Yvonne* et Daniel Quénu*, catholiques, habitent à Armentières. Daniel* est répétiteur, adjoint d’enseignement au collège de garçon, tandis qu'Yvonne* est surveillante au collège des filles. Ils n'ont pas d'enfants.
La famille de Georges Grinblatas, petit garçon juif âgé de 3 ans, habitait le 3e arrondissement de Paris. La famille échappe de peu à la rafle du Veld’hiv et ses parents décident de cacher leurs enfants. La soeur de Georges sera cachée à Paris, tandis qu'ils entrent en contact avec le milieu enseignants, dont Marie-Thérèse Braudo née Bouchery, institutrice originaire de la région qui avait épousé un Juif qui se cachait par ici.
Grâce à cette chaîne humaine dans le milieu enseignant, proche des auberges de jeunesse, Georges Grinblatas, dit Jojo, 3 ans, et sa cousine, Simone Woliner, dite Monette, 3 ans, sont conduit dans la nuit, à Armentières.
A l’automne 1942, Yvonne* et Daniel Quénu*, résistants du réseau Voix du Nord, tout comme M. Bertrand, le surveillant général du collège, s'étaient fait connaître afin d’accueillir une fillette.
Les deux enfants arrivent dans la maison d’Yvonne* et Daniel Quénu*
Ce soir-là Yvonne Quénu* est seule. L'accompagnatrice des enfants lui demanda si elle acceptait deux enfants, dont un garçon. Son mari, Daniel Quénu*, étant absent, elle dut prendre la décision seule dans l’urgence. Lorsqu’il rentra, il dit qu’elle avait fait ce qu’il fallait. Elle ne le regrettera jamais...
Georges, sous le nom de "Brossard", et Simone, "leurs neveux", resteront trois ans chez "Tante Yvonne*" et "Tonton Daniel", fréquentant l'école maternelle, protégés par le directeur, membre d'un réseau de résistance, et allant parfois à la messe pour donner le change.
Malgré l'amour de "tante Yvonne*" et de "tonton Daniel", parfois le petit Georges pleure le soir avant d’aller se coucher, car ses parents lui manquent, mais les enfants seront heureux. Georges et Monette font des dessins pour les envoyer à leurs parents que "Tante Yvonne*" met sous enveloppe. Les enfants mettent eux-mêmes les précieuses missives dans la boîte aux lettres, mais "Tante Yvonne*", obligée de mentir, sait bien que ces lettres sans adresse n’arriveront jamais.
"Tonton Daniel", quant à lui, parcourt des centaines de kilomètres à vélo pour procurer de quoi manger aux petits, parfois un œuf ou deux qui leurs sont exclusivement destinés.
Georges retrouvera sa sœur et ses parents qui avaient également échappés aux rafles et seront saufs.
De même, Simone Woliner retrouvera les siens et deviendra enseignante...
Monette et Georges n'oublieront jamais "leur famille d’Armentières". Georges dira : "J’allais régulièrement chez eux, j’y étais chez moi, à 19 ans j’ai même habité encore un an chez eux car je faisais mes études à Lille". Yvonne* et Daniel Quénu* seront les témoins de son mariage en 1963, et lorsqu'il ira s'installer avec son épouse et ses deux enfants à Mornas, dont il deviendra adjoint au maire, ils lui rendront visite dans le Vaucluse. Monette ira régulièrement à Armentières avec ses parents et son petit frère né en 1946 voir "tante Yvonne*" et "tonton Daniel", qui seront également témoins à son mariage. Elle continuera à aller les voir avec son mari et ses enfants jusqu'au décès de Daniel en 1981 et d'Yvonne en 1999.
Sur le faire-part de décès de Daniel Quénu*, Yvonne* ajoutera Georges Grinblatas et Simone Woliner, leurs enfants d'adoption, apparaissant avant la famille.
En 2006, Georges Grinblatas et Simone Woliner décident de réunir les documents nécessaires à l’attribution de la médaille des Justes à leurs sauveurs. Yvonne* et Daniel Quénu* recevront la médaille à titre posthume le 5 avril 2011.
Chronologie[Ajouter]
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Témoignages, mémoires, thèses, recherches, exposés et travaux scolaires [Ajouter le votre]
Etoile jaune: le silence du consistoire centrale , Mémoire ou thèse7 pages,
réalisation 2013 Auteur :
Thierry Noël-Guitelman
- terminal
Lorsque la 8e ordonnance allemande du 29 mai 1942 instaure l'étoile jaune en zone occupée, on peut s'attendre à la réaction du consistoire central. Cette étape ignoble de la répression antisémite succédait aux statuts des juifs d'octobre 1940 et juin 1941, aux recensements, aux rafles, aux décisions allemandes d'élimination des juifs de la vie économique, et au premier convoi de déportés pour Auschwitz du 27 mars 1942, le consistoire centrale ne protesta pas.
