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Maison d'arrêt

Prison de la Pierre-Levée
durant la Seconde Guerre mondiale

Texte pour ecartement lateral Commune : 86000 Poitiers
Sous-préfecture : Poitiers
Canton : Poitiers
- Vienne

Population internée: Mixte, Tsiganes, résistants, Juifs, communistes

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Prison-de-la-Pierre-Levee
Prison de de la Pierre-Levée
source photo : Inconnu
crédit photo : D.R.
Histoire
De 1940 à 1943 sont incarcérés des prisonniers pour "activités communistes, propagande, détention d’armes, destruction d’un édifice public". Les condamnations sont sévères. De nombreuses condamnations à mort sont prononcées et exécutées par la justice française.

A partir de l’été 1942, les tribunaux allemands prirent le pas sur la justice française et jugent les affaires portant atteinte à l’autorité de l’Occupant. Ils sont dirigés par la Sicherheits dreist Polizei, organisme SS chargé de la sécurité de la Wehrmacht, dont le siège était installé 13 rue des Écossais à Poitiers et une antenne à Châtellerault, jumelé avec la Gestapo.

A partir du 10 septembre 1942, certains condamnés de droit commun par la justice française sont transférés au Camp de la route de Limoges, libérant ainsi une partie de la prison qui passe aux mains de la police allemande.
Désormais, la prison devint le lieu de départ des résistants vers les camps de concentration, mais aussi pour le peloton d’exécution installé à la Butte de Biard sur un champ de tir.
128 patriotes, en majorité communistes, seront fusillés à la Butte de Biard du 7 mars 1942 au 4 juillet 1944.

29/06/2009

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L’unique évasion de la prison de la Pierre-Levée de Poitiers de 1941 à 1944

Seul prisonnier à s’être évadé de la prison de la Pierre-Levée durant l’occupation allemande, Emmanuel Durosier relate avec précision l’épopée de cette évasion. Cet acte courageux, à la fois de survie et de résistance contre l’envahisseur nazi et ses complices du gouvernement Pétain de Vichy, rejoint la lutte de tous les résistants qui se sont levés pour la libération de la France et la restauration de la République.

Le seul prisonnier qui réussit à s’évader de la prison de la Pierre Levée fut Emmanuel Durosier, le 2 mai 1943.

Arrêté en février 1943 il fut conduit à la prison de la Pierre Levée qui avait été complètement investie par les Allemands. Les hommes du service de sûreté le sinistre SD (Sicher heits dienst) parlaient couramment le Français sans accent et menaient donc les interrogatoires souvent avec bestialité comme nous l’avons vu dans les locaux mêmes de la prison. Un certain Willy alors gardien était particulièrement haï. Mais à la section de renseignements dont le siège se tenait rue Boncenne se trouvaient également des Français tels l’odieux Bercy, véritable sadique.

Durosier se rendit rapidement compte que les Allemands ne possédaient que peu de renseignements sur lui et ignoraient donc ses véritables activités. Il ne fut jamais brutalisé par Becker qui menait les interrogatoires. II nia tout en bloc.

Les jours passaient et cet homme d’action étudiait déjà les lieux et les habitudes de la prison. Communication, contacts entre détenus se faisaient discrètement à l’insu des geôliers pourtant vigilants. Deux fois par semaine, une corvée accompagnée de gardiens armés se rendait à l’intendance de la prison. Mais Durosier remarqua que les Allemands ne les fouillaient pas à la sortie. A la cuisine, on dérobait du papier que l’on dissimulait ensuite dans les wc. Quelques détenus avertis se rendaient à leur tour dans les wc et récupéraient le papier, support de précieux messages transmis tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la prison.

Tous les Allemands prenaient leurs repas au même moment au même endroit. Durosier pensa qu’une attaque menée à la prison par un groupe armé et décidé pourrait intervenir. Il suffirait de sonner, couper les fils téléphoniques, menacer se faire conduire dans la prison et neutraliser les Allemands prenant leur repas.

