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Creuse

Région :
Nouvelle-Aquitaine
Carte du département

Préfecture :
Guéret

Préfets :
René Heureude
(06/1940 - 15/09/1940) Préfet de la Creuse. Il est le premier préfet nommé par Vichy
Jean Cabouat
(15/09/1940 - 20/06/1941) Préfet de la Creuse
Jacques Henry
(21/06/1941 - 07/1943) Préfet de la Creuse qui met en application le second statut des Juifs du 2 juin 1941 et les textes complémentaires visant notamment au recensement et à l’aryanisation des biens juifs. Il est en charge des rafles de Juifs du 26 août 1942 et de février 1943, de l’organisation de la relève puis du STO et supervisa la mise en place de la milice
Pierre Berger
(1941 - 1942) Pierre Jean Berger, Préfet de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne)
Antoine Lemoine
(01/05/1942 - 1943) Antoine Jean Marcel Lemoine, Préfet de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne)
René Rivière
(Jan. 1943 - 1943) René Édouard Rivière, Préfet de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne)
(14/02/1943 - 10/05/1944) Préfet de la Creuse, protestant, résistant, intègre le réseau Ajax en septembre 1943, il s'efforce de protéger les Juifs en refusant à la milice l’accès aux fichiers, en aidant la Maison chrétienne franco-tchécoslovaque pour l’enfance, en favorisant la fermeture des maisons de l’OSE. Il est suspendu de ses fonctions le 10 mai 1944 par Laval sur dénonciation du chef de la Milice.
Émile Marchais
(1943 - 1944) Préfet de la Creuse
Marc Freund-Valade
(11/09/1943 - 10/05/1944) Marc Paul Freund dit Freund-Valade, Préfet de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne)
André Fourcade
(10/05/1944 - 06/1944) André Fourcade dit Vergnaud, Commissaire régional de la République de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne), arrêté par la Gestapo en juin 1944, fusillé à Buzet-sur-le-Tarn le 17 août 1944
M. Salem
(23/06/1944 - 25/08/1944) Préfet de la Creuse, imposé par la Milice, arrêté le 25 août 1944, jour de la libération définitive de la Creuse
Pierre Boursicot
(23/10/1944 - 1946) Commissaire régional de la République de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne)
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(1944 - 1945) Préfet de la Creuse, résistant, ex-commissaire aux RG et chef du réseau Ajax

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Département de la Creuse en 1939-1945


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Departement de la Creuse en 1939-1945
La sous-préfecture d'Aubusson
source photo : Commune d'Aubusson
crédit photo : D.R.
Departement de la Creuse en 1939-1945
Préfecture de la Creuse - Guéret
source photo : Mattderu
crédit photo : D.R.
Departement de la Creuse en 1939-1945
La sous-préfecture d'Aubusson
source photo : Commune d'Aubusson
crédit photo : D.R.
Histoire

La Creuse

Au centre de la France, le département de la Creuse est une composante de la région Limousin. Il appartient tout entier aux hautes terres montueuses et cristallines du Massif central, ce qui l’oppose en matière de relief et d’occupation du sol aux plateaux sédimentaires du Bassin parisien.
De tout temps, il a été un territoire enclavé, de marges et de transitions : des liens étroits se sont naturellement développés avec l’Auvergne voisine, mais aussi avec le Bourbonnais, le Berry et même le Poitou par l’intermédiaire de la Basse-Marche.

La Creuse est un territoire rural marqué par de faibles densités de population : environ 22 habitants au km2 (108 en France, 42 pour le Limousin). La population s’éparpille en une multitude de petits villages ou hameaux, mais la trame de bourgs centres et de petites villes joue un rôle important dans la structuration de l’espace. Quatre villes animent
des bassins de vie assez autonomes et bien équipés en services (par ordre d’importance) : Guéret, La Souterraine, Aubusson et
Bourganeuf.
Limoges, capitale régionale, étend son influence sur l’ensemble de l’espace creusois, contribuant à l’ancrer dans le territoire limousin et à donner une cohérence à son fonctionnement.
Seules les marges orientales échappent pour partie à cette influence urbaine limougeaude ; par ailleurs, dans ce secteur périphérique, les petites villes – Felletin, Évaux-les-Bains et Boussac – rencontrent des difficultés pour s’imposer sur leurs territoires environnants.

30/10/2010
Lien : Bernard Valadas

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La Creuse, terre d'accueil

La population étrangère en Creuse s’élève à 2 600 personnes à la fin 2004, ce qui est peu (2 % de la population totale), mais doit s’apprécier au regard des populations immigrées accueillies antérieurement.
Les Italiens, de la région du Trentin principalement, affluent après la première guerre mondiale ; ils s’intègrent dans l’exploitation des carrières de pierre et la construction. Ils sont rejoints par les Espagnols après la guerre d’Espagne.
Pendant la seconde guerre mondiale, la Creuse accueille de nombreux réfugiés, notamment une population juive importante, évaluée à 3 000 personnes (dont 1 000 enfants). Elle est bien accueillie par les Creusois et dans les centres de l’OSE (organisation de secours aux enfants) pour les enfants, ainsi les déportations seront fortement limitées. En reconnaissance, 30 Creusois ont reçu le titre de juste parmi les Nations par l’État d’Israël.
Après la seconde guerre mondiale, on note un afflux de Portugais et une petite immigration maghrébine.
Dans les années cinquante et soixante se produit le flux des "migrants" des régions normandes et bretonnes, qui a concerné plus de 500 familles, installées dans l’agriculture. Elles ont joué un grand rôle dans la modernisation de ce secteur.
À partir de 1970, une immigration turque se concentre dans la région de Bourganeuf ; elle participe largement au développement de la filière bois.
Il faut également mentionner le phénomène des enfants en provenance de la Réunion, placés en foyers et en familles d’accueil, au nombre d’environ 260. Une centaine d’entre eux s’est établie dans le département à l’âge adulte.
Enfin, de nos jours, on note l’arrivée d’une population anglo-saxonne et de retraités d’autres régions françaises, attirés par un environnement préservé. Ils représentent un mouvement de 300 à 400 personnes par an, contribuant à la restauration du patrimoine immobilier et limitant la perte démographique de la Creuse.

