Roger* et Inès Jézéquel* vivaient avec leurs quatre enfants dans une propriété isolée de 25 hectares, "La Chartreuse", à Rontignon (Pyrénées-Atlantiques). Roger* était pasteur et écrivain alors qu’Inès Jézéquel*, fille d’universitaire, gérait la propriété agricole. Jules Jézéquel*, le père de Roger*, avait pris sa retraite, et, après la mort de sa femme, rejoint la propriété ainsi qu’une grande-tante. Jules Jézéquel* était aussi pasteur et une grande figure de l’Église Réformée de France d’entre les deux guerres. Appelé "le pasteur rouge", il avait été l’animateur de luttes paysannes et le défenseur d’ouvriers en grève. Il avait milité pour un christianisme social et pour la paix dans le monde dans le cadre de l’organisation internationale Le Rassemblement Universel pour la Paix. Il s’était aussi engagé très tôt dans le combat en faveur des républicains espagnols.
En 1938, les Jézéquel* accueillirent Fanny Blanck, et sa fille Dorothée (Dorète), de 6 ans. Fanny, juive polonaise, avait milité au sein du parti communiste allemand et subi plusieurs années de prison, dès la prise du pouvoir par Hitler en 1933. Dorothée, née en prison en 1934, fut confiée à un orphelinat en Suisse jusqu’à la libération de sa mère qui la récupéra et se réfugia chez les Jézéquel*. Elle contribuait à sa subsistance en aidant aux travaux domestiques. Elles resteront jusqu'en 1945.
Les Jézéquel* accueillirent aussi une famille d’anciens des Brigades Internationales qui prirent la ferme en mains.
À partir de 1941, ils hébergent aussi trois Juifs allemands.
Deux frères yougoslaves, réfugiés des Brigades Internationales, accompagnés de leurs épouses, trouvent également asile chez ces Justes parmi les Nations.
En 1943, ils accueillent dans leur maison un vieux couple de Juifs allemands.
Parmi les réfugiés figurent aussi Herbert et Sophie, qui se marièrent en 1944 à Rontignon, et émigrèrent en Floride, l'avocat Léon, M. et Mme Hermann, etc.
Des réfractaires du STO s’ajoutèrent mais le flux de réfugiés juifs en quête d’un refuge ne cessa qu’à la Libération.
Inès* gérait la propriété en autarcie et produisait toute la nourriture nécessaire pour la petite communauté puisqu'ils n’avaient que leurs propres tickets d’alimentation.
Les voisins connaissaient la présence des Juifs mais se taisaient.
Un soir un gendarme vint prévenir Jules* que son nom avait été signalé au cours d’un interrogatoire. Il dut aller se cacher à Toulouse pendant trois mois. Quand une patrouille allemande approchait, tout le monde se dispersait. Plus d’une douzaine de Juifs pourchassés durent leur vie à la générosité et au courage des Jézéquel*.
Tous restèrent chez Jules*, Roger* et Inès Jézéquel* jusqu’à la Libération.
Fanny et Dorothée ont maintenu avec eux des liens durables et éprouvèrent une immense reconnaissance à leur égard.
La Chartreuse est une propriété agricole d'une trentaine d'hectares, située sur les coteaux, à 7 km au sud-est de Pau (Pyrénées Atlantiques). Dans les années 30 et 40 elle appartenait à un couple protestant, Roger Jézéquel et sa femme Inès (née Leenhardt). Roger était écrivain et journaliste (sous le pseudonyme de Roger Breuil il publia plusieurs romans chez Gallimard) et Inès était exploitante agricole. Dans la propriété - qui possédait une très grande maison et trois maisons plus petites - vivait également le père de Roger, Jules Jézéquel, pasteur de l'Église Réformée de France qui avait longtemps été responsable de la branche française de The World Alliance for International Frienship through the Churches (Alliance Universelle pour l'Amitié Internationale par les Églises) une association internationale luttant pour la Paix. À ce titre, Jules Jézéquel avait, au début des années 30, milité contre les persécutions dont les Juifs étaient victimes. Dès 1938, furent accueillies à La Chartreuse des Juifs qui s'enfuyaient de leur pays pour échapper à la mort, beaucoup étaient allemands, beaucoup aussi communistes. En principe, ils ne s'arrêtaient chez les Jézéquel qu'un court laps de temps, avant de franchir les Pyrénées toutes proches, mais une dizaine d'entre eux restèrent à La Chartreuse jusqu'à la fin de la guerre et échappèrent à la police malgré certaines de ses visites inopinées. Parmi ces réfugiés figurent Fanny Blanck, et sa fille Dorète, arrivées en 1938, parties en 1945, Herbert et Sophie, qui se marièrent en 1944, à Rontignon, et émigrèrent en Floride, l'avocat Léon, M. et Mme Hermann, etc. Voir Wikipedia : Jules Jézéquel
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Cet article n'est pas encore renseigné par l'AJPN, mais n'hésitez pas à le faire afin de restituer à cette commune sa mémoire de la Seconde Guerre mondiale.
