Saint-Claude est une ville très encaissée située au pied des plateaux du Jura, au confluent de la Bienne et du Tacon. Saint-Claude est la capitale du Haut-Jura.
Après l'encerclement des forces franco-britanniques à Dunkerque, les armées allemandes se lancent à partir du 5 juin 1940 à travers la France. Le 15 juin, elles font leur entrée en Franche-Comté. C’est la guerre-éclair. Dans le Jura, elles ne rencontrent pratiquement pas de résistance, l'armée française s'étant repliée sur le Haut-Doubs et la frontière suisse.
L'armistice signé le 22 juin 1940 à Rethondes coupe en deux le Jura par la ligne de démarcation. Le nord du Jura est occupé par l’armée allemande. Le territoire le long de la frontière suisse est en zone interdite.
Saint-Claude est situé en zone libre.
Malgré un ressentiment profond contre l’occupant, la majorité de la population reste attentiste et se contente de survivre dans ces moments difficiles, dans l’attente de jours meilleurs.
La ville au climat rude, essentiellement ouvrière et très défavorisée, est dirigée par les socialistes jusqu'au 29 novembre 1940 et fait face aux conséquences de la débâcle. Elle met en place des distributions de pain et de soupes tout en créant un comité cantonal pour le ravitaillement et la reprise économique. La commune loue un terrain de près de 4 ha à un industriel qu'elle divise en lots de 200 m2 mis à la disposition de l'association des "jardiniers amateurs". D'autres jardins seront créés en 19421. Le Jura socialiste, journal quotidien est interdit et les San-Claudiens ne disposent plus que de l'Echo des Montagne, soumis au contrôle de la censure et plutôt éloigné des aspirations de la population.
Le 29 novembre 1940, le maire est remplacé par une délégation spéciale dirigée par Paul Delacour, nommé maire en février 1941. La nouvelle équipe met en place des cantines scolaires, le 21 septembre 19412 puis un restaurant populaire en mars 19423.
Le 11 novembre 1942, l’Allemagne rompt les clauses d’armistice par l’invasion et l’occupation de la “Zone Libre” à la suite du débarquement allié en Afrique du Nord. Tout le département est alors occupé.
Durant l'hiver 1942, est créé à Saint-Claude le Mouvement populaire des familles (MPF) pour venir en aide aux plus démunis, mais les pénuries contribuent au rejet du régime de Vichy par la population locale.
Les soucis quotidiens d'approvisionnement des habitants de le commune et l'arrêt de la distribution de soupe populaire depuis le 20 juin 1942 contribuent au succès des grandes manifestations qui se produiront les 13, 14 et 15 mars 1943 contre la Milice et le STO et demandent une hausse de leurs salaires et de meilleures conditions de vie.
Les "passeurs" Le Jura est un lieu de passage privilégié pour qui veut passer en “zone libre” ou en Suisse. Malgré la surveillance, des milliers de personnes, et aussi du courrier, parviennent à franchir la Ligne de Démarcation dans les deux sens ou la frontière grâce aux passeurs, de simples particuliers ou progressivement de véritables réseaux très bien organisés, mais pas toujours désintéressés.
Le maquis du Haut-Jura Le vendredi Saint 7 avril 1944 la Division 157 de la Wehrmacht se déploie dans la région de Saint-Claude. A la suite d'une dénonciation, Jean Duhail, dit le Commandant Vallin, chef du maquis du Haut-Jura en 1943-1944, est arrêté puis torturé et fusillé sous le Rosay. Vallin avait réussi à persuader les Allemands que les habitants de Viry avaient été contraints sous la menace d'aider le maquis à transporter les conteneurs du parachutage, sauvant ainsi les habitants des représailles.
Le 28 mai 1944, le maquis détruit simultanément les dépôts de locomotives des gares de Bellegarde et de Saint-Claude. A partir du 6 juin, date du débarquement en Normandie, il participe aux opérations de la région de Bellegarde et Fort l'Écluse. Il exécute des barrages sur les routes de Nantua à Bellegarde, de Saint-Claude à Belleydoux, de Desertin à La Pesse. Le 12 juillet les Allemands attaquent la région de Saint-Claude par le nord et font sauter les barrages obligeant le maquis à se replier près de Berbois au nord du Crêt de Chalam. Dans la nuit du 15 août, il attaque le poste du col de la Faucille. Dans les derniers jours d'août, il attaque La Cure et le Fort des Rousses en liaison avec le maquis de Haute Savoie. Enfin rejoint par des éléments de la Première Armée débarquée en Provence, il libère Morez.
