L’exécution de Philippe Henriot le 28 juin 1944 provoqua, à Saint-Amand comme ailleurs, la fureur des chefs miliciens.
En représailles, dans la nuit du 21 au 22 juillet 1944, la milice de Saint-Amand et la Gestapo de Bourges arrêtent et transportent à la prison Bordiot de Bourges, soixante-dix Juifs représentant la quasi-totalité de la communauté juive de Saint-Amand. Le 24 juillet, vingt-six hommes sont extraits de la prison et emmenés dans une camionnette vers Guerry. Le 26 juillet, trois autres détenus sont à leur tour emmenés dont Georges Juda et son frère, André Juda. Le 8 août, huit femmes sont emmenés également. Le 17 août, après le départ des gardiens allemands de la prison Bordiot, trente-deux femmes et enfants survivants de la rafle du 22 juillet regagnent Saint-Amand.
A leur grande surprise, elles y retrouvent Charles Krameisen. emmenés avec les autres hommes le 24 juillet, Celui-ci leur raconte comment il a réussi à s'échapper d’une ferme isolée dans les taillis, sous les balles des policiers allemands. Épuisé, les vêtements déchirés car il avait rampé entre les broussailles, il trouve refuge dans une ferme où malgré les risques d'un contrôle de la région par les miliciens, on l'héberge pendant trois jours. Puis il se rapproche de ferme en ferme jusqu'à Saint-Amand, où le 15 août, après la Libération, il alerte les autorités leur racontant ce qu'il avait vécu. Son exposé un peu chaotique n'est pas pris au sérieux, on le traite de fou.
Le 6 septembre, Bourges étant libérée, quelques familles juives partent, accompagnées du rescapé à la recherche de la ferme abandonnée, mais le survivant Kramerson ne reconnaît pas l'endroit d'où il s'est sauvé. Peu après l'on retrouve le fermier qui avait hébergé Kramerson, et après de longues recherches on trouve au fond d'un premier puits, après avoir enlevé des kilos de pierres et de sable, les corps de 25 hommes qui ont été jetés vivants dans ce puits. Continuant les recherches, on trouve dans un deuxième puis les corps des huit femmes, également jetées vivantes dans le puits, et mortes étouffées sous les pierres et les gravats jetés par la Milice française.
Les 18 octobre 1944 et jours suivants, les corps de trente-six victimes israélites, hommes et femmes, furent retirés des puits d’un domaine abandonné, compris dans le polygone de tir des établissements militaires de Bourges.
Une enquête administrative et judiciaire fut aussitôt ouverte, mais la Gestapo avait quitté Bourges à partir du 6 août 1944 et la Milice Saint-Amand le 10 août, en direction de l’Allemagne. Ils ne revinrent en France que plus d’un an plus tard. Joseph Lécussan, chef de la milice fut arrêté, condamné à mort le 25 septembre 1946 et exécuté. Pierre Paoli, agent français de la Gestapo de Bourges, participant de la rafle et complice de l'assassinat fut arrêté en Allemagne, ramené à Bourges et condamné à mort à l’issue de son procès le 3 mai 1946, Paoli fut exécuté le 15 juin à l’aube.1
Familles réfugiées à Savigny-en-Septaine[Compléter]
Article non renseigné. Si vous avez connaissance de personnes hébergées, sauvées ou cachées dans la commune, cliquez ci-dessus sur “Compléter” et ajoutez leur nom, prénom, leur date de naissance, les circonstances du sauvetage, si possible. 3 Familles arrêtées (Savigny-en-Septaine)[Compléter]
27/07/1944Famille Reblaud - Sylvain et son fils Pierrot, originaires d'Ingwiller (Bas-Rhin), ont été exécutés aux Puits-de-Guerry le 27 juillet 1944.
24/07/1944Famille Strauss - Simon, né le 8 avril 1897, originaire de Mommenheim (Bas-Rhin), a été exécuté le 24 juillet 1944 aux Puits-de-Guerry.