Mais ce plan jugé dangereux et irréalisable fut abandonné. Il fut convenu que Durosier serait aidé mais s’évaderait par ses propres moyens. Instructions lui seraient données ultérieurement pour l’avertir de la nuit choisie.

Un après-midi, "Bruno", un gardien allemand reconnaissable à son pas traînant dans les couloirs qui menaient aux cellules vint ouvrir sa porte. "Monsieur, gros colis". Et il déposa un colis ouvert, fouillé avec une boule de pain tailladée dans le sens de la longueur. Durosier une fois seul explora le pain. Deux lames de scie y étaient incluses. Il les dissimula dans la cellule. Le soir, un violent orage éclata et dura une grande partie de la nuit, ce qui permit de scier la moitié d’un barreau. II fallut ensuite cinq jours, en prenant mille précautions, pour scier le haut et le bas des barreaux avant la tombée de la nuit. Il devait mouiller les lames avec sa salive pour les refroidir et faire tenir les barreaux avec de la mie de pain.

Cependant aucun signe ne lui parvenait. Une nuit il y eut un exercice à l’extérieur de la prison et des projecteurs allumés. Étrange et de mauvais augure. Un vendredi ou un samedi peut-être une détenue qui venait du camp de la route de Limoges leur apprit qu’un Espagnol en fait un mouchard avait été "descendu" ce qui expliquait cette surveillance renforcée. Dans la cour durant la promenade deux femmes parlaient en le regardant. Il était intrigué. A peine de retour dans sa cellule, on frappa. Un SS entra. Nom prénom et religion ?. Durosier comprit tout de suite qu’il avait été désigné parmi les otages qui devaient être fusillés en représailles de l’Espagnol. En désespoir de cause il décida de manger une partie des provisions qu’il avait dissimulées pour son évasion. Mais une note émanant de la préfecture différa son exécution. On vint le chercher pour le conduire dans une pièce. Bletel un inspecteur de la SAP commença à le frapper dès son entrée. Durosier restait muet. Quelques heures plus tard, Rousselet patron de la Sap entra à son tour. "Tu ne veux pas parler, pourtant on sait tout". Et il donna des détails concernant des faits précis y compris des noms de camarades. Puis ouvrant une porte il lui présenta un homme qui avait été atrocement torturé auparavant qui confirma ce que Rousselet avait annoncé.


Ramené dans sa cellule, Durosier comprit qu’il n’avait plus de temps à perdre et qu’il ne devrait compter que sur lui-même. II avait dans sa cellule une couverture récupérée par un gardien compatissant. II la coupa, la tressa, la testa dans sa cellule pour en éprouver la solidité. Il y accrocha une cuillère récupérée et façonnée comme un grappin. Il était prêt. Il attendit la ronde d’une heure et quand le pas traînant de Bruno s’estompa, il enleva les barreaux laissa pendre sa corde de fortune et se retrouva à terre. Il recouvrit ses chaussures de ses chaussettes pour en amortir le bruit, emprunta le chemin de promenade et arriva à la maison du gardien chef de l’époque, Gay, absent ce jour-là. Il fallait grimper au premier étage puis se hisser sur le toit. Par ce mois de mai, la fenêtre de la chambre des enfants était ouverte. Malgré ses précautions, il cassa en marchant une tuile du toit. Le bruit attira madame Gay qui vint à la fenêtre. Il se coucha sur le toit. Il pensa que madame Gay avait compris, mais elle ne se manifesta pas. Il marcha sur le toit cassa une deuxième tuile atteignit enfin la barre la plus haute et fixa la corde. Quelques secondes plus tard il se trouvait quinze à vingt mètres plus bas, libre. Il contourna la prison, s’enfuit en passant à proximité du parc à fourrage à cette époque et se dirigea vers les champs proches. La ville de Poitiers n’était pas urbanisée comme aujourd’hui. Mais l’alerte avait déjà été donnée. Des voitures sillonnaient les routes. Il se dirigea vers une ferme qu’il connaissait entre Bignoux et la route de Chauvigny. Il reconnut le chemin de terre qui conduisait à la ferme et frappa. I1 se rasa, mais on le conduisit dans le bois voisin par précaution. On l’avertit qu’on l’y viendrait chercher le soir. Effectivement, Quintard vint le chercher, le conduisit à Montamisé d’abord, puis à Dissay chez monsieur Prenant, le menuisier, chez qui il resta jusqu’en juillet.

