Adhérer Faire un don Juillet 2010, parution "Le soleil voilé - Auschwitz 1942 - 1945" de Paul Schaffer, préface de Madame Simone Veil…
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Lycée Lalande

- Commune : Bourg-en-Bresse
Sous-préfecture : : Bourg-en-Bresse
Canton : Bourg-en-Bresse
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Lycée-Lalande
Le fronton de l'entrée du lycée Lalande.
source photo : Bombadil75
crédit photo : D.R.
Lycée-Lalande
Lycée Lalande
source photo : Association résistance Lycée Lalande
crédit photo : D.R.
Lycée-Lalande
M. Audierne, professeur d’Histoire au lycée Lalande dans les années 1940-45
source photo : x
crédit photo : D.R.
Direction : M. Maurer, proviseur
Personnel : M. Audierne, professeur d’histoire
Marcel Cochet, maître d’éducation physique
François-Yves Guillin
Jacques Maynal
Paul Millet
Paul Morin Marcel Rosette
M. Roy, professeur de Mathématiques


Histoire
Le Lycée Lalande fut un foyer important de la résistance durant la Seconde Guerre mondiale.
Des élèves et des professeurs furent arrêtés.
Le lycée est le seul établissement civil de France titulaire de la Médaille de la Résistance.

Il s'y déroule chaque 11 novembre une célébration de cet évènement par des élèves et des professeurs.

24/11/2009

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1940-1941 : événements au Lycée Lalande

Des événements qui eurent pour théâtre le Lycée Lalande, notre lycée, en 1940-1941 ? Je l'ai souvent exposé. La rentrée d'Octobre, en Math-Elem, avait été marquée par le court laïus du proviseur en classe de Math, venu nous présenter notre nouveau professeur, monsieur R. Ce petit discours dériva vite sur un panégyrique vibrant en faveur du Maréchal, se terminant par une diatribe contre ceux qui s'y opposaient ou s'y opposeraient. Dès le départ du proviseur de notre classe, monsieur R., qui avait un fils dans notre classe, renchérit fortement sur ce que nous venions d'entendre à la gloire de Pétain et de son gouvernement, et à la vertu du travail. Si ce dernier point ne nous surprit pas, - la Révolution Nationale n'avait rien inventé à ce sujet- par contre le bref discours politique du proviseur, accompagné d'une évidente mise en garde, était nouveau. Nous étions prévenus:
Dès les premiers jours d'Octobre, j'appris rapidement par la presse que le gouvernement avait émis des décrets à l'encontre des juifs. Cette mesure me surprit. Je savais que, depuis quelques années, l'antisémitisme sévissait sérieusement en Allemagne, mais en France, en notre douce France...!Fallait-il que le gouvernement de Vichy suivît à la lettre les principes nazis, et même précédât en cela les injonctions d'Hitler ou de ses subordonnés?
Au lycée, nous avions quelques camarades israélites. Je n'ai pas le souvenir, au cours des années précédentes, qu'il y ait eu la moindre réflexion désobligeante à l'encontre de ceux-ci. Nous ne nous posions aucune question à leur sujet. Des camarades comme les autres.
Dès cette époque, une poignée d'élèves, lors des récréations, commencèrent à insulter haut et fort "les juifs". En Math-Elem, nous avions vu arriver à la rentrée un nouveau, Cerf, israélite purement français. Son père, officier de réserve, s'était brillamment comporté lors de la campagne de France. Sa famille s'était repliée à Bourg-en-Bresse. Au lycée Lalande, Cerf, bon élève, sérieux, ne faisait pas parler de lui. Notre prof de Math, Monsieur R., ne l'appréciait visiblement pas beaucoup.
Un jour, vers le 20 octobre, trois camarades -s'il est possible de les appeler encore ainsi- qui s'étaient déjà signalés par leurs réflexions très vichystes et même antisémites, attendirent Cerf à la sortie, rue du Lycée. Sans préambule, ils se précipitèrent sur lui et le frappèrent violemment, particulièrement à la face. J'essayai vainement de m'interposer mais je fus ceinturé par l'un d'eux. "Guillin, Occupe-toi de tes affaires!"
Cerf s'enfuit dès qu'il le put. Nos trois individus, je me souviens parfaitement d'eux, mais je ne les nommerai que par l'initiale de leur nom: H., K., et V., très fiers de leur exploit, partirent en riant et en se félicitant d'avoir "cassé la gueule d'un sale Juif", d'avoir réussi à lui faire un "cocard". Ils se réjouissaient déjà de voir Cerf arborer le lendemain le pourtour noir d'un de ses yeux, à la suite du coup lâchement porté. (Ils en furent d'ailleurs pour leurs frais, car la mère de Cerf sut employer une bonne méthode pour faire résorber l'hématome.)
J'éprouvai en moi une énorme colère, comme je ne me souvins pas en avoir ressentie auparavant. Je me rendis au niveau du trio et les insultai copieusement, ce qui n'était pas du tout mon habitude.
Cet incident me bouleversa. Comment trois camarades de ma classe, avaient-ils pu attaquer sans motif, sinon pour son appartenance à une race, un garçon sans défense ? Je compris rapidement l'impact grave et manifeste de la propagande de Vichy sur certaines mentalités, et la responsabilité coupable et tragique de ce gouvernement, sans toutefois vouloir disculper pour autant H, K et V.
Cette histoire, qui me scandalisa, se produisit quelques jours avant Montoire. Ces événements raffermirent encore ma décision de "résister" et de mettre Vichy ou tout au moins Pétain et son gouvernement dans le même sac que les Nazis
.
La Résistance commença, au lycée Lalande, par la Propagande

L'atmosphère du Lycée Lalande devint lourde. Si le proviseur, dont je n'évoquerai pas ici le surnom, ne manquait jamais l'occasion de glorifier le maréchal auprès de chaque classe, pour lui, ceux qui étaient soupçonnés d'être gaullistes ne pouvaient être que de "mauvais élèves". En ce qui concernait ma classe de math-élem, il connaissait très bien les opinions "politiques" de chacun, par le professeur principal, monsieur R., qui, lui-même, était fort bien informé par son fils. Celui-ci eut vent fatalement de la propagande que je faisais. De plus, au moins quatre garçons de ma classe étaient farouchement pétainistes, et constituaient un danger réel. Certains de mes camarades et moi-même étions peu méfiants, et les conversations, certes "tendancieuses", que nous eûmes au cours des récréations, ne furent pas perdues par quelques oreilles adverses et furent rapidement rapportées à qui de droit..
Dès le début du deuxième trimestre, j'en subis les conséquences. Tous mes devoirs de math reçurent invariablement la note 7/20. Certains d'entre eux n'avaient aucune annotation.
Arriva alors l'histoire, absolument véridique, de la visite que fit à ma mère la femme du préfet. Elle vint l'informer gentiment et officieusement que son mari avait reçu du proviseur une liste des élèves "gaullistes" de Terminale du Lycée Lalande. Mon nom y figurait sinon en tête de liste, tout au moins en bonne place. Par la voix de sa femme, le préfet voulut ainsi informer ma mère qu'il ne voulait pas donner suite à cette affaire, mais la prévenir qu'il ne tolérerait plus de telles manifestations de mes opinions séditieuses au lycée.
Cet avertissement fut bénéfique pour moi. Cette affaire m'enseigna la prudence. J'en conclus que la propagande au lycée, en parlant à un groupe de camarades ou même par la bouche-à-oreille, relevait dès cette époque d'une témérité stérile, irréfléchie, qu'il fallait à tout prix éviter. Au lycée, j'étais catalogué comme gaulliste et je me rendis compte qu'en dehors du proviseur et de Mr R., j'étais peut-être jugé sévèrement par un ou deux professeurs.
Mais pas par tous. Je sus plus tard que monsieur Barry, professeur de physique et chimie, me défendit au moins lors d'un conseil des professeurs. Cette aide occulte, ignorée de moi à l’époque, me préserva sans doute d'autres ennuis.
Je quittai le Lycée Lalande en juin 1941, après mon deuxième bac.

