André Malraux, de son nom complet Georges André Malraux, est né à Paris 18e, 53 rue Damrémont le 3 novembre 1901.
Fils aîné de Fernand Malraux,(1875-1930), originaire de Dunkerque et de Berthe Lamy, (1877-1932), originaire de la région parisienne, ses parents se séparent en 1905 et il passe son enfance avec sa mère, sa grand-mère et une tante épicière, 16 rue de la Gare à Bondy.
Il a 8 ans lorsque son grand-père se suicide, en 1909.
En 1918, il abandonne ses études secondaires avant le baccalauréat.
Le 21 octobre 1921, il se marie avec Clara Goldschmidt. Le jeune couple se lie à l'intelligentsia et voyage beaucoup.
Autodidacte, il gagne l'Indochine où il participe à un journal anticolonialiste et est emprisonné en 1923-1924 pour trafic d'antiquités khmères, aventure transposée dans La Voie royale (1930).
il rentre en France en novembre 1924.
En 1933, parait La Condition humaine qui obtient le Prix Goncourt, année de la naissance de sa fille Florence le 28 mars.
Militants antifascistes, de 1936 à 1939, André et Clara Malraux se rendent régulièrement en Espagne pour soutenir les militants antifascistes.
André Malraux combat en 1936-1937 aux côtés des Républicains espagnols et son engagement le conduit à écrire son roman L'Espoir, publié en décembre 1937, et adapté au cinéma en 1938.
En 1937, séparé de Clara, il vit avec Josette Clotis (8 avril 1910 - 12 novembre 1944), rencontrée en 1933 et ils se rendent ensemble aux États-Unis et au Canada.
En novembre 1939, il est admis dans une unité de chars de combat1 basée à Provins et incorporé le 14 avril. Le 12 juin son unité est faite prisonnière et internée un temps dans la nef de la cathédrale de Sens puis dans un dépôt. Volontaire pour aider aux moissons, il est affecté à une ferme de Collemiers, à quelques kilomètres de Sens, le 6 août 1940 où ils vont constituer le "groupe des dix". Fin septembre, son demi-frère Roland le prévient que les Allemands ont décidé de rendre leur liberté à quelques écrivains. Avec son aide, il s'évade de la ferme le 1er novembre 1940, en compagnie du poète Jean Grosjean, Jean Beuret et de l'abbé Magnet2, qui lui offre l'hospitalité chez lui, dans la Drôme.
Clara Malraux se déclare comme juive après la loi du 2 juin 1941 et quitte Paris pour se réfugier dans le Lot avec sa fille qu'elle fait baptiser.
Josette Clotis donne naissance à leur premier fils Pierre-Gauthier le 5 novembre 1940.
Ils sont réfugiés à Hyères.
Dès novembre 1940, André Malraux est en contact régulier avec Gide réfugié à La Messuguière (à Cabris) ou à Nice, Martin du Gard (Nice), Emmanuel Berl (Cannes).
En janvier 1941, il s'installe avec Josette Clotis à Roquebrune-Cap-Martin, villa La Souco ou il restera jusqu'à l'automne 1942, avec un séjour à la Villa Les Camélias au Cap d'Ail d'avril à septembre 1941.
Méfiant de l'influence des communistes sur la résistance, il refuse de s'engager malgré les pressions de d'Astier, Bourdet, Sartre et Beauvoir.
En septembre il fait un séjour dans l'Allier, il s'installe dans le Cantal, ou Josette viendra le rejoindre avec leur fils.
En décembre 1942, il s'installe avec Josette Clotis au château de Saint-Chamant (Corrèze). Un second fils naît le 11 mars 1943, Vincent.
Début septembre, il a ses premiers contacts avec la Résistance, en l'occurrence avec Harry Peulevé, chef du réseau britannique AUTHOR du SOE. Il aide au recrutement de son demi-frère Roland dans le réseau.
En 1944, Clara et Florence partent pour Dieulefit (Drôme), accueillies par l'abbé Georges Magnet, curé de La Bâtie-Rolland, mMembre du "Groupe des Dix" de Coloumiers. L'abbé Magnet sera fusillé par les nazis le 27 août.
Début 1944, Roland Malraux, son demi-frère né en 1912, lui fait rencontrer George Hiller, chef du réseau FOOTMAN, autre réseau du SOE.
André Malraux ne rejoint la Résistance qu'en mars 1944 puis participe aux combats lors de la Libération de la France.
