L’évêque Marius Chalve* dirigeait le séminaire de Fontlongue à Miramas (Bouches-du-Rhône), localité située à environ soixante-dix kilomètres de Marseille. Pendant l’Occupation, il aida plusieurs familles à échapper à la Gestapo, sauvant notamment Israël Salzer, grand rabbin de Marseille, et Morris et Hélène Berkowitz et leurs deux jeune enfants, dont Albert.
Dans sa déposition faite après la guerre, le grand rabbin rapporte que, dans la dernière phase de l’Occupation, alors que Miramas était occupée par les Allemands, il trouva refuge au séminaire de Fontlongue. Mgr Marius Chalve* s’occupa de lui personnellement et lui fournit une fausse carte d’identité, la police locale l’enregistra sous un faux nom avec l’adresse du séminaire. Lorsque sa situation devint critique, l’évêque organisa son passage en Suisse, lui sauvant ainsi la vie.
Morris et Hélène Berkowitz, des Juifs belges, passèrent quelques jours cachés au séminaire de Miramas avec leurs deux jeunes enfants. Selon le témoignage qu’ils fournirent après la guerre, Mgr Chalve* ne se contenta pas de leur assurer le gîte et le couvert, mais leur apporta aussi un grand réconfort. Il leur répétait que le fait qu’ils étaient Juifs n’était pas inscrit sur leur figure et qu’ils n’avaient rien à craindre.
Raymond Carbonnet*, ancien élève de Marius Chalve*, les conduisit – à bord d’une charrette à âne – en lieu sûr à Lançon et accompagna les deux enfants à Toulouse.
Après la guerre, Marius Chalve* raconta que, pendant l’Occupation, il rendait visite à des Juifs internés au Camp des Milles, et au camp de travail de l’organisation de Todt à Miramas même, et qu’il avait aidé certains d’entre eux à s’en échapper.
Dans une émouvante lettre envoyée en 1957 à l’évêque, Morris et Hélène Berkowitz, émigrés aux États-Unis après la guerre, évoquent ce qui leur était arrivé après leur départ de Miramas et leur arrivé à Lançon. Hélène écrit notamment « Vous nous avez sauvé la vie dans la guerre. Vous êtes notre Moïse. Vous étiez comme un ange devant nos yeux, et vous nous avez béni que rien de mal ne passe à nous ».
Raymond Carbonnet* alla vivre en Israël après la guerre et s'installa à Nazareth.
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