que d’être juif implique. Par miracle, Émile échappe à la rafle du Vel d’Hiv’. Avec sa mère Roza, il fuit Paris opprimé, ses restrictions et les humiliations. Après avoir franchi la ligne de démarcation, il découvre Ardentes en zone dite "libre", une bourgade sur l’Indre qui paraît vivre décalée des évènements. Réfugié sous un faux nom, accueilli par le Père et la Mère Adias, une famille de paysans qui, au péril de leur vie, le considère comme leur fils, le garçonnet appréhende son univers bucolique. Alors, au rythme des saisons, Émile se familiarise avec les animaux de la ferme qu’il ne connaissait qu’au travers de ses livres d’images. Au fil de l’onde, la rivière le fascine sous la frondaison des hauts peupliers, des platanes, des saules et des aulnes. Les essences odorantes et les effluves de terre mouillée chauffée par le soleil, éveillent sa mémoire olfactive. Malgré la déferlante allemande du 11 novembre 1942, le village berrichon semble épargné par l’envahisseur. Les Ardentais suivent l’actualité en écoutant en sourdine les émissions de la BBC, qui révèlent enfin la « solution finale » procréée par l’hydre malfaisante. Inscrit à l’école communale, il devra en outre fréquenter, par mesure de prudence, les cours de catéchisme jusqu’en juillet 1944. Dans cet univers où la crainte côtoie un quotidien débonnaire, Émile rencontre Roland, son copain de toujours à la grivoiserie exacerbée. Mais c’est Jacqueline, une adolescente de quatre ans son aînée, qui marquera sa vie. De la candeur de ces enfants mûris trop vite par la guerre, s’épanouira un grand amour au parfum de Liberté. Tiré d’une histoire vécue émaillée d’anecdotes, vue du regard d’un gamin qui pénètre dans la turbulence de l’adolescence, dans un contexte où les drames se chevauchent avec les situations cocasses, ce roman rapporte d’une manière différente, les événements de cette période troublée.  

Liens externes [Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet]
1 Notre Dame de Sion : les Justes (La première religieuse de Sion à recevoir ce titre en 1989 est Denise Paulin-Aguadich (Soeur Joséphine), qui, à l’époque de la guerre, était Ancelle. Depuis, six autres sœurs de la congrégation, ainsi qu’un religieux de Notre-Dame de Sion ont reçu la même marque de reconnaissance à titre posthume. Ils ont agi à Grenoble, Paris, Anvers, Rome. L’action de ces religieuses et religieux qui ont sauvé des Juifs pendant la deuxième guerre mondiale mérite de ne pas être oubliée. Et il y en a d’autres, qui, même s’ils n’ont pas (encore ?) reçu de reconnaissance officielle, ont œuvré dans le même sens, chacun à leur place. )
2 L'histoire des Van Cleef et Arpels (Blog de Jean-Jacques Richard, très documenté. )
3 Résistance à la Mosquée de Paris : histoire ou fiction ? de Michel Renard (Le film Les hommes libres d'Ismël Ferroukhi (septembre 2011) est sympathique mais entretient des rapports assez lointains avec la vérité historique. Il est exact que le chanteur Selim (Simon) Halali fut sauvé par la délivrance de papiers attestant faussement de sa musulmanité. D'autres juifs furent probablement protégés par des membres de la Mosquée dans des conditions identiques.
Mais prétendre que la Mosquée de Paris a abrité et, plus encore, organisé un réseau de résistance pour sauver des juifs, ne repose sur aucun témoignage recueilli ni sur aucune archive réelle. Cela relève de l'imaginaire. )
4 La Mosquée de Paris a-t-elle sauvé des juifs entre 1940 et 1944 ? une enquête généreuse mais sans résultat de Michel Renard (Le journaliste au Figaro littéraire, Mohammed Aïssaoui, né en 1947, vient de publier un livre intitulé L’Étoile jaune et le Croissant (Gallimard, septembre 2012). Son point de départ est un étonnement : pourquoi parmi les 23 000 «justes parmi les nations» gravés sur le mémorial Yad Vashem, à Jérusalem, ne figure-t-il aucun nom arabe ou musulman ?
Il mène une enquête, cherche des témoins ou des descendants de témoins, évoque la figure de Si Kaddour Ben Ghabrit, directeur de l’Institut musulman de la Mosquée de Paris de 1926 à 1954, fait allusion à d’autres personnages qu’il a rencontrés, et plaide pour une reconnaissance mémorielle d’actes de solidarité, de sauvetage, de juifs par des musulmans durant cette période. Et pour leur reconnaissance et inscription sur le mémorial de Yad Vashem.
Cet ouvrage est fréquemment mentionné par voie de presse, avec force sympathie. Mais… rares sont les critiques, positives ou négatives, réellement argumentées. On a le sentiment que ce livre est légitime, généreux, qu’il "tombe" bien en cette période.
C'est ce que le sociologue américain Merton avait repéré dans les phénomènes d'identification et de projection même si le rapport à la réalité est totalement extérieur. Aujourd'hui, l'Arabe musulman, sauveteur de juifs, devient un type idéal auxquels de nombreux musumans ont envie de croire. La réalité n'est pas celle-ci, mais peu importe ! On reproduit la quatrième de couverture du livre (qu'on n'a pas lu), on ose quelques citations d’extraits… Mais personne ne se hasarde à une évaluation de la validité historique de sa teneur. )
5 Paroles et Mémoires des quartiers populaires. (Jacob Szmulewicz et son ami Étienne Raczymow ont répondu à des interviews pour la réalisation du film "Les garçons Ramponeau" de Patrice Spadoni, ou ils racontent leur vie et en particulier leurs actions en tant que résistants. On peut le retrouver sur le site Paroles et Mémoires des quartiers populaires. http://www.paroles-et-memoires.org/jan08/memoires.htm. (Auteur : Sylvia, Source : Canal Marches) )



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