Durosier entrait dans la légende. Il fut le seul prisonnier à s’évader de la prison de la "Pierre Levée" pendant l’occupation.

Récit rédigé par Louis-Charles Morillon d’après le témoignage oral d'Emmanuel Durosier enregistré sur magnétophone.

04/03/2011
Auteur : Louis-Charles Morill Lien : Vienne Résistance Internement Déportation

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Noël 1942, Prison de la Pierre Levée

Chef provisoire de la prison de la Pierre Levée, un "Feldwebel" a aidé moralement ses détenus en leur permettant de célébrer Noël.

NOËL 1942 A LA PIERRE-LEVÉE
CELLULE 15
Nous étions alors deux dans cette cellule : K. et moi. Deux compagnons qui s’entendent bien, c’est le meilleur nombre pour vivre prisonnier en un rectangle de 2 m 50 sur 4. Seul on s’ennuie ; à plus de deux, on marche les uns sur les autres. Jusqu’à quel point, hélas ! A-t-on marché les uns sur les autres dans certaines cellules de la Pierre-Levée où l’on fut entassé jusqu’à cinq !
Mon compagnon était un étudiant lorrain, de cette Lorraine où Noël, pour être fêté, exige un sapin et des chants. Or nous eûmes le sapin et les chants.
Car, pour Noël, le Feldwebel Allendorf, chef normal de la prison, était parti en permission vers la Prusse. Le Feldwebel Allendorf avait été créé et mis au monde pour être chef de prison allemande. Il en avait l’aspect revêche et la faculté d’aboyer plus méchamment encore que la moyenne de ses compatriotes.
Mais, pendant sa permission de Noël, il avait été remplacé, pour dix jours, à la tête de la prison, par un Feldwebel à cheveux blancs, tout différent d’allures, et qui ne craignait pas de raconter en confidence aux prisonniers gaullistes que s’il avait été Français il eût à peu près fait comme eux, ayant d’ailleurs déjà subi lui-même dix mois de prison politique.
Ainsi avait-il laissé entrer, dans les cellules, une part au moins des cadeaux de Noël que le grand cœur de Poitiers avait silencieusement préparés pour ses fils détenus. Pour le professeur et l’étudiant réunis dans notre cellule, les étudiants et les étudiantes de la Faculté, sans parler de certains collègues, avaient réuni leurs contributions à celles des familles. Parmi les cadeaux, certains venaient de futurs témoins de la résistance ; l’un d’eux avait été fourni par Jacques Delaunay. Et la douceur de sentir la fidélité du souvenir était, pour les prisonniers, non moins sensible que l’amélioration du misérable régime alimentaire de la prison.
Dans le colis du 24 décembre nous était arrivé un petit sapin qu’un soldat allemand, au passage, nous avait envié en disant que c’était un vrai petit sapin (Tannenbaum), tandis que la garnison de la prison, pour fêter son Noël, n’avait qu’un pin (Kiefer). Il est vrai que celui-ci était un grand arbre, tout orné de mousseline, de papier brillant et de neige artificielle, ainsi que nous le constatâmes, le surlendemain, en traversant le hall pour aller à la douche, tandis que nous n’avions qu’un tout petit sapin. Mais il était juste de la taille qu’il fallait pour se tenir debout, au-dessus du cadre de fer servant de lit, la tige passée dans un anneau scellé au mur. Nous fixâmes, sur son pied, une image représentant le petit Jésus dans sa crèche. Et autour de sa tige, nous enroulâmes un ruban tricolore, passé, je ne sais plus comment, dans le même colis.