Fin mars 1944, ses deux demi-frères, agents du SOE, sont arrêtés par les Allemands. Roland Malraux est arrêté à Tulle et Claude Malraux à Rouen3. Claude meurt sous la torture le 18 avril 1944. Roland sera déporté au camp de concentration de Neuengamme, en Allemagne. Il meurt le 3 mai 1945 dans le bombardement du Cap Arcona, en rade de Lübeck.
André entre en résistance sous le nom de "Claude Berger"4. Il quitte Saint-Chamant et gagne la vallée de la Dordogne, au Château de Castelnaud-la-Chapelle près de Limeuil, puis au Château de la Vitrolle. George Hiller le met en rapport avec les groupes Vény du Lot.
Malraux installe son poste de commandement (composé de quelques hommes à peine) dans le maquis. Grâce à George Hiller, il circule dans plusieurs départements (Corrèze, Lot, Dordogne et Tarn), y rencontre les principaux chefs de la Résistance, et leur fait part de sa "mission", en ayant assez d'habileté pour laisser croire à chacun des groupes se réclamant d'une des hiérarchies en présence qu'il appartient à une autre. Piloté par George Hiller et parlant volontiers de son "PC interallié", il passe au début pour un agent du SOE. Pour d'autres, il commanderait les FFI au niveau de la région, ou encore les FTP. Sa mission affichée est de les regrouper tous, sous un seul état-major régional. Mais cette mission correspond d'autant plus précisément à ce qu'il souhaite, qu'il n'a laissé à personne d'autre le soin de la définir5.
Le “colonel Berger” est arrêté par les Allemands à Gramat le 22 juillet 1944, lors de la fusillade de la voiture de George Hiller. Détenu à l'hôtel de Bordeaux pour des interrogatoires, il est l'objet d'un simulacre d'exécution. Le 23 juillet,
il est transféré à Figeac, Villefranche-sur-Rouergue, Albi, Revel, Toulouse où il est incarcéré à la prison Saint-Michel (2 août).
Le 19 août, la prison est libéré par un coup de force des frères Angel, du groupe de Jean-Pierre Vernant.
Fin août 1944, séjournant à Paris, il rencontre Ernest Hemingway et en Septembre le Général de Lattre de Tassigny à l'Hôtel de La Cloche à Dijon.
En septembre6, il forme la brigade Alsace-Lorraine avec le Colonel Jacquot, qui réunit d'anciens maquisards alsaciens et lorrains réfugiés dans le sud-ouest. À la tête de la brigade7, Malraux participe dans les Vosges et en Alsace à la campagne de la première armée française, notamment lors des prises de Dannemarie (Haut-Rhin), de Strasbourg et de Colmar.
Le 12 novembre 1944, sa compagne Josette Clotis, raccompagne sa mère au train de Saint-Chamand. En descendant du tortillard qui démarre, elle saute du train. Sa sandale de liège se dérobe sous son pied, elle glisse, est happée par le wagon de queue et décèdera quelques heures plus tard à l'hôpital de Tulle.
André Malraux sera très affecté par la perte de son grand amour : "Etat Josette alarmant, venir toute urgence." Un tel télégramme n’est envoyé à un officier du front qu’en cas d’agonie ou de mort, ce pourquoi il appelle une permission
immédiate. La neige sur toute la France. J’arrive au milieu de la nuit avenue Alsace-Lorraine à Tulle. Ma femme est morte, coupée en deux par un train." évoque-t-il dans les OEuvres complètes.
Le 17 novembre 1945, André Malraux est fait Compagnon de la Libération.
Après la guerre, proche du Général de Gaulle, il devient ministre de l'Information le 21 novembre 1945.
De 1947 à 1951, Brigitte Friang, rescapée de Ravensbrück, est son attachée de presse. Elle le sera à nouveau en 1958-1959.
Le 13 mars 1948, André Malraux épouse Madeleine Malraux, avec qui il vivait depuis 1944.
Il sera ministre de la Culture de 1959 à 1969.
Ses deux fils, nés de son union avec Josette Clotis, Gauthier, 20 ans, et Vincent, 17 ans, meurent dans un accident de voiture le 23 mai 1961.
En 1969, André Malraux s'installe au château de Louise de Vilmorin, à Verrières-le-Buissson qui décède le 26 décembre 1969.
En 1970, la nièce de Louise, Sophie de Vilmorin est la secrétaire d'André Malraux et sa compagne de ses dernières années.
André Malraux meurt le 23 novembre 1976 à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil.
Le 23 novembre 1996, pour le 20e anniversaire de sa mort, ces cendres sont transférées au Panthéon.
