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Juste parmi les Nations

Marthe Dumas


Dossier Yad Vashem : 11769
Remise de la médaille de Juste : 22/05/2011
Sauvetage : Faleyras 33760 - Gironde
Profession: Agricultrice
Religion : Catholique
Nom de naissance: Castaing
Nom d'épouse: Dumas
Date de naissance: 02/02/1904 (Haux)
Date de décès: 22/02/1958
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Marthe-Dumas
Marthe Dumas
source photo : Arch. fam. Jean-Paul Dumas
crédit photo : D.R.
Marthe-Dumas
Marthe Dumas et Alta Bzura
source photo : Arch. fam. Lucien Bura
crédit photo : D.R.
Notice

Léopold* et Marthe Dumas* habitent à Faleyras avec leurs cinq enfants : Gilbert, Rolande, Jean-Paul, Roland et Michel. Ils sont agriculteurs.

Berek Bzura, né le 22 juin 1906 à Piatek (Pologne), arrive en France en 1935. Il est tailleur pour femmes.
En 1937, il épouse Alta Kuperminc, également d’origine polonaise. Ils habitent à Paris, rue du Faubourg du Temple.

Le "Statut des juifs", paru le 3 octobre 1940 et un décret paru le lendemain permet d'interner "les ressortissants étrangers de race juive" sans motif.

En mai 1941, à Paris, des milliers de Juifs étrangers reçoivent une convocation, le "billet vert" : ils sont "invités à se présenter" le 14 mai "pour examen de situation".
Cette liste avait été établie grâce au fichier du recensement effectué à partir de septembre 1940 par les autorités françaises.
Berek est ainsi arrêté parmi 3 700 Juifs ainsi arrêtés dans la région parisienne et il est interné au camp de Pithiviers.
Le 25 juin 1942, quelques jours avant la rafle du Vel d'Hiv, Berek, 36 ans, est déporté par le convoi n° 4 vers Auschwitz.

Alta décide de quitter Paris avec son fils, Lucien (né en mars 1940). Après bien des pérégrinations, ils arrivent en Gironde, à Grézillac, chez M. et Mme Combe, épiciers. Après avoir été informés de l’origine juive de Alta, M. et Mme Combe décident de la faire passer pour une cousine éloignée dont le mari est prisonnier de guerre.
Ils les recommande à Léopold* et Marthe Dumas* à Faleyras.

Alta Bzura, dite Adèle, et le petit Lucien vont y passer trois ans, adoptés par toute la famille et ne manqueront de rien.

Après la guerre, Alta a eu le bonheur de retrouver son mari, qui fait partie d'un des rares survivants d’Auschwitz.

Lien vers le Comité français pour Yad Vashem


Histoire

Discours de Jean-Paul Dumas

Discours de Jean-Paul Dumas à Faleyras, le 22 mai 2011, lors de la remise de la médaille des Justes à ses parents, à titre posthume :

Nous sommes donc ici aujourd’hui pour rendre hommage à mes parents qui, du fait de leur acte de courage et de dévouement pendant la dernière guerre sont maintenant reconnus comme "justes parmi les Nations".

Cet hommage je pense qu’il est bien mérité car, en acceptant de recevoir Adèle et son jeune garçon qui nous étaient totalement inconnus, mes parents étaient parfaitement conscients des risques très importants qu’ils faisaient courir à toute la famille puisque en cas de dénonciation nous aurions alors subi le même sort que celui qui était réservé aux juifs.

Comment Adèle et Lucien sont-ils arrivés chez les Dumas puisque nous ne les connaissions pas ? Ils nous ont été recommandés, sans AR, par la famille Combe, alors épiciers à Grézillac, qui, compte tenu de leur commerce et du nombre de gens qui, de ce fait fréquentaient les lieux, n’ont pas voulu, sans doute aussi par peur des représailles, garder chez-eux ces deux encombrants personnages.Ils ont dont pensé à la famille Dumas, anciens clients du temps où nous habitions le village de Brussac dans la commune de Lugaignac. Pourquoi ont-ils pensé à mes parents alors que nous ne les fréquentions plus depuis deux ans ? Je pose la question alors que je crois connaitre la réponse…Ou bien ils ont pris mes parents pour des demeurés qui ne réfléchiraient pas aux conséquences, ou alors leur âme charitable était déjà connue et ils savaient pouvoir compter sur eux. Quoi qu’il en soit, c’est ainsi qu’un jour du mois d’août 1942 se sont présentés chez nous Adèle et Lucien ; ils y sont restés tout le temps qu’a duré la guerre c'est-à-dire jusqu’en 1945.