François-Yves GUILLI Résistance

09/02/2010

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Les débuts de la résistance

1940, la Résistance naît au lycée Lalande

Juin 1940. C’est la capitulation. Mon père, mauricien d’origine et donc citoyen britannique, connaît l’anglais et écoute la BBC à radio Londres. Le 18 juin, il entend et approuve l’appel du général De Gaulle. Arrive juillet, les vacances. Par un décret de Pétain, mon père, médecin de campagne à Chavannes-s-Suran, est déchu de la nationalité française avec interdiction d’exercer son métier. Profond émoi à Chavannes et dans les villages environnants. Une pétition se couvre de signatures. Le Préfet de Pétain finit par céder devant l’opinion publique. La Résistance vient de commencer dans la région.
C’est dans ces conditions qu’en octobre je rentre en 3° au lycée ; je n’ai pas encore 15 ans. Quelle ambiance dans le "bahut" ! Le gouvernement vichyste étrangle la laicité. Le ministre de l’enseignement parle d’installer des crucifix dans chaque classe. Les professeurs sont au diapason de l’ensemble des français… ils espèrent malgré tout que Pétain servira de bouclier face à Hitler.
Que faire alors si ce n’est, discuter, chercher, détecter des sympathies pour la Résistance ? Tout commence par des gestes puérils. A quelques uns nous volons des craies et inscrivons sur les murs et les tableaux : " VDG " (vive De Gaulle). En lettres majuscules manuscrites nous fabriquons de courts tracts avec… "Notre De Gaulle qui êtes à Londres…". A la fin de 1940, je fais la connaissance de Paul PIODA qui tient un magasin sur le chemin du lycée. Paul PIODA deviendra une grande figure de la Résistance à Bourg et dans l’Ain et ne reviendra pas de déportation. Grâce à lui, j’introduis au lycée des photos du général De Gaulle (en tenue de Colonel). Mon voisin de classe, Pierre FIGUET, est mon premier preneur. Petit à petit le climat change. Au fur et à mesure des professeurs affirment leur sympathie pour la Résistance, tels MM. GARET, MERLE, MANDOUZE, COCHET… Dès l’été 1941 nous commençons la diffusion des journaux : "Libération", "Combat , "Franc-Tireur".
Par contre, à partir d’octobre on nous octroie un professeur d’ "ordre moral", Mr JOLYON, chargé de la propagande pour Pétain. Le lundi matin et le samedi à midi, dans la cour d’honneur, nous devons assister au lever et à la descente du drapeau en chantant : "Maréchal nous voilà…". Nous remplacions alors maréchal par général et cherchions ainsi de nouveaux adeptes. En novembre 1941, Paul MILLET, originaire lui aussi de Chavannes, diffuse dans sa classe un texte où le maréchal FOCH critiquait le comportement de Pétain en1918… exclusion du lycée durant un mois !
Puis, en 1942, avec les élèves instituteurs transférés au lycée, c’est la création de la première organisation de Résistance, les FUJ. Le 13 septembre, Pétain vient à Bourg. Après une messe à Notre-Dame dite par l’évêque de Belley, il arrive au Champs de Mars où il y a foule pour l’acclamer. Avec quelques copains nous essayons de manifester mais nous renonçons vite… tant les bressans sont encore nombreux derrière le maréchal. Mais cela n’empêche pas notre classe, en défilant dans les rues de Bourg pour aller au stade, de chanter, à l’initiative de notre professeur d’éducation physique, Marcel COCHET : "Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine…" à la barbe des soldats de la Wehrmacht.
Parce que la Résistance a commencé dès 1940 avec des hommes et des femmes en petit nombre mais déterminés, avec de faibles moyens mais inventifs, elle va alors s’amplifier et s’élargir partout, au lycée, à Bourg, dans l’Ain. Le 15 mars 1943, avec Paul PIODA, nous organisons à la gare, devant le siège de la Gestapo situé à l’Hôtel Terminus, une manifestation contre le départ du premier convoi de jeunes STO en Allemagne. Certains s’échapperont. Ensuite, organisé à l’AS, je passe mes vacances d’été comme agent de liaison entre le maquis de Chavannes et le PC du commandant ROMANS. Enfin, jusqu’à la Libération, je termine mon engagement dans la Résistance au Ier Bataillon FTP.
Résister, c’était en même temps dire NON à l’oppression, rêver à un autre avenir et agir pour y parvenir.

Marcel ROSETTE Résistance

09/02/2010

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Les FUJ Au lycée après la déportation de Paul Morin

Après les arrestations de Marcel Thenon puis Paul Morin, ainsi que Marcel Cochet, maître d’éducation physique au lycée, les FUJ du lycée et du département sont décapités.

Hugues Barange ex-maître-d’internat à Bourg et chef national des FUJ envoie depuis Lyon un certain Gérard, «lieutenant Philippe» de son nom de guerre, pour réorganiser les FUJ. Les lycéens Niogret puis Guilland, auxquels est adjoint Jean André, futur chef du groupe Claude assurent la direction.

Les lycéens du groupe transportent dans leurs valises, lors de leur retour chez eux, des journaux clandestins, des tracts, parfois même des explosifs ou une mitraillette, au risque d’être contrôlés par les Allemands ou par la milice sur la route ou dans le train.

Pour se familiariser avec les armes, ils se rendent par petits groupes le jeudi après-midi, jour de sortie, chez leur camarade Bouvet dont les parents sont cultivateurs à la périphérie de Bourg. Là, ils apprennent à tenir une grenade, à démonter une mitraillette, à remplir les chargeurs. Mais, à leur grand regret, ils ne peuvent pas ou peu participer aux opérations effectuées par les FUJ de la ville :
* réception de parachutages d’armes,
* coup de main pour se procurer du tabac,
* coup de main sur le parc automobile des Tramways de l’Ain pour se procurer cinq voitures et trois camions destinés à l’équipement du futur maquis FUJ.

Cependant, le 5 juin, trois d’entre eux qui ont terminé les épreuves du bac sont désignés pour effectuer une opération très particulière commandée par le colonel Romans-Petit, chef des maquis de l’Ain.

Le colonel ayant besoin de fonds pour la très prochaine croissance de ses effectifs avait donné l’ordre d’intercepter le caissier de la Trésorerie Générale qui transportait chaque jour des sommes importantes. La milice ayant été informée de l’opération tendit un traquenard. Suite à la fusillade qui s’ensuivit deux membres dont le lycéen Roger Guettet furent blessés et faits prisonniers. Les lycéens Guilland et Marinet échappèrent aux tirs et purent disparaître. En possession d’une liste de lycéens suspects d’appartenir à la Résistance, la milice fit alors une descente au lycée où se déroulait la dernière épreuve du Bac. Alors, commence un événement d’importance qui mérite à lui seul un récit circonstancié.

