Dans la seconde partie du XIXe siècle, de nombreuses localités tentent d’organiser et de développer le tourisme. Le 23 juillet 1875, Gérardmer est la première ville à se doter d’une structure qui y est entièrement dédiée.
Proche de la frontière depuis l'annexion de l'Alsace par les Allemands en 1871, Gérardmer devient une ville de garnison à partir de 1905 ; une caserne est construite (quartier Kléber) pour y loger le 152e régiment d'infanterie.
La communauté de Gérardmer ressemble beaucoup aux autres communautés vosgiennes qui se sont constituées soit dans la première moitié du 19ème siècle, comme celles de Neufchâteau, Lamarche, Charmes, Epinal, Remiremont ou Saint-Dié, soit sous le Second Empire, à l'instar de celles de Bruyères ou Rambervillers. Les juifs de Gérardmer, comme ceux des autres villes vosgiennes, sont marchands de bestiaux (ex. : la famille Netter), bouchers, négociants de fromages en gros (ex. : les familles Bloch-Simon), ou commerçants de vêtements, telle la famille Weill, qui possède un grand magasin en face de l'église. Ils jouent aussi un rôle actif dans le développement de l'industrie textile locale.
Au 19e siècle, les familles Salmon, Paris et Lévy sont des négociants en textiles qui font travailler des tisserands à domicile. L'une de ces familles, la famille Lévy, réussit à créer au début du 20ème siècle une usine, un tissage précisément. Les établissements Nathan Lévy deviennent l'une des principales entreprises de Gérardmer. Ils emploient 96 salariés en 1906, 159 en 1921 et 216 en 1936.
Dans les années 1930, la réunion du minyam, c'est-à-dire du quorum de dix hommes adultes nécessaire pour la prière publique est souvent difficile. Après 1937, la célébration régulière des offices s'interrompt. A cette date, les familles juives bien intégrées ne sont plus environ qu'une douzaine. Appartenant au monde des notables, elles participent à la vie politique locale. Le négociant Léon Weill est conseiller municipal de 1919 à 1935 ; dans les années 1930, le négociant de fromages en gros Fernand Bloch est vice-président du syndicat des commerçants et président de la section locale des droits de l'homme.
A la déclaration de guerre, en septembre 1939, les autorités françaises font évacuer l'ensemble de la population des communes d'Alsace-Moselle limitrophes de l'Allemagne, et donc l'ensemble de la population de Strasbourg. Certains de ces Alsaciens évacués s'établissent à Gérardmer. Parmi eux, se trouvent des juifs. Dans la synagogue, des offices sont à nouveau célébrés régulièrement.
En mai-juin 1940, les Allemands envahissent la France. Gérardmer est occupé le 22 juin. Avant l'invasion de la ville, beaucoup des juifs, qui y résidaient, ont eu la prudence de partir. A l'automne 1940, le gouvernement de Vichy prend des mesures antisémites.
A partir de 1942, les nazis mettent en place la Solution finale. La quarantaine de juifs qui vit encore à Gérardmer est arrêtée en plusieurs vagues au cours des années 1942, 1943 et 1944. Ils sont d'abord conduits au camp d'Ecrouves, près de Toul, puis au Camp de Drancy, dans la région parisienne, avant d'être assassinés à Auschwitz, en Pologne.
Parmi ces déportés, se trouvaient l'industriel André Lévy, sa femme, son fils, son neveu et sa nièce.
A la veille de la Libération, les 15, 16 et 17 novembre 1944, les Allemands, après avoir rassemblé toute la population dans un îlot au centre ville, incendient tous les bâtiments qui se trouvent en dehors de cet ensemble protégé, et donc la synagogue. Plus de 85 % des habitations sont détruites.
A la fin de la guerre, la situation très difficile que connaît Gérardmer est défavorable au retour des juifs gérômois qui ont passé la guerre loin des Vosges. Parmi les rares familles qui reviennent se trouvent les membres survivants de la famille Lévy, qui reconstruisent leur usine détruite et retrouvent leur place parmi les notables de la ville. Jean Lévy, qui a succédé à son frère André mort en déportation à la direction de l'entreprise familiale, est adjoint au maire de 1947 à 1965. Mais à la suite des difficultés liées à l'évolution de l'industrie textile, la famille Lévy décide en 1969 de vendre son entreprise à un grand groupe international, à la suite de quoi, elle est amenée à quitter la ville.