21/07/1944Famille Wolf - Félix, né le 26 juin 1877, originaire de Hoenheim (Bas-Rhin), est arrêté parce que Juif le 21 juillet 1944 par la milice en représailles à l’exécution de Philippe Henriot le 28 juin 1944. Il sera transporté à la prison Bordiot de Bourges. Les 24, 26 juillet et 8 août 1944, trente-six personnes sont transportées par la Gestapo et la Milice jusqu'à Savigny-en-Septaine, avant d'être martyrisées et jetées, pour la plupart vivantes, dans deux puits situés dans la ferme désaffectée de Guerry.
30/06/1940 -Les troupes allemandes évacuent le département de l'Indre. 02/11/1940 -Le gouvernement de Vichy révoque 3 préfets et les place en disponibilités. M. Jouany, préfet d'Ille-et-Vilaine, M. Moulin, préfet d'Eure-et-Loir, et M. Morel, préfet dans les Hautes-Alpes. 24/07/1944 -Lors de la rafle du 22 juillet 1944, tous les Juifs de Saint-Amand-Montrond (soit 70 civils) sont arrêtés et emmenés à la prison de Bourges par des miliciens. Le 24 juillet 1944, 36 Juifs (dont 8 femmes) sont sortis de la prison et jetés vivants (ou parfois tués par balles) dans un puits de 35 mètres de profondeur par la Gestapo de Bourges et Milice de Saint-Amand à Guerry.
Témoignages, mémoires, thèses, recherches, exposés et travaux scolaires [Ajouter le votre]
- 1 - La répression en France à l'été 1944. Actes du colloque organisé par la Fondation de la résistance et la ville de Saint-Amand-Montrond, le 8 juin 2005
M. Glapeyrie
(jusqu'en - 11/1940) Sous-préfet de Saint-Amand-Montrond jusqu'en novembre 1940. Jugé peu sûr par le gouvernement de Vichy il est remplacé par René Dutilleul-Francoeur
René Dutilleul-Francœur
(11/1940 ) Sous-préfet de Saint-Amand (Cher non occupé, dépendant de la préfecture régionale de Limoges
Pierre Berger
(1941 - 1942) Pierre Jean Berger, Préfet de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne)
Antoine Lemoine
(01/05/1942 - 1943) Antoine Jean Marcel Lemoine, Préfet de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne)
Jacques Bussière
(25/11/1942 - 1944) Jacques Félix Bussière, Préfet régional d’Orléans (Eure-et-Loir, Loiret et Loir-et-Cher et les parties occupées du Cher et de l'Indre). Arrêté, interné au camp de Compiègne puis déporté en Allemagne, il mourra en déportation (1895-1945)
Jacques Moranne
(25/06/1940 - 1942) Jacques Alexandre Moranne, Préfet régional d’Orléans (Eure-et-Loir, Loiret et Loir-et-Cher et les parties occupées du Cher et de l'Indre) (1901-1982)
Paul Lecène
(10/1943 - 05/1944) Sous-préfet de Saint-Amand-Montrond. Résistant, membre du réseau Combat, il participe au noyautage de l’administration locale dans la perspective de la Libération. Arrêté, il est déporté à Dachau
René Rivière
(1943 - 1943) René Édouard Rivière, Préfet de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne)
Marc Freund-Valade
(11/09/1943 - 10/05/1944) Marc Paul Freund dit Freund-Valade, Préfet de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne)
François Villatte
(05/1944 - 1945) Secrétaire principal de la sous-préfecture, prend la succession de Paul Lecène au poste de sous-préfet de Saint-Amand-Montrond jusqu'à l’arrivée du sous-préfet Lecussan
André Fourcade
(10/05/1944 - 06/1944) André Fourcade dit Vergnaud, Commissaire régional de la République de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne), arrêté par la Gestapo en juin 1944, fusillé à Buzet-sur-le-Tarn le 17 août 1944
Angelo Chiappe
(06/02/1944 - 08/1944) Ange Marie Pascal Eugène Chiappe, Préfet régional d’Orléans (Eure-et-Loir, Loiret et Loir-et-Cher et les parties occupées du Cher et de l'Indre). Arrêté à la Libération, il est fusillé le 23 janvier 1945. (1889-1945)
Pierre Boursicot
(23/10/1944 - 1946) Commissaire régional de la République de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne)
André Mars
(1944 - 1946) Commissaire régional de la République d’Orléans (Eure-et-Loir, Loiret et Loir-et-Cher et les parties occupées du Cher et de l'Indre) (1896-1957)
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