Profession: Pasteur Qualité: à la tête d'un mouvement de révolte spirituelle et humanitaire au sein de la communauté protestante de Lyon. De nationalité suisse Religion : Protestant Date de naissance: 1907 (Genève (Suisse))
Date de décès: 24/01/1979
Né à Genève, Roland de Pury* étudie la théologie à Neuchâtel, à Paris, enfin à Bonn où il prépare une thèse auprès de Karl Barth.
Cofondateur, avec Henry Corbin, Roger Jézéquel, Denis de Rougemont et Albert-Marie Schmidt, alors qu’il est étudiant en théologie à Paris, de la revue Hic et Nunc, il passe à Bonn l’année académique 1932-33 où il est témoin de la prise de pouvoir d’Hitler.
Pasteur de l’église réformée de France, en Vendée entre 1934 et 1938, il est ensuite nommé à Lyon où il reste près de 20 ans à l'église réformée des Terreaux.
Il s'engage très vite dans la résistance. Lyon est occupée par l’armée allemande du 19 juin au 6 juillet 1940.
La Wehrmacht partie, la population lyonnaise était surtout soulagée de ne pas faire partie de la zone occupée. Dans ce contexte, le pasteur Roland de Pury* allait tenir, le dimanche 14 juillet 1940 dans son temple de la rue Lanterne, un sermon d’une rare audace, dont des phrases circuleraient
rapidement dans la communauté protestante de Lyon.
Roland de Pury* a continué à tenir des sermons très courageux. Dès octobre 1940, il prit en outre des initiatives de sauvetage avec le concours des mouvements de jeunesse d’inspiration protestante,
regroupés dans la CIMADE, pour lesquels il assurait aussi un lien avec la Suisse. De plus, le pasteur offrit sa maison, son temple, sa paroisse pour héberger des membres de la Résistance, des Juifs ou des passeurs qui convoyaient des enfants du Chambon vers la Suisse. De Paris, on envoyait aussi au pasteur Roland de Pury* et son épouse Jacqueline*, des enfants pour qu’ils passent en Suisse.
En 1942, le pasteur suisse Roland de Pury* installé à Lyon, membre actif de l’OSE (Œuvre de Secours aux Enfants) prend contact, par l’intermédiaire de Paulette Mercier, résistante protestante de Nantua, avec Ruth Jaccard Monney* et ses parents Arthur* et Wilhelmine Jaccard* et les Dupeyreix d’origine suisse, exploitantes au domaine du Sappel, pour établir une filière avec la Suisse.
Situé dans le Bugey, à Labalme-sur-Cerdon, entre Lyon et Genève, ce domaine est un refuge pour plusieurs fillettes d’origine juive : Sophie et Rachèle Markowitz, Fanny Krinbert, Hélène Sismann et sa mère, Mme Sismann.
Il sert également de lieu de transit vers la frontière.
André Monney, le mari de Ruth*, relayé par la famille Fonjallaz, protestants, habitant à Prévessin-Moens, situé à la frontière suisse, assure notamment le passage en Suisse de douze enfants juifs.
Paulette Mercierplacera des jeunes filles comme "bonnes" à Nantua et dans d'autres lieux.
Le 30 mai 1943, dimanche de la confirmation, deux agents de la Gestapo arrêtèrent Roland de Pury et l’emmenèrent au fort de Montluc, prison de la Gestapo. Il apprendrait plus tard que son arrestation était motivée par l’aide qu’il apportait à la Résistance, en l’occurrence au mouvement Combat. Il fut enfermé. Le cardinal Gerlier* et le pasteur Boegner* demandèrent en vain sa libération.
Avec des petits bouts de crayons conservés au risque de se faire fusiller, le pasteur écrivit un Journal de cellule dont une première édition parut en Suisse avant la Libération de la France ; une édition complète fut publiée en 1981. Roland de Pury* et d’autres Suisses capturés par les Allemands furent échangés fin octobre 1943 contre des espions nazis faits prisonniers sur territoire suisse. Il ne retourna à Lyon qu’après la Libération.
Missionnaire au Cameroun (1957), à la demande de la Société des missions évangéliques, puis à Madagascar (1961), il devient aumônier universitaire à Aix-en-Provence, avant de prendre en charge l’église réformée d’Aix-en-Provence.
Roland de Pury* est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages théologiques.
Sermon du pasteur de Pury, tenu le dimanche 14 juillet 1940 dans son temple de la rue Lanterne. Sermon d’une rare audace, dont des phrases circuleraient rapidement dans la communauté protestante de Lyon.
