Lazare Gonigberg vivait à Bordeaux. Arrêté le 17 juillet 1942, il est déporté vers les camps de l’Est où il périt.
Sa femme, Ida avait été épargnée en vertu d’une circulaire excluant de la déportation les mères d’enfants de moins de deux ans. Elle n’en fut pas moins internée avec ses deux fillettes, Monique, cinq ans et Annie, un an, dans un hôpital de Mont-de-Marsan ; la fenêtre de sa chambre avait des barreaux.
Cinq semaines plus tard, elle fut remise en liberté mais assignée à résidence dans son appartement de Bordeaux.
Ida Gonigberg savait que tôt ou tard elle serait arrêtée de nouveau et décide de s’enfuir avec ses deux filles.
Elle prend contact avec un passeur du nom de Naboulet.
M. Naboulet habite à Ribérac et a fait passer un grand nombre de réfugiés aidé de son gendre Raymond Guion qui habite Coutures.
Il conduit de nuit, à travers champs, la jeune femme qui porte le bébé tandis que la petite Monique lui donne la main, et leur fait franchir la ligne de démarcation.
Arrivés à Ribérac, il les emmène à l'hôtel de France, tenu par Louis Jouy et sa femme, qui hébergent déjà plusieurs familles juives dont la famille Herman, ainsi que des étrangers (dont un Égyptien, Alecco) qui se cachaient des autorités.
Ils accueillent chaleureusement Ida et ses fillettes, leur assurent le gîte et le couvert et fournissent à Ida de faux papiers au nom de « Brunet ».
Comme Ida insiste pour payer son écot, les Jouy lui répondent qu’on verra à la Libération.
Muguette Jouy, leur fille (qui deviendra Mme Kovacs), aide aussi la petite famille.
Le 10 novembre 1942, des Allemands font leur entrée à Ribérac. Ils réquisitionnent l’hôtel dont ils chassent tous les occupants après les avoir contrôlés un à un. Grâce à ses faux papiers, Ida Gonigberg passe l’inspection sans encombre. Quant aux fillettes, Louis Jouy et sa femme prétendent que ce sont les leurs.
Tout de suite après, ils envoient Ida, Monique et Annie Gonigberg chez des fermiers des environs, à Fontenillou.
Les Ribéracois sont mobilisés pour aider les Juifs réfugiés, alsaciens pour la plupart. Ainsi Mme Marcelle Dumonteil (dont le mari sera fusillé) accueille et nourrit Lola Grynberg et Olga Seyberg, Lily Dubois loge des fugitifs à la Courberie, Marguerite et René Frizé hébergent ceux qui en ont besoin comme M. Mock…
Le 26 mars 1944, le quartier des officiers allemands est installé à l’hôtel. Depuis cinq heures du matin, ordre est donné de battre toute la ville et la campagne dans des opérations de contrôle et de répression en application du décret Sperle (division Brehmer). Ils arrêtent, brûlent les bois et les biens des familles suspectes, emprisonnent deux cents cinquante personnes sur Périgueux, tuent vingt malheureux. Ils déportent toute personne suspectée d'avoir aidé les gens des maquis alentours et dans toute la région (soit quarante-trois personnes qui partent au STO, les autres sont déportés dans les camps).
À Ribérac, sont fusillés Duchez, Dupuy, Raspiengeas et Dosilé, quatre garagistes, le luthier Dupeyrat et le charcutier Maurice Dumonteil.
Lorsque le simulacre de justice s’achève, les Allemands quittent Ribérac. Les locataires peuvent y revenir. Ida et ses filles rentrent elles aussi à l’hôtel de France où elles vécurent jusqu’à la Libération.
Réseau de sauvetage Muguette Jouy (Fille de Louis et Palmyre Jouy) Palmyre Jouy (Épouse de Louis Jouy. Mère de Muguette Jouy)
Chronologie[Ajouter]
Cet article n'est pas encore renseigné par l'AJPN, mais n'hésitez pas à le faire afin de restituer à cette commune sa mémoire de la Seconde Guerre mondiale.
Témoignages, mémoires, thèses, recherches, exposés et travaux scolaires [Ajouter le votre]
Paul Joseph dit Joseph Bourson Arrêté comme otage et fusillé le 11 juin 1944 à Mussidan (Dordogne), Blog2 pages,
réalisation 2011 Auteur :
Alain LAPLACE
Article rédigé à l'occasion de mes recherches généalogiques, puis la mise en ligne d'un blog (http://majoresorum.eklablog.com)dédié à la famille BOURSON qui a été expulsée en 1940 du village de Vigy (Moselle) et réfugiée à Mussidan (Dordogne) et les villages alentours où elle a vécu toute la durée de la guerre. Plusieurs personnes natives de Vigy faisaient partie des 52 otages fusillés le 11 juin 1944.
Liens externes
[Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet] 1 Exposition : Ça m'est arrivé. Être juif en Dordogne entre 1939 et 1944 (Exposition Ça m'est arrivé. Être juif en Dordogne entre 1939 et 1944.
