Profession: Archevêque d'Albi (11/05/1940-†10/03/1956) Religion : Catholique Nom de naissance: Jean Joseph Aimé Moussaron Date de naissance: 11/05/1877 (Tournecoupe (Gers))
Date de décès: 10/03/1956 (Paris)
Joseph Moussaron* est né dans le Gers à Tournecoupe le 11 mai 1877.
D’origine modeste, son père était ouvrier agricole.
Joseph Moussaron* est ordonné le 14 juillet 1901. Vicaire puis archiprêtre à Lectoure de 1907 à 1929, il devint évêque auxiliaire de
Mgr Ricard, archevêque d’Auch, en 1930, puis évêque de Cahors en 1936.
En juin 1940, il succède à Mgr Cézerac, et est nommé archevêque d’Albi. C’est au titre de
pasteur de ce diocèse qu’il prend la défense des juifs persécutés et réfugiés dans le Tarn.
En effet, dès 1939 la population du Tarn augmentait avec l’afflux de nombreux réfugiés et notamment des juifs français et étrangers.
A l’été 1942, Mgr Gerlier*, Archevêque de Lyon, Mgr Saliège*, Archevêque de Toulouse, Mgr Moussaron*, Archevêque d’Albi, Castres et Lavaur, Mgr Delay, évêque de Marseille, Mgr Théas*, évêque de Montauban, Mgr Vansteenberghe, évêque de Bayonne, protestent contre les violations des droits de l’homme résultant des rafles. Ils seront l’honneur de l’église.
Leur appel public, en chaire, eut une réelle résonance. Nombre de leurs fidèles, anonymes, parmi les plus modestes, tendirent la main aux Juifs, en sauvant des milliers, dont un très grand nombre d’enfants, alors qu’ils étaient impitoyablement pourchassés dans une traque inhumaine.
Le 20 septembre 1942, à la suite du cardinal Saliège* et de Mgr Théas*, Joseph Moussaron* fait paraître sa protestation face à l’arrestation et à la déportation des Juifs qui étaient faites au mépris de tout respect de l’humain, souvent en séparant les familles : Des circonstances indépendantes de notre volonté ne nous ont pas permis de vous dire plus tôt la peine que nous ont causées les mesures de déportation prises récemment contre les Israélites réfugiés en France.
Si dans notre département elles ont été appliquées avec autant de correction et délicatesse qu’il est possible d’en mettre en pareil cas, sur bien des points du territoire on a vu se dérouler des scènes très douloureuses. Des femmes ont été séparées de leurs maris, des enfants de leurs parents. La religion et l’humanité ne peuvent que protester contre cette violation des droits sacrés de la personne humaine et de la famille et cette méconnaissance de la loi divine de la charité.
Et que personne ne voit dans notre parole une atteinte portée au loyalisme que nous devons au Gouvernement et que nous n’avons cessé de recommander. Le Gouvernement n‘est pas en cause. Loin d’avoir pris l’initiative de ces mesures aussi contraires à la tradition française qu’à l’esprit chrétien, il les a subies comme une conséquence de la défaite. Au surplus, c’est servir son œuvre de redressement que d’affirmer, à l’heure où des catholiques même risqueraient de les oublier, les principes qui sont inscrits dans l’Évangile, que l’Église a toujours défendus et sans lesquels il n‘est pas de vraie civilisation. Prions Dieu, nos très chers frères, d’accorder bientôt à la France et au monde des jours meilleurs où les hommes, quels que soient leur race et leur pays, sauront se reconnaître et se traiter comme des frères.
Jean Joseph,
Archevêque d’Albi, Castres et Lavaur
La présente lettre sera lue, sans commentaire, aux messes le dimanche 20 septembre 1942.
L’abbé Jean Sauvot témoigne1 : "J’apportais donc la lettre de l’archevêque d’Albi à l’archevêché de Toulouse, 23, rue Perchepinte, quartier Saint-Étienne et remis le document au secrétaire, le Père Garail.
Mgr Moussaron* demande à ce que les écoles qui ont un internat, les collèges et les lycées catholiques, les couvents et les monastères accueillent les juifs.
16 institutions catholiques, sur instruction de Mgr Moussaron*, auraient ainsi ouvert leurs portes aux réfugiés juifs et en particulier aux enfants.