J. Marinet Résistance

09/02/2010

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La résistance au Lycée Lalande dès l’année scolaire 1940-1941

Si dans nombre de lycées, collèges, des proviseurs, des directeurs, des professeurs, suivirent scrupuleusement les consignes gouvernementales, par contre certains surent habilement faire le silence sur quelques affaires, ou mieux surent s’y opposer, discrètement en 40-41, plus ouvertement les années suivantes.
Au lycée Lalande de Bourg-en-Bresse, la situation devint tout de suite plus sérieuse, du fait de la position vichyste outrancière, voire collaborationniste, du chef de l‘établissement, monsieur Maurer. Ce proviseur, dès la rentrée d’octobre 1940 abattit ses cartes. Dans chaque classe, et particulièrement dans les classes terminales, il vint faire son discours politique, dans lequel il était stipulé que l’on devait observer une obéissance aveugle au Maréchal Pétain, à son gouvernement, à l’autorité de ce lycée, donc au chef de l’établissement en question, que toute déviation serait sanctionnée. Pour les élèves de la classe de Math.Elem., la situation se compliquait, étant donnée la position extrême du professeur de Mathématiques, monsieur Roy. La collusion entre le proviseur et ce professeur était évidente.

Une circonstance rendait plus délicate encore cette situation. Certains élèves de cette classe, débutant dans la Résistance, gaullistes, pleins d’enthousiasme, faisaient fatalement de la propagande, peut-être discrète, mais trop souvent imprudente. Or, le fils de monsieur Roy appartenait à cette classe. Il rapportait évidemment à papa ce qu’il avait entendu dans la cour de récréation, en lui fournissant des noms. L’étiquette de gaulliste que le fils donnait à tel ou tel camarade était vite connue du professeur, puis du proviseur.
Au cours du printemps 1941, monsieur Maurer, après avoir réuni le conseil de discipline, (lequel refusa de sanctionner certains de ces élèves de Terminale, grâce notamment à monsieur Barry professeur de physique-chimie), monsieur Maurer fit une liste des élèves renommés pour être gaullistes, ou simplement suspects, "tous de mauvais élèves", disait-il, et l’adressa au Préfet de l’Ain. Celui-ci délégua son épouse auprès de la mère d’un de ces "mauvais élèves". Le conseil de se tenir tranquille fut entendu. L’affaire n’eut pas de suite, sinon qu’elle enseigna aux apprentis résistants la prudence.

Un fait plus grave s’était produit peu de temps après la rentrée d’octobre 1940.
Vers le 20 de ce mois, deux semaines après la promulgation des décrets de Vichy à l’encontre des Israélites, un incident montrant bien l’influence néfaste du gouvernement sur certains esprits, se produisit à la sortie du lycée. Trois élèves de Math.Elem. s’en prirent à un camarade, du nom de Cerf, uniquement parce qu’il était juif. Ils le rouèrent de coups. Alors que les années précédentes les élèves comptaient parmi eux quelques israélites, sans qu’aucune difficulté n’apparût jamais.

Une raison de plus de résister, de lutter pour la Liberté, le Respect des individus, contre le Racisme.
Quelles étaient les raisons de résister dès octobre 1940 ?

* Le Patriotisme. Sentiment indéniable existant chez beaucoup d’élèves du lycée Lalande comme chez beaucoup de citoyens français. Il apparaissait intolérable de voir ou de savoir les deux tiers du pays, et Paris, occupés par l’Allemand. Il ne s’agissait pas d’un esprit de revanche stérile, mais d’un refus de l’abandon de la culture, de l’histoire, du patrimoine de la France.
* La Liberté. L’occupation allemande étant bel et bien accomplie, le Français, notamment celui de la zone occupée, à peine remis de l’énorme choc qui l’atteignait, à peine conscient du bouleversement qu’il venait de subir, ressentit une frustration qui ne fit que s’accroître au cours des années suivantes. La perte de la liberté, notamment la liberté de la presse, de l’expression fut d’autant plus sensible que l’étau nazi se resserra de 40 à 44.
* L’abolition de la République. (Corollaire de la précédente raison de résister), fut une des conséquences des pleins pouvoirs accordés à Pétain et à son gouvernement: Disparition de la constitution parlementaire, et institution de "l’Etat Français", avec ses pouvoirs autarchiques. Le régime démocratique était aboli, ridiculisé par la Presse.
* Être témoin d’exaction commise. Exemple: pogrom à l’égard de juifs.
* Par adhésion à la Propagande. (Ami, connaissance, radio de Londres, etc).

À partir de fin 1942, début 1943,
six événements principaux intervinrent
pour apporter de nouvelles raisons de résister :
* Le 8 novembre 1942, le débarquement américain en Afrique du Nord. Jusque là, beaucoup de Français, attentistes, pronostiquaient la victoire de l’Allemagne. Un doute apparut dans les esprits de citoyens français, incertains jusque là.
* Le 11 novembre 1942, l’invasion de la zone sud par la Wehrmacht et les S.S. L’armistice devint caduc. Pétain, son gouvernement ne bougèrent pas. Le doute grandit.
* Le 27 novembre, l’Armée d’Armistice fut dissoute, la Flotte de Toulon se saborda pour ne pas passer aux mains des Allemands. Nombre de militaires, de marins, libérés du serment au maréchal, s’enrôlèrent dans la Résistance. Pas
* Le 2 février 1943, la grande victoire de Stalingrad, le 2 février 1943, par la capitulation de la VI° armée allemande encerclée depuis novembre 1942, démontra que l’invincibilité de l’armée allemande était un leurre. Les différentes classes sociales françaises en furent conscientes. Déjà, l’offensive de la VIII° armée britannique à El Alamein en Égypte, le 23 novembre 1942, ébranla certains attentistes.
* Par les décrets de Vichy du 16 février 1943, le Service du Travail Obligatoire en Allemagne (S.T.O.) fut institué, ce qui décida une grande quantité de jeunes à devenir réfractaires et à rejoindre les maquis, déjà en formation. Ce fut le cas du département de l’Ain où furent organisés des maquis mémorables, commandés par celui qui sera le Colonel Romans. Le gauleiter S.S. Saukel, qui avait exigé la création du S.T.O., fut bien le pourvoyeur des maquis.
* Le 6 juin 1944, le débarquement anglo-américain en Normandie, fut l’occasion pour ceux qui ne s’étaient pas encore décidés ou pour les plus jeunes aussi.

François-Yves GUILLI Résistance

09/02/2010

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La diffusion de la presse clandestine par les lycéens