Elle est conçue comme complémentaire de l'ouvrage de Bernard Reviriego. Les témoins ont été photographiés par Denis Bordas, photographe aux Archives départementales, et il est possible d'écouter, avec un baladeur, leurs témoignages organisés en six thèmes :
• L'antisémitisme et la guerre • La Dordogne, terre d'accueil • L'exclusion
• La persécution • La Résistance • La mémoire
Des objets personnels prêtés par ces témoins, et commentés par eux, font écho aux documents originaux tirés des Archives départementales. Cette exposition est prêtée à titre gracieux par les Archives départementales de la Dordogne. Pour tout renseignement, contacter Bernard Reviriego : b.reviriego@dordogne.fr )
2 Comité national français en hommage à Aristides de Sousa Mendes 3 Connus ou inconnus mais Justes (C’est dans le sillon creusé par Aristides de Sousa Mendès, Madeleine Barot, Charles Altorffer, Marc Boegner, Henry Dupuy, Raoul Laporterie… que s'ancre le souvenir de tous ces Justes que la modestie pourrait renvoyer à l’oubli et à l’indifférence.
Ce livret du Crif Sud-Ouest Aquitaine, écrit et coordonné par Hellen Kaufmann, présidente de l'AJPN, rend hommage à chacun des 225 Justes récompensés à ce jour en Aquitaine. La moindre des choses était de leur permettre de dire et de déposer leur histoire, pour que l’avenir ne les oublie plus jamais, ni eux ni les anonymes qui ont aidé au sauvetage de Juifs. )
4 La Prison militaire de Mauzac : camps d’internements sous Vichy (revue Arkheia, n°5-6, 2004. ) 5 Jacky Tronel, Séjour surveillé pour « indésirables français » : Le château du Sablou en 1940 (La politique de répression mise en place par la IIIe République à l’encontre des individus jugés “dangereux pour la défense nationale ou la sécurité publique” se traduit par la création de “centres de séjour surveillé pour indésirables français”. En Dordogne, le “Camp du château du Sablou” voit ainsi le jour. Il fonctionne du 17 janvier au 30 décembre 1940, soit une année à peine… Suffisamment longtemps pour marquer la mémoire du lieu, ainsi que celle des trois à quatre cents internés, détenus “par mesure administrative” (in Arkheia, revue d'histoire). ) 6 Hélène à Bergerac en septembre 2010 (Reportage, de France 3 Aquitaine Périgords, sur le voyage en France d'Hélène Fraenkel Appel et de sa famille. )
7 Hélène Fraenkel en famille à Bergerac, réception à l'hôtel de ville (photos) 8 Soirée des justes et réception d'Hélène Fraenkel à l'hôtel de ville de Périgueux 9 Victime en représailles à Mussidan 10 Les neufs jours de Sousa Mendes - Os nove dias de Sousa Mendes (Documentaires de Mélanie Pelletier, 2012.
Avec António de Moncada de Sousa Mendes, Andrée Lotey, Elvira Limão, Hellen Kaufmann, Manuel Dias Vaz, Irene Flunser Pimentel, Esther Mucznik, José Caré júnior, Marie-Rose Faure, Maria Barroso… et António de Oliveira Salazar, Charles de Gaulle, le Maréchal Philippe Pétain, et le rabin Haïm Kruger. )
11 Exposition "L'enfant cachée" (Exposition pédagogique pour accompagner la lecture de l'album L'enfant cachée (Le Lombard, 2012) et découvrir l'Histoire. 2012)
Marcel Jacquier
(23/05/1937 - 30/10/1940) Marcel Joseph Hippolyte Jacquier
Maurice Labarthe
(30/10/1940 - 14/11/1941)
René Rivière
(14/11/1941 - 08/01/1943)
Maxime Roux
(08/06/1944 - 18/04/1946)
M. Rebouleau
(11/07/1944 ) milicien tortionnaire né en 1910, nommé préfet à Montpellier le 11 juillet 1944, fusillé trois mois plus tard par la Résistance
Pierre Berger
(1941 - 1942) Pierre Jean Berger, Préfet de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne)
Louis Bourgain
(18/07/1940 - 1944) Vice-amiral, Préfet de de la Vienne et préfet régional de la région de Poitiers (Charente-Maritime (Charente-Inférieure jusqu'en 1941), Deux-Sèvres et Vendée et les parties occupées de la Charente, de Dordogne et de la Vienne. Condamné à huit ans de prison à la Libération (1881-1970)
Antoine Lemoine
(01/05/1942 - 1943) Antoine Jean Marcel Lemoine, Préfet de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne)
René Rivière
(Jan. 1943 - 1943) René Édouard Rivière, Préfet de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne)
Jean Popineau
(08/01/1943 - 06/06/1944) Préfet de Dordogne
Marc Freund-Valade
(11/09/1943 - 10/05/1944) Marc Paul Freund dit Freund-Valade, Préfet de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne)
André Fourcade
(10/05/1944 - 06/1944) André Fourcade dit Vergnaud, Commissaire régional de la République de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne), arrêté par la Gestapo en juin 1944, fusillé à Buzet-sur-le-Tarn le 17 août 1944
Jean Callard
(06/06/1944 - 08/06/1944) Préfet de Dordogne
Pierre Boursicot
(23/10/1944 - 1946) Commissaire régional de la République de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne)
Jean Schuhler
(Juin 1944 - 1946) Commissaire régional de la République de la région de Poitiers (Charente-Maritime (Charente-Inférieure jusqu'en 1941), Deux-Sèvres et Vendée et les parties occupées de la Charente, de Dordogne et de la Vienne)
Jacques Soustelle
(Mai 1945 - Juin 1945) Commissaire régional de la République à la Libération (Basses-Pyrénées, Gironde, Lot-et-Garonne et Landes) (1912-1990)
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