De l'histoire de la communauté juive de Gérardmer, il subsiste dans la ville diverses traces, notamment le carré juif du cimetière. Il subsiste aussi l'attachement des descendants des familles juives gérômoises à la ville où ont vécu leurs aïeuls.
Le 17 novembre 1944, des incendies se déclarent un peu partout et des dynamitages sont effectués. Le soir, tout Gérardmer brûle, la ville est recouverte d'un épais nuage noir. Ce qui ne brûle pas explose. Les réservoirs d'eau de la ville sont détruits, comme le transformateur électrique. Il n'y a donc plus d'électricité, ni d'eau courante à Gérardmer. La kommandantur quitte la ville dans la soirée, suivant ainsi le général Schiel et son état-major, partis dans la nuit du 15 au 16 novembre. Le matin du 18 du même mois, un groupe de choc sillonne Gérardmer, armes automatiques au poing. Et d'autres éléments mettent le feu dans les maisons qui n'ont pas encore été assez détruites.
L'après-midi, plus aucun soldat allemand n'est présent à Gérardmer. Les civils circulent librement et constatent les dégâts opérés par si peu d'hommes et en si peu de temps. Le 19 novembre 1944, Gérardmer n'est plus qu'un amas de ruines fumantes. Et vers 14 heures, ce sont les premiers soldats français qui arrivent et se rendent à l'hôtel de ville. 85% de la ville est détruit lors de la fuite allemande.
Familles réfugiées à Gérardmer[Compléter]
Article non renseigné. Si vous avez connaissance de personnes hébergées, sauvées ou cachées dans la commune, cliquez ci-dessus sur “Compléter” et ajoutez leur nom, prénom, leur date de naissance, les circonstances du sauvetage, si possible. Familles arrêtées (Gérardmer)[Compléter]
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16/03/1941 -Le gauleiter Bürckel, responsable, entre autre, de l'Alsace Lorraine, demande aux Mosellans se reconnaissant Français une déclaration d'option. 08/04/1941 -Départ vers la France des Mosellans se reconnaissant Français.
Témoignages, mémoires, thèses, recherches, exposés et travaux scolaires [Ajouter le votre]
Paul Joseph dit Joseph Bourson Arrêté comme otage et fusillé le 11 juin 1944 à Mussidan (Dordogne), Blog2 pages,
réalisation 2011 Auteur :
Alain LAPLACE
Article rédigé à l'occasion de mes recherches généalogiques, puis la mise en ligne d'un blog (http://majoresorum.eklablog.com)dédié à la famille BOURSON qui a été expulsée en 1940 du village de Vigy (Moselle) et réfugiée à Mussidan (Dordogne) et les villages alentours où elle a vécu toute la durée de la guerre. Plusieurs personnes natives de Vigy faisaient partie des 52 otages fusillés le 11 juin 1944.
1 Gérardmer sur
Wikipedia 2 Actes du colloques de Metz (Annexion et nazification en Europe, Actes du colloques de Metz, 2003 )
3 Seife fabrik Bar-le-Duc (Site très complet avec photos sur la Seife fabrik de Bar-le-Duc ainsi que sur les autres casernes d'internement de Bar-le-Duc. Très intéressant et documenté. )
Edmond Jean Schmidt
(21/09/1940 - 04/11/1946) Préfet de Meurthe-et-Moselle à compétence régionale. En janvier 1942 il est promu préfet de Meurthe-et-Moselle, de la Meuse et des Vosges, sous tutelle de la Feldkommandantur
André Parmentier
(11/1941 - 09/1942) André Auguste Parmentier, Préfet des Vosges. Arrêté et révoqué par la Résistance en 1944, il est relevé de sa condamnation pour faits de Résistance (1896-1991)
Jean Spach, directeur de cabinet
Albert-René Daudonnet
(09/1942 - 1944) Albert René Daudonnet, Préfet des Vosges. Accusé d'aider la résistance, il est arrêté par la Gestapo le 14/05/1944 et libéré le 01/05/1945.
Georges Parisot
(1944 - 1946) Georges Nicolas René Robert Parisot, Préfet des Vosges
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