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Paris

Région :
Île-de-France
Département :
Paris

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(13/10/1940 - 19/08/1942) Préfet de la Seine (1884-1945)
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(14/05/1941 - 01/06/1942) Amiral François Marc Alphonse Bard, Préfet de police de la Seine (1889-1944)
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(01/06/1942 - 19/08/1944) Préfet de police de la Seine lors de la rafle du Vél d’Hiv (1886-1953)
René Bouffet
(19/08/1942 - 19/08/1944) Préfet de la Seine. Arrêté et révoqué par la Résistance le 19 août 1944 (1896-1945)
Marcel Pierre Flouret
(1944 - 1946) Préfet de la Seine (1892-1971)
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Texte pour ecartement lateral

Régine Skurnik

dite Stepha ou Stefa
Texte pour ecartement lateral

Paris 75012 Paris
Nom de naissance: Lemberger
Nom d'épouse: Skurnik
Date de naissance: 09/10/1917 (Skierniewice (Pologne))

Nationalité : Polonaise
Aidé ou sauvé par : - Alfred Le Guellec - Augustine Le Guellec Profession: Couturière
Qualité: Résistante PCF, Solidarité, FTP MOI
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Histoire

David Lemberger est boulanger et militant communiste. Il habite à Skierniewice (Pologne) avec son épouse Gitla et leurs quatre enfants, Régine, née en 1917, Nathan dit Norbert, né en 1920, Serge né en 1922 et Jean né en 1924.

En 1936, Régine dite "Stepha" ou "Stefa", poursuivie pour son action en faveur des ouvriers, vient clandestinement à Paris en 1936 et est accueillie par son oncle, Adolf, brocanteur communiste, son épouse Layele et leurs deux filles, Anna et Jacqueline, dans leur modeste appartement rue de Flandres.
En Pologne, David Lemberger est arrêté, interné au camp Bereza Kartuska, puis libéré. Par prudence, il quitte la Pologne pour la France avec son épouse Gitla et leurs trois fils.
Régine entre au Parti communiste français (PCF), gagne sa vie comme aide-finisseuse et loue un petit logement rue Mathis dans le 19e arrondissement de Paris avec l'eau sur le palier.
En 1937, tous habitent et travaillent pour des maisons de couture dans le logement-atelier de deux pièces loué par Régine.
La famille Lemberger régularise sa situation et emménage dans un appartement plus grand rue des Immeubles-industriels, dans le XIe arrondissement de Paris.
L'appartement des Lemberger accueillent les juifs polonais qui passent par Paris pour rejoindre les Brigades internationales en Espagne.
Dans ce quartier d’artisans, Régine rencontre Marcel Skurnik qu’elle épouse en octobre 1939.
En 1939, Marcel Skurnik et Norbert Lemberger s'engagent comme volontaires.
Arrêté en 1939, l’oncle Adolf, son épouse et leur fille Jacqueline sont internés au camp de Gurs. Ils seront déportés sans retour à Buchenwald.

En 1940, Marcel Skurnic, jeune père de Dora Paulette, est blessé lors de l’offensive allemande.

Le pacte germano-soviétique déboussole la famille. Trois frères de Guitle sont expulsés vers la Pologne, en vertu d'un décret pris par le gouvernement Daladier. Dès que la guerre éclate, des juifs allemands de la rue des Immeubles-Industriels sont internés. Après hésitations, les Lemberger et les Skurnic suivent la consigne d’un journal juif : "Il faut se déclarer juifs auprès des autorités françaises et être fiers de l’être". Les mesures antijuives se succèdent. Les Lemberger s'engagent dans la section juive de la MOI (Main-d'oeuvre immigrée). Jean, 16 ans, entre dans le mouvement, comme son voisin Marcel Rajman, qui sera fusillé comme FTP-MOI membre du groupe Manouchian le 21 février 1944, au Fort du Mont Valérien.

Lors de la rafle du 14 mai 1941, Marcel, Serge et Norbert sont arrêtés au gymnase Japy (XIe arr.) et internés au camp de Beaune-la-Rolande, dans le Loiret. Norbert, puis Serge et Marcel s’en évadent grâce à l'aide de Alfred Le Guellec*, commissaire de police, un ami de Marcel. Mais sa mère, Gitla, y reconduit Serge, croyant bien faire : elle pense que les premiers déportés vers l'Allemagne seront installés dans les meilleurs camps... Nathan rejoint la FTP-MOI.

Arrêté lors de la deuxième rafle du XIe arrondissement, le 20 août 1941, Jean a 17 ans quand les gendarmes français le conduisent à Drancy. Miraculeusement libéré au bout de trois mois, il a perdu 27 kilos mais a tout compris de ce qui attend les Juifs d'Europe et choisit la lutte active et armée.

