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Frank Svensen



 
Paris 75000 - Paris
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Titre

La rafle d'Angoulême

La rafle d'Angoulême

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Auteurs   Gérard Benguigui -Frank Svensen  
Édition   Le Croît Vif  
Année   2012  
Genre   témoignage  
Description   La rafle d'Angoulême, 8 octobre 1942, racontée par des survivants

"Revenu d'Auschwitz, le fils de M. Kaufman me dit y avoir vu mes parents, mes frères et ma sœur. Selon son témoignage, ma mère, mes frères et ma sœur ont été immédiatement gazés et brûlés. Mon père, lui, a vécu trois mois encore en travaillant, puis ses jambes ont lâché et il a été envoyé au four crématoire. Quand j'ai entendu ça, je ne l'ai pas cru. Dix ans encore après, je courais dans les rues derrière un passant que je croyais reconnaître." Robert Frank.

Frank Svensen et Gérard Benguigui, les deux auteurs, ont replacé la rafle dans le contexte national - rôle des préfets, vie quotidienne à Angoulême - et international - la montée du nazisme et les crimes de masse, la résistance morale des Églises et des Juifs - ; un contexte en cet automne 1942 où les Allemands pressent les autorités françaises pour mettre en œuvre les opérations destinées à mener à bien ce qui deviendra la « solution finale ». Le 6 octobre, une directive tombe : aux juifs apatrides adultes viennent s'ajouter les juifs belges, hollandais, les enfants nés de parents étrangers mais de nationalité française même si, comme le souligne Serge Klarsfeld dans sa préface, « les chefs de la police nazie ne respecteront pas particulièrement l'exception qui vise les enfants nés de parents étrangers mais de nationalité française qui ne doivent pas être arrêtés. »

Dans la nuit du 8 au 9 octobre 1942, 422 juifs sont ainsi "regroupés" dans la salle philharmonique, aujourd'hui conservatoire de musique Gabriel-Fauré, actuelle place Henri-Dunant, à Angoulême. Le 15 octobre 1942, 389 juifs sont conduits à la gare d'Angoulême puis transportés en train jusqu'au camp d'internement de Drancy, puis vers le camp d'Auschwitz : Adler, Birman, Bloch, Edelmann, Fiszel, Goldberg, Hertz, Kahn, Kapler, Katz, Kawa, Lachman, Lazar, Loeb, Minc, Morand, Nathan, Obst, Poper, Ros, Rosner, Sadel, Tabak, Teller, Wiesel, Wolff, Zaydman... La liste des déportés est intégralement reproduite dans le livre ; elle est inédite, fruit des recherches effectuées par les auteurs et les associations de la mémoire juive. Seules dix personnes reviendront des camps de la mort.

Du côté des survivants : Robert Frank, 13 ans, Henri Zajdenwerger, 15 ans, Denis Erner, 3 ans, et Jeta Sztybel, 2 ans et demi, ensemble, disent l'horreur de la situation qu'ils ont vécue. Robert unique survivant de sa famille, tout comme Henri qui connut les camps et la « marche de la mort », Jeta arrachée des bras de sa mère qui ne revint jamais, Denis caché par des voisins. Ils relatent également les difficultés de « l'après », ce douloureux retour à la vie et à l'espoir.

Du côté des témoins, Hélène Lamberger (la jeune fille à l'étoile jaune qui illumine la couverture, aujourd'hui habitant Dolus-d'Oleron) qui après avoir assisté au départ pour Drancy des juifs enfermés au conservatoire, dont sa tante et sa cousine, traverse avec sa mère la ligne de démarcation, se cachant jusqu'à la fin de la guerre à Aubusson. Ce sont aussi les souvenirs de Jean-Marie Albert, le fils de l'institutrice de l'école maternelle Saint-Pierre (actuelle école Comtesse-de-Ségur) où sont enfermés d'autres juifs, également fils de gendarme ayant participé à la rafle. Se souvenant avec toute la part d'incertitude et d'interprétation que recouvre l'effort de mémoire, son témoignage, rare et précieux, est un don de sa part à l'association juive d'Angoulême.

Des victimes et des témoins, mais aussi des « Justes ». Il est impossible d'évoquer la Shoah sans rendre hommage à ces hommes et femmes qui ont caché, qui un enfant, qui une famille... Et ce, en dépit des lois et des contrôles continus. Pour la plupart, les victimes ont entamé des démarches pour faire reconnaître leurs parents de substitution, leurs amis, les mains qui leur ont été tendues, comme Juste parmi les Nations. Vingt-trois personnes ont ainsi été reconnues en Charente, par l'institut Yad Vashem de Jérusalem : les Vacheyroux qui se sont occupés de Jeta, les Audoin, les Béraud qui se sont occupés de Denis, Liliane Bloch-Morhange, les Briand, Éliette Cordelier, les Delaby, les Javelaud, Jean Kéruzoré, Marie-Élisabeth Lacalle, Lucie Landré, Laurent Leboutet, les Péraud.

Fruit de recherches et de longs échanges avec des témoins directs et des rescapés, le livre dresse la liste inédite des victimes et surtout donne des visages et des émotions aux noms inscrits sur la nouvelle plaque commémorative qui sera dévoilée lors d'une cérémonie le 8 octobre prochain.

