Marius Jolivet* est né le 21 octobre 1906 à Saint-Étienne.
on père, ouvrier métallurgiste de Scionzier, part travailler à Saint-Étienne, puis rentre, malade, en 1908 et s'installe en 1911 dans le village de son épouse, Chevrier. Il meurt en 1915.
Marius Jolivet*, élève du collège Sainte-Marie de La Roche-sur-Furon, est orienté vers le sacerdoce par sa mère.
Ordonné prêtre le 20 décembre 1930, il enseigne au petit séminaire de Thonon-les-Bains, mais malade, il doit accepter le poste d'aumônier de l'Institution Sainte-Geneviève de Megève en 1933.
Rétabli, il devient curé de Faucigny en juin 1934, puis en août 1941 de Collonges-sous-Salève (Haute-Savoie), tout près de la frontière suisse.
Résistant de la première heure, il apporte son aide aux résistants, aux Juifs et plus tard aux réfractaires au STO. En liaison avec l'abbé Camille Folliet*, René Nodot*, responsable du Service social des étrangers, et l'oncle de ce dernier, Félix Petit, instituteur laïque et maire destitué de Saint-Julien-en-Genevois, il va se "spécialiser" dans le passage des enfants, des femmes et des personnes âgées.
En 1943, l'abbé Pierre (Henri Grouès) lui confie le passage en Suisse de la famille de Jacques de Gaulle.
Au cours des années 1943 et 1944, des dizaines de réfugiés juifs font connaissance avec sa maison, dont il avait fait un refuge et un relais sur la route de l’évasion.
Les fugitifs passaient chez lui plusieurs heures ou plusieurs jours, en fonction de la situation le long de la frontière. Le curé s’occupait d’eux avec dévouement, ne révélant leur identité à personne, pas même à ses plus proches amis.
Il inspectait quotidiennement la frontière, à la recherche du meilleur point de passage, jusqu’à ce que tous ses protégés aient réussi à passer en Suisse. Boîte aux lettres pour l'Office of Strategic Services et agent de liaison du réseau Ajax, il assure les passages en Suisse pour les réseaux juifs, catholiques, protestants et laïcs
Marius Jolivet* diffuse également les Cahiers du Témoignage chrétien et transmet la correspondance entre le père Chaillet* et Louis Cruvillier, réfugié en Suisse.
Ses amis de la résistance, qui travaillaient avec lui pour sauver les Juifs pendant l’Occupation, parlent de lui comme d’un homme hors du commun. Un homme droit et modeste qui, obéissant aux ordres de sa conscience, se consacrait tout entier à aider les autres.
L’histoire de la jeune Éva Stein est restée gravée dans leur mémoire. Cette enfant âgée de 7 ans était la fille de Juifs allemands venus d’Hambourg qui s’étaient réfugiés à Lyon (Rhône). Durant les grandes rafles de Juifs du mois d’août 1942, les Stein tentèrent de fuir la ville pour se réfugier dans un village voisin. Tous ne réussirent pas. M. Stein et la petite Éva furent arrêtés et emprisonnés. Affolé, M. Stein se suicida. La Résistance réussit à faire sortir Éva Stein de prison. L’enfant fut d’abord placée dans un pensionnat des Ursulines à Crémieu (Isère), puis dans au séminaire adventiste du Salève à Collonges-sous-Salève (Haute-Savoie). Quelques jours plus tard, en avril 1943, le Père Marius Jolivet* accompagna personnellement Éva Stein en Suisse auprès de sa mère, sa sœur, sa tante et sa grand-mère qui avaient réussi à franchir la frontière grâce à l’aide d’une courageuse jeune femme, Renée Miolane.
L’un des relais du curé Marius Jolivet* était un couple de maraîchers de Troinex (Genève) dont la ferme jouxtait la frontière française. A travers un trou dans les barbelés qu’ils avaient creusé, Arthur* et Jeanne Lavergnat* firent passer en douce la frontière à des Juifs, parfois en les hébergeant. La manœuvre restait très délicate à chaque fois car les soldats allemands avaient un poste avancé non loin de là et pouvaient observer directement les barbelés que les Lavergnat faisaient franchir aux persécutés.
Le compositeur Léon Algazi fut au nombre des Juifs que le curé aida à passer en Suisse.
En 1944, se sentant menacé, il ne dort plus dans son presbytère, mais dans une annexe de l'école des Soeurs de Saint-Joseph, ce qui contribue encore à détériorer sa santé.
Il séjournera au sanatorium de Praz-Coutant de 1945 à 1947, puis reprend son ministère.
Le Père Marius Jolivet* tomba malade et mourut en 1964, laissant le souvenir de sa bonté et de son courage.
Familles hébergées, cachées, aidées ou sauvées par Marius Jolivet Léon Algazi Éva Stein
Chronologie[Ajouter]
Cet article n'est pas encore renseigné par l'AJPN, mais n'hésitez pas à le faire afin de restituer à cette commune sa mémoire de la Seconde Guerre mondiale.
Témoignages, mémoires, thèses, recherches, exposés et travaux scolaires [Ajouter le votre]
Pas de travaux actuellement sur ce sujet… Vous pouvez mettre le votre en ligne sur le site ajpn.org.