La présence de ces prétendus cousins a sans doute suscité bien des questions car personne, sauf madame Venier qui, compte tenu des liens étroits d’amitié qui unissaient ma mère et Anna avait été mise dans la confidence. Sans doute aussi le maire, René Nadau, qui, en plus d’être notre plus près voisin se rendait bien compte, lorsque nous allions retirer les tickets d’alimentation, que nous ne demandions jamais rien pour nos hôtes. Mes parents et Adèle ont vécu ces années dans l’angoisse certes mais aussi avec quelques difficultés dues à la promiscuité des lieux. Je peux vous assurer qu’il a été nécessaire de se serrer, et pas seulement les coudes.

Nos hôtes vécurent pendant trois ans environ parmi nous dans des conditions qui ne leur étaient pas habituelles. Pour Lucien, compte tenu de son jeune âge, ça ne devait pas poser de problèmes car à deux ans on s’habitue à beaucoup de situations ; il n’en à sans doute pas été de même pour Adèle habituée à une vie plus agréable dans la capitale ; elle a cependant très bien réussi son intégration dans la vie de paysans et a su s’adapter au travail de la terre.

Puis, en 1945, vint la fin des hostilités. Adèle et Lucien sont repartis pour Paris où monsieur Bura, ayant eu la chance de survivre au camp de concentration les rejoignaient après plusieurs années de captivité.

Là, s’achève une période difficile pour eux et il faut bien l’admettre, pas facile pour la famille Dumas.

Les auteurs de l’acte, objet du titre décerné n’étant plus de ce monde, c’est donc à moi que revient l’honneur de les représenter. C’est avec émotion et fierté et que je m’acquitte de cette tâche et, c’est aussi le cœur serré que je leur adresse ces simples mots "Bravo braves gens".
Braves ils l’étaient, surtout ma mère, une sainte femme toujours prête à partager le peu qu’elle possédait. Mon père, devant tant de générosité frappait quelquefois du poing sur la table mais, le plus souvent, fermait les yeux sur ce qu’il ne voulait pas voir. C’est sans doute une des raisons pour lesquelles ils sont restés modestes, modestes dans leur situation et dans leur comportement car, compte tenu des circonstances, ils auraient pu vouloir se mettre en valeur en réclamant la reconnaissance qui leur était due. Ils n’en ont rien fait car pour eux, leur geste était tout naturel et ne méritait pas de gratitude ; c’est avec une pensée émue que je leur adresse ces quelques mots "Chers parents, reposez en paix, votre générosité et votre courage sont enfin connus et reconnus et sachez que je suis fier d’être votre fils".

28/05/2011

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Discours de Jean-Paul Dumas

Discours de Jean-Paul Dumas à Faleyras, le 22 mai 2011, lors de la remise de la médaille des Justes à ses parents, à titre posthume :

Nous sommes donc ici aujourd’hui pour rendre hommage à mes parents qui, du fait de leur acte de courage et de dévouement pendant la dernière guerre sont maintenant reconnus comme "justes parmi les Nations".

Cet hommage je pense qu’il est bien mérité car, en acceptant de recevoir Adèle et son jeune garçon qui nous étaient totalement inconnus, mes parents étaient parfaitement conscients des risques très importants qu’ils faisaient courir à toute la famille puisque en cas de dénonciation nous aurions alors subi le même sort que celui qui était réservé aux juifs.

Comment Adèle et Lucien sont-ils arrivés chez les Dumas puisque nous ne les connaissions pas ? Ils nous ont été recommandés, sans AR, par la famille Combe, alors épiciers à Grézillac, qui, compte tenu de leur commerce et du nombre de gens qui, de ce fait fréquentaient les lieux, n’ont pas voulu, sans doute aussi par peur des représailles, garder chez-eux ces deux encombrants personnages.Ils ont dont pensé à la famille Dumas, anciens clients du temps où nous habitions le village de Brussac dans la commune de Lugaignac. Pourquoi ont-ils pensé à mes parents alors que nous ne les fréquentions plus depuis deux ans ? Je pose la question alors que je crois connaitre la réponse…Ou bien ils ont pris mes parents pour des demeurés qui ne réfléchiraient pas aux conséquences, ou alors leur âme charitable était déjà connue et ils savaient pouvoir compter sur eux. Quoi qu’il en soit, c’est ainsi qu’un jour du mois d’août 1942 se sont présentés chez nous Adèle et Lucien ; ils y sont restés tout le temps qu’a duré la guerre c'est-à-dire jusqu’en 1945.