C’est devant cette image et ce ruban que nous fîmes, K. et moi, notre veillée de Noël. Pour marquer la fête, le Feld-webel avait fait raser tous les prisonniers. Evénement rare et prestigieux pour des hommes habitués à des barbes de 8 ou 15 jours, et à qui tout rasoir était confisqué. Par bonheur, un magnifique clair de lune glissait quelques rayons par la lucarne de la cellule. Et cette veillée, dans sa retraite et sa simplicité, nous émouvait profondément. Nous avons chanté tous les cantiques que nous savions. K., de sa belle voix, a modulé le Rorate Caeli, puis l’Adeste fidèles. Alors qu’en général il était défendu aux prisonniers de faire du bruit, une exceptionnelle tolérance laissait ainsi chanter toutes les cellules, dont les voix se répondaient, à peine perçues à travers les lourdes portes. Plus loin, autour de leur pin, les soldats eux-mêmes avaient formé un chœur puissant et grave, qui nous renvoyait des Noëls allemands. L’un d’eux était la version allemande, sur le même air, d’un de nos Noëls français : « Mon beau sapin, Roi des Forêts... » Et nous songions combien la guerre est une chose absurde, alors que l’enfant Jésus était descendu sur terre pour apporter la paix aux hommes de bonne volonté ! Pourquoi cette Allemagne, dont la musique dégageait une si sensible et si pénétrante harmonie, n’en restait-elle pas moins toujours la terre des hommes de mauvaise volonté ?
Une fois étendus sur nos paillasses, songeant aux messes de minuit d’autrefois, nous dîres un chapelet pour le Noël des plus malheureux détenus.
Car il en était de plus malheureux que nous. Nous avions pour voisin, au 16, un gars de Châtellerault, nouvellement arrivé ayant tout juste 21 ans, qui n’était admis à recevoir du dehors ni linge, ni vivres. Avec les prélèvements sur les ressources de Noël, nous lui avons confectionné, K. et moi une sorte de colis particulier, et nous avons réussi à corrompre le soldat de garde, en le persuadant, au nom de la sainteté de ce jour, de porter le colis à notre voisin. Par-dessus, nous avions écrit : Joyeux Noël ! Grâce aux moyens secrets de communication des cellules, il nous a remerciés presque aussitôt de façon touchante. Ainsi, même pour lui, ce Noël n’aura pas été tout à fait sans joie.
Il ne fut même pas tout à fait sans réveillon. La Croix-Rouge avait obtenu, en effet, elle aussi, de marquer notre fête de prisonniers. Au matin, par surprise, arrivèrent dans toutes les cellules, même dans celle de notre voisin, un petit pain au lait, et on versa dans les ustensiles divers dont nous nous servions pour boire l’équivalent d’une bonne tasse de chocolat, de vrai chocolat au vrai lait, confectionné par des mains pieuses et expertes, et meilleur que nous n’en avions jamais bu.
Pourtant, le principal manqua à la fête. Dans cette prison où le vent ne nous apportait le son des cloches de la ville que trois ou quatre fois par an, nous n’eûmes pas même de messe de Noël. Nous l’avions espérée. Le Feldwebel intérimaire nous en avait presque fait la promesse. La Gestapo s’y est opposée. Nous n’avons joui d’aucune des harmonies familières de la liturgie catholique. Nous avons prié seuls.
En cette fête traditionnelle des joies familiales, il est dur de passer la journée dans le clair obscur d’une cellule sans issue. Et pourtant, notre Noël ne fut pas entièrement triste. La vertu de la fête opère par elle-même. La joie de la naissance de l’Enfant Jésus touche les Chrétiens où qu’ils soient. Et Noël reste la fête de l’espérance. Devant J’image de la crèche d’où est sorti un monde nouveau, au pied de notre petit sapin enroulé d’un ruban tricolore, nous avons ce jour-là beaucoup espéré ! L’espoir s’est réalisé plus vite, pour l’un de nous, qui écrit ces lignes, que pour l’autre, déporté outre-Rhin. Ce Noël 1944 n’est encore, ni pour l’un ni pour l’autre, celui de la paix victorieuse. Mais il l’annonce et la prépare, cette paix des hommes de bonne volonté !