La veille de la grande rafle du Vel' d'Hiv', le 16 juillet 1942, des informations ont filtré de la Préfecture de Police. Ils savent que cette fois, les femmes et les enfants seront arrêtés et déportés. Ils tentent de prévenir les juifs et tentent de les convaincre de quitter leurs logements. Bien peu les croient. Et puis, aller où ? Le 16 juillet, 9000 agents de la police française entassent 12000 personnes ­ dont 4000 enfants ­ dans les autobus verts à plate-forme de la TCRP (Transports en Commun de la Région parisienne).
Régine, interpellée par des policiers, leur échappe en empoignant une corde dans la cage d’escalier. Elle glisse jusqu’au rez-de-chaussée, s’engouffre dans un café proche et trouve refuge dans un appartement aidée par Alfred* et Augustine Le Guellec*, ainsi que Madame Poulin, la concierge de leur immeuble.. Peu après, elle retrouve Nathan qui va alors placer sa fille Dora Paulette par sécurité en nourrice.

Régine est agent de liaison de la MOI (Main d’œuvre immigrée). Marcel Skurnic fonde le 2e détachement de résistance composé de FTP juifs.

Les parents Lemberger se cachent de 1942 à 1944 à La Varenne.
Norbert est arrêté par la police fin 1942. Envoyé à Drancy, il est déporté le 2 septembre 1943 à Auschwitz. Il s’évade avec trois prisonniers en dévissant une planche du wagon qui le menait à Auschwitz. Tous sont rattrapés et fusillés par les gardes SS du train qui mettent leurs cadavres dans un wagon. Direction : Auschwitz.
Après s’être évadé du camp de Beaune-la-Rolande, et quelques pérégrinations, Serge est déporté en juin 1942 à Auschwitz. Il est affecté "au nettoyage des ruines du ghetto de Varsovie après l’insurrection".

Malgré l’ordre de la Résistance de cesser tout contact avec sa famille, Jean se rend dans la cachette de sa sœur. Il participe à des attentats, en respectant les ordres de la Résistance d’éviter de blesser les civils. Il est arrêté le 22 avril 1943, alors qu'il regagne sa planque, boulevard Soult. Il a été donné par une "copine" juive de la rue des Immeubles-Industriels, une rouquine qu'il verra quelques jours plus tard papoter tranquillement avec des policiers des Renseignements généraux, pendant que, rue des Saussaies, on torture des résistants. Jean est torturé et laissé pour mort à la prison de Fresnes. Il est déporté le 12 juillet 1943 au Struthof, en Alsace annexée. Classé "Nacht und Nebel" (Nuit et Brouillard), il est détenu successivement dans une vingtaine de prisons allemandes, avant d'arriver, le 17 janvier 1944, à Auschwitz. Par deux fois il est sélectionné pour la chambre à gaz. Par deux fois il est épargné au dernier moment.

Un matin de mai 1945, Jean rentré des camps, squelettique, frappe à la porte de Régine et Marcel. Puis c'est Serge qui rentrera de déportation.

En 1947, le couple Skurnik a un fils, Norbert, qui devient psychiatre. Marcel dirige son atelier de confection, puis Serge et Jean Lemberger ouvrent le leur.
Avec son épouse Guitla, peu enthousiaste, David Lemberger s’installera en Pologne pour contribuer à l’édification du communisme. Au bout d’un à deux ans, elle le convainc de retourner en France.

Marcel Skurnik fondera la Société de Varsovie et Régine sera longtemps membre du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) et présidente de l’association des sociétés juives de France. Motivé par la solidarité, son activisme est récompensé par de nombreuses distinctions.

Stépha Skurnik a déposé un dossier auprès de Yad Vashem France pour que soient honorés ceux qui l'ont aidée, notamment Alfred Le Guellec*, commissaire de police et à son épouse, Augustine Le Guellec*, décédés sans enfant, ainsi que Madame Poulin, concierge d'immeuble.

21/11/2017

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Etoile jaune: le silence du consistoire centrale , Mémoire ou thèse 7 pages, réalisation 2013
Auteur : Thierry Noël-Guitelman - terminal
Lorsque la 8e ordonnance allemande du 29 mai 1942 instaure l'étoile jaune en zone occupée, on peut s'attendre à la réaction du consistoire central. Cette étape ignoble de la répression antisémite succédait aux statuts des juifs d'octobre 1940 et juin 1941, aux recensements, aux rafles, aux décisions allemandes d'élimination des juifs de la vie économique, et au premier convoi de déportés pour Auschwitz du 27 mars 1942, le consistoire centrale ne protesta pas.


