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Savoie

Région :
Auvergne-Rhône-Alpes
Département :
Savoie

Préfets :
Henri Maillard
(09/1940 - 01/1944) Préfet de Savoie.
Chef de cabinet : Michel Grollemund
Sous-préfet d'Albertville : Charles Richard

Yves Farge
(1944 - 1945) Commissaire régional de la République de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l\'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire) (1899-1953).

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Texte pour ecartement lateral

Jenny Masour Ratner

dite Germaine Dessonaz
Texte pour ecartement lateral

Chambéry 73000 Savoie
Nom de naissance: Euguénia Masour
Nom d'épouse: Ratner
Date de naissance: 29/12/1895 (Odessa (Russie))
Date de décès: 25/11/1983
Nationalité : Russe. Devient française en 1950
Réseau de sauvetage : Ribière Germaine
Qualité: Résistante juive, OSE
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Jenny-Masour-Ratner
Fausse carte d'identité de Jenny Masour Ratner sous le nom de Germaine Dessonaz, établie le 18 juin 1943
source photo : Arch. OSE
crédit photo : D.R.
Histoire
Eugénie Masour nait à Odessa (Empire russe, Ukraine actuelle) le 29 décembre 1895, dans un famille de l'intelligentsia juive.

Après les pogroms de 1905, elle fait ses études dans un internat pour jeunes filles avec sa sœur aîné, à Breslau (Pologne).

Après ses études, elle vient en France avec sa mère et sa sœur pour perfectionner son français. Elles habitent à Saint-Lazare.

Sa sœur reste à Paris après son mariage avec un polytechnicien français.

La famille fuit la Russie, se réfugie en Allemagne et rentre à Odessa.

En 1917, Jenny épouse Jacques Ratner, étudiant en physique qui travaille comme journaliste dans un journal anticommuniste.
Munis de visas, le couple quitte Odessa et arrive à Paris en 1934.
Les deux jeunes gens reprennent leurs études : Jenny en physique et Jacques Ratner en chimie.

Ses études terminées, elle est engagée comme traductrice aux usines de cinéma Pathé de Vincennes.

Elle divorce, se remarie, donnera naissance à un petit garçon qui meurt avant d'avoir deux ans. Son mari meurt d'un cancer du poumon. Veuve à 39 ans, elle retrouvera Jacques Ratner...

Elle rentre à l'OSE (Œuvre de secours aux enfants) en France en 1939. Elle connaissait cette organisation née en Russie depuis la petite enfance. On lui demande de traduire un rapport sur les camps d'internement en France puis elle est chargée de s'occuper des jeunes réfugiés du Reich dans les maisons de Montmorency.

En mai 1940, l'exode la jette sur les routes. Son train s'arrête à Vichy où elle retrouve sa sœur. Jacques Ratner ne peut rester à Vichy et part à Montpellier. Elle le rejoint et loue un petit logement à Palavas-les-Flots et devient éducatrice à la maison d'enfants de Saint-Raphaël, la Villa Mariana.

Dès que fut conclu le pacte entre la Russie de Staline et l'Allemagne d'Hitler, tous les réfugiés russes sont arrêtés en tant qu'ennemis et internés dans des camps.
Jenny est internée au camp de Fréjus avec des Russes en grande majorité antisémites, adeptes du Tsar.
Elle y retrouve aussi des amis et les autorités du camp comprennent que ces internés sont de farouches opposants au bolchévisme. Ils sont libérés.

Après la déclaration de guerre en 1940, Jenny a 45 ans. Dès sa libération, elle revient à Montpellier où elle prend en charge la maison des enfants étrangers sortis des camps, au Solarium Marin à Palavas-les-Flots.
C'est son mari, Jacques Ratner, qui tiendra pendant toute l'occupation le précieux fichier des enfants de l'OSE.

Le 26 août 1942, les juifs étrangers sont raflés en zone sud et les maisons de l'OSE deviennent un piège.

Après que la zone sud soit envahie par les Allemands, en novembre 1942, la direction de l'OSE se transporte en zone d'occupation italienne. A la fin de l'année 1942, Jenny travaille au bureau de l'OSE à Chambéry sous le nom de "Germaine Dessonaz" et s'occupe d'organiser les convois d'enfants vers la Suisse.