Dès la rentrée d’octobre 1940, se manifestent au lycée les premiers signes de l’opposition à l’occupation et au Régime de Vichy, avec François-Yves GUILLIN, Marcel ROSETTE, Marcel THENON, Paul MILLET, Jacques MAYNAL …
Deux mois plus tard, les premiers tracts, succincts mais virulents commencent à circuler, sous l’impulsion majeure de Paul PIODA, pionnier et pilier du mouvement "Libération" dans l’Ain. Ils sont seulement montrés à quelques personnes sûres, puis détruits.
Alors que certains se dirigent vers d’autres mouvements de Résistance, c’est le lycéen Marcel THENON qui est le fédérateur d’un mouvement interne au lycée.
En 1942, les premières sixaines ( groupes de six Résistants ), dirigées par NIOGRET, ANDRE, MARINET, ALLAND, BOUVET, FIGUET, s’organisent sous les ordres de MORIN.
Les tracts deviennent plus fréquents et de plus en plus documentés, et fin 1942 apparaissent les premiers exemplaires du journal clandestin "Libération". L’approvisionnement devient plus abondant, et se répand au lycée de filles Edgar QUINET, ainsi qu’à l’EPS (École Primaire Supérieure) de CARRIAT. Stalingrad et Pearl Harbour alimentent les rubriques, mais l’occupation par les Allemands de la "zone Sud" rend le contexte encore plus dangereux.
Indifférents aux querelles des chefs nationaux des mouvements de Résistance, les lycéens distribuent aussi "Combat", "Franc-Tireur", et "Bir-Hakeim", etc …
On saura plus tard que "Libération" et "Franc-Tireur" sont imprimés à Bourg même.
En 1943 la structure résistante du lycée appartient maintenant au mouvement FUJ (Forces Unies de la Jeunesse), synthèse nationale de la Résistance Jeune. Elle bénéficie du concours de Hugues BARRANGE, Chef régional des FUJ, Surveillant général au lycée, puis de son successeur SCHMIDT, alsacien camouflé sous le nom de BOURGEOIS. C’est ce dernier qui assure le convoyage des journaux et tracts depuis Lyon.
Les lycéens ne se contentent pas de la diffusion à l’intérieur de l’établissement, ils se chargent surtout de paquets de journaux qu’ils font circuler dans leur entourage à la faveur de leur retour hebdomadaire dans leurs familles. Ce n’est pas sans risque étant donné la surveillance étroite exercée dans les trains et sur les routes par la police allemande mais aussi la police française et la milice.
Mais cette diffusion de journaux qui circulent ensuite de mains en mains assurent à la Résistance une audience de plus en plus large dans la population dont l’information n’est alimentée que par une presse "aux ordres", et dûment censurée. Première approche des futurs Résistants qui entreront dans les réseaux, elle est aussi une cible pour Vichy et les Allemands car rapporteur fidèle des reculs et défaites des armées allemandes et japonaises autant que des actions locales de sabotage, elle entretient l’espérance et l’insoumission.
Le temps des armes s’est greffé sur cette souche.

Jean MARINET et Pier Résistance

09/02/2010

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Résistance : l'armement des FUJ lycéens

Faut-il armer la résistance française ? Le problème était posé à l'État-major des alliés lorsqu’il fut avéré que la résistance intérieure était réellement devenue un phénomène important.
De Gaulle, lui-même, et les alliés ont fait preuve longtemps d’une étonnante ignorance de la réalité française. Il a fallu que des émissaires comme Yvon Morandat, Christian Pineau, Jean Moulin, et d’autres, se rendent à Londres pour convaincre De Gaulle de la réalité d’une résistance active et sérieuse. Ignorance, donc, mais aussi méfiance, à cause de la présence des communistes soupçonnés abusivement de préparer la révolution à la faveur de la libération.
Au sujet de cette prise de conscience, on ne peut manquer de faire état du fameux défilé du 11 novembre 1943 à Oyonnax, voulu et organisé par Romans-Petit, le chef des maquis et de l’Armée Secrète de l’Ain. La démonstration était ainsi faite de la réalité de la résistance armée.
Les parachutages d’armes, dont la réception et la répartition étaient assurées par une solide organisation, devinrent donc de plus en plus nombreux pour armer les maquis et préparer les stocks de l’Armée Secrète.
Et les lycéens de Lalande dans tout ça ?
Les FUJ de la région de Bourg étaient en mesure de réceptionner et cacher les parachutages qui leur étaient destinés. Mais les FUJ lycéens, internes pour la plupart, ne pouvaient participer à ces opérations à leur grand regret d’ailleurs. La composition de ces largages consistait essentiellement en mitraillettes STEN propres au combat rapproché, en fusils classiques en fusils mitrailleurs et grenades. Ce n’est qu’en juillet 44 qu’une mitrailleuse légère fut attribuée à la compagnie FUJ.
En attendant la mobilisation générale au moment du débarquement, les lycéens FUJ durent se contenter de faire connaissance avec la mitraillette STEN. L’opération se déroulait de la façon suivante : lors de la sortie libre du jeudi après-midi, des petits groupes de 5 ou 6 se rendaient à tour de rôle chez leur camarade Bouvet dont les parents exploitaient une ferme à la périphérie de la ville. Là, ils apprenaient à monter et démonter LA mitraillette ( nous n’en avions qu’une ! ) y compris les yeux bandés. Naturellement, il n’était pas question de s’exercer à tirer, sous peine d’attirer l’attention des allemands et des miliciens. C’est ainsi qu’avec cette seule et rudimentaire formation militaire, que les lycéens sont devenus soldats, au moment du débarquement en Normandie, mais ils surent s’adapter très vite et faire leur devoir. Ils ont participé à d’âpres combats dans le département dont la bataille d’Hauteville, celle du col de la Lèbe, et la grande bataille de Meximieux-La Valbonne ainsi qu’à de nombreux accrochages, coups de main et sabotages.

Jean MARINET Résistance

09/02/2010

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Monsieur Audierne

Monsieur AUDIERNE était professeur d’histoire au lycée Lalande dans les années 1940-45. C’était un homme assez caricatural : très petite taille, chauve portant lunettes, moustache et longue barbe noire, tout ça avec un accoutrement vestimentaire totalement démodé. Sa voix elle même était mal placée et donnait souvent à ses expressions l’occasion de franches rigolades. C’était manifestement un brave homme, qui ne punissait jamais, qui ne menaçait jamais.. Mais il n’inspirait aucun respect, qu’il ne sollicitait d’ailleurs pas, et il était si systématiquement chahuté qu’on avait dû lui adjoindre un pion qui veillait à la discipline dans la classe.

Cependant Monsieur AUDIERNE assistait un jour avec des élèves à la projection d’un film ignoblement raciste : "Le Juif Süss", imposé par la propagande vichyste.

Mais le rideau à peine baissé, Monsieur AUDIERNE s’est dressé ; d’une voix rendu plus forte par l’indignation, il a harangué l’auditoire avec véhémence : "mes enfants, ne vous laissez pas abuser par l’odieuse expression de cette propagande raciste, cette xénophobie dangereuse …"

Bien entendu, la police intervint et il dut passer quelques heures au poste.

Monsieur AUDIERNE n’était pas un Résistant engagé, mais il avait dans un moment de courage certain, conquis chez beaucoup de ceux qui le chahutaient, l’estime qui lui était jusqu’ici refusée pour des raisons bien futiles.

Pierre FIGUET Résistance

09/02/2010

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Coup de main sur la trésorerie générale

Une des histoires extraordinaires de ces lycéens ordinaires en 1944

De Bourg en Bresse en Haute Silésie et jusqu’à Odessa en Ukraine
À la fin du mois de mai 1944, les FUJ se voient confier par le colonel Romans, chef des FFI de l’Ain et du Haut Jura, une mission particulière.

L’imminence du débarquement et des opérations qui incomberont alors aux FFI doit provoquer une forte augmentation de l’effectif des combattants de la Résistance, d’où d’importants besoins financiers que la France Libre à Londres ne peut suffisamment couvrir. Le colonel décide donc de prélever les fonds nécessaires sur l’État Français de Vichy, c’est-à-dire à la Trésorerie Générale de l’Ain. Les FUJ sont chargés d’exécuter l’opération. D’ailleurs le même coup de main est programmé à Saint Claude dans le Jura.

Le coup de main
Il faut intercepter le caissier, qui transporte à pied chaque matin des fonds importants, de la Banque de France à la T.G. Un inspecteur de police l’accompagne pour le protéger, mais il est convenu qu’ils laisseront faire, tous deux, sans réagir. L’opération aura lieu rue Teynière devant la porte de l’établissement. Le 27 mai le coup est raté à cause d’une alerte aérienne. Le 29, deuxième échec, car le caissier est en retard. Il est risqué de l’attendre trop longtemps.