Liens externes [Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet]
1 Juifs en psychiatrie sous l'Occupation. L'hospitalisation des Juifs en psychiatrie sous Vichy dans le département de la Seine (Par une recherche approfondie des archives hospitalières et départementales de la Seine, l'auteur opère une approche critique des dossiers concernant des personnes de confession juive internées à titre médical, parfois simplement préventif dans le contexte des risques et des suspicions propres à cette période. La pénurie alimentaire est confirmée, influant nettement sur la morbidité. Ce premier travail sera complété par un examen aussi exhaustif que possible des documents conservés pour amener une conclusion. )
2 Héros de Goussainville - ROMANET André (Héros de Goussainville - Page ROMANET André )
3 Notre Dame de Sion : les Justes (La première religieuse de Sion à recevoir ce titre en 1989 est Denise Paulin-Aguadich (Soeur Joséphine), qui, à l’époque de la guerre, était Ancelle. Depuis, six autres sœurs de la congrégation, ainsi qu’un religieux de Notre-Dame de Sion ont reçu la même marque de reconnaissance à titre posthume. Ils ont agi à Grenoble, Paris, Anvers, Rome. L’action de ces religieuses et religieux qui ont sauvé des Juifs pendant la deuxième guerre mondiale mérite de ne pas être oubliée. Et il y en a d’autres, qui, même s’ils n’ont pas (encore ?) reçu de reconnaissance officielle, ont œuvré dans le même sens, chacun à leur place. )
4 L'histoire des Van Cleef et Arpels (Blog de Jean-Jacques Richard, très documenté. )
5 Résistance à la Mosquée de Paris : histoire ou fiction ? de Michel Renard (Le film Les hommes libres d'Ismël Ferroukhi (septembre 2011) est sympathique mais entretient des rapports assez lointains avec la vérité historique. Il est exact que le chanteur Selim (Simon) Halali fut sauvé par la délivrance de papiers attestant faussement de sa musulmanité. D'autres juifs furent probablement protégés par des membres de la Mosquée dans des conditions identiques.
Mais prétendre que la Mosquée de Paris a abrité et, plus encore, organisé un réseau de résistance pour sauver des juifs, ne repose sur aucun témoignage recueilli ni sur aucune archive réelle. Cela relève de l'imaginaire. )
6 La Mosquée de Paris a-t-elle sauvé des juifs entre 1940 et 1944 ? une enquête généreuse mais sans résultat de Michel Renard (Le journaliste au Figaro littéraire, Mohammed Aïssaoui, né en 1947, vient de publier un livre intitulé L’Étoile jaune et le Croissant (Gallimard, septembre 2012). Son point de départ est un étonnement : pourquoi parmi les 23 000 «justes parmi les nations» gravés sur le mémorial Yad Vashem, à Jérusalem, ne figure-t-il aucun nom arabe ou musulman ?
Il mène une enquête, cherche des témoins ou des descendants de témoins, évoque la figure de Si Kaddour Ben Ghabrit, directeur de l’Institut musulman de la Mosquée de Paris de 1926 à 1954, fait allusion à d’autres personnages qu’il a rencontrés, et plaide pour une reconnaissance mémorielle d’actes de solidarité, de sauvetage, de juifs par des musulmans durant cette période. Et pour leur reconnaissance et inscription sur le mémorial de Yad Vashem.
Cet ouvrage est fréquemment mentionné par voie de presse, avec force sympathie. Mais… rares sont les critiques, positives ou négatives, réellement argumentées. On a le sentiment que ce livre est légitime, généreux, qu’il "tombe" bien en cette période.
C'est ce que le sociologue américain Merton avait repéré dans les phénomènes d'identification et de projection même si le rapport à la réalité est totalement extérieur. Aujourd'hui, l'Arabe musulman, sauveteur de juifs, devient un type idéal auxquels de nombreux musumans ont envie de croire. La réalité n'est pas celle-ci, mais peu importe ! On reproduit la quatrième de couverture du livre (qu'on n'a pas lu), on ose quelques citations d’extraits… Mais personne ne se hasarde à une évaluation de la validité historique de sa teneur. )
7 Paroles et Mémoires des quartiers populaires. (Jacob Szmulewicz et son ami Étienne Raczymow ont répondu à des interviews pour la réalisation du film "Les garçons Ramponeau" de Patrice Spadoni, ou ils racontent leur vie et en particulier leurs actions en tant que résistants. On peut le retrouver sur le site Paroles et Mémoires des quartiers populaires. http://www.paroles-et-memoires.org/jan08/memoires.htm. (Auteur : Sylvia, Source : Canal Marches) )
8 Les grands entretiens : Simon Liwerant (Témoignage de Simon Liwerant est né en 1928. Son père Aron Liwerant, ouvrier maroquinier né à Varsovie, et sa mère Sara née Redler, seront arrêtés et déportés sans retour. )

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