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Paris

Région :
Île-de-France
Département :
Paris

Préfets :
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François Bard
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(01/06/1942 - 19/08/1944) Préfet de police de la Seine lors de la rafle du Vél d’Hiv (1886-1953)
René Bouffet
(19/08/1942 - 19/08/1944) Préfet de la Seine. Arrêté et révoqué par la Résistance le 19 août 1944 (1896-1945)
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(1944 - 1946) Préfet de la Seine (1892-1971)
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Texte pour ecartement lateral

Larissa Wuzek

dite Madeleine Petit
Texte pour ecartement lateral

Paris 75000 Paris
Nom de naissance: Wuzek
Nom d'épouse: Gruszow
Date de naissance: 1935 (Tel-Aviv (Palestine))
Aidé ou sauvé par : - Hélène Cardon - Louis Cardon - Marcelle Guillemot - Suzanne Spaak - Paul Vergara
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Histoire
Hélène* et Louis Cardon*, riches fermiers qui habitent Bézancourt avec leurs trois enfants adolescents vont cacher et protéger Larissa Wuzek.

Efraïm Wuzek est né vers 1902 à Wloclawek1, une petite ville au nord de Varsovie dans une famille traditionnelle religieuse. Ses parents sont commerçants. Comme dans de nombreuses villes en Pologne, il y avait une importante communauté juive2.
Efraïm Wuzek commence très jeune à militer dans un mouvement sioniste de gauche, il est membre du Poale Zion, puis des Jeunesses Communistes et du Parti Communiste de Pologne.

Dans les années 1920, Efraïm Wuzek part illégalement en Palestine où il restera jusqu’en 1937, vivant dans des kibboutzim. Privilégiant la politique, il devint permanent du Parti Communiste et prend part au début des grèves importantes des années 1935-1939.
C’est au cours de ses activités politiques en Palestine que Efraïm Wuzek rencontre Hannah Klejman, originaire de Czestochowa (Pologne), la ville de la célèbre Vierge noire.

En 1935, naît à Tel Aviv leur fille, Larissa.
En 1936, les Britanniques, qui exerçaient leur mandat sur la Palestine, condamnent Efraïm Wuzek à un an de prison pour activités communistes. Il sera ensuite expulsé avec son épouse et sa fille.
C'est ainsi que la famille arrive à Paris en 1937 où les Wuzek fréquentent l’importante communauté juive communiste dont ils partagent les opinions, notamment à propos de la guerre civile d’Espagne.

Efraïm Wuzek s’engage dans les Brigades Internationales et part en Espagne dans la seconde moitié de 1937. Hannah Wuzek, qui approuve entièrement le choix de son mari, reste à Paris avec Larissa. Elle gagne sa vie en faisant des ménages alors qu’elle avait mené ses études jusqu’à la fin du lycée, ce qui était loin d’être la règle à l'époque.

Dès son arrivée en Espagne, Efraïm Wuzek est incorporé dans l’une des compagnies de la Brigade polonaise Dombrowski. Il y suit un entraînement militaire mais rapidement, il est chargé de l’intendance de sa compagnie (approvisionnement, cantonnement, etc.). En décembre 1937, dans le cadre de la Brigade Dombrowski, a été créée la Compagnie Botwin3, du nom d’un communiste très engagé qui, en Pologne, avait eu pour mission d’exécuter un dénonciateur de communistes.
Cette compagnie regroupait aussi les Juifs des autres Brigades qui le souhaitaient. On s’y exprimait beaucoup en yiddish mais elle comptait également des volontaires espagnols et d’autres nationalités. Efraïm Wuzek fera partie de cette compagnie jusqu’à la fin de la guerre civile.
Lors de la défaite des Républicains, il quitte l’Espagne pour se retrouver dans l’un des camps que la France avait ouverts aux Espagnols et aux volontaires des Brigades Internationales qui ne pouvaient rentrer dans leur pays pour raisons politiques. Il y passera une partie de la guerre avant d’être transféré en Algérie. Il s’est ensuite engagé dans l’armée britannique lorsqu’elle a libéré cette zone. Il a ainsi échappé aux arrestations nazies en France où il est revenu après la guerre. Il retrouvera sa fille.

Hannah Wuzek fréquente à Paris un cercle de femmes juives communistes et s’y fait des amies.

Lorsque la guerre a éclaté, Hannah Wuzek, sa fille Larissa, Judith, une amie d'Hannah et sa fille, Roda, quittent Paris pour Joigny, pensant s'y trouver plus en sécurité. Elles y travaillent "à façon".
Un jour de juillet 1942, des policiers français viennent chercher Hannah Wuzek vers 6 heures du matin. Larissa se réveille et voit ces policiers et sa mère qui s’habille calmement. Puis, elle dit au revoir à sa fille et part en l’embrassant. C’est la dernière fois que Larissa la verra. Hannah Wuzek sera deportee sans retour vers Auschwitz le 17 juillet 1942 par le convoi n° 6.
Larissa reste avec Judith qui n'avait pas été arrêtée grâce à sa nationalité britannique.

