Joseph Stacke est né le 25/02/1899 à Velké Bilovice dans l'Empire austro-hongrois.
En 1914-1918, encore adolescent, il connaît l'enfer de la guerre. Il est fait prisonnier par les Allemands et s'évade.
Il arrive à Cognac pour s'engager dans la Légion tchécoslovaque qui vient de se former en France. Il repartira ensuite en Tchécoslovaquie.
Séduit par le climat, le territoire et la population, il revient à pieds dans cette région ressemblant à sa Moravie natale.
Il s'installe à Celles (Charente-Maritime) et trouve un emploi d'ouvrier agricole. Il y est un travailleur apprécié.
Bon danseur, il fréquente les bals du dimanche, mais n'y trouve pas l'âme soeur.
Il fait savoir dans son pays qu'il cherche à se marier. Aneska Ciganik, née le 16/01/1914 à Krasnany, d'une mère sourde et muette et d'un père noble qui ne la reconnaîtra qu'à l'âge adulte, fait sa valise et vient le rejoindre.
Six mois après ils se marient et s'installent à Salles d'Agnles, près de Cognac.
Pendant la guerre, Aneska* et Joseph Stacke* étaient mal vus. Ils cachaient pourtant des juifs.
"Nous étions résignés". Milcko Stacke ne cache rien du découragement qui avait fini par les gagner, sa sœur Agnès, ses frères et lui. Le comité Yad Vashem aura attendu soixante-sept ans après le terme de la Seconde Guerre mondiale pour faire d'Aneska et Joseph Stacke des Justes parmi les nations. Cette distinction leur est décernée à titre posthume. C'est une reconnaissance ô combien méritée pour ce couple d'émigrés tchécoslovaques, installés à Salles-d'Angles (près de Cognac). Un couple qui hébergea, de juillet 1942 à août 1945, Héda et Kurt Fischl et leurs deux enfants, Alex et Otto… Des compatriotes tchécoslovaques de confession juive.
Pour Milcko Stack, sculpteur et dessinateur royannais, prime le sentiment du devoir accompli. Sa sœur et lui, surtout, œuvraient depuis des années pour que l'humanité de leurs parents soit reconnue à sa juste valeur. Avec l'appui d'Otto Fischl, aujourd'hui installé en Australie. « Il a même fait le voyage jusqu'en Israël pour plaider la cause de mes parents », raconte Milcko Stack.
Joseph n'était pas collabo
Malgré une déclaration signée de la main de Kurt Fischl (enregistrée dès le 9 août 1945 par la mairie de Salles-d'Angles) attestant que les Stacke les avaient abrités, sa famille et lui, malgré la publication du journal d'Otto Rischl en 2009 , il aura fallu attendre. Attendre longtemps.
Attendre au point de presque renoncer à ce que « cet acte d'un courage incroyable, d'une immense bonté et d'une humanité hors du commun », comme le ressent Otto Fischl, soit dûment honoré.
Joseph Stacke n'a certainement pas cherché à endosser le costume d'un héros. Le 14 juillet 1942, lorsqu'il est allé chercher à la gare d'Angoulême Alex et Otto Fischl, puis leurs parents, quelques jours plus tard, il n'était habité que par le désir de rendre ce qu'une communauté lui avait témoigné de générosité quand il avait faim. Joseph Stacke* gardait sans doute en mémoire les images du précédent conflit mondial. Il sortait à peine de l'adolescence. Il s'est retrouvé à combattre au sein de la Légion tchécoslovaque. Qui, pourtant, aurait blâmé cet antiquaire et son épouse de ne pas recueillir quatre bouches supplémentaires à nourrir, eux qui avaient déjà, en 1942, cinq garçons et attendaient leur sixième enfant, Agnès, née le 19 août ?
Personne, sans doute. Pourtant, il y en eut, dans le village, pour traiter Joseph Stacke* le Tchécoslovaque de "sale Boche", par un imbécile amalgame, et de "collabo", parce que l'occupant le mettait à contribution, comme bien d'autres.
L'acte de bravoure d'Aneska* et Joseph Stacke* aurait pu connaître une tournure funeste, même.
Milcko Stacke était petit encore à l'époque, mais il en voudra éternellement "à ces maquisards de la dernière heure, à ces Zorros" qui, à la libération du village, vinrent arracher les drapeaux français et tchécoslovaque qu'Aneska* avait accrochés à la façade de la maison, et embarquer Joseph avec une idée précise du sort à lui réserver. Horrible méprise, dans la confusion de ces heures troubles. Aneska* et Joseph Stacke* n'étaient pas des "sales Boches", ni "des collabos". Ils étaient des Justes. Soixante-sept ans plus tard, en tout cas, ils le deviennent très officiellement. Et pour l'éternité.
Otto Fischl a confié son journal (19 octobre 1943 - 15 mars 1945) à Agnès Stacke il y a vingt ans. Il aura fallu toutes ces années pour qu'elle réussisse à le faire publier grâce à la Fondation pour la mémoire de la Shoah.
Pour rendre hommage au courage de ses parents, deux étrangers qui n'ont pas hésité à cacher une famille juive pendant deux ans, Agnès Stacke a sorti de l'oubli et fait publier le journal intime d'Otto Fischl. "C'est mon père, un étranger émigré de Tchécoslovaquie qu'on regardait d'un mauvais œil, qui a pris ce risque", confie Agnès Stacke, visiblement émue par la sortie de ce livre témoignage. "L'histoire de ma famille en Charente est un peu douloureuse. Mes parents ont été victimes de la xénophobie tout au long de leur vie. Dans les années 50, on a refusé à deux reprises la nationalité française à mon père pourtant arrivé en France en 1918, déplore Agnès Stacke, désormais installée en Provence. Malheureusement, cette histoire est toujours d'actualité."1
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Témoignages, mémoires, thèses, recherches, exposés et travaux scolaires [Ajouter le votre]
Georges Malick
(10/1937 - 08/1940) Préfet de la Charente
Alfred Papinot
(08/1940 - 08/1943) Préfet de la Charente
Louis Bourgain
(16/08/1940 - 1944) Vice-amiral, Préfet de de la Vienne et préfet régional de la région de Poitiers (Charente-Maritime (Charente-Inférieure jusqu'en 1941), Deux-Sèvres et Vendée et les parties occupées de la Charente, de Dordogne et de la Vienne. Condamné à huit ans de prison à la Libération (1881-1970)
Pierre Berger
(1941 - 1942) Pierre Jean Berger, Préfet de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne)
Antoine Lemoine
(01/05/1942 - 1943) Antoine Jean Marcel Lemoine, Préfet de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne)
René Rivière
(Jan. 1943 - 1943) René Édouard Rivière, Préfet de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne)
Pierre Daguerre
(08/1943 - 01/09/1944) Préfet de la Charente
Marc Freund-Valade
(11/09/1943 - 10/05/1944) Marc Paul Freund dit Freund-Valade, Préfet de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne)
André Fourcade
(10/05/1944 - 06/1944) André Fourcade dit Vergnaud, Commissaire régional de la République de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne), arrêté par la Gestapo en juin 1944, fusillé à Buzet-sur-le-Tarn le 17 août 1944
Jean Schuhler
(06/1944 - 1946) Commissaire régional de la République de la région de Poitiers (Charente-Maritime (Charente-Inférieure jusqu'en 1941), Deux-Sèvres et Vendée et les parties occupées de la Charente, de Dordogne et de la Vienne)
Joseph Garnier
(01/09/1944 - 12/1951) Préfet de la Charente
Pierre Boursicot
(23/10/1944 - 1946) Commissaire régional de la République de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne)
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