Enfin, le 5 juin a lieu une troisième tentative : Paul Baillet, dit "Poney" et Roger Perret, venus du maquis FUJ de Gravelle dans une "traction avant" embarquent aux abords de Bourg trois FUJ lycéens : Gilbert Guilland, Roger Guettet et Jean Marinet. Ce dernier raconte : "La voiture pénètre en ville sans encombre et s’immobilise dans la discrète rue Gustave Doré. La suite des événements montrera que ce n’était pas le meilleur choix… Le caissier doit apparaître à 9h14. Je descends de la voiture, armé seulement d’un pistolet dissimulé sous ma gabardine et m’engage dans la rue Teynière de façon à donner le signal de l’intervention. A 9h23 un agent de liaison passe en vélo et m’annonce, sans s’arrêter, que notre homme approche dans l’avenue Alsace Lorraine. À ce moment, une camionnette arrive à toute allure de la place Edgar Quinet et s’immobilise brusquement devant l’entrée de la rue Gustave Doré. Nous apprendrons qu’elle était conduite par le milicien d’Ambert de Sérillac. En même temps, des miliciens armés surgissent de tous côtés des immeubles voisins. C’était un piège, nous avons été vendus !
Séparé de mes amis par la camionnette et les miliciens, je ne peux que disparaître par la rue Thomas Riboud, accompagné par quelques tirs, heureusement imprécis. La voiture est sous le feu de la mitraillette de d’Ambert. Baillet et Guilland ripostent et le touchent en pleine poitrine. Mais la "traction" est hors d’usage, et d’ailleurs l’autre bout de la rue est bouché par un deuxième véhicule de la milice… le piège est bien fermé ! Perret et Guilland sortent en tirant et peuvent s’échapper à travers une maison voisine. Baillet et Guettet sortent à leur tour sous un feu nourri et s’effondrent touchés aussitôt, le premier à la poitrine, au bras et à la jambe, le second à la clavicule. Bourdery, le chef des miliciens s’approche : "Celui-ci a son compte" dit-il en parlant de "Poney", et voyant qu’il respire encore, sort son pistolet pour l’achever. Heureusement, l’un des miliciens présents arrête son geste car il a reconnu "Poney" qui est un de ses copains. Chacun d’eux ignorait les activités de l’autre.
D’abord soignés sommairement par les Dominicaines du couvent voisin, les deux blessés sont transportés à l’hôpital, où les Allemands viendront les chercher pour les emmener à leur caserne. Mais les miliciens récupèrent tout de suite Roger Guettet. Ils abandonnent Baillet qu’ils croient mourant car ses blessures sont, en effet, sanglantes et spectaculaires. Elles sont en réalité sans gravité. Il restera six jours dans un cachot de la caserne avant d’être remis, toujours vivant, aux miliciens.
La milice possédait une liste des lycéens suspectés d’être résistants, dressée par un élève milicien clandestin, nommé Delannay. Cette liste était étonnamment précise. Après la fusillade du matin, où l’implication de lycéens était établie, la milice décide une opération au lycée où se déroulait, l’après-midi même, la dernière épreuve du BAC.
Isolé après la fusillade, identifié et activement recherché par les patrouilles de la milice que je croise plusieurs fois, je me sens traqué comme une bête. J’ai su plus tard par Roger Guettet qu’il les avait entendu dire qu’ils devaient m’abattre à vue. Mon ami, Georges Mellet me procure alors d’autres vêtements afin de modifier mon apparence. Vers 13h, je réussis à faire prévenir Pierre Figuet, chef de sizaine, d’une intervention probable de la milice au lycée. Après concertation entre eux, les lycéens résistants décident à la majorité de courir le risque de terminer l’examen (Math pour les uns et Sciences naturelles pour les autres) et de partir aussitôt après. Une heure de plus… une heure de trop ! Ce fut le mauvais choix…


Les arrestations
A 16h15, une horde de miliciens surexcités, vociférant et tirant des coups de feu envahit le lycée en hurlant les noms de la liste qu’ils possèdent. Ils rassemblent élèves et professeurs dans la cour d’honneur, et alignent avec brutalité onze "suspects" et quelques professeurs face au mur, sous la menace de deux fusils mitrailleurs. Le surveillant général Bourgeois (en réalité un alsacien nommé Schmidt) est retrouvé dans sa chambre puis roué de coups à terre jusqu’à l’évanouissement. Fouille des salles, découverte malheureuse d’une carte d’État-major dans le casier de Figuet. L’opération est dirigée par le tristement célèbre Dagostini, commandant l’unité combattante mobile de la milice qui s’était "illustrée" aux Glières. Il est bien connu pour sa détermination et sa cruauté.

Les interrogatoires
Finalement, une soixantaine de garçons et quelques professeurs sont embarqués dans des camions découverts, sous un violent orage, à destination de Saint Amour où se trouve le P.C. de Dagostini. C’est là que le tri va se faire. Rosette, devenu combattant FTP depuis 1943 ne figure pas sur la dernière liste des FUJ et, de ce fait est relâché lui aussi. Dix arrestations sont maintenues accompagnées d’interrogatoires musclés : coups de crosse, coups de pieds, coups de poing, torsions des bras, mise à nu pour certains et flagellations avec le ceinturon (jusqu’à perte de connaissance). Roger Guettet étendu sur une civière, pâle et ensanglanté est confronté à Pierre Figuet et quelques autres, et sommé de confirmer les accusations de leur appartenance à la Résistance. Pierre gardera toute sa vie les séquelles d’un mauvais coup sur la nuque. Tout cela se déroule sous la direction effective de Dagostini et en présence de sa maîtresse, la belle et cruelle Mlle Champetier de Ribes ( fille d’ambassadeur ), très friande du spectacle des hommes nus martyrisés.
Ramenés à Bourg devant l’hôtel de France occupé par la milice, puis dans les caves de l’hôtel de l’Europe, les prisonniers apprennent qu’ils seront fusillés. Bourgeois est libéré suite à de pressantes interventions et faisant valoir que sa double identité n’est due qu’à son souci de rester français plutôt que de devenir allemand. Heureusement, certains des lycéens ont eu le temps de se concerter afin de rendre plausibles leurs déclarations de n’avoir fait que transmettre quelques journaux clandestins, sans appartenir à un groupement organisé. Conformément aux directives de la Résistance applicables en tel cas, ils chargent sans vergogne Jean Marinet, chef de trentaine, dont ils savent qu’il a échappé à la milice et est identifié. Toute la ville est en émoi car le lycée Lalande y est une institution très ancienne et respectée. Une vague d’interventions de personnalités de tous horizons déferle sur le Commandant Simon, chef départemental de la milice. Celui-ci n’est pas un guerrier sanguinaire comme Dagostini, mais plutôt un fin politique qui craint que cette affaire ne ternisse un peu plus la détestable réputation de la milice dans l’opinion publique. Peut-être aussi a-t-il compris que le débarquement commencé réussirait et que lui et ses semblables auraient bientôt des comptes à rendre.

