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Éclaireurs Éclaireuses israélites de France (EEIF)

Description : Ferme-école
Dates : 1940-1944

Ferme école des Ormes
durant la Seconde Guerre mondiale

Chantier Rural Israélite des Ormes Château des Ormes, Lagrasse et Estampes à Lautrec
Texte pour ecartement lateralCommune : Lautrec
Canton : Lautrec
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Ferme-ecole-des-Ormes
Défrichage sur le Chantier Rural Israélite des Ormes à Lautrec.
source photo : Coll. M. Pulver
crédit photo : D.R.
Ferme-ecole-des-Ormes
35 jeunes filles Juives arrivées à Lautrec le 23 août 1942 et envoyées à la Grange de Renne à Vabre quelques jours plus tard.
source photo : Inconnu
crédit photo : D.R.
Direction : Robert Gamzon, directeur - Jacques Pulver, sous-directeur (1940-1941) - Denise Gamzon, sous-directrice (05/1941-11/1942) - Adrien Gensburger, direction logistique (été 1941 - été 1943) - Maurice Bernsohn, un des fondateurs du chantier rural de Lautrec
Personnel : Léo Cohn, aumônier - Henry Mochkow, économe - Gilbert Bloch - Raymond Hirsh, horticulture - Édouard Lugan, agriculture
Histoire
Robert Gamzon, alias Castor, fonde les Éclaireurs Éclaireuses israélites de France (EIF) en 1923.

En 1940, afin d'accueillir les enfants et les adolescents Juifs expulsés d'Alsace-Lorraine et des Juifs réfugiés de la région parisienne, il ouvre le Chantier rural israélite des Ormes, d'une superficie de 40 hectares de terres sur la propriété du château des Ormes à Lautrec dans le Tarn qui appartenait au comte Jacques de Foucaud et sa femme Béatrix d’Alexandry d’Orengiani.
Ils s'installent utilisé dans les dépendances du château des Ormes, la métairie de La Phalipié.

Le projet est construit autour d'un plan de retour à la terre de la jeunesse par des travaux agricoles et des travaux manuels (menuiserie, plomberie, électricité), sous le couvert du "retour à la terre" prôné par le gouvernement de Vichy. Des jeunes Juifs sont planqués dans ce centre animé par les Éclaireurs israélites de France qui leur dispensent une éducation biblique.

Il loue également la ferme de "La Grasse" et quelques mois plus tard, une autre bâtisse, "La Roucarié».

Le 26 octobre 1940, Marc Haguenau, responsable national des EIF écrit au Préfet du Tarn. : "Notre recrutement sera citadin : il comprendra des scouts, garçons et filles, sous la direction des chefs et cheftaines, donc sous une discipline scoute. Plusieurs d’entre eux – les Alsaciens entre autres – doivent songer à leur adaptation aux nécessités de l’heure. Nous pensons aussi accepter comme stagiaires un petit nombre de jeunes étrangers ayant fait partie d’associations scoutes, pour leur donner un métier qui facilitera leur émigration dans des pays qui n’acceptent que des agriculteurs".
Le mardi 17 décembre 1940, il précise "C’est bien 25000 F que sont loués communs et terres des Ormes à la Société Israélite d’Agriculture".

Le Chantier de formation rurale, ferme-école, accueille 70 à 100 jeunes, garçons et filles de 13 à 16 ans, ouvre le 11 novembre 1940, encadrés par des scouts et un personnel technique qualifié.
Des familles sont également accueillies.

En mai 1941, Denise, Lia et Daniel arrivent à Lautrec. La vie s'organise. Les enfants vont à l’école à Saint-Pierre.
Denise prend en main la direction du Chantier, Castor étant souvent en déplacement et Jacques Pulver s’occupe des problèmes administratifs.