La présence de ces prétendus cousins a sans doute suscité bien des questions car personne, sauf madame Venier qui, compte tenu des liens étroits d’amitié qui unissaient ma mère et Anna avait été mise dans la confidence. Sans doute aussi le maire, René Nadau, qui, en plus d’être notre plus près voisin se rendait bien compte, lorsque nous allions retirer les tickets d’alimentation, que nous ne demandions jamais rien pour nos hôtes. Mes parents et Adèle ont vécu ces années dans l’angoisse certes mais aussi avec quelques difficultés dues à la promiscuité des lieux. Je peux vous assurer qu’il a été nécessaire de se serrer, et pas seulement les coudes.

Nos hôtes vécurent pendant trois ans environ parmi nous dans des conditions qui ne leur étaient pas habituelles. Pour Lucien, compte tenu de son jeune âge, ça ne devait pas poser de problèmes car à deux ans on s’habitue à beaucoup de situations ; il n’en à sans doute pas été de même pour Adèle habituée à une vie plus agréable dans la capitale ; elle a cependant très bien réussi son intégration dans la vie de paysans et a su s’adapter au travail de la terre.

Puis, en 1945, vint la fin des hostilités. Adèle et Lucien sont repartis pour Paris où monsieur Bura, ayant eu la chance de survivre au camp de concentration les rejoignaient après plusieurs années de captivité.

Là, s’achève une période difficile pour eux et il faut bien l’admettre, pas facile pour la famille Dumas.

Les auteurs de l’acte, objet du titre décerné n’étant plus de ce monde, c’est donc à moi que revient l’honneur de les représenter. C’est avec émotion et fierté et que je m’acquitte de cette tâche et, c’est aussi le cœur serré que je leur adresse ces simples mots "Bravo braves gens".
Braves ils l’étaient, surtout ma mère, une sainte femme toujours prête à partager le peu qu’elle possédait. Mon père, devant tant de générosité frappait quelquefois du poing sur la table mais, le plus souvent, fermait les yeux sur ce qu’il ne voulait pas voir. C’est sans doute une des raisons pour lesquelles ils sont restés modestes, modestes dans leur situation et dans leur comportement car, compte tenu des circonstances, ils auraient pu vouloir se mettre en valeur en réclamant la reconnaissance qui leur était due. Ils n’en ont rien fait car pour eux, leur geste était tout naturel et ne méritait pas de gratitude ; c’est avec une pensée émue que je leur adresse ces quelques mots "Chers parents, reposez en paix, votre générosité et votre courage sont enfin connus et reconnus et sachez que je suis fier d’être votre fils".

28/05/2011

asso 3189
Réseau de sauvetage
Léopold Dumas

 
Familles hébergées, cachées, aidées ou sauvées par Marthe Dumas
Lucien Bzura
Alta Bzura

Chronologie [Ajouter]
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Témoignages, mémoires, thèses, recherches, exposés et travaux scolaires [Ajouter le votre]

En savoir plus…

Paul Joseph dit Joseph Bourson Arrêté comme otage et fusillé le 11 juin 1944 à Mussidan (Dordogne), Blog 2 pages, réalisation 2011
Auteur : Alain LAPLACE
Article rédigé à l'occasion de mes recherches généalogiques, puis la mise en ligne d'un blog (http://majoresorum.eklablog.com)dédié à la famille BOURSON qui a été expulsée en 1940 du village de Vigy (Moselle) et réfugiée à Mussidan (Dordogne) et les villages alentours où elle a vécu toute la durée de la guerre. Plusieurs personnes natives de Vigy faisaient partie des 52 otages fusillés le 11 juin 1944.