R. Savatier, professeur à la Faculté de Droit, président du Comité départemental de la Libération.

Article extrait de la revue La grand'goule, revue trimestrielle, Poitiers, Noël 1944.

04/03/2011
Auteur : R. Savatier Lien : Vienne Résistance Internement Déportation

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Les détenus

Pour des raisons de sécurité intérieure propre à cet établissement pénitentiaire toujours en activité à ce jour, il ne sera pas produit de plan de masse pas plus que des photographies de l’intérieur.

Les registres d’écrou - définition
Ces registres répertorient l’identité des détenus, le motif et la date de leur arrestation, de leur incarcération, la condamnation et le transfert éventuel. Deux sortes de registres d’écrou sont tenus pendant la seconde guerre mondiale, par les autorités françaises et par les autorités allemandes.

Quelques exemples de motifs d’incarcération et de sanctions
Si l’on trouve dans les registres d’écrou de 1940 à 1943, des arrestations pour "activités communistes, propagande, détention d’armes, destruction d’un édifice public" avec des condamnations allant de 10 ans de travaux forcés prononcés par la cour spéciale , il n’en demeure pas moins vrai que l’Occupant a, en général trouvé les sanctions trop laxistes. C’est ainsi que les nommés MASSIAS Jacques, RIECKERT, GAUTIER, les frères DELAUNAY, incarcérés le 14 août 1943 par le Tribunal d’Etat pour assassinat du chef de la Milice - le Docteur GUERIN -furent, sur ordre de l’Autorité allemande, transférés à Fresnes le 31 août 1943, condamnés à mort et fusillés au Mont Valérien.

Le poids des juridictions allemandes
A partir de l’été 1942, les tribunaux allemands prirent le pas sur la justice française. A Poitiers, le tribunal militaire allemand 677 fut chargé de juger toutes les affaires qui portaient atteinte à l’autorité de l’Occupant dans le département de la Vienne, voire même dans les Deux-Sèvres. Au milieu de l’année 1942, cette juridiction fut "coiffée" par la Sicherheits dreist Polizei, organisme SS chargé de la sécurité de la Wehrmacht, dont le siège était installé 13 rue des Ecossais à Poitiers et une antenne à Châtellerault, jumelé avec la Gestapo.

La prison, point de départ vers les camps et les pelotons d’exécution
A partir du 10 septembre 1942, certains condamnés de droit commun par la justice française furent transférés au camp de la route de Limoges, libérant ainsi une partie de la prison qui passe aux mains de la police allemande. Désormais, elle devint le lieu de départ des résistants poitevins vers les camps de concentration, d’extermination, mais aussi pour le peloton d’exécution de la << Butte de Biard >>. 128 résistants furent fusillés à Biard sur les 190 recensés. Ce sont les hommes du SIPO-SD qui procédèrent aux internements, interrogations comme aux brutalités et tortures dans les caves de la prison. C’est ainsi que passèrent dans ces lieux tous les membres du réseau « Louis Renard » ( plus de cent arrestations, une trentaine de déportés dont dix sont condamnés à mort le 13 octobre 1943).

