Dès décembre 1940, la Cimade est présente dans les camps d'internement du Midi de la France (camps de Gurs, de Rivesaltes, des Milles).
Les mesures antisémites du gouvernement de Vichy accélèrent la mobilisation des protestants. Après les rafles des juifs d'août 1942, les protestants – réformés, darbystes ou libristes –, unis aux quelques communautés catholiques du Plateau, ouvrent leurs portes aux Juifs pourchassés, "transformant chaque ferme en refuge, chaque cuisine en asile".
Plusieurs centaines d'enfants extraits grâce à l'action de la Cimade, ou d'associations comme le Young Men's Christian Association (YMCA, représentée au Chambon par Charles Guillon*) ou encore l'Œuvre de secours aux enfants (OSE), seront sauvés, ils pourront suivre l'école publique des différents villages, ou l'École Nouvelle Cévenole du Chambon. L'aide du secours Suisse sera précieuse, qui entre 1941 et 1942 crée trois maisons d'enfants : La Guespy, L'Albric, le Faïdoli.
En 1942-1943, grâce à l'aide financière de la Suède et du Conseil oecuménique, la Cimade ouvre quatre maisons d’accueil : Le Foyer Marie-Durand à Marseille et Le Coteau Fleuri au Chambon-sur-Lignon, puis deux autres à Saint-Étienne-du-Grès (Bouches-du-Rhône) et Vabre (Tarn).
Le Coteau Fleuri, sur la route de Saint-Agrève, est placé sous la direction d'Hubert Meyer*. Ce centre est destiné à accueillir des internés du camp de Gurs : adolescents et étudiants, de toutes confessions, venant de tous les pays occupés par les nazis Au fil des mois, cette maison va servir de relais aux enfants et aux adultes juifs, avant leur passage clandestin vers la Suisse, munis de faux papiers établis par le pasteur Raoul Lhermet*.
Le pasteur Raoul Lhermet* de Saint-André-de-Valborgne (Gard), leur procurait des cartes d'alimentation. Il avait réussi à obtenir le tampon de la mairie de Lusan (Gard). Le pasteur établit ainsi des cartes d'identité à plus de 2 000 personnes.
Dès que cela était possible, le pasteur Raoul Lhermet*, en accord avec les autorités suisses, faisait passer la frontière aux pensionnaires les plus menacés.
En août 1942 alors que commençaient les déportation vers l'Allemagne de Juifs de nationalité étrangère résidant en zone sud, il fallut évacuer la plus grande partie des habitants du Coteau Fleuri, tout juste ouvert, mais à l'arrivée des gendarmes, il n'y avait plus de juifs dans la maison.