Très rapidement, Larissa est prise en charge par une assistante sociale qui l’a ramène à Paris dans un centre pour enfants géré par l’UGIF4.
Dans ce centre pour enfants, dès l’arrivée, Larissa se retrouve avec la tête rasée et reçoit un numéro accroché au cou comme un collier. Elle y restera à peu près un an.
Larissa est alors prise en charge par une Résistante de la section juive de la Main-d’Oeuvre Immigrée, la M.O.I., Sophie Schwartz-Micnik, qui fait des démarches extrêmement compliquées et dangereuses pour la sortir de là et la cacher dans une famille en Normandie grâce à l'aide du réseau de sauvetage du Pasteur Paul Vergara*, de Marcelle Guillemot* et de Suzanne Spaak*.

Larissa Wuzek, âgée de 8 ans, est conduite, sous le nom de "Madeleine Petit" dite "Mado", chez Hélène* et Louis Cardon*. La petite fille va à l’école, mange bien et devient la cadette de trois adolescents, malgré la proximité des militaires allemands qui s’approvisionnaient dans leur ferme.
A l’école, elle rencontre Denise Jaskiel, enfant juive cachée elle aussi à Bézancourt chez Élisabeth Besnard*.

Après la Libération, un jour, en rentrant de l’école, on lui dit : "Quelqu’un est là pour toi, Mado". Un homme qu'elle ne connait pas est là. C'est son père qui était parti en Espagne quand elle avait deux ans...
Il rentre à Paris avec Larissa et trouve une emploi à l’approvisionnement de la cantine de l’Union des Juifs pour la Résistance et l’Entraide (U.J.R.E.), l’organisation dont Sophie Schwartz faisait partie.5

Larissa est ensuite placée par son père dans une "Maison d’Enfants" de l’U.J.R.E. L’institution accueillait les enfants dont l’un ou les deux parents avaient été déportés ou exécutés. La petite fille se sent bien dans cette maison parce que les enfants avaient un passé similaire au sien.

À la cantine de l’U.J.R.E., Efraïm Wuzek rencontre Rose, piqueuse en confection, dont le mari avait été déporté. Elle avait deux filles. Ils ont reconstitué une famille.
En 1947-1948, Efraïm Wuzek va chercher sa fille pour intégrer cette famille recomposée.

En 1949, la famille Wuzek part à Varsovie où Efraïm Wuzek veut y reconstruire le socialisme.
Efraïm Wuzek précède la famille pour préparer l'installation. Il obtient des autorités communistes un appartement et trouve un travail dans un ministère.
Larissa va au lycée et ensuite pendant 4 ans à l’école polytechnique dont elle sort avec un diplôme d’ingénieur électricien. Elle s'entend bien avec l’aînée des filles de Rose, Suzanne, moins avec la plus jeune.

En 1955, Larissa fait la connaissance de son futur mari, Jules Gruszow, arrivé de Belgique, engagé dans la reconstruction du socialisme en Pologne. Très rapidement ils se marient et ont un fils. Comme beaucoup de jeunes à Varsovie, ils sont étudiants et n'ont pas d’appartement. Ils logent chez les parents de Julot qui l’accueillent à bras ouverts.
L’année suivante, la Pologne connaît une crise de grande ampleur qui déclenche une vague d’antisémitisme. De nombreux Juifs, dont certains venus de Belgique, essayent de quitter la Pologne pour Israël ou d’autres destinations.
Les Gruszow décident d'aller à Bruxelles avec leur fils et leur fille où ils arrivent fin 1957 tandis qu'Efraïm Wuzek et Rose resteront en Pologne jusqu’en 1969.

14/09/2011

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Etoile jaune: le silence du consistoire centrale , Mémoire ou thèse 7 pages, réalisation 2013
Auteur : Thierry Noël-Guitelman - terminal
Lorsque la 8e ordonnance allemande du 29 mai 1942 instaure l'étoile jaune en zone occupée, on peut s'attendre à la réaction du consistoire central. Cette étape ignoble de la répression antisémite succédait aux statuts des juifs d'octobre 1940 et juin 1941, aux recensements, aux rafles, aux décisions allemandes d'élimination des juifs de la vie économique, et au premier convoi de déportés pour Auschwitz du 27 mars 1942, le consistoire centrale ne protesta pas.