Les blessés
Finalement, les deux blessés seront graciés et "pour se racheter" invités à renier leur passé de résistants. Grâce aux visites de leurs proches, qui assurent la liaison, ils peuvent interroger à distance le lieutenant Philippe, commandant la compagnie FUJ. Réponse : "Faites ce qu'il faut pour sauver votre vie en attendant que nous ayons le temps d'organiser votre récupération". Le Commandant Simon ne manquera pas de les exhiber en ville pour montrer combien i1 est clément envers "ces bandits à figure d'ange", comme il les avait baptisés. Nos deux prisonniers avaient été prévenus que toute tentative d'évasion déclencherait, en représailles, l'exécution d'autres otages. Mais ils savaient aussi que les éléments les plus durs de la milice départementale, comme d'Ambert de Sérillac, remis de ses blessures, désapprouvaient la clémence de leur chef et avaient laissé entendre qu'ils ne rateraient pas l'occasion de les abattre à la faveur dune prétendue tentative d'évasion. Tel était le dilemme. En fin de compte, ils purent s'échapper plus tard tous les deux et rejoindre le maquis FUJ chacun a sa manière : le mercredi 2 août "Poney", autorisé à circuler en ville, est "enlevé", apparemment contre son gré, par un commando FUJ. Ainsi, les autres prisonniers ne subiront pas de représailles. Mais sa mère est emprisonnée à sa place, heureusement pour peu de temps. Pendant ce temps, Roger Guettet a été emmené à Nantua par les miliciens qui occupaient la ville après l'offensive allemande de la mi-juillet. II réussit à tromper leur surveillance et à prendre le chemin de la montagne toute proche où il fut recueilli par des maquisards. De retour à la compagnie FUJ, il y est rejoint par Jean Marinet qui a lutté en juin et en juillet au sein d'un groupe de 1'AS de Bellegarde.

La déportation
Quant aux dix élèves arrêtés au lycée, graciés eux aussi, échappant ainsi à la Cour Martiale, ils furent transférés à Lyon sous la garde de gendarmes français, puis expédiés en Allemagne dans un "camp de représailles" à Heydebreck en Haute Silésie. Dans ce camp cohabitent, entre autres : des prisonniers anglais et ukrainiens, des prisonniers français punis pour motifs divers et d'autres prisonniers. Soumis à douze heures de travail, de nuit pour certains, à quoi s'ajoutent près de deux heures de marche, sept jours sur sept au début puis six, ils n'étaient en aucune façon des "travailleurs libres" comme l'ont dit les miliciens et comme le prétendent certains négationnistes d'aujourd'hui. L'hiver 44/45 sera rude sous la neige et avec des températures de -20°.

Pierre Figuet avait décidé, fin novembre, de ne plus travailler et de vivre clandestinement et très dangereusement pendant deux mois dans le camp. Lorsque le camp est évacué le 25 janvier au son des canons, il se cache dans les combles d'une baraque, échappant ainsi à l’évacuation et peut s'enfuir en direction des lignes russes qui sont proches. Après un long périple à travers une Pologne et une Ukraine ravagées par la sauvagerie nazie, il rentrera par la voie maritime depuis Odessa sur un cargo australien. Sur ce bateau, étaient rassemblées toutes les catégories de "personnes déplacées" : travailleurs du STO, travailleurs libres, prisonniers de guerre de toutes nationalités, déportés, parmi lesquels les rescapés d'Auschwitz dont M. Louis Chanel, directeur du Cours complémentaire de Bellegarde et futur Maire.

Marcel Pellet réussira, lui, à s'échapper d'un convoi d'évacuation le 12 avril et attendra l'arrivée des Américains, caché par des prisonniers de guerre français employés comme ouvriers agricoles.

Séparé de ses camarades, Roger Leboeuf faisant preuve de mauvaise volonté pendant le trajet pour aller au chantier et exhortant ses compagnons à l'imiter, est abattu d'une balle qui lui traverse le bras et entre dans l'abdomen. Laissé pour mort, il est recueilli par des paysans tchèques qui le conduisent à l'hôpital de Freudenthal où des chirurgiens tchèques et ukrainiens parviennent à le sauver. L'opération réussit, paraît-il parce qu'il n'avait pas mangé depuis plus de 24 heures. Un déporté italien, moins chanceux que lui, est tué par le même individu. Plus tard, Roger Leboeuf, aura la satisfaction d'apprendre que les partisans tchèques ont pu capturer son agresseur et l'ont exécuté.

Gilbert Rude et un camarade, après la destruction de l'usine I.G.Farben sont déplacés sur un autre site, toujours en Silésie. Fin février 45, les Russes arrivent et c'est un nouveau départ au sein d'une débâcle indescriptible à la faveur de laquelle ils peuvent obtenir un laissez-passer qu'ils falsifient pour se diriger sur Innsbruck au Tyrol. Cachés quelques semaines dans une ferme, jusqu'au week-end de Pâques, ils essayent alors d'atteindre la Suisse, par la haute vallée de l’Inn. Marche dans la forêt enneigée, marche de nuit dans la vallée et... arrestation tout près de la frontière ! La haute stature de Gilbert le fait paraître plus âgé qu'il n’est et réussir à se faire passer pour un prisonnier de guerre évadé. C'est dans la prison du stalag 18C a Markt Pongau qu'il attendra donc l'arrivée des Américains le 9 mai 45.

Les autres, Aime Chambard, Urbain Colletta, Maurice Lançon, René Picot, François Rabuel marchent dans la neige, par un froid glacial, parcourant parfois plus de 30 km dans une journée. D'un camp à l’autre, d'un chantier à un autre, ils sont ramenés vers l'ouest, à mesure que 1'armée soviétique avance, affaiblis par le manque de nourriture et l'épuisement physique. Parfois, la débrouillardise adoucit leur sort.

Fin janvier, Lançon et Picot obtiennent de la nourriture dans une ferme. Rabuel et Colletta rencontrent également des gens secourables. Mais les Allemands récupèrent bientôt la plupart des errants, toutes nationalités et catégories confondues. L'organisation Todt les emploie, sous les bombardements, à des travaux de terrassement et de défense à la fois épuisants et dérisoires. Le groupe des bressans, dans la retraite qui suit, se trouvera dispersé. Colletta, Picot et Chambard sont séparés le 25 mars à Brandsdorf Le 28 mars, Rabuel bénéficie, par chance, avec quelques autres, d'une "planque" pendant trois semaines comme brancardier dans une école transformée en hôpital militaire où s'activent des soeurs de Saint Vincent de Paul. Là, il reprend quelques kilos. Évacué à nouveau, il assistera a l'arrivée des Russes le 8 mai.

L'errance et le retour
De cette errance désordonnée, il reste dans leur mémoire quelques noms des lieux maudits où ils passèrent, bagnards fatigués mais résolus à tenir jusqu'au bout. Ce sont, entre autres : Woldenberg, Remsdorf Rautenberg, Wilder Nilgrimm, Brandsorf, Römestadt. Début mai, c'est la fin des épreuves, la libération. Mais ce n'est pas la fin de leurs pérégrinations. Le chemin du retour, à travers les destructions des voies de communication et au gré des possibilités des militaires, reste aléatoire. D'un camp de regroupement à un autre, en train, en camion, ils passeront par Troppau, Ratibor, Zwitten, Prague, Pilzen. Les derniers embarqueront enfin dans un avion qui les ramènera à Lyon le 17 juin.
C'est ainsi qu'amaigris, épuisés, à l'issue de parcours individuels chaotiques, inimaginables, après avoir suvécu à l'immense pagaille qui régnait alors dans l'Allemagne en débâcle, aux bombardements alliés, aux effets "collatéraux" des derniers combats, ils rentreront chez eux, riches seulement d’une expérience singulière, ayant appris jusqu’à quel degré de cruauté et d'indignité peut descendre la nature humaine, mais aussi quelle peut être la capacité de résistance morale et physique d'un homme...

Notes :
1) Après la Libération, Dagostini et sa maîtresse, furent condamnés à mort et, dit-on, trop rapidement exécutés.
2) Le surveillant général Pierre Schmidt, alias Bourgeois, appartenait effectivement aux FUJ, mais les lycéens l'ignoraient. II rejoignit le maquis FUJ et trouva la mort lors de la bataille de Meximieux le 1er septembre.