Témoignages, mémoires, thèses, recherches, exposés et travaux scolaires [Ajouter le votre]
Paul Joseph dit Joseph Bourson Arrêté comme otage et fusillé le 11 juin 1944 à Mussidan (Dordogne), Blog2 pages,
réalisation 2011 Auteur :
Alain LAPLACE
Article rédigé à l'occasion de mes recherches généalogiques, puis la mise en ligne d'un blog (http://majoresorum.eklablog.com)dédié à la famille BOURSON qui a été expulsée en 1940 du village de Vigy (Moselle) et réfugiée à Mussidan (Dordogne) et les villages alentours où elle a vécu toute la durée de la guerre. Plusieurs personnes natives de Vigy faisaient partie des 52 otages fusillés le 11 juin 1944.
Liens externes
[Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet] 1 Comité national français en hommage à Aristides de Sousa Mendes 2 Connus ou inconnus mais Justes (C’est dans le sillon creusé par Aristides de Sousa Mendès, Madeleine Barot, Charles Altorffer, Marc Boegner, Henry Dupuy, Raoul Laporterie… que s'ancre le souvenir de tous ces Justes que la modestie pourrait renvoyer à l’oubli et à l’indifférence.
Ce livret du Crif Sud-Ouest Aquitaine, écrit et coordonné par Hellen Kaufmann, présidente de l'AJPN, rend hommage à chacun des 225 Justes récompensés à ce jour en Aquitaine. La moindre des choses était de leur permettre de dire et de déposer leur histoire, pour que l’avenir ne les oublie plus jamais, ni eux ni les anonymes qui ont aidé au sauvetage de Juifs. )
3 La Prison militaire de Mauzac : camps d’internements sous Vichy (revue Arkheia, n°5-6, 2004. ) 4 Jacky Tronel, Séjour surveillé pour « indésirables français » : Le château du Sablou en 1940 (La politique de répression mise en place par la IIIe République à l’encontre des individus jugés “dangereux pour la défense nationale ou la sécurité publique” se traduit par la création de “centres de séjour surveillé pour indésirables français”. En Dordogne, le “Camp du château du Sablou” voit ainsi le jour. Il fonctionne du 17 janvier au 30 décembre 1940, soit une année à peine… Suffisamment longtemps pour marquer la mémoire du lieu, ainsi que celle des trois à quatre cents internés, détenus “par mesure administrative” (in Arkheia, revue d'histoire). ) 5 Victime en représailles à Mussidan 6 Les neufs jours de Sousa Mendes - Os nove dias de Sousa Mendes (Documentaires de Mélanie Pelletier, 2012.
Avec António de Moncada de Sousa Mendes, Andrée Lotey, Elvira Limão, Hellen Kaufmann, Manuel Dias Vaz, Irene Flunser Pimentel, Esther Mucznik, José Caré júnior, Marie-Rose Faure, Maria Barroso… et António de Oliveira Salazar, Charles de Gaulle, le Maréchal Philippe Pétain, et le rabin Haïm Kruger. )
7 Exposition "L'enfant cachée" (Exposition pédagogique pour accompagner la lecture de l'album L'enfant cachée (Le Lombard, 2012) et découvrir l'Histoire. 2012)
Émile Ducommun
(1940 - 1942) Préfet des Pyrénées-Atlantiques
Angelo Chiappe
(16/07/1939 - 24/09/1940) Préfet des Pyrénées-Atlantiques
Maurice Sabatier
(01/05/1942 - 1944) Maurice Roch Antoine Sabatier, Préfet régional de la région de Bordeaux (Basses-Pyrénées, Gironde et Landes) (1897-1989)
François Pierre-Alype
(1941 - 1941) Marie François Jules Pierre dit Pierre-Alype, Préfet régional de la région de Bordeaux (Basses-Pyrénées, Gironde et Landes) (1886-1956)
Gaston Cusin
(30/08/1944 - 18/05/1945) Commissaire régional de la République à la Libération (Basses-Pyrénées, Gironde, Lot-et-Garonne et Landes) (1903-1993)
Léopold Chénaux de Leyritz
(25/06/1940 - 24/01/1944) Léopold Marie Frédéric Chéneaux de Leyritz, Préfet de Haute-Garonne et préfet régional de la région de Toulouse à partir de 1941 (Ariège, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne et les parties non occupées des Basses-Pyrénées, de la Gironde et des Landes (1896-1970)
André Sadon
(24/01/1944 - 06/02/1944) André Paul Sadon, Préfet régional de la région de Toulouse (Ariège, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne et les parties non occupées des Basses-Pyrénées, de la Gironde et des Landes (1891-1965)
Jean Cassou
(1944 - 1944) Commissaire régional de la République de la région de Toulouse (Ariège, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne et les parties non occupées des Basses-Pyrénées, de la Gironde et des Landes (1897-1981)
Pierre Berteaux
(1944 - 1946) Pierre Félix Berteaux, Commissaire régional de la République de la région de Toulouse (Ariège, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne et les parties non occupées des Basses-Pyrénées, de la Gironde et des Landes (1907-1986)
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