30/10/2010
Auteur : Marcel Denis Lien : Présentation de la Creuse

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La drôle de guerre

Après l'invasion de la Pologne par l'Allemagne, le 1er septembre 1939, la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l'Allemagne le 3 septembre 1939.
520 000 français sont évacués des zones frontalières comprises entre la ligne Maginot et l’Allemagne.
L'Allemagne nazie envahit la France, la Belgique, le Luxembourg, pourtant neutre, et les Pays-Bas le 10 mai 1940.

Le gouvernement désemparé se replie à Bordeaux dès le 11 juin. La France est envahie. C’est l’exode vers le sud. Le président du Conseil, Paul Reynaud, est contraint de démissionner. Le maréchal Pétain forme alors un nouveau gouvernement.

30/10/2010

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L'Occupation et la collaboration

Le 14 juin 1940, les troupes allemandes défilent à Paris, sur les Champs-Élysées. Le 20 ils sont à Brest, le 22 à La Rochelle, à Lyon...

Le 22 juin 1940, la France écrasée signe l'Armistice.
Le maréchal Pétain obtiendra les pleins pouvoirs le 10 juillet 1940. La République est abolie.

Les Allemands mettent en place toute une série de mesures pour limiter sur le territoire la circulation des personnes et des marchandises et le trafic postal entre deux grandes zones délimitées par la ligne de démarcation qui sépare la zone sud où s’exerce l’autorité du gouvernement de Vichy, de la zone occupée par les Allemands.
La ligne de démarcation traverse treize départements sur 1 200 km : Ain, Allier, Charente, Cher, Dordogne, Gironde, Indre-et-Loire, Jura, Landes, Loir-et-Cher, Pyrénées-Atlantiques, Saône-et-Loire, Vienne.

La Demarkationsline disparaîtra le 11 novembre 1942, après l’occupation totale de la France.

Comparées aux persécutions de la zone occupée, la zone sud semble être une terre d'accueil et nombreux sont les étrangers qui tentent de franchir la ligne de démarcation dans l'espoir d'échapper à la persécution.
Cependant, , les lois xénophobes et "l'antisémitisme d'État", excluent de la communauté nationale les étrangers et les Juifs exclus des administrations dès juillet 1940 et internés dans des camps ou assignés à résidence dès octobre 1940 car considérés "en surnombre dans l’économie française".

Le gouvernement Laval accepte de livrer aux Allemands les Juifs étrangers de zone occupée, et propose aux Allemands qui n'en demandaient pas tant d'y inclure également les enfants de moins de 16 ans.

En novembre 1942, quand les Allemands, occupent la zone sud, administrée jusque là par Vichy, ils étendent la "solution finale" à tout le pays avec l'assentiment de Laval qui déclarera : "La victoire de l'Allemagne empêchera notre civilisation de sombrer dans le communisme. La victoire des Américains serait le triomphe des Juifs et du communisme. Quant à moi, j'ai choisi…"

30/10/2010

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Les proscrits du régime

Les Tsiganes
Les Tsiganes sont internés dans les camps français.

Les franc-maçons
Les franc-maçons son démis de leurs fonctions.

Les communistes
Les fonctionnaires syndicalistes et communistes ou suspectés de l'être, sont recensés par la gendarmerie française, considérés comme "indésirables", démis de leurs fonctions, pourchassés, arrêtés et internés.

Les réfractaires au STO
A partir de 1943, les réfractaires du STO entrent dans la clandestinité. Certains rejoignent les résistants également pourchassés.

30/10/2010

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Les Juifs dans la Creuse

Une grande partie des juifs repliés dans la Creuse s’y réfugient dans le sillon des maisons d’enfants ouvertes par l'OSE (Œuvre de secours aux enfants).
D’abord, il y a les 4 maisons d’enfants juifs situées dans la Creuse elle-même : Château de Chabannes à Saint-Pierre-de-Fursac, Château de Chaumont à Mainsat, Château Le Masgelier à Le Grand-Bourg et la Maison de Refuge israélite pour l’Enfance de Neuilly repliée à Crocq pendant trois ans, sous la direction de Louis Aron.
Château Le Masgelier, Château de Chabannes et Château de Chaumont sont trois maisons d’hébergement strictement laïques, contrairement à la Maison des Granges, près de Crocq, dans le sud-est de la Creuse. Celle-ci est tenue par le Refuge israélite de France et l’on y observe les règles religieuses au quotidien.

Ces 4 maisons accueillent par roulement autour d’un millier d’enfants.

Le Limousin d’ailleurs est une terre de refuge privilégiée puisque la région, à elle seule, abrite 9 homes d’enfants juifs, et avec le Château des Morelles de Brout-Vernet située à la limite de la Creuse et de l’Allier, le total s’élève ainsi à 10 maisons d’enfants juifs concentrées dans le Limousin sur un périmètre relativement réduit. Ce sont dix maisons sur les 18 que l’OSE gère dans toute la France.

Donc, il y a dans le Limousin une grande concentration de maisons d’enfants juifs, avec toutes les implications que cela pouvait avoir si les autorités s’étaient acharnées à arrêter les enfants (...).

Certains parents viennent s’installer à proximité des homes pour garder le contact avec les enfants mais surtout pour fuir la zone Nord et les grandes villes plus surveillées. Ils sont parfois suivis par des proches et aussi des proches du personnel des maisons. Ce mouvement entraîne, autour des maisons d’enfants, la formation de petites poches de refuge où se replient de nombreux juifs. C’est sûrement le cas au Grand Bourg et à Bénevent-l’Abbaye à proximité de Chabannes, et aussi à Crocq et à Mainsat (...).

Les Juifs réfugiés dans la Creuse y subissent les poursuites administratives imposées par le pouvoir central de Vichy. Ils sont soumis à une surveillance serrée. Ces poursuites mènent à l’arrestation et à la déportation d’un grand nombre d’entre eux. Pourtant ce nombre reste inférieur à 200 déportés, ce qui représente moins de 10 % de la totalité des juifs réfugiés dans le département, qui s’élève à 3000 personnes.
Mais le journal de Louis Aron mentionne surtout les écarts et bientôt le divorce total qui s’instaurent entre la législation anti-juive du pouvoir central et les réalités sur le terrain où la discrimination raciale se heurte à une certaine imperméabilité. L’antisémitisme officiel passe mal. Le journal de Louis Aron nous a laissé un témoignage précieux et très riche d’informations sur l’évolution de l’opinion publique à l’égard des juifs et sur la vie du Refuge à Crocq, à Mainsat, à La Serre-Bussière et Chaumont. Il y décrit l’accueil chaleureux que les habitants de Crocq font aux enfants du Refuge, la courtoisie que les gens manifestent à leur égard, Son journal relate le dévouement de la population locale qui assure le ravitaillement et les besoins matériels du Refuge. Il en va de même pour les soins médicaux aux enfants, leur insertion à l’école, l’emploi pour certaines des filles (...).