3) Liste des dix lycéens arrêtés part la milice et déportés :
o Chambard Aimé
o Colletta Urbain
o Figuet Pierre
o Lançon Maurice
o Leboeuf Roger
o Nicod Fernand (s'est evadé du train à Mâcon, avec l'aide de son camarade Fraçois Rabuel car, sa mère étant alsacienne, il pouvait craindre d’être enrôlé de force dans la Wermacht.).
o Pellet Marcel
o Picot René
o Rabuel François
o Rude Gilbert

4) Sources: les témoignages de: Paul Baillet, Pierre Figuet, Gilbert Guilland, Roger Guettet, Maurice Lançon, Roger Leboeuf, Jean Marinet, Marcel Pellet, François Rabuel, Marcel Rosette, Gilbert Rude déjà parus dans les ouvrages suivants : Essai sur l'histoire des FUJ, Histoires peu ordinaires de lycéens ordinaires, Les combattants de l'ombre dans l'Ain.

Synthèse rédigée par Jean Marinet et validée par les témoins concernés membres de l’Association
Résistance Lycée Lalande.

Jean Marinet Résistance

09/02/2010

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Les actions directes avant le débarquement - 1943-1944

1943
Au lycée nous tentons de rester calmes le plus possible tout en ménageant quelques soupapes de sécurité comme la bataille des effigies pour remplacer les portraits de Pétain par ceux du Général de Gaulle.
Des "essaims", comme disait Philippe, sont créés par des émissaires, dans les collèges et lycées du département. Marinet donne l’exemple.
Ainsi les F.U.J. apparaissent-ils à Oyonnax, Nantua, Belley…
Nous recrutons aussi hors des lycées afin de réunir le plus possible de compétences diverses et pouvoir faire face à toutes les missions prévisibles : boulanger (Baillet), chauffeurs (Nicolas…), garagistes, charcutier ou boucher (Fremion…), menuisier ou charpentier…

III /
L’instruction militaire est assurée au mieux au cours de brefs stages au Maquis, par les chefs de section qui sont tous d’anciens sous-officiers.
Par prudence, les candidats arrivent à vélo, au compte-goutte.
Bouvet dans sa grange et moi dans ma cave, recevons un à un quelques garçons qui ne peuvent pas se déplacer et les familiarisons avec les armes dont ils disposeront bientôt.

1944 VIVRE AU MAQUIS
Les problèmes sont nombreux et grands les dangers.
En juillet, notre chef national ainsi que 10 membres de son bureau sont fusillés.

Il faut :
* Loger les hommes : fermes abandonnées, granges, tentes de camping, abris de branchages…Jamais plus d’une semaine au même endroit ; jamais plus de 12 hommes ; jamais à moins de 2 ou 3 Km du prochain groupe.
* Surveiller les passages ou intrusions éventuelles d’allemands ou miliciens, lors de discrètes patrouilles à pied ou à vélo et en établissant des rapports avec des postiers, commerçants, paysans, acquis à notre cause.
* Manger.
1) en recourant à :
+ la "mendicité" auprès de cultivateurs, éleveurs,commerçants…
+ des coups de mains sur les mairies à l’occasion de la distribution des tickets d’alimentation.
+ des achats payés avec des bons assurant un « remboursement après la victoire »… auxquels beaucoup auraient préféré des billets de banque… d’où l’attaque de la Trésorerie Générale.
2) en bénéficiant :
+ de cadeaux parfois royaux… une vache, une meule entière de gruyère… 2 sacs de 50kg de pommes de terre.
+ des parachutages allez-vous dire ! Aucun n’a jamais contenu la moindre ration de combat !!
Nous avions faim et nous transformions en lévriers efflanqués.
* Soigner : hélas, ni médecin, ni infirmière à la 5ème Cie F.U.J. Seuls quelques garçons comme moi (Brigadier Z) avaient bénéficié de sommaires cours de secourisme.Pour les cas sérieux, il fallait parfois dénicher en urgence, le praticien bienveillant et pas trop craintif. Nous en avons heureusement trouvé un chaque fois.
* Habiller : Chacun garde sur le dos ce qu’il portait à l’arrivée.
Le seul uniforme est le brassard F.U.J. à croix de Lorraine, réalisé par ma tante Badoux.

IV / 1944
REMPLIR NOTRE MISSION
Début 44, Philippe me nomme commandant en second de la 5ème Cie F.U.J. et chef des commandos.
A/ Les actions « militaires » sont réalisées à l’initiation des commandants de compagnies et pour les plus importantes, aux ordres du commandant Romans-Petit, patron des Maquis de l’Ain et du Haut Jura, qui nous répétait sans cesse :
* n’oubliez jamais que nous ne sommes pas en guerre contre les Français, sauf cas de légitime défense.
* Ne vous prenez pas pour de vrais guerriers. Contentez-vous d’actions brèves avec retraite rapide assurée.
* Rendez compte.
Attaque de la régie des tramways de l’Ain qui nous procure des véhicules et du carburant.
Attaque de convois routiers allemands
* ponts et lignes de chemin de fer
* troupes à pieds en déplacement
* transports de carburant (citernes)
Abattage d’arbre en travers des routes.
Confiscation de véhicules appartenant à des miliciens et plus souvent à des collaborateurs.
Attaque de la Trésorerie Générale de Bourg (05/06/44) qui devait être couplée avec l’exécution d’un officier supérieur germain.
Attaque de la Trésorerie générale
(NDLR : cf. contribution de Jean Marinet sur le même sujet [Cliquer])
Rencontres et accrochages défensifs sérieux :
* au barrage de Thiou (19/06)
* au col de la Lèbe (25/06)
* aux carrières d’Hauteville (12/07)
Attaque victorieuse d’un train blindé à Argis près de Tenay (07/07).
Défense de Méximieux (31/08 -> 01/09) en coopération avec d’autres compagnies (Clin, Giraud…).
Pour la 1ère fois, les ordres sont de TENIR A TOUT PRIX !
B/ Les actions de « police »
Enquêtes sur les menées des collaborateurs qui n’étaient pas tous "bons à pendre". L’un d’eux m’a sauvé la vie.
* Arrestation et exécution des dénonciateurs
o Le tribunal est constitué du commandant de Cie et des chefs de section – aucun avocat n’est prévu – le suspect assure sa propre défense…
o Le peloton d’exécution se compose de 9 hommes désignés. L’un est doté, au hasard, d’un fusil chargé à blanc. Ainsi, un cœur sensible peut penser qu’il n’a pas été un acteur actif.
o Enterrement immédiat, sur place.
o Libération d’amis détenus (Baillet).

V / SENS ET VALEUR DE NOTRE ACTION
Notre but était la défense :
* de l’honneur de la France
* de la Liberté
Dans l’immédiat et dans le futur.
Nous étions essentiellement des volontaires qui, étant donné leur jeune âge, n’étaient poussés :
* ni par la crainte d’être incorporés dans les "camps de jeunesse" ou "l’armée de l’armistice"
* ni par celle d’être expédiés en Allemagne au titre de la "relève des prisonniers" ou du S.T.O.
mais étaient prêts à se battre et à donner leur vie pour la seule victoire de leur idéal.
Rappelons les paroles de J. Chatagner en septembre 44 : "quand … on lui dira (au maquisard) : mais vous étiez au Maquis. Qu’y avez-vous fait ?
Il répondra : Mon devoir
.