Six fillettes juives de 11 ans seront ainsi accueillies à l'école Saint-Joseph d'Alban. La mère supérieure avait donné ces consignes au personnel enseignant : "Même si on menace de vous couper la tête, vous ne direz pas que ce sont des juives."
Mgr Moussaron* permet également le sauvetage de la famille Zenatti et Nicole Dreyfus née Haas alors qu’elle était interne au collège de Réalmont.
Mai 1942, les Haas, des commerçants de Strasbourg, se réfugient à Graulhet. Puis, la famille s'installe à Albi, rue de Verdusse. Dénoncés, les parents doivent aller se cacher à Réalmont où le père, Georges Haas, rejoint le maquis. Nicole, interne à l'école supérieure de jeunes filles (le collège Balzac) trouvera un grand soutien auprès de Mgr Moussaron*. "Il me faisait venir le dimanche pour déjeuner. J'étais la petite juive à qui on expliquait qu'on peut prier dans n'importe quel lieu. Dieu t'entendra partout, me disait-il. C'est la première personne qui m'a parlé d'œcuménisme. ça m'a marqué toute ma vie."
Monsieur et Madame Zenatti, leurs deux enfants, Claude et Arlette, et leur tante, qui avaient fuit la capitale des persécutions nazis et s’étaient installés, fin 1942, dans le quartier d Gô à Albi. Prévenus, ils échappèrent à une rafle en 1943 et sont accueillis à la clinique Saint-Dominique à Albi, avec l’accord de la directrice et l'aide de Sœur Suzanne Marie (Simone Bondurand*), de la congrégation des dominicaines d’Albi. Monsieur Zenatti, ophtalmologiste, sera ensuite dirigé au Couvent des Dominicaines à Perpignan. Le fils Claude avec le nom d’emprunt "Grange" sera dirigé vers le Petit séminaire de Valence-d'Albigeois sous la protection du supérieur, la fille Arlette vers la maison de retraite du Couvent du Sacré-Cœur de Valence-d'Albigeois et la mère, Madame Zenatti, dans une maison annexe sous le nom de "Fleury".
Au printemps 1944, Mgr Moussaron* est arrêté à Albi le 12 juin au motif qu'il a refusé de prendre les mesures demandées par la Gestapo contre un curé doyen qui avait présidé les funérailles d'un officier de l'Armée Secrète tué par les Allemands.
Après 8 jours passés à la prison Saint-Michel de Toulouse, il sera libéré grâce à l'intervention de la Supérieure du Bon-Sauveur, de la sœur économe et d'un médecin allemand anti-nazi.
Il est décédé subitement le 10 mars 1956 à Paris où il était venu participer à l’assemblée des cardinaux et archevêques de France.
Une plaque a été apposée sur sa modeste maison natale à Tournecoupe.
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[Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet] 1 Le sauvetage des juifs 1941-1944 (Paul et Suzanne Haering) (A travers des photos d'époque et de bouleversants témoignages, ce site vous emmène en France dans la région du Tarn, et plus particulièrement autour de Carmaux entre 1941 et 1944, pendant l'occupation allemande.
Durant cette période, le pasteur Paul Haering et sa femme Suzanne vont soustraire plusieurs dizaines d'enfants juifs aux rafles de Vichy et les protéger d'éventuelles dénonciations, avec l'aide du Pasteur Albert Delord, organisant plusieurs colonies de vacances dans la région au risque d'être pris et fait prisonniers...
Léopold Chénaux de Leyritz
(25/06/1940 - 24/01/1944) Léopold Marie Frédéric Chéneaux de Leyritz, Préfet de Haute-Garonne et préfet régional de la région de Toulouse à partir de 1941 (Ariège, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne et les parties non occupées des Basses-Pyrénées, de la Gironde et des Landes (1896-1970)
André Sadon
(24/01/1944 - 06/02/1944) André Paul Sadon, Préfet régional de la région de Toulouse (Ariège, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne et les parties non occupées des Basses-Pyrénées, de la Gironde et des Landes (1891-1965)
Jean Cassou
(1944 - 1944) Commissaire régional de la République de la région de Toulouse (Ariège, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne et les parties non occupées des Basses-Pyrénées, de la Gironde et des Landes (1897-1981)
Pierre Berteaux
(1944 - 1946) Pierre Félix Berteaux, Commissaire régional de la République de la région de Toulouse (Ariège, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne et les parties non occupées des Basses-Pyrénées, de la Gironde et des Landes (1907-1986)
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