Liens externes
[Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet] 1 Blog sur quelques Justes et sur le livre (Blog hébergé par la Tribune de Genève sur quelques justes honorés par Yad Vashem sur l'intervention du délégué pour la Suisse et la région frontalière Ain et Haute-Savoie, Herbert Herz, ainsi que sur divers événements organisés autour de la parution du livre "Mon combat dans la Résistance FTP-MOI" ) 2 Le site du poète Pierre Emmanuel (Le site officiel du poète Pierre Emmanuel. Vous y trouverez aussi des pages sur sa vie et son action à Dieulefit durant la guerre, à Beauvallon, puis à la Roseraie. ) 3 La famille Wildmann (Le parcours de la famille Wildmann en Allemagne, en Belgique et en France durant la Seconde Guerre mondiale. )
4 Guy Sanglerat, ancien membre du Coq Enchaîné (Le Coq Enchaîné était un réseau de résistance de la région qui pendant l'occupation allemande rassemblait des syndicalistes, des socialistes et des radicaux de la mouvance d’Édouard Herriot. Membre du réseau, Guy Sanglerat publie ses souvenirs.. )
5 Le Coq enchaîné (Le Coq enchaîné : un journal clandestin sous l'occupation allemande. Le premier numéro fait son apparition en mars 1942. Les membres du Coq Enchaîné mèneront aussi des actions de résistance. Il a compté jusqu'à 400 membres. Le réseau sera décimé en 1943. Guy Sanglerat raconte ... )
6 Les archives du conseil général de Savoie (La liste des 168 "travailleurs israëlites" en partance de Ruffieux, établie le 24 Août 1942. ) 7 Exposition "L'enfant cachée" (Exposition pédagogique pour accompagner la lecture de l'album L'enfant cachée (Le Lombard, 2012) et découvrir l'Histoire. 2012)
Alexandre Angeli
(1940 - 1944) Alexandre Benoît Joseph Angeli, Préfet régional de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire) (1893-1962)
Alfred Hontebeyrie
(1941 - 1941) Alfred Roger Hontebeyrie, Préfet régional de la région de Dijon (Belfort, Côte-d'Or, Doubs, Haute-Saône, Nièvre, Yonne et les parties occupées de l'Ain, l'Allier, le Jura, la Saône-et-Loire et la Haute-Savoie) (1895-1969)
Charles Donati
(1941 - 1943) Charles Guérin Joseph Louis Donati, Préfet régional de la région de Dijon (Belfort, Côte-d'Or, Doubs, Haute-Saône, Nièvre, Yonne et les parties occupées de l'Ain, l'Allier, le Jura, la Saône-et-Loire et la Haute-Savoie) (né en 1891)
Édouard Dauliac
(Mars 1941 - Avril 1943) Préfet de Haute-Savoie, condamné à mort par contumace à la Libération
Henri Trémeaud
(Avril 1943 - Nov. 1943) Préfet de Haute-Savoie, arrêté par la Gestapo en novembre 1943
Georges Bernard
(1944 - 1944) Georges Albert Maurice Bernard, Préfet régional de la région de Dijon (Belfort, Côte-d'Or, Doubs, Haute-Saône, Nièvre, Yonne et les parties occupées de l'Ain, l'Allier, le Jura, la Saône-et-Loire et la Haute-Savoie) (1890 - 1953)
Pierre Marion
(11/1943 - 1945) Préfet de Haute-Savoie
Jean Quenette (07/1943 - 30/12/1943) Préfet régional de la région de Dijon (Belfort, Côte-d'Or, Doubs, Haute-Saône, Nièvre, Yonne et les parties occupées de l'Ain, l'Allier, le Jura, la Saône-et-Loire et la Haute-Savoie), révoqué par Vichy et recherché par la Gestapo pour son activité de résistant (1903-1971).
Édouard Bonnefoy (24/01/1944 - 05/1944) Édouard Louis Joseph Marie Bonnefoy, Préfet régional de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire). Résistant, il sera dénoncé par la Milice, arrêté par la Gestapo et déporté à Neuengamme (1899-1945) Jacques Lespès, nommé en février 1944 sous-préfet de Bonneville (Haute-Savoie)
André Boutemy
(1944 - 1944) Préfet régional de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire) (1905-1959)
Jean Bouhey
(Mars 1944 - 1945) Commissaire régional de la République de la région de Dijon (Belfort, Côte-d'Or, Doubs, Haute-Saône, Nièvre, Yonne et les parties occupées de l'Ain, l'Allier, le Jura, la Saône-et-Loire et la Haute-Savoie) (1898-1963)
Yves Farge
(1944 - 1945) Commissaire régional de la République de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire) (1899-1953)
Jean Mairey
(1945 - 1946) Jean Marie Albert Mairey, Commissaire régional de la République par intérim de la région de Dijon (Belfort, Côte-d'Or, Doubs, Haute-Saône, Nièvre, Yonne et les parties occupées de l'Ain, l'Allier, le Jura, la Saône-et-Loire et la Haute-Savoie) (1907-1982)
Avertissement Les informations affichées sur le site de l'AJPN sont fournies par les personnes qui contribuent à l'enrichissement de notre base de données. Certaines, notamment les témoignages, ne peuvent être vérifiées par l'AJPN et ne peuvent donc pas être considérées d'une fiabilité totale. Nous citons les sources de ces informations chaque fois qu'elles nous sont communiquées. Toutes les demandes de rectification de données erronées sont bienvenues et, dans ce cas, les corrections nécessaires sont appliquées dans les meilleurs délais en citant la source de ces corrections. C'est par cette vigilance des visiteurs de notre site que nous pouvons assurer la qualité des informations conservées dans notre base de données.
Justes parmi les Nations -
Righteous among the Nations
- De Gerechten mank de Völker -
Giusti tra
le nazioni - Drept între
popoare -
Gerechter unter den Völkern - Sprawiedliwy
wsród Narodów Swiata -
Rechtvaardige onder de Volkeren -
Justuloj inter la popoloj - Rättfärdig bland folken - Spravodlivý medzi národmi - Spravedlivý mezi národy
-
Vanhurskaat kansakuntien joukossa - Világ Igaza - Justos entre as nações - Justos entre las Naciones - Justos
entre les Nacions