APRÈS LA LIBÉRATION DE BOURG-EN-BRESSE
Nombreux sont mes amis qui se sont engagés dans les F.F.L., la division alpine… afin de continuer le combat jusqu’à l’écrasement final du Reich.
Je les admire, les félicite , et parfois pleure ceux qui sont tombés (Alex, Clerc, Guyon, Valentin, Girard…).
Moi j’ai repris assez vite mes études ; Fac de Sciences puis de Médecine…

Nombreux sont mes amis qui se sont engagés dans les F.F.L., la division alpine… afin de continuer le combat jusqu’à l’écrasement final du Reich.
Je les admire, les félicite , et parfois pleure ceux qui sont tombés (Alex, Clerc, Guyon, Valentin, Girard…).
Moi j’ai repris assez vite mes études ; fac de Sciences puis de Médecine…

À CE JOUR
Survivent quelques vieux Résistants dont la moyenne d’âge doit avoisiner les 90 ans et qui ont bien raison d’être fiers d’arborer la "Médaille" conférée à ceux qui ont pris une part active à la lutte contre l’armée allemande.

Gilbert GUILLAND Résistance

09/02/2010

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Familles hébergées, cachées ou sauvées au Lycée Lalande [Compléter]


Article non renseigné. Si vous avez connaissance de personnes hébergées, sauvées ou cachées dans la commune, cliquez ci-dessus sur “Compléter” et ajoutez leur nom, prénom, leur date de naissance, les circonstances du sauvetage, si possible.

30 Familles arrêtées (Lycée Lalande) [Compléter]


Famille André - ANDRÉ Jean, en classe de Terminale en 1942-43. Travaille pour l'Intelligence Service. Au maquis, chef du groupe qui porte son surnom : Groupe Claude. Tué en service, le 24 juillet 1944.
Famille Bensoussan - BENSOUSSAN André, en classe de Terminale en 1943-44. Chassé de l'École des Enfants de Troupe de Thol parce que juif. Il rejoint au maquis. Tué à La Valbonne le 1er septembre 1944.
Famille Blétel - BLÉTEL Charles, en classe de Première en 1936-37. Aspirant. Prend part, à partir de Chalour, à la création du maquis dit "de Cize-Bolozon" (secteur d'Oyonnax) dont il dirige ensuite l'un des deux camps. Encerclé par les allemands à Échallon, il se donne la mort le 14 juillet 1944.
Famille Brillat-Savarin - BRILLAT-SAVARIN Jean, en classe de Terminale en 1940-41. Rejoint, avec son frère Claude, la France Libre en passant par l'Espagne. S'engage dans l'Armée d'Afrique, prend part aux campagnes d'Italie (1943), puis de France. Tué en Alsace à Rammelsmatt, le 9 décembre 1944.
Famille Franchi - FRANCHI Martin, en classe de Terminale en 1942-43. Ses études de Normalien achevées, prend le maquis à Cize-Bolozon. Opère dans le secteur d'Oyonnax. Après la bataille du Fort de l'Écluse, est tué le 17 juin 1944 avec son frère Jean, à Léaz, près de Bellegarde.

>> les 30 arrestations de la commune, par date…


Liens externes
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1 Maquis de l'Ain et du Haut-Jura (Une référence pour beaucoup de responsables nationaux de la Résistance ou du Maquis à propos de l'histoire des Maquis de l'Ain et du Haut-Jura. )
2 Mon combat dans la Résistance FTP-MOI (site consacré au livre de Herbert Herz "Mon combat dans la Résistance FTP-MOI", souvenirs d'un jeune Juif allemand contenant tous les événements suite à la parution du livre en janvier 2007 )
3 Blog sur quelques Justes et sur le livre (Blog hébergé par la Tribune de Genève sur quelques justes honorés par Yad Vashem sur l'intervention du délégué pour la Suisse et la région frontalière Ain et Haute-Savoie, Herbert Herz, ainsi que sur divers événements organisés autour de la parution du livre "Mon combat dans la Résistance FTP-MOI" )


Chronologie [Ajouter]
Cet article n'est pas encore renseigné par l'AJPN, mais n'hésitez pas à le faire afin de restituer à cette commune sa mémoire de la Seconde Guerre mondiale.


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Ain


Région :
Rhône-Alpes

Département :
Ain


Préfecture :
Bourg-en-Bresse

Préfets :
Alexandre Angeli
(1940 - 1944) Alexandre Benoît Joseph Angeli, Préfet régional de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire) (1893-1962)
Charles Donati
(1941 - 1943) Charles Guérin Joseph Louis Donati, Préfet régional de la région de Dijon (Belfort, Côte-d'Or, Doubs, Haute-Saône, Nièvre, Yonne et les parties occupées de l'Ain, l'Allier, le Jura, la Saône-et-Loire et la Haute-Savoie) (né en 1891)
Alfred Hontebeyrie
(1941 - 1941) Alfred Roger Hontebeyrie, Préfet régional de la région de Dijon (Belfort, Côte-d'Or, Doubs, Haute-Saône, Nièvre, Yonne et les parties occupées de l'Ain, l'Allier, le Jura, la Saône-et-Loire et la Haute-Savoie) (1895-1969)
Jean Quenette
(07/1943 - 30/12/1943) Jean François Quenette, Préfet régional de la région de Dijon (Belfort, Côte-d'Or, Doubs, Haute-Saône, Nièvre, Yonne et les parties occupées de l'Ain, l'Allier, le Jura, la Saône-et-Loire et la Haute-Savoie), révoqué par Vichy et recherché par la Gestapo pour son activité de résistant (1903-1971)
Georges Bernard
(1944 - 1944) Georges Albert Maurice Bernard, Préfet régional de la région de Dijon (Belfort, Côte-d'Or, Doubs, Haute-Saône, Nièvre, Yonne et les parties occupées de l'Ain, l'Allier, le Jura, la Saône-et-Loire et la Haute-Savoie) (1890 - 1953)
Édouard Bonnefoy
(24/01/1944 - 05/1944) Édouard Louis Joseph Marie Bonnefoy, Préfet régional de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire). Résistant, il sera dénoncé par la Milice, arrêté par la Gestapo et déporté à Neuengamme (1899-1945)
André Boutenay
(1944 - 1944) André Albert Jean François Boutenay, Préfet régional de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire) (1905-1959)
Jean Bouhey
(Mars 1944 - 1945) Commissaire régional de la République de la région de Dijon (Belfort, Côte-d'Or, Doubs, Haute-Saône, Nièvre, Yonne et les parties occupées de l'Ain, l'Allier, le Jura, la Saône-et-Loire et la Haute-Savoie) (1898-1963)
Yves Farge
(1944 - 1945) Commissaire régional de la République de la région de Lyon (Ardèche, Drôme, Haute-Savoie, Isère, Loire, Rhône, Savoie et les parties non-occupées de l'Ain, du Jura et de Saône-et-Loire) (1899-1953)
Jean Mairey
(1945 - 1946) Jean Marie Albert Mairey, Commissaire régional de la République par intérim de la région de Dijon (Belfort, Côte-d'Or, Doubs, Haute-Saône, Nièvre, Yonne et les parties occupées de l'Ain, l'Allier, le Jura, la Saône-et-Loire et la Haute-Savoie) (1907-1982)
À lire, à voir…
Roger Lefèvre
Roger Lefèvre
Souvenirs de maquisards de l'Ain
Jean-William Dereymez
Jean-William Dereymez
Le refuge et le piège : Les Juifs dans les Alpes : 1938-1945
Charles Couard
Charles Couard
Combattants de l'ombre dans l'Ain
Katy Hazan
Katy Hazan
Le sauvetage des enfants juifs pendant l'Occupation, dans les maisons de l'OSE 1938-1945
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