Après la Libération, le maquis du Haut-Jura s'installe dans la région de Nurieux puis à Saint-Claude en attendant d'être incorporé dans l'armée régulière pour tenir des forts sur le front des Alpes durant le rude hiver 1944 1945.4
Rambert-Irénée Faure
Évêque de Saint-Claude ( 1926-1948 )
Familles réfugiées à Saint-Claude[Compléter]
Article non renseigné. Si vous avez connaissance de personnes hébergées, sauvées ou cachées dans la commune, cliquez ci-dessus sur “Compléter” et ajoutez leur nom, prénom, leur date de naissance, les circonstances du sauvetage, si possible. 3 Familles arrêtées (Saint-Claude)[Compléter]
07/04/1944Famille Duhail - Jean Duhail, dit le Commandant Vallin (Le Havre, Seine-Maritime 1905 - Viry, Jura 1944) est le chef du maquis du Haut-Jura en 1943-1944. Il est arrêté sur dénonciation à Saint-Claude, puis torturé et fusillé par les Nazis. Sa tombe est à l'entrée du cimetière de Viry. Date d'exécution : 1944
01/04/1944Famille Friedel - François, 29 ans, né le 19 août 1914 à Paris, de nationalité française, était herboriste. Dénoncé, il est arrêté à Saint-Claude, dans le Jura le 1er avril 1944, interné à Lyon puis à Drancy il sera déporté sans retour le 15 mai 1944 par le convoi n° 73 qui fut dirigé d’abord sur Kovno (Kaunas) en Lituanie, où la moitié du convoi resta sur place et fut rapidement anéantie par les S.S. dans la forteresse de la ville, et dans le camp de Pravieniskès. L’autre moitié du convoi fur dirigée sur Reval (Tallinn), en Estonie. Enfermés et condamnés à des travaux extrêmement pénibles, les prisonniers furent presque tous assassinés par les S.S. Déportation : 15/05/1944 convoi no 73
05/1944Famille Marx - Paul, 46 ans, né le 21 août 1897 à Saverne en Alsace et son fils Gérard, 15 ans, né le 12 mars 1929, étaient réfugiés à Saint-Claude dans le Jura. Sa femme, Andrée est arrêtée en mars 1944 alors qu’elle était allée voir sa mère, restée seule à Chalon-sur-Saône. En mai 1944, dénoncés, Paul et Gérard sont arrêtés à leur tour, emmenés à Drancy, ils seront déportés sans retour le 15 mai 1944 dans le convoi n° 73 dirigé d’abord sur Kovno (Kaunas) en Lituanie, où la moitié du convoi resta sur place et fut rapidement anéantie par les S.S. dans la forteresse de la ville, et dans le camp de Pravieniskès. L’autre moitié du convoi fur dirigée sur Reval (Tallinn), en Estonie. Enfermés et condamnés à des travaux extrêmement pénibles, les prisonniers furent presque tous assassinés par les S.S. Ce convoi ne transportait que des hommes : 878 très exactement, dont 38 adolescents âgés de 12 à 17 ans. De ce convoi, il n’y eut, en 1945, que 22 survivants dont aucun enfant. Déportation : 15/05/1944 convoi no 73
Chronologie[Ajouter]
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Témoignages, mémoires, thèses, recherches, exposés et travaux scolaires [Ajouter le votre]
- 1 - "Les jardiniers sanclaudiens à l'honneur", in Écho de la Montagne, 11 avril et 15 août 1941
- 2 - "M. Bosc, préfet du Jura, venu inaugurer les cantines de Saint-Claude, chaleureusement acclamé par les écoliers" in Écho de la Montagne, 28 novembre 1941
- 3 - "A propos du restaurant populaire", in Écho de la Montagne, 13 mars 1942
- 4 - Formation et action des maquis du Haut-Jura par Henri Peyrelongue
je recherche des renseignements sur le premier mari de l'une de mes grandes- tantes paternelles,ils ont habité Mesnay et peut être Arbois.On m'a dit qu'il était décédé pendant la guerre 39/45 et qu'il avait ainsi que sa femme été un "grand résistant".
Il était Suisse d'origine, à ce que l'on m'a dit....
[répondre]
Alexandre Angeli
(1940 - 1944) Alexandre Benoît Joseph Angeli, Préfet régional de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire) (1893-1962)
Charles Donati
(1941 - 1943) Charles Guérin Joseph Louis Donati, Préfet régional de la région de Dijon (Belfort, Côte-d'Or, Doubs, Haute-Saône, Nièvre, Yonne et les parties occupées de l'Ain, l'Allier, le Jura, la Saône-et-Loire et la Haute-Savoie) (né en 1891)
Alfred Hontebeyrie
(1941 - 1941) Alfred Roger Hontebeyrie, Préfet régional de la région de Dijon (Belfort, Côte-d'Or, Doubs, Haute-Saône, Nièvre, Yonne et les parties occupées de l'Ain, l'Allier, le Jura, la Saône-et-Loire et la Haute-Savoie) (1895-1969)
Jean Quenette (07/1943 - 30/12/1943) Préfet régional de la région de Dijon (Belfort, Côte-d'Or, Doubs, Haute-Saône, Nièvre, Yonne et les parties occupées de l'Ain, l'Allier, le Jura, la Saône-et-Loire et la Haute-Savoie), révoqué par Vichy et recherché par la Gestapo pour son activité de résistant
Georges Bernard
(1944 - 1944) Georges Albert Maurice Bernard, Préfet régional de la région de Dijon (Belfort, Côte-d'Or, Doubs, Haute-Saône, Nièvre, Yonne et les parties occupées de l'Ain, l'Allier, le Jura, la Saône-et-Loire et la Haute-Savoie) (1890 - 1953)
Jean Bouhey
(Mars 1944 - 1945) Commissaire régional de la République de la région de Dijon (Belfort, Côte-d'Or, Doubs, Haute-Saône, Nièvre, Yonne et les parties occupées de l'Ain, l'Allier, le Jura, la Saône-et-Loire et la Haute-Savoie) (1898-1963)
Édouard Bonnefoy (24/01/1944 - 05/1944) Préfet régional de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire). Résistant, il sera dénoncé par la Milice, arrêté par la Gestapo et déporté à Neuengamme (1899-1945).
André Boutemy
(1944 - 1944) Préfet régional de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire) (1905-1959)
Yves Farge
(1944 - 1945) Commissaire régional de la République de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire) (1899-1953)
Jean Mairey
(1945 - 1946) Jean Marie Albert Mairey, Commissaire régional de la République par intérim de la région de Dijon (Belfort, Côte-d'Or, Doubs, Haute-Saône, Nièvre, Yonne et les parties occupées de l'Ain, l'Allier, le Jura, la Saône-et-Loire et la Haute-Savoie) (1907-1982)
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