Le Refuge y a survécu jusqu’à la Libération, sans subir d’arrestations, contrairement à ce qui s’est passé à Izieu.
La différence avec Izieu est sans doute liée à la protection que les Creusois apportèrent aux enfants juifs. La tradition républicaine du pays, l’expérience des
Levana Frenk Inauguration à Crocq (Creuse) d'une place Marie-Thérèse Goumy Juste parmi les Nations et d'une rue Louis Aron.

30/10/2010
Auteur : Levana Frenk Lien : Crocq se souvient de la Shoah

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La rafle du 26 août 1942 en Creuse

Six semaines après la rafle du "Vel' d'hiv" dans la région parisienne, le 26 août 1942, une rafle frappe les Juifs étrangers réfugiés en Creuse.

Les Juifs étrangers, enfants ou adultes, sont l'objet, même en zone sud, d'une double suspicion administrative. Étrangers, ils sont soumis à la législation spécifique sur les étrangers, renforcée au moment de la guerre, maintenue et aggravée après l'armistice. Juifs, ils sont sous la contrainte du second statut juif du 2 juin 1941. Qu'ils vivent dans les maisons de l'OSE ou qu'ils soient réfugiés dans une commune, ils sont sous la surveillance constante de l'administration préfectorale. C'est elle qui organise la rafle du 26 août 42.

91 personnes arrêtées...
Le 26 août 1942, une rafle frappe les Juifs étrangers réfugiés en Creuse. Ils croyaient y avoir trouvé un abri contre la déportation par les Allemands, mais Laval a accepté de livrer à ces derniers 10 000 Juifs étrangers vivant en zone "libre". Chaque département doit fournir son quota. Le préfet de la Creuse établit une liste de Juifs à arrêter et charge la gendarmerie de l'opération. On décide qu'ils seront rassemblés à Boussac et, dans le plus grand secret, on demande aux gendarmes de vérifier leur présence avant l'arrestation.

Au petit matin du 26 août, les gendarmes de Grand-Bourg débarquent au Château de Chabannes. Six personnes sont arrêtées : quatre éducateurs et deux enfants...

Le même jour, à 4 heures du matin, cinq gendarmes de Pontarion se présentent au hameau des Combes, dans la commune de Saint-Hilaire-le-Château. Depuis deux ans, Henri Wolff vit ici avec ses parents. Réfugiés, ils ont une petite maison, un lopin de terre et du bois pour se chauffer. Le village est devenu pour eux un "havre de paix et de chaleur humaine".

Arrêtés, ils n'ont droit qu'à une seule valise. Henri Wolff se souvient encore de la paire de gifles qu'il reçut ce matin-là du gendarme responsable de leur arrestation. Pourtant, des coups, il allait en recevoir bien d'autres...

De Creuse à Auschwitz en une semaine...
Au total, 91 personnes sont arrêtées le 26 août 1942 par la gendarmerie française. Parmi elles, une quinzaine d'enfants, le plus jeune a deux ans. Regroupées à La Souterraine, Dun, Châtelus-Malvaleix, Bonnat et Guéret, elles sont ensuite conduites vers Boussac. A Guéret, on réquisitionne pour leur transport le car de l'entreprise Marquet.
 

A Boussac, le préfet fait relâcher deux familles, dont quatre enfants, au motif que les pères, d'origine allemande, s'étaient engagés en septembre 1939 dans les rangs de l'armée française.

De Boussac, ils sont dirigés vers le camp de Nexon (près de Limoges), puis sur Drancy. Trois jours après leur arrestation, ils sont entassés dans le convoi n° 26. Départ Drancy, destination Auschwitz. Trois jours et trois nuits entassés dans des wagons à bestiaux : sur les 1005 personnes parties de Drancy, 987 survivent, 18 sont mortes pendant le trajet.

Un voyage vers la mort pour les parents d'Henri Wolff gazés dès leur arrivée. Un voyage vers l'enfer pour Henri Wolff, lui qui, en une semaine, est passé des Combes à Auschwitz.

Il survivra trois ans dans les antichambres de la mort. Il est l'un des trois survivants de la rafle du 26 août en Creuse.

Responsabilités...
Comme le fait remarquer l'historien Jean Michaud, les responsables de la gendarmerie ne semblent pas avoir eu de grands troubles de conscience dans les préparatifs de la rafle. Tant que les Juifs n'étaient que des noms, des numéros sur des listes, leur conscience professionnelle les poussait au travail bien fait. Mais quand les numéros deviennent des hommes, des femmes, des enfants, ce n'est plus pareil. Le 24 septembre, le capitaine commandant la section de Guéret avoue que "l'exécution des mesures concernant les Juifs" a provoqué "un certain malaise" et suggère que "ces opérations, pourtant nécessaires, paraissent ne pas devoir être confiées à des militaires opérant en uniforme". Ce rapport sur l'état d'esprit des gendarmes fut enterré par la hiérarchie. Le préfet déclara même que "le ramassage des Israélites a été effectué le 26 août sans aucun incident. Les opérations ont été conduites avec le maximum d'humanité et les Israélites ont tenu, à leur arrivée à Nexon, à remercier le commandant de gendarmerie de la façon humaine dont ils avaient été traités dans la Creuse"...

30/01/2013
Lien : Bonjour les enfants !

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Les arrestations du 1er septembre 1942

La rafle du 1 septembre 1942 et le transfert d'enfants juifs vers le camp de Rivesaltes...
Le 1er septembre 1942, soit six jours après la grande rafle du 26 août en Creuse, vingt enfants sont arrêtés dans les maisons du Masgelier et de Chabannes. La gendarmerie opère ces arrestations sur ordre du préfet.