"[…] Je sais bien qu’après un tel carnage, la France peut bien se reposer et dire: j’ai fait ce que je pouvais. Oui, elle avait le droit de déposer les armes. Mais non pas, non jamais de consentir intérieurement à l’injustice. Et il y en a beaucoup qui, pour souffrir un peu moins, sont prêts à ce consentement. […]
Mieux vaudrait la France morte que vendue, défaite que voleuse. La France morte, on pourrait pleurer sur elle, mais la France qui trahirait l’espoir que les opprimés mettent en elle, mais la France qui aurait vendu son âme et renoncé à sa mission, nous aurait dérobé jusqu’à nos larmes. Elle ne serait plus la France. […]
Déjà les gens ne se demandent plus si cette guerre était juste. Ils regrettent de l’avoir faite parce qu’ils l’ont perdue. […]. Mais alors c’est la victoire qui donne raison? Et la défaite qui donne tort ? C’est le succès qui détermine la vérité? Est-ce là ce que vingt siècles de christianisme ont enseigné à la France ? Est-ce là ce que la vérité clouée sur une croix nous enseigne? Si la France, parce qu’elle est défaite, se met à douter de la justice de cette lutte qu’elle a menée, et si par conséquent elle étouffe sa mission de justice, alors elle est pis que morte, elle est décomposée, elle est prête pour toutes les infamies. […] Est-ce que toute la repentance de ce pays va consister à regretter la seule chose qu’il n’ait pas à regretter? […]"
Vers le 20 juin 1943.
Ah! Tu me fais durement saisir que c’est là justement tout le problème de notre destinée : esclavage ou liberté. […]
31 juillet 1943.
Quand, à 7 heures, le sergent a passé avec sa main pleine de crayons rendus, j’ai eu la force de ne lui donner que le centimètre inutilisable qu’une jeune femme m’avait passé à l’interrogatoire, et de garder les autres. […] Depuis cet instant, j’écris sous menace de mort, et j’ai la mort cachée dans ma cellule. […] Plus que mes crayons cachés, c’est cette vision de l’après-midi, cette espèce de tableau dantesque qui me donne une sensation épouvantable de la captivité. Est-ce que j’y suis vraiment ? Est-ce que je suis, moi, pris là-dedans, ou suis-je envoûté par la lecture de
Dostoïevski ? L’horreur de la situation me tombe dessus. J’étouffe. O Seigneur, quand m’ouvriras-tu la porte ? […]
Jeudi 9 septembre 1943.
On perd de vue le rivage. On s’installe dans l’absence. On meurt lentement à cette douleur qui vous fait crier les premiers temps. Le sens même de la vie s’endort. On est comme une matière plastique qu’il faut forcer dans un moule. Cela fait mal à hurler. Et puis, peu à peu, on prend la forme: la forme du prisonnier. Rien à signaler. Je suis de plus en plus replié sur moimême. Tellement surveillé qu’il m’est impossible d’échanger quelques paroles et de renouer quelques liens. […]
Dimanche 3 octobre 1943.
Le garçon d’à côté a pleuré, gémi, appelé, frappé toute la nuit. L’étage entier n’a pas dormi. En ouvrant la porte ce matin, on l’a trouvé gisant, presque hors de sens. Il a fallu se mettre à trois pour le faire sortir. Beau travail! «O Homme que fais-tu de ton frère?»
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Liens externes
[Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet] 1 Blog sur quelques Justes et sur le livre (Blog hébergé par la Tribune de Genève sur quelques justes honorés par Yad Vashem sur l'intervention du délégué pour la Suisse et la région frontalière Ain et Haute-Savoie, Herbert Herz, ainsi que sur divers événements organisés autour de la parution du livre "Mon combat dans la Résistance FTP-MOI" ) 2 Le site du poète Pierre Emmanuel (Le site officiel du poète Pierre Emmanuel. Vous y trouverez aussi des pages sur sa vie et son action à Dieulefit durant la guerre, à Beauvallon, puis à la Roseraie. ) 3 Guy Sanglerat, ancien membre du Coq Enchaîné (Le Coq Enchaîné était un réseau de résistance de la région qui pendant l'occupation allemande rassemblait des syndicalistes, des socialistes et des radicaux de la mouvance d’Édouard Herriot. Membre du réseau, Guy Sanglerat publie ses souvenirs.. )
4 Le Coq enchaîné (Le Coq enchaîné : un journal clandestin sous l'occupation allemande. Le premier numéro fait son apparition en mars 1942. Les membres du Coq Enchaîné mèneront aussi des actions de résistance. Il a compté jusqu'à 400 membres. Le réseau sera décimé en 1943. Guy Sanglerat raconte ... )
5 Les archives du conseil général de Savoie (La liste des 168 "travailleurs israëlites" en partance de Ruffieux, établie le 24 Août 1942. ) 6 Exposition "L'enfant cachée" (Exposition pédagogique pour accompagner la lecture de l'album L'enfant cachée (Le Lombard, 2012) et découvrir l'Histoire. 2012)
Alexandre Angeli
(1940 - 1944) Alexandre Benoît Joseph Angeli, Préfet régional de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire) (1893-1962) (1893-1962)
Édouard Bonnefoy (24/01/1944 - 05/1944) Préfet régional de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire). Résistant, il sera dénoncé par la Milice, arrêté par la Gestapo et déporté à Neuengamme (1899-1945).
André Boutemy
(1944 - 1944) Préfet régional de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire) (1905-1959)
Yves Farge
(1944 - 1945) Commissaire régional de la République de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire) (1899-1953)
Henri Longchambon
(1944 - 1946) Préfet du Rhône puis commissaire de la République pour la région Rhône-Alpes (1896-1969)
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