Profession: Directeur d'une maison d'enfants de l'OSE Qualité: Journaliste, compositeur, militant socialiste et franc-maçon Date de naissance: 25/08/1884 Date de décès: 20/11/1962
Félix Chevrier est né dans les Vosges, à Epinal, en 1884.
L'OSE décide d'ouvrir trois maisons pour accueillir les enfants dans la Creuse, placées sous l'autorité de Félix Chevrier, directeur de la colonie de Chabannes, près de Saint-Pierre-de-Fursac.
En octobre 1939, Félix Chevrier arrive à Chabannes : le château alors abandonné sera prêt à accueillir 80 enfants le 23 novembre 1939, venant de Berlin, de Varsovie et de Paris.
Félix Chevrier bénéficia du soutien de la population et les enfants étaient accueillis dans les familles de la région.
En 1942, 102 enfants juifs étaient hébergés à Chabannes ; en 1943, ils étaient 120. Ils fréquentaient les écoles environnantes, les plus âgées allaient à Fursac, dans les classes de Mr et Mme Depomme et les plus jeunes à Chabannes, dans les classes de Irène* et Renée Paillassou* et de Félix Chevrier.
Le 13 avril 1942, Renée Paillassou*, la directrice de l'école primaire de Chabannes, fut convoquée chez l'Inspecteur d'Académie. Elle avait été dénoncée par son meilleur ami qui la soupçonnait de manifester quelques sympathies pour les enfants juifs. Elle fut renvoyée de son poste. En outre, l'administration décida que tous les élèves juifs devraient désormais suivre les cours au château et être ainsi séparés de leurs camarades.
Lors de la rafle de l'automne 1942, 12 garçons juifs d'origine étrangère et 2 éducateurs furent arrêtés. Félix Chevrier parvient à faire libérer 6 d'entre eux. Les 6 autres furent déportés (seuls Jerry Gerard et Wolfgang Blumenreich revinrent vivants).
La rafle de l'automne 1943 en revanche échoua grâce au père d'Irène* et Renée Paillassou*. Gendarme à la retraite, il fut averti de la menace d'une rafle. Renée Paillassou* regagna Chabannes en vélo et alerta Félix Chevrier. Quand les gendarmes arrivèrent à Chabannes, ils trouvèrent le château vide. Les plus grands avaient fui dans les bois avec leurs éducateurs et les plus jeunes avaient été hébergés par les habitants de Chabannes.
Félix Chevrier, a journalist and a composer, was a Socialist activist and a Free Mason. In November 1939, he agreed to run a home for Jewish children under the auspices of the OSE organization. He set it up in the Château de Chabannes, in Saint Pierre de Fursac (Creuse). Up to 120 Jewish children from Germany, Austria, Poland, and elsewhere stayed there. Chevrier and his team were able to instill a sense of well-being and happiness in their wards, while respecting their religious identity. The director saw to it that Shabbat and religious holidays were observed. On August 26, 1942, French gendarmes arrived at Chabannes and forcibly arrested six youngsters aged fifteen and over, of whom only two survived deportation. This was a rude awakening for Félix Chevrier who decided to do everything in his power to protect the other children. On September 1, the gendarmerie ordered him to hand over ten girls and boys whose names were on a list they gave him. The children were all former inmates of the Gurs and Rivesaltes camps. Taking advantage of spelling mistakes and other errors on the list, the director said that four of the ten were “unknown” and the other six had “fled” by the time the gendarmes arrived without anyone noticing their departure. Captain Chaumet, who headed the gendarmerie in Guéret, wrote in his report: “It is clear from my investigation that M. Chevrier, who knew we were coming, did nothing to prevent the children’s flight. However, I found no evidence which could lead me to write that he encouraged it.” During the following months, Félix Chevrier organized the flight of the children into the forest whenever an alarm was given concerning a possible raid by the gendarmes. Towards the end of 1943, the OSE decided to close the home and disperse the children. The director implemented the decision while making sure all inmates and staff members were safe. He had been helped by the moral support he was getting from the village people.
On May 3, 1999, Yad Vashem recognized Félix Chevrier as Righteous among the Nations.
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Autres articles parus dans le site de l'AJPN 1 Clément Vasserot (Clément Vasserot est né au hameau de Fontgillairde, situé à Molines-en-Queyras, le 5 février 1893 dans une famille protestante. Il devient préfet de la Creuse le 14/02/1943. )
Cousin éloigné de Félix Chevrier, j'ai retrouvé dans mes archives des courriers qui lui avaient été adressés alors qu'il était directeur du Château de Chabannes dans les années 40-42. Cela intéresse-t-il quelqu'un ?
[répondre]
Merci de contacter l'AJPN. Nous sommes bien évidemment très intéressés par ces courriers. ajpn@ajpn.org[répondre]
M. Heureude
(06/1940 - 15/09/1940) Préfet de la Creuse. Il est le premier préfet nommé par Vichy
Jean Cabouat
(15/09/1940 - 20/06/1941) Préfet de la Creuse
Jacques Henry
(21/06/1941 - 07/1943) Préfet de la Creuse qui met en application le second statut des Juifs du 2 juin 1941 et les textes complémentaires visant notamment au recensement et à l’aryanisation des biens juifs. Il est en charge des rafles de Juifs du 26 août 1942 et de février 1943, de l’organisation de la relève puis du STO et supervisa la mise en place de la milice
Pierre Berger
(1941 - 1942) Pierre Jean Berger, Préfet de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne)
Antoine Lemoine
(01/05/1942 - 1943) Antoine Jean Marcel Lemoine, Préfet de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne)
René Rivière
(Jan. 1943 - 1943) René Édouard Rivière, Préfet de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne)
Clément Vasserot (14/02/1943 - 10/05/1944) Préfet de la Creuse, protestant, résistant, intègre le réseau Ajax en septembre 1943, il s'efforce de protéger les Juifs en refusant à la milice l’accès aux fichiers, en aidant la Maison chrétienne franco-tchécoslovaque pour l’enfance, en favorisant la fermeture des maisons de l’OSE. Il est suspendu de ses fonctions le 10 mai 1944 par Laval sur dénonciation du chef de la Milice.
Émile Marchais
(1943 - 1944) Préfet de la Creuse
Marc Freund-Valade
(11/09/1943 - 10/05/1944) Marc Paul Freund dit Freund-Valade, Préfet de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne)
André Fourcade
(10/05/1944 - 06/1944) André Fourcade dit Vergnaud, Commissaire régional de la République de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne), arrêté par la Gestapo en juin 1944, fusillé à Buzet-sur-le-Tarn le 17 août 1944
M. Salem
(23/06/1944 - 25/08/1944) Préfet de la Creuse, imposé par la Milice, arrêté le 25 août 1944, jour de la libération définitive de la Creuse
Pierre Boursicot
(23/10/1944 - 1946) Commissaire régional de la République de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne)
Henry Castaing
(1944 - 1945) Préfet de la Creuse, résistant, ex-commissaire aux RG et chef du réseau Ajax
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