A Chabannes, Lydia Jablonski, une éducatrice, témoigne : "Le garde-champêtre de Saint-Pierre-de-Fursac nous a apporté, de la part d'un résistant de la préfecture, une feuille de papier avec une liste de 14 noms d'enfants qui allaient être arrêtés.
Monsieur Chevrier (le directeur) a immédiatement demandé au médecin de Fursac (le docteur Pradeilles) de faire une ordonnance comme quoi les petits, étant malades, devaient être transportés d'urgence à la pouponnière de Limoges. Ce qui a été fait.
Avec les plus grands, mon mari (Ernst Jablonski) est allé se promener dans les bois.
Quand les policiers sont arrivés, Monsieur Chevrier leur a déclaré que notre maison n'était pas une prison et que les enfants avaient le droit de se promener. En plus, comme plusieurs noms de la liste étaient mal orthographiés, M. Chevrier déclarait à chaque fois : "Nous n'avons pas cet enfant ici". Je me souviens d'une Erne Lévy, à la place du garçon Ernst Lévy ; M. Chevrier : "nous n'avons pas cette fille-là."
Un seul enfant, Rolf Rothschild, que ses parents réclamaient au camp de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales), fut livré.
"

Le capitaine de gendarmerie note dans son rapport que le directeur "M. Chevrier, bien que dûment prévenu, n'a pris aucune précaution pour empêcher la fuite des enfants".

Au total, au Masgelier et à Chabannes vingt enfants sont donc arrêtés. Ils sont conduits à la gare de La Souterraine et, le 2 septembre à 0 h.11, ils sont mis dans un train à destination du camp de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales).

30/10/2010
Lien : Bonjour les enfants !

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La résistance en Corrèze et en Creuse

Le mouvement Combat est implanté en Haute-Corrèze. De 1942 à 1943, les résistants traqués par la Gestapo et la police de Vichy doivent se munir de fausses pièces d'identités et des terrains de parachutage sont recherchés. Celui de Thamaly, près d'Ussel, est homologué, et des avions anglais peuvent y atterrir en juin 1942.
Les premiers réfractaires au STO sont placés dans les maquis de Lamazière-Basse et de Chambon, près de Lapleau. Les parachutages effectués à Sornac et Bassignac permettent d'armer les troupes clandestines.

Les camps de l'AS (Haute-Corrèze) mènent plusieurs opérations armées contre l'ennemi parachutages et transports d'armes, sabotage des lignes à haute tension et voies ferrées à Bonaygue, Millevaches, Neuvic...

Dans la région de Tulle, la résistance se développe en 1942.

En octobre 1943, les parachutages sur les terrains du Pouget, de Saint-Martial complètent l'armement des maquis.
Au sud du département, Edmond Michelet prend la direction du mouvement Combat. La Corrèze va compter jusqu'à 71 maquis. Ces maquis ont l'effectif moyen d'une section pouvant atteindre celui d'un bataillon.

Dès juillet 1940, en Corrèze, des communistes français, qui n'acceptent pas la défaite, se regroupe pour résister à l'occupant. En septembre 1940, Georges Guingouin prend le commandement de VOS de la Haute-Corrèze.
De juin 1942 à décembre 1943, les FTP corréziens se distinguent par un nombre impressionnant d'opérations contre l'occupant.

En Creuse, c'est surtout le mouvement Libération qui a le plus d'ampleur.
L'origine du premier groupe FTP en Creuse remonte à octobre 1940 ; des noyaux de groupes se forment à Guéret, Lizières, Saint-Privat, La Souterraine...
D'août à septembre 1942, des pylônes à haute tension sont sabotés à Eguzon et Chatelus. Le premier parachutage a lieu en septembre 1942, sur un terrain de la commune de Maillat .
Les FFI en Creuse sont placées sous l'autorité du général Koenig qui les dirige depuis l'Angleterre.1

30/10/2010

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Les préfets de la Creuse (1940-1944)

Les quatre préfets que la Creuse a connus, entre l’armistice et le débarquement et celui qui succéda à la Libération.