Du 28 avril au 14 mai, Castor avait organisé un camp destiné aux jeunes professeurs et fonctionnaires chassés de leur poste par le “statut des Juifs”. Denise se souvient : "Nos rapports avec les voisins n’étaient pas très bons, au début. Les paysans du Tarn regardaient avec méfiance ces citadins venus de Paris, qui parlaient “pointu” - très différent de leur français du Midi, mêlé d’occitan - et puis ils riaient de voir les efforts maladroits de nos garçons pour, par exemple, charger une charrette de foin. Mais plus tard, ils ont commencé à nous estimer parce qu’ils voyaient que nous voulions vraiment apprendre le travail agricole, et aussi parce que nos filles ne tombaient pas enceintes - ce qui se serait vu !
Avec la mairie par contre, les rapports sont toujours restés assez mauvais : le maire et le secrétaire de mairie avaient été nommés par Vichy et n’étaient pas très heureux d’avoir reçu dans leur commune, un groupe de 50, bientôt 80 Juifs. Ils nous délivraient les papiers nécessaires, mais rien de plus. Par exemple, pour avoir des chaussures à semelles de cuir, il fallait un bon, délivré par la mairie. Or pendant les deux ans 3/4 où nous avons été là-bas, nous n’avons jamais obtenu un bon de chaussures. Les femmes - légitimes ! - qui se sont trouvées enceintes, dont moi, ont obtenu un bon pour le métrage d’une robe sur présentation d’un certificat médical. Dans le bourg de Lautrec, assez pittoresque, avec d’anciennes fortifications, il y avait un médecin dont on nous a dit qu’il n’était pas extraordinaire. Mon mari a décidé d’embaucher pour le “Chantier”, un jeune médecin d’origine roumaine, naturalisé français, qu’il avait rencontré au centre de l’OSE, et qui cherchait un emploi. Le docteur Schaeffer était certainement un meilleur médecin que celui de Lautrec, mais cela nous a valu encore plus d’animosité de la part des notables du village.
"

En novembre 1941, le gouvernement de Vichy a imposé à toutes les organisations Juives d'entrer à l'UGIF (Union Générale des Israélites de France". Les EI, contraints, décident d'adhérer à l'UGIF, ce qui ne les empêche nullement d'avoir en même temps des activités clandestines qui se mettent alors en place et Robert Gamzon sera le représentant pour la zone Sud.

En juillet 1942, les Gamzon apprennent les grandes rafles de Juifs étrangers à Paris et dans la zone nord.
En août 1942, Robert Gamzon est informé que les arrestations de Juifs étrangers vont commencer en zone sud.
Gilbert Lesage*, quaker qui travaillait au Service Social des Étrangers du Ministère de l’Intérieur à Vichy, informait Castor des rafles en préparation.

Le 23 août, arrivent au Chantier des Ormes un groupe de 35 filles étrangères de la maison de Moissac envoyées par Chatta Simon. Elles avaient été transféré de Lauré dans le Massif Central à une maison dans la Montagne Noire, à Moissac, avant d'arriver à Lautrec. Parmi elles, Irène Israël, Berthe Manéla et Annie Weil.
Le même jour, Denise est informée par téléphone d'une rafle concernant les Juifs Français naturalisés après 1936. Kurt Klein, un allemand et son copain Erwin Spitz, et le polonais Haïm Weintraub sont concernés et vont dormir dans la forêt.
Le lendemain matin à 5 h 30, les gendarmes étaient là, mais les trois personnes recherchées n'étaient pas là et les 35 jeunes filles avaient été envoyées à La Grasse.
Le lendemain, Hélène Rulland*, cheftaine éclaireuse unioniste, protestante, qui habite à Castres, demande à Guy de Rouville de mettre à disposition des Juifs recherchés une grange, à Renne, au dessus de Vabre, lui appartenant et le pasteur Cook* de les accueillir. Elle servira de lieu d'accueil durant deux ans.
Il y a de plus en plus d'échanges de jeunes entre La maison de Moissac et le Chantier des Ormes et commence alors la fabrication de faux papiers d'identité.

Mais le 11 novembre 1942, les Allemands envahissent la zone sud.
Castor créé une école pour préparer les jeunes aux bac. Denise assure les cours de philosophie et a pour élèves Jérôme Lindon, futur directeur des “Éditions de Minuit”, Claude Lévy, qui deviendra médecin et Erwin Fleicher.
Denise a une grossesse difficile et part en janvier 1942 à Cannes chez Anne-Marie Gentily puis à Beauvallon chez les Fleg.

En juin 1943 nait Élie.

Le 5 septembre 1943, les Allemands envahissent la zone italienne (Alpes-Maritimes, les Hautes et Basses-Alpes, l’Isère et la Haute-Savoie) où étaient réfugiés de nombreux Juifs étrangers.
Des chefs de la 6e sont dénoncés et les EI décident de liquider La maison de Moissac et le Chantier des Ormes de Lautrec.