Liens externes [Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet]
1 Comité national français en hommage à Aristides de Sousa Mendes
2 Connus ou inconnus mais Justes (C’est dans le sillon creusé par Aristides de Sousa Mendès, Madeleine Barot, Charles Altorffer, Marc Boegner, Henry Dupuy, Raoul Laporterie… que s'ancre le souvenir de tous ces Justes que la modestie pourrait renvoyer à l’oubli et à l’indifférence. Ce livret du Crif Sud-Ouest Aquitaine, écrit et coordonné par Hellen Kaufmann, présidente de l'AJPN, rend hommage à chacun des 225 Justes récompensés à ce jour en Aquitaine. La moindre des choses était de leur permettre de dire et de déposer leur histoire, pour que l’avenir ne les oublie plus jamais, ni eux ni les anonymes qui ont aidé au sauvetage de Juifs. )
3 La Prison militaire de Mauzac : camps d’internements sous Vichy (revue Arkheia, n°5-6, 2004. )
4 Jacky Tronel, Séjour surveillé pour « indésirables français » : Le château du Sablou en 1940 (La politique de répression mise en place par la IIIe République à l’encontre des individus jugés “dangereux pour la défense nationale ou la sécurité publique” se traduit par la création de “centres de séjour surveillé pour indésirables français”. En Dordogne, le “Camp du château du Sablou” voit ainsi le jour. Il fonctionne du 17 janvier au 30 décembre 1940, soit une année à peine… Suffisamment longtemps pour marquer la mémoire du lieu, ainsi que celle des trois à quatre cents internés, détenus “par mesure administrative” (in Arkheia, revue d'histoire). )
5 Victime en représailles à Mussidan
6 Les neufs jours de Sousa Mendes - Os nove dias de Sousa Mendes (Documentaires de Mélanie Pelletier, 2012.
Avec António de Moncada de Sousa Mendes, Andrée Lotey, Elvira Limão, Hellen Kaufmann, Manuel Dias Vaz, Irene Flunser Pimentel, Esther Mucznik, José Caré júnior, Marie-Rose Faure, Maria Barroso… et António de Oliveira Salazar, Charles de Gaulle, le Maréchal Philippe Pétain, et le rabin Haïm Kruger. )
7 Exposition "L'enfant cachée" (Exposition pédagogique pour accompagner la lecture de l'album L'enfant cachée (Le Lombard, 2012) et découvrir l'Histoire. 2012)

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Gironde

Région :
Aquitaine
Département :
Gironde

Préfets :
Marcel Bodeman
(01/06/1937 - 1940) Préfet de Gironde
Léopold Chénaux de Leyritz
(25/06/1940 - 24/01/1944) Léopold Marie Frédéric Chéneaux de Leyritz, Préfet de Haute-Garonne et préfet régional de la région de Toulouse à partir de 1941 (Ariège, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne et les parties non occupées des Basses-Pyrénées, de la Gironde et des Landes (1896-1970)
François Pierre-Alype
(01/08/1940 - 1942) Marie François Jules Pierre dit Pierre-Alype, Préfet de Gironde et à partir d'août 1941, Préfet régional de la région de Bordeaux (Basses-Pyrénées, Gironde et Landes) (1886-1956) Directeur de cabinet : Olivier Reige
Maurice Sabatier
(01/05/1942 - 1944) Maurice Roch Antoine Sabatier, Préfet régional de la région de Bordeaux (Basses-Pyrénées, Gironde et Landes) (1897-1989)
Maurice Papon
(06/1942 - 05/1944) Secrétaire général de la préfecture de la Gironde et dirige le Service des questions juives. Il est condamné en 1998 pour complicité de crimes contre l'humanité (1910-2007)
André Sadon
(24/01/1944 - 06/02/1944) André Paul Sadon, Préfet régional de la région de Toulouse (Ariège, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne et les parties non occupées des Basses-Pyrénées, de la Gironde et des Landes (1891-1965)
Jean Cassou
(1944 - 1944) Commissaire régional de la République de la région de Toulouse (Ariège, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne et les parties non occupées des Basses-Pyrénées, de la Gironde et des Landes (1897-1981)
Pierre Berteaux
(1944 - 1946) Pierre Félix Berteaux, Commissaire régional de la République de la région de Toulouse (Ariège, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne et les parties non occupées des Basses-Pyrénées, de la Gironde et des Landes (1907-1986)
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(Mai 1944 - 30/08/1944) Préfet de Gironde
Gaston Cusin
(30/08/1944 - 18/05/1945) Commissaire régional de la République à la Libération (Basses-Pyrénées, Gironde, Lot-et-Garonne et Landes) (1903-1993)
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(18/05/1945 - 11/03/1947) Préfet de Gironde
Jacques Soustelle
(Mai 1945 - Juin 1945) Commissaire régional de la République à la Libération (Basses-Pyrénées, Gironde, Lot-et-Garonne et Landes) (1912-1990)

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