  1. Le préfet Heureude, en poste à Guéret en juin 1940, eut à gérer les premières conséquences de la défaite : la débâcle, l’afflux puis le reflux des réfugiés. Ils furent environ 350 000 à séjourner en Creuse, quelques jours ou quelques semaines, parmi une population de l’ordre de 200 000 habitants. Il eut à ses côtés le préfet de l’Aube et le sous-préfet de Noyon (Aisne). Il fut le premier préfet de Vichy, Laval étant vice-président du Conseil et Marquet, ministre de l’Intérieur.
  2. Le préfet Cabouat lui succéda le 15 septembre 1940, Peyrouton ayant depuis le 7 remplacé Marquet comme ministre de l’Intérieur, avant de céder la place, en février 1941, à l’amiral Darlan. Il eut à mettre en œuvre les principaux textes qui fondaient la Révolution Nationale, inclus les lois d’exception et les lois raciales, notamment le premier statut des Juifs du 3 octobre et la loi du 4 visant à l’internement des étrangers. Il appliqua, apparemment sans état d’âme, mais sans zèle excessif, les directives de Vichy, interna des étrangers, des communistes et opposants, remplaça diverses municipalités et mit en place des commissions administratives dans les communes de plus de 2 000 habitants.
  3. Le préfet Jacques Henry qui lui succéda prit ses fonctions le 21 juin 1941. Il resta en Creuse jusqu’en juillet 1943, sous l’autorité des ministres de l’Intérieur Darlan puis Pucheu à partir du 18 juin 1941 et Laval, ce dernier étant revenu au pouvoir le 18 avril 1942. Jacques Henry eut à mettre en application le second statut des Juifs du 2 juin 1941 et les textes complémentaires visant notamment au recensement et à l’aryanisation des biens, en fait la spoliation. Il fut en charge des rafles de Juifs du 26 août 1942 et de février 1943 mais aussi de l’organisation de la relève puis du S.T.O. et supervisa la mise en place de la milice. Il apparaît au chercheur comme ambitieux et servile, zélé dans toute répression, soucieux d’être bien noté, mais peu courageux, jouant habilement du « parapluie », se faisant couvrir pour toute décision quelque peu délicate. Simple exemple rapporté par Jean Michaud lors du colloque de 1996 :
    "Le jeune David E., né en Pologne, arrivé en France à l’âge de 7 ans, a fait toutes ses études à Paris. Réfugié en Creuse depuis juillet 1942, il a été incorporé au G.T.E. 420 de Clocher, près Guéret, et détaché chez un cultivateur. Admis à l’Institut polytechnique de Grenoble, il sollicite du Préfet sa libération du G.T.E. et l’autorisation de se rendre à Grenoble. Le préfet Henry, selon son habitude se garde bien de prendre une décision personnelle. Par lettre du 21 octobre, il soumet le cas à la Direction de la police du territoire et des Étrangers, 9e bureau à Vichy, en faisant remarquer qu’il y a une lacune dans la réglementation concernant les étrangers “intellectuels”. Le 7 novembre, le chef du 9e bureau répond qu’il n’y a pas lieu, pour l’instant, de donner suite à la demande de l’étudiant... la commission d’incorporation n’a pas qualité pour accorder des sursis ou des congés pour permettre aux travailleurs étrangers de poursuivre des études. Le 18 novembre, le préfet informe David E. du rejet de sa demande. Un préfet courageux et humain, ajoute Jean Michaud, aurait pu profiter de l’absence de réglementation pour lui donner satisfaction."
    Lors de la rafle du 25 août il fait du zèle. Sans davantage d’état d’âme, le premier septembre il fait organiser le transfert vers Rivesaltes, en vue de déportation avec leurs parents, de 33 enfants juifs sortis des camps du midi par l’O.S.E., hébergés à Chabannes et au Masgelier. Le capitaine de gendarmerie prévient personnellement les responsables. À Chabannes, le directeur, non-juif, Félix Chevrier, réagit aussitôt et disperse les enfants. Au Masgelier, la direction juive, plus légaliste, livre les siens. Ils seront apparemment tous sauvés sur intervention du préfet des Pyrénées Orientales, à l’initiative de l’O.S.E. Un préfet sauvait ainsi ceux qu’un autre préfet avait livrés. Question sans réponse : le capitaine de gendarmerie a-t-il informé préalablement les responsables des « maisons » par zèle ou pour leur permettre de « prendre des dispositions » ?
  4. Le préfet Clément Vasserot qui remplaça Jacques Henry prit ses fonctions le 14 juillet 1943, Laval étant toujours chef du gouvernement et ministre de l’Intérieur. La pression des Allemands sur Vichy ne cessait de croître et début janvier 1944 fut mis en place le Secrétariat général au Maintien de l’ordre, sous la responsabilité de Darnand, avec autorité sur toutes les forces de police, de gendarmerie, de garde mobile et de G.M.R. À Limoges, la direction régionale revint à de Vaugelas qui se conduisit en proconsul.
    Vasserot était protestant, donc sensibilisé aux persécutions. Ancien secrétaire général des Alpes Maritimes, il avait eu à connaître des problèmes des Juifs, très nombreux en zone italienne, mais moins pourchassés par les Italiens que par les Allemands. Depuis le printemps de 1943, les autorités de Vichy ne faisaient plus effectuer de rafles et les seuls Juifs alors arrêtés en Creuse le furent par la Gestapo, avec ou sans le concours de la Milice. Le préfet Vasserot s’efforça de protéger les Juifs en refusant à la milice l’accès aux fichiers, en aidant la Maison chrétienne franco-tchécoslovaque pour l’enfance dont il avait connu les responsables à Vence, en favorisant la fermeture des « maisons » de l’O.S.E.
    Par ailleurs, il était arrivé au moment où s’organisait la Résistance et se formaient les maquis. Il adhéra dès septembre au réseau Ajax dont le chef régional était Henry Castaing, commissaire aux R.G. pour la Creuse, lequel avait déjà noyauté, en complément de son propre service, le commissariat de police, une partie de la gendarmerie, diverses administrations, inclus la commission du contrôle technique. Notons au passage que le chercheur non averti risque de bien mal interpréter les rapports de ladite commission ! Le nouveau secrétaire général de la Préfecture, André Vy, nommé un peu plus tard, adhéra lui aussi à Ajax. Arrêté, interné à Evaux, libéré par la Résistance au lendemain du débarquement allié en Normandie, repris par les Allemands, il mourut en déportation. Le préfet Vasserot fut suspendu de ses fonctions le 10 mai par Laval sur dénonciation du chef de la Milice. Lors de la reddition de la garnison allemande de Guéret, le 7 juin, il fut rappelé dans ses fonctions par la Résistance, mais dut évacuer la préfecture le 9 lors de la reprise de la ville. Il entra à nouveau dans la clandestinité mais sa relative passivité durant les combats lui valut d’être supplanté à la Libération.
  5. Le préfet Salem, imposé par la Milice, arriva à Guéret le 23 juin, alors que le département était pratiquement sous contrôle de la Résistance. Il fut arrêté le 25 août, jour de la libération définitive de la Creuse.
  6. C’est Castaing qui fut nommé préfet et Vasserot en conçut une vive amertume. L’ex-commissaire aux R.G. et chef du réseau Ajax connaissait bien l’administration et la Creuse. Ses bonnes relations avec le Comité de Libération et les chefs militaires lui permirent d’imposer son autorité et d’assurer une transition sans difficultés majeures, contrairement à ce qui se passa dans d’autres départements.

Des quatre préfets de la Creuse sous Vichy, seul Jacques Henry fut chassé de l’administration. Cabouat dont la conduite ultérieure fut, semble-t-il, correcte, bénéficia d’une promotion et devint préfet régional. Vasserot demeura au sein de l’administration mais ne retrouva pas ses fonctions de préfet.

Il faut noter que les quatre préfets qui se succédèrent en Creuse étaient tous issus du corps préfectoral de la République, ce qui ne fut pas le cas dans tous les départements, Vichy ayant souvent investi dans la fonction des personnes extérieures au corps, notamment des militaires. Servir l’État Français qui avait aboli la République ne leur posa apparemment pas de problèmes de conscience.