Qu'on lise ce livre, "que l'on regarde cette plaque ! On y lira les noms de ces hommes, de ces femmes, de ces enfants parfois très jeunes et aussi de ces vieillards qui ont été rassemblés le 8 octobre 1942 [...] La distance des années n'enlève rien à la portée de cet événement, dont certains, peut-être, ne voudraient pas se souvenir." Ces mots, d'une dimension spirituelle emplie d'espoir, sont extraits de la postface de Claude Dagens, l'évêque d'Angoulême, membre de l'Académie française. Un livre d'histoire et de mémoire, mais aussi d'actualité comme le souligne Serge Klarsfeld dans sa préface : "Pour le soixante-dixième anniversaire de la déportation des Juifs de France, il fallait renforcer cette mémoire."

Benguigui Gérard, Président de l'association des Juifs de Charente, est né à Tlemcen (Algérie) en 1947
Au contact des personnes âgées durant sa vie active, Gérard Benguigui a été sensibilisé à l’importance du travail de mémoire et a appris à recueillir, de manière souvent informelle, des « histoires de vie ». Aujourd’hui à la retraite, il préside l'association des Juifs de Charente.
Frank Svensen, enseignant, est né à Madrid en 1965
Professeur certifié de philosophie, titulaire d’un master, Frank Svensen enseigne la philosophie à Angoulême. Il est chevalier dans l’ordre des Palmes académiques.

 

Liens externes [Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet]
1 Notre Dame de Sion : les Justes (La première religieuse de Sion à recevoir ce titre en 1989 est Denise Paulin-Aguadich (Soeur Joséphine), qui, à l’époque de la guerre, était Ancelle. Depuis, six autres sœurs de la congrégation, ainsi qu’un religieux de Notre-Dame de Sion ont reçu la même marque de reconnaissance à titre posthume. Ils ont agi à Grenoble, Paris, Anvers, Rome. L’action de ces religieuses et religieux qui ont sauvé des Juifs pendant la deuxième guerre mondiale mérite de ne pas être oubliée. Et il y en a d’autres, qui, même s’ils n’ont pas (encore ?) reçu de reconnaissance officielle, ont œuvré dans le même sens, chacun à leur place. )
2 L'histoire des Van Cleef et Arpels (Blog de Jean-Jacques Richard, très documenté. )
3 Résistance à la Mosquée de Paris : histoire ou fiction ? de Michel Renard (Le film Les hommes libres d'Ismël Ferroukhi (septembre 2011) est sympathique mais entretient des rapports assez lointains avec la vérité historique. Il est exact que le chanteur Selim (Simon) Halali fut sauvé par la délivrance de papiers attestant faussement de sa musulmanité. D'autres juifs furent probablement protégés par des membres de la Mosquée dans des conditions identiques.
Mais prétendre que la Mosquée de Paris a abrité et, plus encore, organisé un réseau de résistance pour sauver des juifs, ne repose sur aucun témoignage recueilli ni sur aucune archive réelle. Cela relève de l'imaginaire. )
4 La Mosquée de Paris a-t-elle sauvé des juifs entre 1940 et 1944 ? une enquête généreuse mais sans résultat de Michel Renard (Le journaliste au Figaro littéraire, Mohammed Aïssaoui, né en 1947, vient de publier un livre intitulé L’Étoile jaune et le Croissant (Gallimard, septembre 2012). Son point de départ est un étonnement : pourquoi parmi les 23 000 «justes parmi les nations» gravés sur le mémorial Yad Vashem, à Jérusalem, ne figure-t-il aucun nom arabe ou musulman ?
Il mène une enquête, cherche des témoins ou des descendants de témoins, évoque la figure de Si Kaddour Ben Ghabrit, directeur de l’Institut musulman de la Mosquée de Paris de 1926 à 1954, fait allusion à d’autres personnages qu’il a rencontrés, et plaide pour une reconnaissance mémorielle d’actes de solidarité, de sauvetage, de juifs par des musulmans durant cette période. Et pour leur reconnaissance et inscription sur le mémorial de Yad Vashem.
Cet ouvrage est fréquemment mentionné par voie de presse, avec force sympathie. Mais… rares sont les critiques, positives ou négatives, réellement argumentées. On a le sentiment que ce livre est légitime, généreux, qu’il "tombe" bien en cette période.
C'est ce que le sociologue américain Merton avait repéré dans les phénomènes d'identification et de projection même si le rapport à la réalité est totalement extérieur. Aujourd'hui, l'Arabe musulman, sauveteur de juifs, devient un type idéal auxquels de nombreux musumans ont envie de croire. La réalité n'est pas celle-ci, mais peu importe ! On reproduit la quatrième de couverture du livre (qu'on n'a pas lu), on ose quelques citations d’extraits… Mais personne ne se hasarde à une évaluation de la validité historique de sa teneur. )
5 Paroles et Mémoires des quartiers populaires. (Jacob Szmulewicz et son ami Étienne Raczymow ont répondu à des interviews pour la réalisation du film "Les garçons Ramponeau" de Patrice Spadoni, ou ils racontent leur vie et en particulier leurs actions en tant que résistants. On peut le retrouver sur le site Paroles et Mémoires des quartiers populaires. http://www.paroles-et-memoires.org/jan08/memoires.htm. (Auteur : Sylvia, Source : Canal Marches) )
6 Les grands entretiens : Simon Liwerant (Témoignage de Simon Liwerant est né en 1928. Son père Aron Liwerant, ouvrier maroquinier né à Varsovie, et sa mère Sara née Redler, seront arrêtés et déportés sans retour. )



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