En janvier 1943, elle rencontre Georges Garel, chargé d'organiser un réseau clandestin d'enfants.
Jenny travaille alors à la dissolution des maisons d'enfants et fait le lien entre les directeurs des maisons et les responsables du circuit clandestin.
Durant l'été 1943, elle est à La Léchère (Savoie) et s'installe à Lyon en septembre.
A Limoges, Jenny travaille à l'évacuation des maisons de la Haute-Vienne et de la Creuse. Elle assure alors la liaison avec les responsables des secteurs clandestins chargés de fabriquer des faux papiers pour les enfants, de leur apprendre leurs faux noms et de leur trouver des refuges dans les internats, collèges religieux ou de trouver des nourrices.

En février 1944, les membres du bureau de l'OSE sont arrêtés à Chambéry et toutes les structures de l'OSE ferment et se réfugient dans la clandestinité.

La direction se réunit dans des trains ou au domicile de René Borel, le trésorier non juif de l'organisation.

En septembre 1944, Jenny retourne à La Léchère jusqu'à la libération de Lyon.

A la fin du mois de septembre la décision est prise de reconstruire et de réouvrir les maisons d'enfants et les centres médico-sociaux de l'OSE.

En 1945, Jenny part en Suisse pour concevoir les étapes du retour des enfants cachés durant la guerre. Elle rentre à Paris et est chargée du "regroupement familial).

En juin 1945, elle se charge de l'accueil de 426 enfants survivants de Buchenwald.
A la fin de l'année 1945, vingt-cinq maisons d'enfants sont ouvertes : treize en province et douze dans la région parisienne.

En 1946, Jenny part à New York pour organiser l'émigration d'enfants de l'OSE vers les États-Unis.
En 1947, elle part au Canada.
En 1950, elle obtient la nationalité française.

Elle prend sa retraite en 1961 après avoir travaillé vingt ans au service de l'OSE.

12/02/2011

[Compléter l'article]

Résistante juive

Période de Résistance
De 1940 à la Libération (Montpellier, Saint-Raphaël, camps du Sud, Creuse, Haute-Vienne, Allier, Vic-sur-Cère, Chambéry Grenoble, Lyon)

Réseaux
OSE (Oeuvre de secours aux enfants)
Garel

Euguénia Masour Ratner vient d'une famille bourgeoise qui a quitté la Russie pour l'Allemagne lors de la révolution bolchevique et qui est arrivée en France en 1936, chassée par le nazisme. Elle achève ses études de chimiste mais est obligée de quitter Paris envahi par les Allemands et se réfugie à Montpellier. Elle y rejoint ses amis de la direction de l'OSE (Oeuvre de secours aux enfants) après un passage comme éducatrice à la maison d'enfants de Saint-Raphaël. Elle est alors chargée de liaison entre les camps d'Agde, de Gurs et de Rivesaltes et les maisons d'enfants. L'OSE (Oeuvre de secours aux enfants) mène une action efficace pour faire libérer des camps les enfants étrangers de six à quinze ans et les installe à Palavas-les-Flots, puis dans la Creuse, la Haute-Vienne et l'Allier. Jacques Ratner, le futur époux d'Euguénia, la rejoint et établit des fiches complètes sur tous les enfants (après la guerre, ce sera une preuve essentielle de leur identité). Les États-Unis ayant mis 1 000 visas à la disposition des enfants en danger, Euguénia s'occupe également de la préparation des convois d'enfants vers les États-Unis. Sur ces 1 000 visas, seulement 350 sont utilisés, le débarquement des Alliés en Afrique du Nord ayant stoppé les départs.