L’histoire doit retenir que le nouveau régime dont la légalité était pour le moins discutable ne put fonctionner que dans la mesure où les courroies de transmission du pouvoir ne furent pas défaillantes. C’est là un sujet qui mérite réflexion, mais qui est rarement traité. Ni les pères de la constitution de la IVe République, ni ceux de la Ve ne l’ont pris en considération. Il a été quelque peu abordé au moment du procès Papon mais sans suite.
J’ai évoqué les préfets en poste en Creuse, mais je n’ai pas répondu à la question posée par Alain Giévis : « Les rapports des préfets ont-ils pu inflencer Laval dans la conduite de sa politique raciale ? » Je n’ai pas eu le temps d’approfondir ma recherche, mais en l’état de mes connaissances, j’en doute. Pour plusieurs raisons :

  • Le premier « statut des Juifs » fut promulgué le 3 octobre 1940 alors que Laval était vice-président du Conseil mais il n’en fut pas l’initiateur. Il n’était pas au gouvernement lorsque fut créé le Commissariat général aux questions juives et promulgués le second « statut » du 2 juin 1941 et les textes complémentaires visant au recensement et à la spoliation.
  • La chronologie, toujours impérieuse pour l’historien, tend à conforter le doute.

Laval revint au pouvoir le 18 avril 1942. Entre temps, trois rafles de Juifs, étrangers et français, avaient été effectuées à Paris avec le concours de la police française : le 14 mai 1941, le 20 août 1941 et en décembre 1941.
Heydrich est venu à Paris début mai et a rencontré Bousquet le 6, soit seize jours seulement après la prise de fonction de Laval. C’est à cette occasion qu’est évoquée, pour la première fois, semble-t-il, la déportation de Juifs de zone libre. À l’initiative de Bousquet, la discussion sur le sujet reprend le 16 juin avec Oberg et son adjoint Knochen. Bousquet se dit « prêt à mettre, dans un premier temps, 10 000 Juifs [de zone libre] à disposition [des Allemands] en vue de leur évacuation vers l’est ». (Rapport allemand cité par Serge Klarsfeld.) Le programme devient définitif le 2 juillet. Il concerne 22 000 Juifs de zone occupée et 10 000 de zone libre. Bousquet a-t-il agi de sa propre initiative comme c’est apparemment le cas le 6 mai ? Était-il, le 16 juin, mandaté ou seulement couvert par Laval ? Le 2 juillet il avait le consentement de Pétain et de Laval.

Il semble que « l’évacuation » des Juifs vers l’Est n’ait été qu’une monnaie d’échange, la contrepartie de la reconnaissance de la tutelle de Vichy sur les forces de police de zone occupée et sans doute aussi un gage de bonne volonté dans la politique de collaboration engagée à Montoire le 24 octobre 1940.

Il est logique de s’interroger sur le rôle des rapports des préfets dans la politique raciale de Laval. On sait qu’il les lisait peu mais qu’il n’était pas insensible à l’opinion de ceux qui lui en présentaient la synthèse. On sait aussi qu’il n’était pas foncièrement antisémite, mais que son « pragmatisme » ou plus simplement sa manière d’agir le portait à évacuer tout ce qui pouvait lui poser problème : par exemple les enfants juifs dont les Allemands ne voulaient pas mais dont il tint à se débarrasser parce qu’il ne savait qu’en faire.

Les rapports des préfets ont-ils été pour lui un alibi et seulement un alibi ? C’est une hypothèse, mais je n’ai pas d’informations pour l’étayer. Le dits rapports évoquant l’antisémitisme existaient avant son retour au pouvoir en avril 1942 ; ils ont continué d’exister après que les autorités aient décidé, en 1943, de plus livrer les Juifs. Ce constat ne fait que confirmer mon doute.

15/08/2014
Auteur : René Castille Lien : Les préfets du régime de Vichy

[Compléter l'article]

Toutes les communes de la Creuse

Les camps et les lieux d'internement de la Creuse

420e-863e GTE de Clocher 23000 Guéret
642e GTE Truffy 23420 Mérinchal
Camp d'Évaux-les-Bains 23110 Évaux-les-Bains
Cartoucherie de Boussac 23600 Boussac
Maison d'arrêt de Guéret 23000 Guéret

Les lieux de sauvetage de la Creuse

Château de Chabannes 23290 Saint-Pierre-de-Fursac
Château de Chaumont 23700 Mainsat
Château du Theil 23260 Saint-Agnant-près-Crocq
Château Le Masgelier 23240 Le Grand-Bourg
EPS de Bourganeuf 23400 Bourganeuf
EPS de La Souterraine 23300 La Souterraine
École Primaire Supérieure de garçons 23300 La Souterraine
Lycée de Guéret 23000 Guéret
Maison des Granges 23260 Crocq

Les 59 Justes parmi les Nations de la Creuse


621 Familles hébergées, cachées ou sauvées de la Creuse[Compléter]

Aubusson

10/1943 Famille Copelovici - M. Copelovici, chirurgien gastro-entérologue proctologue roumain juif naturalisé dans les années 1920, son épouse et leurs deux enfants doivent au courage d’un couple de Français, Émilie* et Hippolyte Léonlefranc*, tapissiers à Aubusson, d’avoir échappé à la rafle d’Aubusson en octobre 1943. L'un des deux enfants, qui avait 13 ans en 1943, est Roland Copé, le père de Jean-François Copé (qui naîtra en 1964). Aujourd'hui encore, et pour toujours, la famille Copé et la famille Léonlefranc* sont indissolublement liées.

1944 Famille Mélich - Clément échappe à la grande rafle des Juifs à Aubusson, le 4 novembre 1943 dans laquelle sont emmené sa mère et son frère et à la rafle de Guéret le 2 mars 1944 où son père est arrêté. Il sera recueilli à Aubusson par Angélique Lemeunier* et son mari Serge* qui le cacheront dans la mansarde qui servait de chambre à leurs deux fils parti dans la clandestinité. Une semaine plus tard, Serge Lemeunier* lui trouva un refuge sûr et un emploi dans un village voisin où l'on cherchait un bûcheron. Clément y vécut jusqu'à la Libération.

Bourganeuf

Famille Gutholc - David, dit Denis Girard, née le 29/09/1930 à Bruxelles (Belgique)

1942 - 1944 Famille Slomovitz - Édith réfugiée d'Anvers à Paris le 10 mai 1940 est prise en charge par l’OSE. Après deux ans au château de Chaumont à Mainsat, puis à la Maison de Poulouzat, elle arrive à l'EPS de Bourganeuf où elle restera jusqu'en 1944.

1943 - 1944 Famille Wolanowski - Micheline née à Paris, dans le 11e arrondissement, est réfugiée à Château de Chabannes à Saint-Pierre-de-Fursac. En novembre 1943, tous les enfants du Château de Chabannes sont envoyés à Bourganeuf. Micheline fait partie des 13 pensionnaires juives accueillies par Marcelle Porte, directrice de EPS de Bourganeuf.