Liens externes [Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet]
1 Juifs en psychiatrie sous l'Occupation. L'hospitalisation des Juifs en psychiatrie sous Vichy dans le département de la Seine (Par une recherche approfondie des archives hospitalières et départementales de la Seine, l'auteur opère une approche critique des dossiers concernant des personnes de confession juive internées à titre médical, parfois simplement préventif dans le contexte des risques et des suspicions propres à cette période. La pénurie alimentaire est confirmée, influant nettement sur la morbidité. Ce premier travail sera complété par un examen aussi exhaustif que possible des documents conservés pour amener une conclusion. )
2 Héros de Goussainville - ROMANET André (Héros de Goussainville - Page ROMANET André )
3 Notre Dame de Sion : les Justes (La première religieuse de Sion à recevoir ce titre en 1989 est Denise Paulin-Aguadich (Soeur Joséphine), qui, à l’époque de la guerre, était Ancelle. Depuis, six autres sœurs de la congrégation, ainsi qu’un religieux de Notre-Dame de Sion ont reçu la même marque de reconnaissance à titre posthume. Ils ont agi à Grenoble, Paris, Anvers, Rome. L’action de ces religieuses et religieux qui ont sauvé des Juifs pendant la deuxième guerre mondiale mérite de ne pas être oubliée. Et il y en a d’autres, qui, même s’ils n’ont pas (encore ?) reçu de reconnaissance officielle, ont œuvré dans le même sens, chacun à leur place. )
4 L'histoire des Van Cleef et Arpels (Blog de Jean-Jacques Richard, très documenté. )
5 Résistance à la Mosquée de Paris : histoire ou fiction ? de Michel Renard (Le film Les hommes libres d'Ismël Ferroukhi (septembre 2011) est sympathique mais entretient des rapports assez lointains avec la vérité historique. Il est exact que le chanteur Selim (Simon) Halali fut sauvé par la délivrance de papiers attestant faussement de sa musulmanité. D'autres juifs furent probablement protégés par des membres de la Mosquée dans des conditions identiques.
Mais prétendre que la Mosquée de Paris a abrité et, plus encore, organisé un réseau de résistance pour sauver des juifs, ne repose sur aucun témoignage recueilli ni sur aucune archive réelle. Cela relève de l'imaginaire. )
6 La Mosquée de Paris a-t-elle sauvé des juifs entre 1940 et 1944 ? une enquête généreuse mais sans résultat de Michel Renard (Le journaliste au Figaro littéraire, Mohammed Aïssaoui, né en 1947, vient de publier un livre intitulé L’Étoile jaune et le Croissant (Gallimard, septembre 2012). Son point de départ est un étonnement : pourquoi parmi les 23 000 «justes parmi les nations» gravés sur le mémorial Yad Vashem, à Jérusalem, ne figure-t-il aucun nom arabe ou musulman ?
Il mène une enquête, cherche des témoins ou des descendants de témoins, évoque la figure de Si Kaddour Ben Ghabrit, directeur de l’Institut musulman de la Mosquée de Paris de 1926 à 1954, fait allusion à d’autres personnages qu’il a rencontrés, et plaide pour une reconnaissance mémorielle d’actes de solidarité, de sauvetage, de juifs par des musulmans durant cette période. Et pour leur reconnaissance et inscription sur le mémorial de Yad Vashem.
Cet ouvrage est fréquemment mentionné par voie de presse, avec force sympathie. Mais… rares sont les critiques, positives ou négatives, réellement argumentées. On a le sentiment que ce livre est légitime, généreux, qu’il "tombe" bien en cette période.
C'est ce que le sociologue américain Merton avait repéré dans les phénomènes d'identification et de projection même si le rapport à la réalité est totalement extérieur. Aujourd'hui, l'Arabe musulman, sauveteur de juifs, devient un type idéal auxquels de nombreux musumans ont envie de croire. La réalité n'est pas celle-ci, mais peu importe ! On reproduit la quatrième de couverture du livre (qu'on n'a pas lu), on ose quelques citations d’extraits… Mais personne ne se hasarde à une évaluation de la validité historique de sa teneur. )
7 Paroles et Mémoires des quartiers populaires. (Jacob Szmulewicz et son ami Étienne Raczymow ont répondu à des interviews pour la réalisation du film "Les garçons Ramponeau" de Patrice Spadoni, ou ils racontent leur vie et en particulier leurs actions en tant que résistants. On peut le retrouver sur le site Paroles et Mémoires des quartiers populaires. http://www.paroles-et-memoires.org/jan08/memoires.htm. (Auteur : Sylvia, Source : Canal Marches) )
8 Les grands entretiens : Simon Liwerant (Témoignage de Simon Liwerant est né en 1928. Son père Aron Liwerant, ouvrier maroquinier né à Varsovie, et sa mère Sara née Redler, seront arrêtés et déportés sans retour. )

Notes

- 1 - Wloclawek : première ville d’Europe où fut imposé le port de l’étoile Jaune.
- 2 - À la veille de la guerre, la ville comptait environ 13.500 Juifs sur ses 60.000 habitants.
- 3 - Naftali Botwin (1905-1925) : jeune cordonnier communiste juif polonais, fusillé pour avoir abattu un agent provocateur.
- 4 - Union Générale des Israélites de France (U.G.I.F.) est un organisme créé par une loi française du 29 novembre 1941 par le régime de Vichy à la demande de l’autorité allemande.
- 5 - Cette organisation avait été créée pendant la guerre par la section juive de la M.O.I., dont faisaient partie les héros de la fameuse "Affiche Rouge". Il y avait plusieurs sections. Les Juifs y étaient très présents.

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