En 1932, Leijzer et Pesa Krolik arrivent de Varsovie avec leur fils Joël, né en 1931, et s’installent dans un modeste deux-pièces, au 83, rue de Belleville à Paris 11e. Tous les locataires étaient étrangers à l’exception de Maurice Arnoult*, 29 ans, qui avait quitté son village pour s’installer en ville en 1937.
Leijzer Krolik est tailleur à façon, son épouse l’aide dans son travail. Ils auront trois autres enfants. Rosette, en 1934, Annette, en 1936, Joseph en 1939.
Lorsque la guerre éclate, Leijzer Krolik s’engage dans la légion étrangère pour défendre la France. Maurice Arnoult* lui est mobilisé ; il s'évade d'un camp allemand et reprend son atelier en main.
La famille Krolik réfugiée dans la Sarthe retourne rue de Belleville après la capitulation.
En 1941, Leijzer Krolik échappe à une rafle qui vise les hommes juifs. Il se cache sous un lit.
Mais en juillet 1942, c’est la rafle du Vel d’Hiv, et les familles entières sont arrêtées. Maurice Arnoult* se souvient des policiers qui frappent à sa fenêtre - son atelier est au rez-de-chaussée - et lui demandent s'il y a des juifs dans l'immeuble. Maurice Arnoult* se tait mais les policiers, bien informés, montent au premier étage et arrêtent une fillette avec sa mère. Dans la cour, Madame Goldstein lui lance un regard accusateur, croyant maudire l'homme qui les a données. " Je n'oublierai jamais ce regard ; il me fait encore mal aujourd'hui. Elles ne sont jamais revenues". Madame Cubayne, une voisine, cache les Krolik chez elle durant une quinzaine de jours et la petite Rosette, 8 ans, est envoyée à la campagne.
Dans l’immeuble la chaîne de solidarité s’organise. Maurice Arnoult*, qui tenait une échoppe de bottier au rez-de-chaussée, prend en charge, la famille Krolik. Il cache Joël, 11 ans, chez ses parents, Paul* et Fernande Arnoult* à Savigny-sur-Orge, après un voyage en train des plus périlleux, et forme le projet de mettre en sécurité le reste de la famille.
Hélas, il ne peut réaliser le sauvetage prévu, et doit annoncer à Joël l’arrestation de ses parents, de sa sœur Annette, et de son frère Joseph. Aucun d’eux ne reviendra de déportation. Maurice Arnoult* donne également à l'une de ses ouvrières juives, Alice Titansky les papiers de sa première épouse, décédée quelques années auparavant et cache quatre autres membres de la famille Titansky dans un petit atelier de la rue Rébeval. Alice Titansky restera sa concubine durant les 60 années qui suivront.
La situation est devenue délicate à Savigny-sur-Orge et Maurice Arnoult* confie Joël à Madame Cubayne, la fidèle voisine, qui l’accompagne en Eure et Loir à Crucey, chez Fernand* et Lucie Laigneau*, couple d'exploitants agricoles, sans enfants, qui exploite une ferme à Angennes, hameau de Crucey-Villages. Ils hébergent leur nièce Denise Louvet. Ils accueillent Joël très chaleureusement et le font passer pour un neveu venu de Paris pour raison de santé. Des cachettes sont préparées en cas de visite de gendarmes, ce qui ne manque pas d'arriver car la police de Vichy et les allemands passaient souvent dans le village à la recherche de résistants. Joël est traité par ses bienfaiteurs comme un membre de la famille. Il fréquente l’école du village où l’institutrice est complice, et participe aux travaux de la ferme. Sa réussite au certificat d’études en juillet 1943 les rend très fiers, si bien que tous les voisins défilent chez eux pour les féliciter. Joël ne peut risquer de fréquenter le collège. Aussi, durant un an et demi, il prend goût à la vie de petit paysan et s’attache de plus en plus à ses protecteurs.
Les Laigneau* ne se contentent pas de secourir Joël. Durant cette période, ils ont caché une autre famille juive en grand péril. Madame Saks et ses trois enfants. Lucienne, 10 ans, Maurice, 8 ans, Suzanne, 6 ans
En novembre 1944. Paris est libéré et les Laigneau* attendent un heureux évènement. Leur fils Christian est né en janvier 1945.
Joël rentre à Paris. Il a 13 ans et demi et il est placé dans des foyers pour enfants de déportés, où il aura la joie de retrouver sa sœur Rosette. Ils y resteront jusqu'à leur majorité, 21 ans, et Joël y rencontrera Rachel, sa future épouse.
Joël Krolik a gardé une indéfectible reconnaissance pour des personnes admirables, qui, avec un inlassable dévouement, lui ont sauvé la vie.
12/11/2008 -Le 12 novembre 2008, à l’hôtel de ville de Paris (75004), remise de la médaille des Justes à Fernand et Lucie Laigneau, honorés à titre posthume. 08/05/2009 -Une plaque du souvenir est inaugurée sur la façade de la maison où les époux Laigneau habitaient à Crucey-Villages :Dans cette rue ont vécu Fernand et Lucie Laigneau, décorés de la médaille des Justes parmi les Nations, pour avoir sauvé des enfants Juifs pendant l'occupation.
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(21/01/1939 - 02/11/1940) Préfet d'Eure-et-Loir
Charles Donati
(02/11/1940 - 14/11/1941) Charles Guérin Joseph Louis Donati (né en 1891)
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(14/11/1941 - 24/01/1944) Préfet d'Eure-et-Loir
Jacques Moranne
(25/06/1940 - 1942) Jacques Alexandre Moranne, Préfet régional d’Orléans (Eure-et-Loir, Loiret et Loir-et-Cher et les parties occupées du Cher et de l'Indre) (1901-1982)
Jacques Bussière
(25/11/1942 - 1944) Jacques Félix Bussière, Préfet régional d’Orléans (Eure-et-Loir, Loiret et Loir-et-Cher et les parties occupées du Cher et de l'Indre)
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(24/01/1944 - 02/03/1944) Préfet d'Eure-et-Loir
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(06/02/1944 - 08/1944) Ange Marie Pascal Eugène Chiappe, Préfet régional d’Orléans (Eure-et-Loir, Loiret et Loir-et-Cher et les parties occupées du Cher et de l'Indre). Arrêté à la Libération, il est fusillé le 23 janvier 1945. (1889-1945)
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(02/03/1944 - 11/01/1947) Préfet d'Eure-et-Loir
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(1944 - 1946) Commissaire régional de la République d’Orléans (Eure-et-Loir, Loiret et Loir-et-Cher et les parties occupées du Cher et de l'Indre) (1896-1957)
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