Boussac-Bourg

1942 - 1944 Famille Feferling - Cécile, habitait rue des Maronnites à Paris dans le 20e arrondissement. Elle a vécu cachée dans une famille creusoise de 1942 à 1944 à Sugères, commune de Boussac-Bourg. [Témoignage de Paroles d'étoiles]

Crocq

Famille Bakalja - Esther, née le 06/02/1931 à Paris 12e, Marguerite, née le 27/02/1932 à Paris 12e, et Sarah, née le 18/09/1933 à Paris 12e.

Département

Famille Breindel -

Felletin

FELLETIN 04/11/1943 - 25/08/1944 Famille Deutsch - Les époux Rateron, décédés, demeurant pendant la guerre à Felletin, Route de Tulle, y ont hébergé et caché mon père adoptif Nicolas Deutsch/Degré, depuis l’arrestation de sa famille par les allemands le 04/11/1943 jusqu’à la Libération. Pendant toute cette période, il est resté chez eux dans une chambre au premier étage et personne de la population locale n’était au courant. Yolande Deutsch, sa femme alors enceinte de quatre mois, ses enfants Georges (14 ans), Marie Eve (11 ans), Pierre (5ans)et son père Maurice (71 ans)avaient été arrêtés le 4/11/1943 dans leur propriété à la Jasseix (commune de Croze), internés au camp de Drancy le 12 novembre 1943, déportés à Auschwitz le 7 décembre 1943 (convoi n° 64) et gazés dès leur arrivée.

Fresselines

1942 - 1944 Famille Szwarcberg - Annette Szwarberg-Thau et sa sœur ainée Berthe sont cachées par Lucienne et René Pinet, agriculteurs à La Chaise-Gonot à Fresselines, de 1942 à la fin de la guerre.

>> Voir les 621 familles réfugiées dans le département <<

46 Familles arrêtées dans le département [Compléter]

Aubusson
04/11/1943 Famille Bloch - Suzanne, 42 ans, née Dreyfuss, en 1901 à Benfeld (67230), fille de Benjamin et Françoise, épouse de Lucien, et son fils Roger, 15 ans, né le 24 décembre 1927 à Haguenau sont réfugiés à Aubusson et habitent Route de Chambon. Arrêtés parce que Juifs, ils seront tous deux déportés sans retour par le convoi n° 62 du 20 novembre 1943.
Déportation : 20/11/1943 convoi no 62
JO : Daf-Ed et Liste Klar


04/11/1943 Famille Diament - Perl, 17 ans, née le 13 mars 1926 à Toreruza, réfugiée à Aubusson, habitait 3, rue des Tuileries. Elle est arrêtée parce que Juive et déportée sans retour par le convoi n° 62 du 20 novembre 1943.
Déportation : 20/11/1943 convoi no 62


04/11/1943 Famille Fleischer - Blanche, 13 ans, née le 25 mars 1930 à Paris, est réfugiée à Aubusson et habitent 3, rue des Tuileries. Arrêtés parce que Juifs, ils seront tous deux déportés sans retour par le convoi n° 62 du 20 novembre 1943.
Déportation : 20/11/1943 convoi no 62


04/11/1943 Famille Fohlen - Agathe, 47 ans, née Becker le 20 juin 1896 à Benfeld (67) (fille de Benjamin et Nanette) était marié avec Paul. La famille, réfugiée de Strasbourg s'installe à Aubusson, 47, Grande Rue. Agathe et son fils Jean-Jacques, 16 ans, né le 3 octobre 1927 à Strasbourg sont arrêtés parce que Juifs et déportés sans retour par le convoi n° 62 du 20 novembre 1943.
Déportation : 20/11/1943 convoi no 62
JO : Daf-Ed 2155714


04/11/1943 Famille Mélich - En 1940, les Mélich qui habitaient à Évreux dans l'Eure, se réfugient à Aubusson. Didier, né le 27 mai 1897 à Budapest est bûcheron. Son épouse Caroline née Davidsohn (fille de Frédéric et Fanny) le 15 juin 1902 à Routschouk (Bulgarie) est commerçante. Ils ont deux fils, Clément et Lucien, né le 2 octobre 1929 à Sevran. Lors de la grande rafle des Juifs à Aubusson, le 4 novembre 1943, Caroline Mélich, 41 ans, et son fils Lucien, 13 ans, sont arrêtés à leur domicile, route de Chambon à Aubusson et déportés sans retour le 7 décembre 1943 par le convoi n° 64 au départ de Drancy vers Auschwitz. Didier Mélich et son fils Clément échappent à la rafle.
Déportation : 07/12/1943 convoi no 64

>> Voir les 46 familles arrêtées dans le département <<

Chronologie [Ajouter]

05/08/1942 - La circulaire n° 2765 du secrétaire général à la Police envoyée au préfet régional de Limoges vise les étrangers suivants en vue de leur transfert en zone occupée : "Les israélites allemands, autrichiens, tchécoslovaques, polonais, estoniens, lituaniens, lettons, dantzicois, sarrois, soviétiques et les réfugiés russes entrés en France postérieurement au 1er janvier 1936 incorporés dans des groupes de T.E., hébergés au centre du Service social des étrangers, dans les centres des comités privés ou dans ceux de l'UGIF, placés dans les centres de regroupement israélites en application des circulaires du 3 novembre 1941 et du 2 janvier 1942 ainsi que ceux en résidence libre, seront transportés en zone occupée avant le 15 septembre". La circulaire exclut quelques catégories de Juifs, dont les vieillards de plus de 60 ans, les enfants de moins de 18 ans non accompagnés, les femmes enceintes...
26/08/1942 - Rafle de Juifs réfugiés en Limousin. 446 Juifs dont 68 enfants de la région sont regroupés au camp de Nexon sont acheminés vers Drancy le 29 août 1942 et déportés vers Auschwitz par les convois n° 26 et 27.
26/08/1942 - Une rafle frappe les Juifs étrangers réfugiés en Creuse. 91 personnes sont arrêtées par la gendarmerie française, dont une quinzaine d'enfants, le plus jeune a deux ans. Internés au camp de Nexon, puis à Drancy, ils sont déportés trois jours après leur arrestation par le convoi n° 26 et assassinés à Auschwitz. Il y aura trois survivants.
08/10/1942 - Rafle des Juifs en Charente dans la nuit du 8 au 9 octobre 1942.
31/01/1944 - Grande rafle ordonnée par le Préfet de région Poitou-CharentesLencloître France