Sous les noms de Henri et Marthe Lagnès, Robert Gamzon et Denise s'installent à Castres, mais le chantier ne sera définitivement fermé qu'en mars 1944.

En janvier 1944, les Lagnès-Gamzon déménagent à Lamalou-les-Bains.

31/08/2011

[Compléter l'article]

1 Familles hébergées, cachées ou sauvées à la Ferme école des Ormes [Compléter]
Famille Kraemer - Helmut Kraemer, né en 1925 à Bonn (Allemagne) est déporté avec sa famille de Worms (Allemagne) , comme tous les Juifs du pays de Bade, du Palatinat et de la Sarre au Camp de Gurs, puis déplacé quelques mois plus tard dans le Camp Joffre à Rivesaltes. Grâce à l’OSE et aux EIF, il est libéré du Camp Joffre à Rivesaltes avec d’autres jeunes et placé au Domaine de Charry près de Moissac. Il partira ensuite à la Ferme école des Ormes à Lautrec (Tarn) puis chez un paysan jusqu’à ce qu’il se soit engagé dans le maquis des EIF sous le nom de Zébu. En juin 1944, il rejoint un groupe de jeunes et franchit illégalement la frontière espagnole afin d’arriver, par l’Espagne en Israël.
Familles arrêtées (Ferme école des Ormes) [Compléter]
Article non renseigné. Si vous avez connaissance de personnes arrêtées ou exécutées dans la commune, cliquez ci-dessus sur “Compléter” et ajoutez leur nom, prénom, les circonstances de l'arrestation et la date de l'arrestation, si possible.

Liens externes [Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet]
1 Témoignage de Fernand Frassac* (Journal de Fernand Farssac*, gendarme à Lacaune.
Notes et mémoire de guerre de Fernand Farssac* dit Toutyva, rédigé par son fils Gérard Farssac, résume l’action de son père entre 1940 et 1944. Il lui a permis, aidé par ses carnets de notes, de retracer son action pendant la clandestinité et pendant le Maquis. )
2 Le sauvetage des juifs 1941-1944 (Paul et Suzanne Haering) (A travers des photos d'époque et de bouleversants témoignages, ce site vous emmène en France dans la région du Tarn, et plus particulièrement autour de Carmaux entre 1941 et 1944, pendant l'occupation allemande.
Durant cette période, le pasteur Paul Haering et sa femme Suzanne vont soustraire plusieurs dizaines d'enfants juifs aux rafles de Vichy et les protéger d'éventuelles dénonciations, avec l'aide du Pasteur Albert Delord, organisant plusieurs colonies de vacances dans la région au risque d'être pris et fait prisonniers...

)

Chronologie [Ajouter]

01/1941 - Les "défricheurs" de Via Rose déménagent à Lautrec jusqu'en 1943, date où il se transformera en compagnie de Marc Haguenau (Maquis EIF).
1942 - Camp de formation de Cadres à Lautrec.

Témoignages, mémoires, thèses, recherches, exposés et travaux scolaires [Ajouter le votre]

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Tarn

Région :
Midi-Pyrénées
Département :
Tarn

Préfets :
Léopold Chénaux de Leyritz
(25/06/1940 - 24/01/1944) Léopold Marie Frédéric Chéneaux de Leyritz, Préfet de Haute-Garonne et préfet régional de la région de Toulouse à partir de 1941 (Ariège, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne et les parties non occupées des Basses-Pyrénées, de la Gironde et des Landes (1896-1970)
André Sadon
(24/01/1944 - 06/02/1944) André Paul Sadon, Préfet régional de la région de Toulouse (Ariège, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne et les parties non occupées des Basses-Pyrénées, de la Gironde et des Landes (1891-1965)
Jean Cassou
(1944 - 1944) Commissaire régional de la République de la région de Toulouse (Ariège, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne et les parties non occupées des Basses-Pyrénées, de la Gironde et des Landes (1897-1981)
Pierre Berteaux
(1944 - 1946) Pierre Félix Berteaux, Commissaire régional de la République de la région de Toulouse (Ariège, Gers, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Lot, Lot-et-Garonne, Tarn et Tarn-et-Garonne et les parties non occupées des Basses-Pyrénées, de la Gironde et des Landes (1907-1986)

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Le sauvetage des enfants juifs pendant l'Occupation, dans les maisons de l'OSE 1938-1945
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