Suivi d’un groupe de détenus résistants recensés dans les registres d’écrou
Il s’agit de 24 membres du groupe OS-680 de Thouars et sa région (79), arrêtés le 24 novembre 1941, et condamnés par un Tribunal militaire allemand à Poitiers. Quinze personnes de Thouars ont alors comparu comme prévenues d’activité communiste, de détention d’armes et munitions, de poudre de guerre, de distribution et tentative de destruction par explosion d’un édifice public. Parmi ces condamnés :
9 ont 25 ans et moins
6 sont des femmes
majoritairement ouvriers (tourneurs, rectifieurs…) et employés. Les débats ont duré 3 jours ; le verdict a été prononcé le mardi 21 juillet 1942. Les peines sont les suivantes :
5 acquittements
5 condamnés entre 1 et 2 ans de prison
5 condamnés entre 5 et 10 ans de prison Mais la Feldkommandantur 677 (siège à Poitiers), ne trouvant pas les peines prononcées par la section spéciale de la Cour de Justice assez fortes, reprit l’affaire avec la Gestapo. Le tribunal de guerre allemand rendit son jugement à huit clos les 18, 19, 20, 21, 22, 23 et 24 novembre 1942. Le procureur général demanda 14 condamnations à mort. Le verdict fut le suivant pour l’ensemble du groupe (24 personnes) :
8 condamnées à mort qui seront fusillées à Biard le 3 décembre 1942
1 condamnée à mort qui sera fusillée le 13 décembre 1943 à Angers
3 condamnées à mort, grâciées, déportées en Allemagne.
1 condamnée à 5 ans de réclusion, déportée
2 condamnées à 1 an de prison , déportées
1 condamnée à 6 mois de prison
5 acquittées faute de preuve, déportées en Allemagne
3 acquittées et libérées le 23 décembre 1942. Ainsi, les registres d’écrou permettent de retracer quelques itinéraires de détenus, et d’analyser la sévérité des peines, notamment pour réprimer les activités communistes.

04/03/2011
Lien : Vienne Résistance Internement Déportation

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Familles internées - Prison de la Pierre-Levée [Ajouter une famille]

Article non renseigné. Si vous avez connaissance de personnes internées dans ce camp, cliquez ci-dessus sur “Compléter” et ajoutez leur nom, prénom, les circonstances de l'internement et la date de l'internement, si possible.

Liens externes [Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet]
1 Vienne Résistance Internement Déportation (V.R.I.D (Vienne Résistance Internement Déportation),une association loi 1901, un collectif pour un média de l’Histoire et de la Mémoire de la Seconde Guerre Mondiale dans le département de la Vienne. )
2 Centre d'études tsiganes (Bibliographie )
3 Souvenir Français Loudun - GABORIAUD Alphonse (Site du Souvenir Français - Comité de Loudun Page GABORIAUD Alphonse )
4 Souvenir Français Loudun - ROWEK Albert (Souvenir Français Comité de Loudun - Page ROWEK Albert )

Chronologie [Ajouter]

12/04/1939 - Décret du 12 avril 1939 sur la création des CTE (Compagnies de Travailleurs Étrangers).
27/09/1940 - Loi du 27 septembre 1940 sur la création des GTE (Groupements des Travailleurs Étrangers).
22/02/1941 - Décret du 22 février 1941 sur les sanctions à appliquer dans les GTE (Groupements des Travailleurs Étrangers).
08/10/1942 - Rafle des Juifs en Charente dans la nuit du 8 au 9 octobre 1942.
16/10/1942 - Départ de 231 Juifs de la région de Poitiers pour Drancy.
02/11/1945 - Ordonnance du 2 novembre 1945 sur la dissolution des GTE (Groupements de Travailleurs Étrangers).

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(18/07/1940 - 1944) Vice-amiral, Préfet de de la Vienne et préfet régional de la région de Poitiers (Charente-Maritime (Charente-Inférieure jusqu'en 1941), Deux-Sèvres et Vendée et les parties occupées de la Charente, de Dordogne et de la Vienne. Condamné à huit ans de prison à la Libération (1881-1970)
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(01/05/1942 - 1943) Antoine Jean Marcel Lemoine, Préfet de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne)
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(10/05/1944 - 06/1944) André Fourcade dit Vergnaud, Commissaire régional de la République de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne), arrêté par la Gestapo en juin 1944, fusillé à Buzet-sur-le-Tarn le 17 août 1944
Pierre Boursicot
(23/10/1944 - 1946) Commissaire régional de la République de la région de Limoges (Corrèze, Creuse et Haute-Vienne et les parties non-occupées de la Charente, du Cher, de la Dordogne, de l'Indre, de l'Indre-et-Loire et de la Vienne)
Jean Schuhler
(06/1944 - 1946) Commissaire régional de la République de la région de Poitiers (Charente-Maritime (Charente-Inférieure jusqu'en 1941), Deux-Sèvres et Vendée et les parties occupées de la Charente, de Dordogne et de la Vienne)

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