Après le 11 novembre 1942, date de l'invasion allemande de la zone Sud, Euguénia Masour suit la direction de l'OSE (Oeuvre de secours aux enfants) à Vic-sur-Cère (Cantal) puis à Chambéry (Savoie). Elle rejoint le circuit Garel et prépare les convois d'enfants vers la Suisse. Elle travaille en collaboration avec Georges Loinger, rassemblant les enfants tantôt à Chambéry, tantôt à Grenoble ou à la frontière. Les œuvres juives sont obligées de se séparer de leurs collaborateurs étrangers. Euguénia Masour continue le travail sous le nom de Germaine Dessonez, et Jacques Ratner  sous celui de Marcel Mathon. Par mesure de sécurité, Euguénia Masour est envoyée à Limoges. Elle aide à évacuer les maisons d'enfants de la région, elle cherche des centres ou internats pour placer les plus grands, et place les plus petits chez des nourrices rétribuées. Elle munit la plupart des enfants de faux papiers. Sa tâche terminée à Limoges, elle s'installe à Lyon et reprend les passages clandestins vers la Suisse. La Résistance intensifie sa lutte contre l'occupant et les représailles sont terribles. L'OSE-Garel entre totalement dans la clandestinité. C'est dans l'appartement lyonnais de René Borel* (membre catholique de l'OSE) que les mesures indispensables sont prises en attendant la Libération. 

24/08/2017
Auteur : Frida Wattenberg Lien : Organisation juive de combat : Résistance-sauvetage. France 1940-1945

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Liens externes [Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet]
1 Blog sur quelques Justes et sur le livre (Blog hébergé par la Tribune de Genève sur quelques justes honorés par Yad Vashem sur l'intervention du délégué pour la Suisse et la région frontalière Ain et Haute-Savoie, Herbert Herz, ainsi que sur divers événements organisés autour de la parution du livre "Mon combat dans la Résistance FTP-MOI" )
2 Le site du poète Pierre Emmanuel (Le site officiel du poète Pierre Emmanuel. Vous y trouverez aussi des pages sur sa vie et son action à Dieulefit durant la guerre, à Beauvallon, puis à la Roseraie. )
3 Guy Sanglerat, ancien membre du Coq Enchaîné (Le Coq Enchaîné était un réseau de résistance de la région qui pendant l'occupation allemande rassemblait des syndicalistes, des socialistes et des radicaux de la mouvance d’Édouard Herriot. Membre du réseau, Guy Sanglerat publie ses souvenirs.. )
4 Le Coq enchaîné (Le Coq enchaîné : un journal clandestin sous l'occupation allemande. Le premier numéro fait son apparition en mars 1942. Les membres du Coq Enchaîné mèneront aussi des actions de résistance. Il a compté jusqu'à 400 membres. Le réseau sera décimé en 1943. Guy Sanglerat raconte ... )
5 Les archives du conseil général de Savoie (La liste des 168 "travailleurs israëlites" en partance de Ruffieux, établie le 24 Août 1942. )
6 Là où coule le Gier (La guerre, énorme chaos bouleversant les vies. Tel est le décor dans lequel évoluent René et Aima. De leur jeunesse à leurs combats, l'auteur nous invite à les suivre dans cette aventure où chacun fera preuve d'un courage incroyable. Ce roman, basé sur des faits réels, nous emmène de la Vallée du Gier dans la Loire à Clermont-Ferrand et nous fait traverser certains camps de concentration en Allemagne en suivant le parcours de deux jeunes gens que la vie a forgé pour combattre aussi bien dans l'univers ouvrier des années 30 que pendant la seconde guerre mondiale avec leur implication dans la résistance. Cette plongée dans le passé a nécessité de nombreuses recherches suivies d'une longue enquête menée sur la vie de ces deux personnages. )
7 Marianne Cohn (Page dédiée à Marianne Cohn et à ses compagnons de résistance. Un mois avant d"être arrêtée, elle a sauvé ma tante Eva et mon père Maurice Finkelstein )
8 L'attentat de la Poterne du 8 mars 1944 (Page consacrée à l'ouvrage "L'attentat de la Poterne, un drame au cœur de Clermont" (2015).
Cette étude sur l'attentat de la Poterne du 8 mars 1944 recoupe des documents d'archive à des témoignages oraux et écrits. Elle reprend de manière chronologique les évènements, de l'attentat de résistants sur un détachement allemands à l'immensité des représailles qui ont suivi : incendie d'immeubles, nombreuses arrestations, déportations et condamnations à mort. )
9 "Objectif Lyon !"
10 Laurent Neury, l'espoir au bout du pont. Histoire et mémoire de la filière de Douvaine, Cabedita, 2019

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