Témoignages, mémoires, thèses, recherches, exposés et travaux scolaires [Ajouter le votre]

Comment ajouter le votre. En savoir plus…

Fred Jamner , Témoignage 1 pages, réalisation 2014
Auteur : Alexandre Studeny - terminal
témoignage familial
Paul Joseph dit Joseph Bourson Arrêté comme otage et fusillé le 11 juin 1944 à Mussidan (Dordogne), Blog 2 pages, réalisation 2011
Auteur : Alain LAPLACE
Article rédigé à l'occasion de mes recherches généalogiques, puis la mise en ligne d'un blog (http://majoresorum.eklablog.com)dédié à la famille BOURSON qui a été expulsée en 1940 du village de Vigy (Moselle) et réfugiée à Mussidan (Dordogne) et les villages alentours où elle a vécu toute la durée de la guerre. Plusieurs personnes natives de Vigy faisaient partie des 52 otages fusillés le 11 juin 1944.



Autres articles parus dans le site de l'AJPN

1 Clément Vasserot (Clément Vasserot est né au hameau de Fontgillairde, situé à Molines-en-Queyras, le 5 février 1893 dans une famille protestante. Il devient préfet de la Creuse le 14/02/1943. )

Liens externes [Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet]
1 Comité national français en hommage à Aristides de Sousa Mendes
2 Connus ou inconnus mais Justes (C’est dans le sillon creusé par Aristides de Sousa Mendès, Madeleine Barot, Charles Altorffer, Marc Boegner, Henry Dupuy, Raoul Laporterie… que s'ancre le souvenir de tous ces Justes que la modestie pourrait renvoyer à l’oubli et à l’indifférence. Ce livret du Crif Sud-Ouest Aquitaine, écrit et coordonné par Hellen Kaufmann, présidente de l'AJPN, rend hommage à chacun des 225 Justes récompensés à ce jour en Aquitaine. La moindre des choses était de leur permettre de dire et de déposer leur histoire, pour que l’avenir ne les oublie plus jamais, ni eux ni les anonymes qui ont aidé au sauvetage de Juifs. )
3 La Prison militaire de Mauzac : camps d’internements sous Vichy (revue Arkheia, n°5-6, 2004. )
4 Victime en représailles à Mussidan
5 Souvenir Français Loudun - GABORIAUD Alphonse (Site du Souvenir Français - Comité de Loudun Page GABORIAUD Alphonse )
6 Souvenir Français Loudun - ROWEK Albert (Souvenir Français Comité de Loudun - Page ROWEK Albert )
7 Les neufs jours de Sousa Mendes - Os nove dias de Sousa Mendes (Documentaires de Mélanie Pelletier, 2012.
Avec António de Moncada de Sousa Mendes, Andrée Lotey, Elvira Limão, Hellen Kaufmann, Manuel Dias Vaz, Irene Flunser Pimentel, Esther Mucznik, José Caré júnior, Marie-Rose Faure, Maria Barroso… et António de Oliveira Salazar, Charles de Gaulle, le Maréchal Philippe Pétain, et le rabin Haïm Kruger. )

Notes

- 1 - Secrétariat d'État au Tourisme

Annonces de recherche
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***  famille Bourganeuf

    Bonjour,
    Des membres de ma famille réfugiés à Bourganeuf avaient sympathisé avec des personnes dont j'ignore l'identité.
    Si quelqu'un les reconnait.
    d'avance merci
    Cordialement
    [répondre]

***  Résistant fusillé par les allemand le 9 avril 1944

    Bonjour
    Je recherche des informations sur mon oncle Camille Germont fusillé par les allemands le 9 avril 1944 (il a été dénoncé par un membre de sa belle famille)
    Je n'ai rien trouvé dans les archives nationales , le concernant

    merci de votre aide

    Alain Germont
    [répondre]

    Désolé , j'ai fais une erreur c 'est Camille Petit et non Germont.
    et cela c'est passé à Beaumont-de-Lomagne dans le Tarn et Garonne 82

    Alain Germont


    Titre : Résistant fusillé par les allemand le 9 avril 1944
    L'annonce:
    Bonjour
    Je recherche des informations sur mon oncle Camille Germont fusillé par les allemands le 9 avril 1944 (il a été dénoncé par un membre de sa belle famille)
    Je n'ai rien trouvé dans les archives nationales , le concernant

    merci de votre aide

    Alain Germont
      [répondre]

***  Renseignements sur Huguette Fischhof


    Bonjour,

    Avez-vous pu obtenir les renseignements que vous cherchez concernant Huguette FISCHOF ? Je cherche, moi aussi, des informations sur sa date et son lieu de naissance. Je sais seulement qu'elle a été élève au Lycée Molière, à Paris, et que, selon ce qui est inscrit sur la plaque commémorative de ce lycée, elle serait décédée en déportation. Mais je n'ai trouvé son nom dans aucune liste de déportés.
    Cordialement.
    Eve Line Blum
      [répondre]
    Bonjour, je peux vous donner plus d'informations sur Huguette Fischhof et son histoire. Si vous le souhaitez envoyez moi un mail a catherine.fischhof@wanadoo.fr. sa date et son lieu de naissance figurent dans l'annonce a laquelle vous avez repondu. Je serais heureuse de savoir comment vous l'avez connue. Catherine Fischhof.   [répondre]

***  claude razimowsky chateau de chabannes

    Bonjour
    je suis la fille de Claude Razimowsky, décédé en 1966, et que je n'ai pas connu...je recherche des photos de mon père lorsqu'il était au château de Chabannes ou quelqu'un qui l'aurait connu à cet époque. Un grand merci !!
    [répondre]

    Bonjour,

    Bénévole à l'OSE au service histoire de katy Hazan je vous propose de venir voir les photos du Château de Chavanne.
    OSE 117 rue du faubourg du Temple 75011 Paris.
    Les lundi et mercredi après-midi.
    Cordialement
    Nathan.
      [répondre]
    merci pour votre message, je viendrai voir les photos dès lundi prochain !
    sincèrement
    claude
      [répondre]

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