Chronologie[Ajouter]
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Liens externes
[Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet] 1 Une femme de papier (Lettres d'amour de Josette Clotis à André Malraux. )
2 André Malraux sur Wikipédia 3 Site littéraire André Malraux (Le site malraux.org est coordonné au le Groupe de recherches André Malraux de Paris-IV Sorbonne et au Centre d'études André Malraux et les littératures engagées de Paris-III Sorbonne-Nouvelle.
Doté résolument d'une orientation littéraire et universitaire, il propose des informations précises sur Malraux et son œuvre, constamment mises à jour et renouvelées selon l'état et les mouvements de la critique et de la recherche. )
4 Enfants juifs déportés de France (Brochure éditée par les Fils et filles de déportés juifs de France et la Mairie de Paris en mars 2007.
Préface de Serge Klarsfeld : En France, en 1940, il y avait environ 70 000 Juifs de moins de 18 ans. Sur ce nombre, 11 400 ont été arrêtés - la plupart par la police de Vichy -, déportés à Auschwitz et assassinés, à l'exception d'environ 200 d'entre eux; presque tous des adolescents. Parmi les
communautés juives importantes en Europe, celle de France a connu le pourcentage le plus important d'enfants
sauvés : 84 %, c'est exceptionnel. On le doit essentiellement à la sympathie agissante de la population non juive qui a soutenu les efforts des familles et des organisations juives qui essayaient de sauver les enfants en priorité. Laïcs et religieux ont su tendre la main à la fois par compassion et pour que la France ne perde pas son âme. )
5 Juifs en psychiatrie sous l'Occupation. L'hospitalisation des Juifs en psychiatrie sous Vichy dans le département de la Seine (Par une recherche approfondie des archives hospitalières et départementales de la Seine, l'auteur opère une approche critique des dossiers concernant des personnes de confession juive internées à titre médical, parfois simplement préventif dans le contexte des risques et des suspicions propres à cette période. La pénurie alimentaire est confirmée, influant nettement sur la morbidité. Ce premier travail sera complété par un examen aussi exhaustif que possible des documents conservés pour amener une conclusion. ) 6 Héros de Goussainville - ROMANET André (Héros de Goussainville - Page ROMANET André ) 7 Notre Dame de Sion : les Justes (La première religieuse de Sion à recevoir ce titre en 1989 est Denise Paulin-Aguadich (Soeur Joséphine), qui, à l’époque de la guerre, était Ancelle. Depuis, six autres sœurs de la congrégation, ainsi qu’un religieux de Notre-Dame de Sion ont reçu la même marque de reconnaissance à titre posthume. Ils ont agi à Grenoble, Paris, Anvers, Rome. L’action de ces religieuses et religieux qui ont sauvé des Juifs pendant la deuxième guerre mondiale mérite de ne pas être oubliée. Et il y en a d’autres, qui, même s’ils n’ont pas (encore ?) reçu de reconnaissance officielle, ont œuvré dans le même sens, chacun à leur place. )
8 L'histoire des Van Cleef et Arpels (Blog de Jean-Jacques Richard, très documenté. )
Notes
- 1 - D.C. 41 -Ei 1.
- 2 - Futur aumônier du Vercors, mort dans le maquis des Glières.
- 3 - Fin février ou début mars, Claude, second du réseau SALESMAN de Philippe Liewer, est arrêté à Rouen. Le 21 mars, Roland, second du réseau AUTHOR d'Harry Peulevé, est arrêté à Brive.
- 4 - Vincent Berger est le nom d'un personnage de son roman Les Noyers de l'Altenburg, paru en Suisse en 1943 sous le titre La Lutte avec l’ange.
- 5 - Henri Noguères, Histoire de la Résistance, Famot, 1982, tome IX, p.322 et suiv.
- 6 - Création officielle, le 17 septembre, à Dijon, dissoute le 15 mars 1945.
- 7 - Grégory GUIBERT, L'action d'André Malraux à la tête de la Brigade Alsace-Lorraine : un commandement charismatique et spirituel, Mémoire de Master d'histoire du vingtième siècle de Sciences Po (dir : Jean-Pierre Azéma), Paris, 2002, 209 p.
Justes parmi les Nations -
Righteous among the Nations
- De Gerechten mank de Völker -
Giusti tra
le nazioni - Drept între
popoare -
Gerechter unter den Völkern - Sprawiedliwy
wsród Narodów Swiata -
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Justuloj inter la popoloj - Rättfärdig bland folken - Spravodlivý medzi národmi - Spravedlivý mezi národy
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