Plaque en mémoire de la résistante Suzanne Buisson (1883-194?), square Suzanne-Buisson, Paris 18e. "Suzanne Buisson, héroïne et martyre de la Résistance, membre du comité directeur du Parti socialiste (SFIO) clandestin, secrétaire nationale des femmes socialistes (SFIO), morte en déportation."
source photo : Arch.
crédit photo : D.R.
Peu après sa naissance, sa famille rejoint Dijon, où la jeune Suzanne vit jusqu'à l'âge de seize ans. Elle doit ensuite revenir à Paris pour gagner sa vie, comme employée de magasin.
La militante
Elle se rend à des réunions de René Viviani et Albert Thomas. Elle devient militante socialiste en 1899. Dès lors, elle milite pour l'égalité complète entre hommes et femmes, égalité qui ne peut passer, selon elle, que par une transformation profonde des structures économiques, c'est-à-dire par l'instauration du socialisme. Elle est membre de la SFIO à partir de 1905.
Elle perd son premier mari, mort au combat pendant la Première Guerre mondiale, et doit élever seule leur enfant. Elle se remarie, le 23 mars 1926, avec Georges Buisson, membre de la CGT.
Elle prend une place importante au sein de la SFIO après la guerre. Elle devient responsable de la rubrique « La femme, la militante », au Populaire et secrétaire du Comité national des femmes socialistes. Elle est élue en 1924 à la commission de contrôle du parti, poste qu'elle occupe jusqu'en 1932, puis de 1935 à 1936. De 1933 à 1934, puis de 1938 à 1939, elle est membre de la commission administrative permanente, principal organe décisionnaire de la SFIO à l'époque. Elle est élue la première fois comme membre de la motion présentée par Vincent Auriol, la seconde comme membre de la motion de Léon Blum. En 1931, elle fait partie de la délégation SFIO au congrès de l'Internationale socialiste, tenu à Vienne.
La résistante
Dès 1938, Suzanne Buisson se range parmi les partisans de la fermeté face à Hitler. En mars 1941, elle est confondatrice du Comité d'action socialiste et en devient la trésorière. Elle fait de nombreux voyages dans le pays, pour diffuser la presse résistante, et participer aux actions de soutien en faveur des militants socialistes arrêtés par le régime de Vichy ou les autorités allemandes. Elle déménage à Lyon. En mars 1943, lorsque le CAS devient la SFIO reconstituée et clandestine, Suzanne Buisson devient membre de son bureau politique. Deux mois plus tard, elle devient responsable des relations avec le Parti communiste.
Le sacrifice
Peu après, la Gestapo découvre le lieu de réunion des dirigeants de la SFIO clandestine. Informée de cette découverte, Suzanne Buisson fait les cent pas au pied de l'immeuble pour alerter ses camarades. Ceux-ci comprennent, mais les agents de la Gestapo aussi, qui arrêtent Suzanne Buisson.
Torturée, elle ne livre aucun secret. Juive et résistante, elle est déportée. Son corps n'a pas été retrouvé, et aucun document ne permet à ce jour de connaître le camp où elle a été assassinée.
Léon Blum lui a rendu hommage dans Le Populaire du 2 février 1946 : "Elle était la militante accomplie, exemplaire, à qui le parti peut tout demander, qui ne recule jamais devant aucune charge, qui, d'ailleurs, est apte à les remplir toutes par le caractère vraiment absolu du dévouement et du désintéressement. [...] Dans la vie normale du parti, elle n'avait hésité devant aucune charge ; dans la lutte clandestine, elle n'a reculé devant aucun danger."
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Témoignages, mémoires, thèses, recherches, exposés et travaux scolaires [Ajouter le votre]
Etoile jaune: le silence du consistoire centrale , Mémoire ou thèse7 pages,
réalisation 2013 Auteur :
Thierry Noël-Guitelman
- terminal
Lorsque la 8e ordonnance allemande du 29 mai 1942 instaure l'étoile jaune en zone occupée, on peut s'attendre à la réaction du consistoire central. Cette étape ignoble de la répression antisémite succédait aux statuts des juifs d'octobre 1940 et juin 1941, aux recensements, aux rafles, aux décisions allemandes d'élimination des juifs de la vie économique, et au premier convoi de déportés pour Auschwitz du 27 mars 1942, le consistoire centrale ne protesta pas.
Liens externes
[Ajouter un lien vers un article d'intérêt ou un site internet] 1 Enfants juifs déportés de France (Brochure éditée par les Fils et filles de déportés juifs de France et la Mairie de Paris en mars 2007.