Liens externes
[Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet] 1 Enfants juifs déportés de France (Brochure éditée par les Fils et filles de déportés juifs de France et la Mairie de Paris en mars 2007.
Préface de Serge Klarsfeld : En France, en 1940, il y avait environ 70 000 Juifs de moins de 18 ans. Sur ce nombre, 11 400 ont été arrêtés - la plupart par la police de Vichy -, déportés à Auschwitz et assassinés, à l'exception d'environ 200 d'entre eux; presque tous des adolescents. Parmi les
communautés juives importantes en Europe, celle de France a connu le pourcentage le plus important d'enfants
sauvés : 84 %, c'est exceptionnel. On le doit essentiellement à la sympathie agissante de la population non juive qui a soutenu les efforts des familles et des organisations juives qui essayaient de sauver les enfants en priorité. Laïcs et religieux ont su tendre la main à la fois par compassion et pour que la France ne perde pas son âme. )
2 Juifs en psychiatrie sous l'Occupation. L'hospitalisation des Juifs en psychiatrie sous Vichy dans le département de la Seine (Par une recherche approfondie des archives hospitalières et départementales de la Seine, l'auteur opère une approche critique des dossiers concernant des personnes de confession juive internées à titre médical, parfois simplement préventif dans le contexte des risques et des suspicions propres à cette période. La pénurie alimentaire est confirmée, influant nettement sur la morbidité. Ce premier travail sera complété par un examen aussi exhaustif que possible des documents conservés pour amener une conclusion. ) 3 Héros de Goussainville - ROMANET André (Héros de Goussainville - Page ROMANET André ) 4 Notre Dame de Sion : les Justes (La première religieuse de Sion à recevoir ce titre en 1989 est Denise Paulin-Aguadich (Soeur Joséphine), qui, à l’époque de la guerre, était Ancelle. Depuis, six autres sœurs de la congrégation, ainsi qu’un religieux de Notre-Dame de Sion ont reçu la même marque de reconnaissance à titre posthume. Ils ont agi à Grenoble, Paris, Anvers, Rome. L’action de ces religieuses et religieux qui ont sauvé des Juifs pendant la deuxième guerre mondiale mérite de ne pas être oubliée. Et il y en a d’autres, qui, même s’ils n’ont pas (encore ?) reçu de reconnaissance officielle, ont œuvré dans le même sens, chacun à leur place. )
5 L'histoire des Van Cleef et Arpels (Blog de Jean-Jacques Richard, très documenté. )
6 Résistance à la Mosquée de Paris : histoire ou fiction ? de Michel Renard (Le film Les hommes libres d'Ismël Ferroukhi (septembre 2011) est sympathique mais entretient des rapports assez lointains avec la vérité historique. Il est exact que le chanteur Selim (Simon) Halali fut sauvé par la délivrance de papiers attestant faussement de sa musulmanité. D'autres juifs furent probablement protégés par des membres de la Mosquée dans des conditions identiques. Mais prétendre que la Mosquée de Paris a abrité et, plus encore, organisé un réseau de résistance pour sauver des juifs, ne repose sur aucun témoignage recueilli ni sur aucune archive réelle. Cela relève de l'imaginaire. )
7 La Mosquée de Paris a-t-elle sauvé des juifs entre 1940 et 1944 ? une enquête généreuse mais sans résultat de Michel Renard (Le journaliste au Figaro littéraire, Mohammed Aïssaoui, né en 1947, vient de publier un livre intitulé L’Étoile jaune et le Croissant (Gallimard, septembre 2012). Son point de départ est un étonnement : pourquoi parmi les 23 000 «justes parmi les nations» gravés sur le mémorial Yad Vashem, à Jérusalem, ne figure-t-il aucun nom arabe ou musulman ? Il mène une enquête, cherche des témoins ou des descendants de témoins, évoque la figure de Si Kaddour Ben Ghabrit, directeur de l’Institut musulman de la Mosquée de Paris de 1926 à 1954, fait allusion à d’autres personnages qu’il a rencontrés, et plaide pour une reconnaissance mémorielle d’actes de solidarité, de sauvetage, de juifs par des musulmans durant cette période. Et pour leur reconnaissance et inscription sur le mémorial de Yad Vashem. Cet ouvrage est fréquemment mentionné par voie de presse, avec force sympathie. Mais… rares sont les critiques, positives ou négatives, réellement argumentées. On a le sentiment que ce livre est légitime, généreux, qu’il "tombe" bien en cette période. C'est ce que le sociologue américain Merton avait repéré dans les phénomènes d'identification et de projection même si le rapport à la réalité est totalement extérieur. Aujourd'hui, l'Arabe musulman, sauveteur de juifs, devient un type idéal auxquels de nombreux musumans ont envie de croire. La réalité n'est pas celle-ci, mais peu importe ! On reproduit la quatrième de couverture du livre (qu'on n'a pas lu), on ose quelques citations d’extraits… Mais personne ne se hasarde à une évaluation de la validité historique de sa teneur. )
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