Préface de Serge Klarsfeld : En France, en 1940, il y avait environ 70 000 Juifs de moins de 18 ans. Sur ce nombre, 11 400 ont été arrêtés - la plupart par la police de Vichy -, déportés à Auschwitz et assassinés, à l'exception d'environ 200 d'entre eux; presque tous des adolescents. Parmi les
communautés juives importantes en Europe, celle de France a connu le pourcentage le plus important d'enfants
sauvés : 84 %, c'est exceptionnel. On le doit essentiellement à la sympathie agissante de la population non juive qui a soutenu les efforts des familles et des organisations juives qui essayaient de sauver les enfants en priorité. Laïcs et religieux ont su tendre la main à la fois par compassion et pour que la France ne perde pas son âme. )
2 Juifs en psychiatrie sous l'Occupation. L'hospitalisation des Juifs en psychiatrie sous Vichy dans le département de la Seine (Par une recherche approfondie des archives hospitalières et départementales de la Seine, l'auteur opère une approche critique des dossiers concernant des personnes de confession juive internées à titre médical, parfois simplement préventif dans le contexte des risques et des suspicions propres à cette période. La pénurie alimentaire est confirmée, influant nettement sur la morbidité. Ce premier travail sera complété par un examen aussi exhaustif que possible des documents conservés pour amener une conclusion. ) 3 Héros de Goussainville - ROMANET André (Héros de Goussainville - Page ROMANET André ) 4 Notre Dame de Sion : les Justes (La première religieuse de Sion à recevoir ce titre en 1989 est Denise Paulin-Aguadich (Soeur Joséphine), qui, à l’époque de la guerre, était Ancelle. Depuis, six autres sœurs de la congrégation, ainsi qu’un religieux de Notre-Dame de Sion ont reçu la même marque de reconnaissance à titre posthume. Ils ont agi à Grenoble, Paris, Anvers, Rome. L’action de ces religieuses et religieux qui ont sauvé des Juifs pendant la deuxième guerre mondiale mérite de ne pas être oubliée. Et il y en a d’autres, qui, même s’ils n’ont pas (encore ?) reçu de reconnaissance officielle, ont œuvré dans le même sens, chacun à leur place. )
5 L'histoire des Van Cleef et Arpels (Blog de Jean-Jacques Richard, très documenté. )
6 Résistance à la Mosquée de Paris : histoire ou fiction ? de Michel Renard (Le film Les hommes libres d'Ismël Ferroukhi (septembre 2011) est sympathique mais entretient des rapports assez lointains avec la vérité historique. Il est exact que le chanteur Selim (Simon) Halali fut sauvé par la délivrance de papiers attestant faussement de sa musulmanité. D'autres juifs furent probablement protégés par des membres de la Mosquée dans des conditions identiques. Mais prétendre que la Mosquée de Paris a abrité et, plus encore, organisé un réseau de résistance pour sauver des juifs, ne repose sur aucun témoignage recueilli ni sur aucune archive réelle. Cela relève de l'imaginaire. )
7 La Mosquée de Paris a-t-elle sauvé des juifs entre 1940 et 1944 ? une enquête généreuse mais sans résultat de Michel Renard (Le journaliste au Figaro littéraire, Mohammed Aïssaoui, né en 1947, vient de publier un livre intitulé L’Étoile jaune et le Croissant (Gallimard, septembre 2012). Son point de départ est un étonnement : pourquoi parmi les 23 000 «justes parmi les nations» gravés sur le mémorial Yad Vashem, à Jérusalem, ne figure-t-il aucun nom arabe ou musulman ? Il mène une enquête, cherche des témoins ou des descendants de témoins, évoque la figure de Si Kaddour Ben Ghabrit, directeur de l’Institut musulman de la Mosquée de Paris de 1926 à 1954, fait allusion à d’autres personnages qu’il a rencontrés, et plaide pour une reconnaissance mémorielle d’actes de solidarité, de sauvetage, de juifs par des musulmans durant cette période. Et pour leur reconnaissance et inscription sur le mémorial de Yad Vashem. Cet ouvrage est fréquemment mentionné par voie de presse, avec force sympathie. Mais… rares sont les critiques, positives ou négatives, réellement argumentées. On a le sentiment que ce livre est légitime, généreux, qu’il "tombe" bien en cette période. C'est ce que le sociologue américain Merton avait repéré dans les phénomènes d'identification et de projection même si le rapport à la réalité est totalement extérieur. Aujourd'hui, l'Arabe musulman, sauveteur de juifs, devient un type idéal auxquels de nombreux musumans ont envie de croire. La réalité n'est pas celle-ci, mais peu importe ! On reproduit la quatrième de couverture du livre (qu'on n'a pas lu), on ose quelques citations d’extraits… Mais personne ne se hasarde à une évaluation de la validité historique de sa teneur. )
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